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Full text of "Sphinx 18 (1914-1915)"

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SPHINX 



REVUE CRITIQUE 



EMBRASSANT LE DOMAINE ENTIER DE L' EG YPTOLOGI E 
Fondée Par Karl Piehl 

publiée 

avec la collaboration de MM. Amélineau, Baillet, Basset, De Bissing, 
Daressy, Iacoby, Jéquier, Legge, Legrain, Loret, Montet, 
Moret, Naville, Reich 

par 

ERNST ANDERSSON 

Professeur Agrégé d'Egyptologie à l'Université d'Upsala 
Directeur de la Revue 



GEORGE FOUCART 

Professeur d'Histoire des Religions à la Faculté des Lettres 
de l'Université d'Aix-Marseille 
Professeur à l'Institut Colonial de Marseille 
Secrétaire de la Rédaction 



Vol. XVIII 



Publication subventionnée par l'État 



Akademiska BoUhancfeln 
UPSALA 

Ernest Leroux 
I J 8, Rue Bonaparic 
PARIS (VI e ) 

p au| Geuthner 
l^^ Rue ]acob 
PARIS fVI e i 



J. C. Hinrichs'sche Buchhandlung 
LEIPZIG 

En vente chez: 
Williams and Nopgate 
14, Henrietta Street, Covent Garden 
LONDON 

Librairies E. Flammarion & A. Vaillant 

54, Rue Paradis et 41, Rue de la Darse 
MARSEILLE 



UPSALA 1914 — 15 

IMPRIMERIE ALMQVIST & W1KSELL 



TABLE DES MATIÈRES. 



A. Articles de fond: 

Amélineau, E., Orthographe et Grammaire Coptes. Notes et préci- 
sions. (Suite) . . „ i 

^utran, C, La morale des Égyptiens à propos d'un livre récent de 

M. Baillet ^5 

Daressy, G., Henri Gauthier, Le X e nome de la Haute Égypte ou 

nome Aphroditopolite 104 

Farina, G., Minima 65 

Farina, G., Sulla »preghi ra délie offerte» 71 

Montet, P., Remarques sur le livre de M. H. Sqttas, La préservation 

de la propriété funéraire dans l'ancienne Egypte 186 

Sottas, H., Sur trois inscriptions récemment publiées 77 

Wiedemann, A., Vampvrvorstellungen 31 

Wiedemann, A., Varia/ XIV— XVII 57 

Wiedemann, A., Das Heiligthum des Cyrus und Iohannes bei Abukir 93 

Wiedemann-, A., Varia. XVIII— XXIV 167 

Wiedemann, A., Varia. XXV— XXVIII 199 



B. Comptes rendus critiques: 
Chaîne, P. M., Sermon sur la Pénitence attribué à S* Cyrille d'Alex- 
andrie. [E. Amélineau] 87 

Miedema, R., De Heilige Menas. [E. Amélineau] 91 



C. Comptes rendus analytiques: 
Annals of Archasology and Anthropology, issued by the Liverpool 

Instîtute of Archaeology. T. V, fasc.'i — 2 et 3—4. [G. Foucart] 45 
Hall, H. R., Catalogue of Egyptian Scarabs, etc., in the British Mu- 
séum. Vol. I. — Roval Scarabs. [Ernst Andersson] .... 210 
Hieroglyphic Texts from Egyptian Stelae, &c, in the British Mu- 
séum. Part IV — V. [Èrnst Andersson] 213 

Maspero, G., Essais sur l'Art égyptien. [G. Foucart] 121 

Zimmermann, Fr., Die aegyptische Religion nach der Darstellun» der 
Kirchenschriftsteller und die aegvptischen Denkmàler. [A. Wie- 
demann] 162 

I 

D. Erratum 198 



Prix de l 'abonnement d'un an: 18 francs; 14 s A. 6 d.; 15 M. 



Orthographe et Grammaire Coptes 
Hôtes et précisions 



par 

E. Amélineau. 

(Suite 1 .) 

Tout d'abord je ne séparerai pas l'article du nom qu'il 
détermine et je n'écrirai pas, comme on l'a fait: ne npoc^HTHc 
ou ri npocJmTHC = le prophète, ni surtout TMirrepo n m imve = 
k royaume des cieux, où l'article est réuni à AtttTepo, TMirrepo, 
quand il en est séparé dans n.unH-ye; mais j'écrirai nenpotÇHTHC, 
TMiiTepo iiÀinHve, tout comme les Arabes écrivent t*^ SJCLJî 
i'j^-'. Si le nom avec l'article est précédé d'une préposition écrite 
avec une seule lettre, comme û ou aï, je réunirai cette lettre au nom 
et à l'article, comme ïïÂûiHve = de les deux, ou des cieux, comme 
font cas les Arabes en semblable qui écrivent J en réunissant 
cette préposition au nom précédé de l'article &>L§&U = vers le 
martyre. Si au contraire la préposition est composée de deux 
ou plusieurs lettres, elle se séparera du nom et de l'article, et 
j'écrirai c-^ii Ten^ne — sur ta tête, comme les Arabes écrivent 
^r*^ ^ sur ta ^te. Pour les prépositions elles-mêmes, 
j'examinerai quel est leur rôle dans la phrase, et j'écrirai en 
un seul mot celles que l'usage a réduites à un seul mot, comme 
*ftoA, quoique l'étymologie de ce mot si usé nous montre qu'il 

était composé de -f Jj -f ( ^ ( 4- ( = erbounouro; le 



Voir Sphinx XVII, 6, p. 177 — 207. 
Sphinx XVIU, 1. 



2 



premier mot a d'abord perdu le devant ^> ; le mot l U b 

même se réduit à la lettre JJ ou aux deux lettres Êto, quoique 
je suis persuadé que la lettre o n'est restée que pour remplacer 

A/' • ' 

les lettres 



qui ont disparu, et le 



a donné régulière- 



ment A si bien que le tout s'est en quelque sorte condensé en 
efcoA = dehors, vers le lieu de la porte ou vers le lieu de ceux qui 
sont à la porte; je n'écrirai jamais e fiioA, car il n'y a aucune 
raison de séparer la première lettre des trois autres. Ce mot 
ekoA sert à former des prépositions composées qui sont de véri- 
tables locutions prépositives, comme le mot eM^yyio est une véri- 
table locution adverbiale formée de quatre mots: e -f M* + m 



-f- en hiérogi 



lyphes: (j ^ 



+ 



+ 



=étantbiem 



nombreux grandement, et le tout signifie beaucoup. De même, si 
le mot efeoA s'unit à d'autres mots pour former des locutions 
prépositives, j'unirai ces mots entre eux, quel que soit leur nom- 
bre, et j'écrirai eiioAgi-rooTq, quoique je sache très bien que ce 
mot est composé de e&oA + gi +- toot -f- q =• hors de sa main> 
c'est-à-dire: par son entremise ; car pour faire qu'un effet quelcon- 
que soit produit par l'entremise de quelqu'un, il faut que cet 
effet semble sortir et sorte réellement de la main de quelqu'un 
pour devenir la possession de quelque autre. Cependant il y a 
là une exception que je dois faire connaître. Certains verbes 
égyptiens se construisent avec des prépositions qui en détermi- 
nent le sens, et ces prépositions se conduisent parfois comme de 
véritables prépositions séparables; je les séparerai donc du verbe 
naturellement; mais alors il se produit un fait curieux: la pre- 
mière préposition qui par le sens s'attache au verbe, comme 
eftoA, peut être suivi d'une * seconde préposition avec laquelle 
elle s'unit d'ordinaire pour formes une locution prépositive, 
eftoAgn, eAoA&en; en ce cas faut-il la réunir ou la séparer de 
la seconde? Je serai d'avis qu'il faut séparer les deux préposi- 
tion pour laisser à la première son rôle grammatical en entier, 
et j'écrirai e&oA ©ïi ou e&oA 6en dans le cas susdit. 



L'article, nous l'a vons vu ; ne doit jamais être séparé du 
n om qu'il détermine; mais il y a d'autres déterminatifs qui indi- 
quent l'objet dont on parle, la possession de cet objet; ces dé- 
terminatifs et ces possessifs, en égyptien et en copte, se forment 
naturellement de l'article en ajoutant une ou plusienrs lettres qui 
spécifient la nuance de la pensée: nei, nea, tci, TW, itei, na>i, 
pour les démonstratif; n^, neu, ne, neq, nec, nen, neTrt, niooir 
pour les possessifs ainsi formés de l'article et du suffixe de cha- 
que personne. D'après le principe posé pour l'article, je réunirai 
les démonstratifs, et les possessifs, aux noms qu'ils déterminent. 
Il en sera de même du conjonctif iteT ou nenT = le qui, celui 
qui; il sera réuni au verbe dont il est le sujet: ne-rp, nenTa>qp 
= celui qui fait, celui qui a fait; ne f p nofie et nenTewqp nofte = 
celui qui pèche et celui qui a péché, et je n'écrirai certes pas tantôt 
iie-r p nofie et tantôt neTp no£e, tantôt ne nT^q p noke et tan- 
tôt neitTô,qp Ko&e, si la phrase signifie bien celui qui pèche, et 
celui qui a péché. Je ne ferai exception que pour les adjectifs 
numéraux qui sont de véritables noms de nombre régissant le 
nom dans la phrase égyptienne et n'en étant nullement régis, 
car l'égyptien dit: un d'homme, deux de femmes, milliers d'anges, 
le nom régi restant au singulier. Si ces nom de nombre sont 
composés, j'écrirai séparément chaque mot composant, à moins 
qu'il ne forme qu'un seul tout par la coutume. Surtout je me 
garderai bien d'écrire en amalgamant les mots ^rttgojîiujto, *rrr- 
fiMtTÉid., des milliers de milliers, des myriades de myriades, écrivant 
miuj(o nuju), Mi ii'A ïtT&es comme nous séparons nous mêmes les 
mots, car il n'y a aucune raison pour les unir. 

Si je passe au verbe, j'appliquerai les mêmes principes, que 
la racine verbale ait la forme pleine, soit à l'état construit ou 
employée avec suffixes. Si elle est seule ou si elle a un sujet 
placé en avant, les mots seront séparés les uns des autres: n^oeic 
3Wt epcm = le seigneur est irrité contre nous, comme les Arabes 
écrivent: Jvy Jl3 = Zéid a dit. Mais il est bien rare que le sujet, 
le verbe et le complément se présentent à nous dans cet état 



4 

analytique; le plus souvent le verbe est réuni à son sujet, à l a 
lettre qui indique le présent ou le passé, aux particules qui i n{ ^_ 
quent le futur, le conditionnel, le subjonctif, l'optatif; à la néga- 
tion sous les différentes formes ou degrés, etc.; en ce cas q Ue 
fera-t-on? La réponse est bien simple: on appliquera les prin- 
cipes posés plus haut. Si le verbe est ou présent et si le sujet 
est un affixe, ce préfixe doit se réunir au verbe comme le suffixe 
complément, et le tout ne formera qu'un seul mot: = il dit 
qujume = il existe, q^ïÏTq = il le trouve; si les mots sont à écri- 
ture pleine, il faudra bien faire attention à ne pas les écrire 
pleinement, eq^w, equjLone, etc., d'après ce que j'ai dit au para- 
graphe précédent, car alors ces mots se confondrait avec le 
participe, ou bien il faut avertir le lecteur, ce qui ne me paraît 
pas possible dans une édition critique qui doit être homogène. 

Si le verbe est au passé, comme la lettre indicatrice de ce 
passé est ew, il faut la joindre au sujet et à la racine, ^qei = * 
+ q + ei — il est venu, qu'il y ait ou non suffixe. Si le verbe 
est à l'imparfait ou au plusqueparfait, les particules s'uniront de 
même au verbe et au sujet; s'il est au futur, la particule = 
aller se met entre le préfixe et la racine verbale: qn^iouj = U 
lira, q + n& + touj = lui aller lire, il va lire, il lira. De même 
au subjonctif où le verbe et son sujet sont précédés de la parti- 
cule ht = que, de même à l'optatif où les particules ai*. + *>pe 
= .u^pe se placent avant le préfixe du verbe: Mevpeqn^v, .uew + 
e^pe + q + IffeV = donner faire lui voir, donne qu'il voie, puisse- 
t-il voir. Si le verbe est au conditionnel et si la condition est 
exprimée par tq^n, comme cette particule se place entre le pré- 
fixe et la racine, elle se réunira nécessairement au verbe: *>cuj«mi- 
ujione — s il est arrivé, ^ittjaat<^icï — si je suis élevé; si au con- 
traire la condition est exprimée par un mot complet par lui- 
même, comme eujton, euLjiom, eujcone, ce mot doit se séparer 
des autres mots de la phrase: eujcone evn^euj^Ai^toAiq *= s'ils 
peuvent arriver à le toucher s'ils le touchent, ce qui se décompose 
ainsi: e + ujtone + e -f -y + n*. + euj + &M&ii)M + q, et ce qui 




5 



signifie littéralement: étant arriver étant, eux aller pouvoir toucher 
lui, c'est-à-dire: s'ils peuvent arriver à le toucher, l'expression 
c0 pte notant toutes les difficultés à vaincre pour arriver au but 
final qui est de toucher, et notre langue se contentant au contraire 
d'indiquer le but ce qui est plus commode, mais moins expressif. Si le 
mot yj^" est précédé d'autres particules, comme epe = e + pe == 
étant faire, ces particules doivent s'écrire avec le mot ug&it, comme 
dans epuj^n ovew êiok eooim = étant faire si quelqu'un aller 
dedans, c'est-à-dire: si quelqu'un entre. Ici devant l'affixe- sujet 
on doit toujours écrire pleinement ei, ck, eq, etc., car la lettre 



se décompose aisni: e + i + U)*n 4 ly^-xe, etc. = étant moi si 
parler avec eux, ou: si je leur parlais. 

De même encore pour la particule ig, qui est tout ce qui 

reste de l'ancien verbe O . Cette particule s'emploie en deux 
occasions fort différentes: elle sert d'abord à exprimer l'habitude, 
puis le pouvoir; les grammatiriens la moment tg d'habitude 
et uj potentielle: ils traduisent la première par solere et le se- 
conde par posse. Le mot veut dire savoir, connaître et 
aussi, avec une légère intensité de sens, pouvoir. Les Égyptiens 
avaient très habilement saisi la différence de ces nuances et les 
avaient utilisées d'une manière très ingénieuse, mettant le uj 
d'habitude avant le sujet et le 115 potentiel entre le sujet et la 
racine verbale. Ainsi pour exemple du premier cas: eiqorn a,i- 
tijdatcd^i nMM^v u]ew*v^ oTrftm = si je leur parlais, ils combattaient 
contre moi. La première partie ayant déjà été expliquée sauf le 
mot egjione employé avec ujôai et qui s'explique tout seul, il ne 
me reste plus que la seconde à décomposer ainsi: uj + a». + v 
-f ^ + oy&h + 1 = littéralement: savoir avoir été eux combattre 
contre moi, c'est à-dire: ils avaient l'habitude de me combattre, 
parce que si l'on sait bien une chose, c'est ce qu'on l'a pratiquée 
souvent; parce que, par suite de l'expérience répétée, on est porté à 
la faire très souvent; parce qu'on la fait très facilement, d'où le sens 




ancien, si bien que ciiy^tiujewxc iimai^tt 



6 

d'habitude pour notre ty. Dans l'exemple suivant: oivpuuie eiq^ T , 
AiOT-re epoq -se iid/irAoc, le mot eaj^vMOTTTe doit se décomposer 
ainsi: e + uj + * + v + motté + e -f po-fq et doit se traduire: 
un homme qu'ils avaient (habitude d'appeler lui Paul, qu'on appelait 
Paul, le sens littéral sonnant: étant savoir avoir été eux appeler 
lui Paul. De semblables expressions s'emploient journellement 
en Égypte, et dans tout l'Orient; c'est ainsi que l'on dit d'un 
âne en Égypte qu'il sait le chemin, parce qu'il a l'habitude de 
le faire. Par contre, si le uj est potentiel, il se place entre le 
sujet-préfixe et le verbe, et de tonte manière doit .s'unir au verbe 
et au sujet; ainsi le verset 44 du chapitre V de l'Évangile selon 
S* Jean fournit un bon exemple de l'emploi de ce uj potentiel. 
La version sa ? idique s'exprime ainsi: îîday n^e iitcoth eTeTnô,uj- 
niCTeve eTcm^i eooif efio'À^iTn neTnepHv *oo> neooir ne&o*Aarrn 
niOTô, ïiottcjot rrreTnujme iîctoq ; c'est-à-dire: De quelle manière 
vous, pourrez-vous croire, puisque vous vous glorifiez par vos com- 
pagnons, et que la gloire qui provient de cet un unique, vous ne la 
cherchez pas. Le texte grec dit: tuôç ôovaa^e b|i£Îç îttOTeôaott. 
Sd£av Tcapà àX/a^cov XajijBàvovceç, y.ai ty]v SoÇav ty]v rcapà zob ptôvoo 
{koô 00 Çy]tsit£. Le mot Sôvaafts est rendu par le seul uj poten- 
tiel et dans la version baharique; il est remplacé par le mot iyxoAi f 
où il reparaît et joue le rôle d'un intensif, c'est-à-dire un rôle 
mitoyen entre le uj d'habitude et le uj potentiel. Suivant tou- 
jours la même règle, j'unirai à la racine verbale les différentes 
formes de factitif, que ce soient simplement les lettres c ou t, 
ou que ce soit diverses modifications de la racine eipe avec la 
lettre t, comme ^pe, Tpe, avant la lettre uj dans son rôle d'énon- 
cer l'habitude, uj^pe, etc. Si le verbe a pour sujet un préfixe, 
ces diverses lettres ou particules se souderont à la racine verbale 
après ou avant le préfixe; si, au contraire, le sujet est un nom, on 
écrira les particules séparément, puis le nom, puis le verbe, selon la 
règle: ^ ovpioMe tgcone = fuit homo. Ainsi on écrira tout d'une 
traite : uj*vqTpei5\uepiTq == il eut V habitude de faire qu'ils l'aimas- 
sent: mais on écrira: iïeujô.qTpe nptoAve oTeÀo-ye'Ae e&oÀ, comme 



7 

l' a très bien l'écrit Peyron, c'est-à-dire: il faisait en sorte que 
l homme hurlât, littérament: était savoir avoir été faire faire l'homme 
hurler (de douleur) 1 * De même encore pour les particules qui 
notent le temps- ct, rrrepe; eTd.qn^T, trrepeqïi^ir = lorsqu'il vit, 
] a même règle régit les différents cas qui se peuvent présenter. 

Les négations demandent les mêmes solutions que les au- 
tres particules dont il vient d'être question. Tout d'abord il faut 
sérier les diverses négations, car il y en a un grand nombre qui 

ont presque toutes pour racine première la négation = n. 

/wwv\ 

Cette négation se présente sous la forme ïï ou m devant Êl, n 
ou m; de plus elle a une seconde forme qui n'est que la précé- 
dente redoublée: û . . . . *it. La première doit se rattacher au 
verbe et la seconde doit en rester différente, comme dans les 
exemples suivants: ii^ciootfii d>.n Mn^iptoMe — Je ne connais pas 
cet hoi?n?ie (Matth. XXVI, 72); iv^eAu -se ^pexoe mmoc 
ov = Je ne sais pas ce que tu dis (Ibid. 70); ou encore la néga- 
tion n peut s'employer seule: o&.uhii *Vx<o mmoc ww\w ■xe eiAi- 
htï ïTTÊTïiKeT THrrn nTeTÎïp TîneiujHpe ujhm nneTrï&coK 

egovn eTMÏÏTepo AiÂïnHve = En vérité je vous le dis: Si vous 
ne vous convertissez pas et si vous ne devenez pas comme ce petits 
enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des deux (Matth. 
XVIII, 3). Mais il y a d'autres négations, comme les négations 
vétatives: Mne, miiçv, Mnwp et Âïnep; d'autres encore, comme tâî. 
Les vétatifs se présentent sous la forme pleine, Âîntop, ou sous 
une forme affaiblie; sous la forme pleine ils forment à eux seuls 
un mot complet par lui-même; sous la forme affaiblie, ils s'allient 
intimement à la racine verbale: Âvnpp = ne fais pas ■, ou au préfixe 
sujet, Mneq, Âînevq; cette négation vétative se réduit quelquefois 
à la seule lettre Âï dans mci, avck, .ueq, etc. Le vétatif Âïnep 

1 Le mot ove'ÀO'ye'Àe est une racine géminée; avec redoublement de 
la radicale A: ovATVe* ce mot signifie chanter, émettre un son; le mot est 
employé ici au figuré, et nous employons journellement la même figure, lors- 
que nous disons à un enfant qui pleure et qui crie après qu'on l'a corrigé: 
Eh bien! Chante maintenant! 



I 



8 



ou Âînp prend quelquefois un second p qui représente le verbe 
eipe; ainsi Ton a: Âïnpp goTe à l'impératif «= ne fais pas f a i n 
crainte, fie crains pas, car le second p est une véritable racine à 
l'état construit, comme Miiepx* = ne (lui) impose pas \ n 

mains. Parfois la vétation se présente sous la forme Âîne, et 
alors ce n'est plus qu'une négation comme les autres, comme 
lorsque la Chananéenne supplie Jésus de guérir sa fille. Jésus 
ne lui répond point d'abord, et le texte dit: «doq Âïneqep 
otio rtevc novc^i = et lui } il ne lui répondit pas une parole 
De même quand les disciples le supplient d'en finir avec cette 
femme qui les import une, il leur dit: -unoiFT^iroi ^ g'Ài efcifl 
erteccooT e-rcopAi TÎTe ïïhi muic'X; c'est-à-dire: Je n ai pas été en- 
voyé pour autre chose, sinon pour les brebis errantes de la maison 
d'Israël (Matth. XV, 23 — 24). Il en sera de même des particu- 
les précédées de la négation, comme .wn^pe, Àindae, etc. Il 
arrivera de la sorte que nous aurons parfois des mots d'une 
longueur qui peut nous paraître démesurée, mais qui sont régu- 
lièrement formés, comme: ont*. nTeTeniyTeMepcKaav^^'Ài^eoee = 
afin que vous ne soyez pas scandalisés (Matth. XVII, 27); le 
mot est précédé de la particule grecque iva qui est la conjonc- 
tion marquant le but que l'on doit atteindre, puis vient la con- 
jonction copte « + TeTn -f y-J + tm + ep + CK^ir^Ai^ec-ee, pour 
CKiur^ev'Ài^eceô,!, mot dans lequel le premier n est mis pour 
«Te, et comme la syllabe tc devait se épéter dans tctïi, le scribe 

ne Ta écrite qu'une fois, faute qui se commettait déjà sous les! 

(1^00 I 1 
Pharaons, car les scribes au lieu de u (I ^ __ 7 = comme Ra cha-\ 

,t. . n n © 1 

que jour, se contentaient d écrire ^ l| . 

Le régime doit toujours se séparer du verbe, sauf le cas 
où ce régime est un suffixe; dans les autres cas, que la forme 
soit pleine ou que le verbe soit à l'état construit, on doit sépa- 
rer le régime du verbe qui le régit, comme font les Arabes. 
Ainsi j'écrirai p u^gpe = guérir p gTH == se repentir, et non pas 
pn&ope,' pgTH; j'écrirai ^\ mocit — prendre chemin, ^ eoov = 



9 

jlonncr gloire, p ovoem — faire lumière, illuminer, et non pas 
siAioe IT , ^eooT, povoem, ce qui demande une attention par- 
ticulière du lecteur, surtout dans l'exemple suivant: AvmenTMn- 
•rpAiAiô,o itMAUc = Je n ai pas comparé la richesse avec elle (la 
sagesse), et j'écrirai Mnien TAirtTpAïAi^o iïmai^c, coupe tout à fait 
rationelle et qui rend l'intelligence des mots plus facile. Cela 
m'amène à parler de deux locutions qui servent à indiquer le 
sujet, que Ton ne traduit jamais, et avec raison, et que tout le 
monde prend pour un simple indice du sujet: je veux parler du 
m ot pour le dialecte de la Basse-Égypte et du mot tûft 

pour le dialecte de la Haute Égypte. Au contraire de mes col- 
lègues, je crois que ces deux mots ont un sens précis, celui-là 
même qu'on est accoutumé à donner aux mots «se et t^i, formes-*" 

construites des verbes ^oj et tfi, car ce dernier a la même forme 

_ /si ' . 

à l'état complet et à l'état construit. La lettre n n'est ime/le 

i > 1 - ' A 1 

pronom de la première personne du pluriel, de sorte qifc^^us j 

avons i»sf = nous disons et = nous prenons. Or, î^ïjtfn \ \ 
examine les conditions dans lesquelles sont employés ces Ùq&fl j Q 
mots, on verra: i° que ces particules ne se trouvent jamais, — 
il n'y en a pas un seul exemple, parce qu'il ne peut y en avoir — 
avant le sujet, si celui-ci est à la première ou à la seconde per- 
sonne, ou si le sujet est avant le verbe; 2 0 que si le sujet est 
exprimé par un préfixe de la troisième personne du singulier ou 
du pluriel, après que ce sujet a été de la sorte exprimé, l'auteur 
l'exprime à nouveau encore, et, comme il n'y a rien de plus fré- 
quent, dans les langues à préfixes et à suffixes, qu'un même pro- 
nom représente deux ou trois personnes, les auteurs coptes ont 
pris le parti de répéter le sujet par pléonasme et de faire pré- 
céder le nom qui exprime ce sujet de nous disons ou: nous pre- 
nons, la dernière forme marquant clairement l'intention précise 
de séparer le sujet de toute autre personne qui pourrait heurter 
l'esprit du lecteur. Ainsi, pour citer des exemples, quand Jean 
dans sa prison envoie ses disciples interroger Jésus et lui de- 
mander qui il est, le texte de l'Évangile selon S* Matthieu s'ex- 



prime ainsi: uo^rmHc ^e eT^qcioTeM eq^H £en ntg'rcito codç 
ni£&HO?i Ti re n5çc ^qovujpn TîE e&o'À:£en neqMô^Hmc ue-s^j 
ne^q -se lî^OK ne t^K e^iiHOv «5<\n nTeivxOTriUT c&o<V j&^xuiq 
riKeoT^i . ovo£ e r^qep ovio ifxe ihc nex^q ncoov, etc. ; c'est-à- 
dire: niais Jean lorsqu'il eut entendu parler, étant en sa prison, 
des œuvres du Christ \ il envoya deux de ses disciples, il lut dit: 
Es- tu celui qui doit venir, ou bien ( faut-il) que nous en attendions 
un autre? — Et il leur répondit, nous diso?ts Jésus, etc. Il y a 
là deux personnes auxquelles pouvait se rapporter le préfixe q ( 
Jean et Jésus; le traducteur, pour ne pas laisser de doute au 
lecteur, a mis: nous disons Jésus. De même dans le dialecte 
sa c idique, lorsque le même Évangile raconte que les Pharisiens 
demandèrent un signe à Jésus, et que Jésus leur répond qu'aucun 
signe ne leur sera donné, sinon celui de Jonas, le texte ajoute: 
ô^kô^t *^e ncwq . d/vei ^e ntf'i neqMd^HTHC eneupo . *nrp nio- 
fiuj Tvxi oeiK ïÎmm^v ne-x^q ^e n^v nés ic, etc.; ce qui signifie: 
77 les laissa derrière lui, il s'en alla. Mais il allèrent, nous preX 
nons ses disciples, au rivage; ils oublièrent de prendre (des) pai?n 
avec eux. Mais il leur dit, nous prenons Jésus, etc. Dans ce 
nouvel exemple, comme les Pharisiens viennent d'être nommés 
et que l'on aurait pu entendre d'eux les mots ils allèrent, le tra- 
ducteur avertit que ce n'est pas d'eux qu'il faut entendre ce mot, 
mais bien des disciples de Jésus; et quand Jésus Christ leur 
parle, comme il y a déjà un certain moment que l'esprit n'est 
plus occupé par lui, mais bien par les disciples, par le rivage 
où ils sont allés, de nouveau il répète le sujet pour attirer l'ai 
tention et dit: Nous prenons Jéstis, le séparant ainsi des autres 
mots qui auraient pu être regardés comme le sujet du membre de ce 
phrase. J'ai donc en raison d'écrire n**e ihc, ikS'i ic en deux mots. 

J'arrête ici ces considérations qui auront pu paraître un 
peu longues à mes lecteurs; mais, le sujet étant d'importance, 
j'ai cru devoir le traiter avec tout le développement qu'il méri- 
tait, quoiqne je sois bien loin de l'avoir épuisé; ce qui vient 
d'être dit peut suffira à montrer ce que je pense. Ici, l'un de 



x i 

m es lecteurs pourra me dire: «C'est très bien; votre pensée 
ressort bien de ce que vous venez d'énoncer: il n'y a qu'un incon- 
vénient, c'est que cet ensemble de faits, vous l'avez déduit de 
vos lectures, peut-être avec raison, peut-être avec trop de parti 
I pris ; mais si vous avez raison; d'où vient que les scribes coptes 
ne se soient jamais préoccupé des inconvénients que vous avez 
signalés?» — Je rassurerai tout de suite mon lecteur et je lui 
dirai: Les auteurs et les scribes coptes se sont si bien préoccupés 
de ces inconvénients, qu'ils se sont efforcés d'y parer le plus 
possible, comme je vais le montrer à présent. Les manuscrits 
coptes, surtout les plus anciens sur parchemin, et j'entends par 
là seulements les manuscrits littéraires, — je ne peux l'affirmer 
pour les papyrus qui sont en trop petit nombre —, sont cou- 
verts d'une grande variété de signes auxquels jusqu'à ces derni- 
ères années on ne prêtait pas grande attention et qu'on avait 
pris le parti de considérer comme nuls et mm avenus pour la 
bonne raison que l'on ignorait complètement leur destination. 
Cependant il avait été visible, dès les premiers instants que Ton 
s'était occupé du copte, que le trait horizontal, mis au dessus 
d'une ou de deux lettres, indiquaient l'absence de la voyelle per- 
mettant de prononcer les lettres, et l'on crut bientôt savoir que 
ce trait remplaçait toujours la lettre e; mais cette conclusion 
n'est pas toujours exacte, ainsi que je l'ai montré pour le mot 
ÛJ'\hA écrit ûjAX Ce trait horizontal n'était pas le seul em- 
ployé; il y en avait toute une série à savoir: ^, -, -, ~, ^ , ' 
I et c. Quand le manuscrit a été soigné, presque tous les mots 
sont affectés de l'un ou de l'autre de ces signes, quelquefois de 
deux, et j'avertis ici mes lecteurs qu'il ne s'agit pas de signes 
employés pour la ponctuation, signes différents de ceux que je 
viens d'écrire: :, ;, ,, >, <, etc., car il faut toujours, compter 
avec l'ingéniosité du scribe pour varier les signes et enjoliver 
les lettres. Il n'est donc pas question ici des signes de ponc- 
tuation qui sont indépendants des premiers et qui se placent 
comme nous les plaçons, au milieu ou au bas de la ligne, tandis 



que les autres se mettent en dessus de la ligne et des lettres, 
tout comme le trait horizontal. Je fus le premier à démontrer 
la valeur de ces signes, valeur qui me sauta d'abord aux yeux 
en copiant un manuscrit au British Muséum et que je passai une 
quinzaine d'années à vérifier. Il faut croire que cette petite dé- 
couverte arrivait bien à son heure, qu'elle répondait aussi par- 
faitement qu'elle le pouvait à l'attente des coptisants, car tout 
le monde s'en servit, — elle était si commode pour comprendre 
certains passages autrement fort difficiles — , mais on oublia avec 
une touchante unanimité d'en mentionner l'auteur, ou si parfois 
on me nomma, ce fut pour montrer que ma théorie ne répondait 
pas à tel cas en particulier. Je n'ai point pris le deuil par suite 
de ce petit déni de justice; ce que je cherche, ce n'est pas que 
mon nom soit attaché à telle ou telle des pauvres découvertes 
que j'ai pu faire, car cela importe peu c'est que la découverte 
faite ait été adoptée en raison de son utilité, ce qui est autre- 
ment important pour la science. Or, pour le cas présent, ce que 
j'ai dit en la préface du premier fascicule des Œuvres de Sche- 
noudi s'applique parfaitement: les mots coptes sont bien séparés 
les uns des autres soit par un \ soit par un \ à la fin des 
mots, nonobstant la présence d'un signe de ponctuation. C'est 
ce système que j'ai suivi dans les observations qui précèdent, 
car en cette question, comme en certaines autres, les Coptes ont 
bien leur mot à dire, puisqu'ils sont les premiers intéressés à ne 
pas être laissés de côté comme une quantité négligeable. Je 
vais en citer un exemple pris des œuvres de Schenoudi au frag- 
ment de Napîes, n° 201 du catalogue de Zoega, p. 51: ovpcoMe 
eneqg(o£ ne; en gen un e&o'A^u nfc*VA n npcoAie eir-r^uo ejuner- 
OTroeïn, nô,uj nge ovAiriTCOiS' n^q Te equj&nen h-xh cko\ 

nqnS, ncoei rtgHTov; c'est-à-dire: «Un homme dont c'est le tra- 
vail de faire sortir les pailles des yeux des hommes qui perdent 
leur lumière, comment ne serait-ce pas une sottise pour lui, s'il 
fait sortir les pailles, (et) qu'il laisse les poutres en eux?». Ici 
les mots ^h, ctt&ko, nqK& sont surmonté du signe * qu'on peut 



prendre soit pour la marque de l'accentuation, soit pour 
le signe de séparation entre les mots, bien que je sois 
assez tenté de croire qu'ils servaient aux deux fins. Voici 
U n autre exemple contenant une énumération des péchés ou 
des crimes que Schenoudi reprochait à ses religieux, et, si le 
commencement ne contient pas de séparation, les mots qui vien- 
nent ensuite sont tous séparés. J'ai dit d'ailleurs que la sépara- 
tion n'était ordinairement indiquée que pour les mots difficiles, 
que le plus souvent les mots grammaticaux ou les mots connus 
et ceux qui viennent d'être employés récemment dans le même 
manuscrit n'étaient pas surmontés du signe de la séparation, ou 
pouvaient ne pas l'être. Voici la preuve de tout ce que j'ai 
avancé: eïe oirnonHpon itoimp 5 ne e^i e&o'A^n gwq epe it^ht 
jueo Atnopniô, 5 , AiAUiTitoeiK 5 , nsi rt^ûitc, nTtopn, mmtitm^i to 
îî^oiro, MÀiïÏTAiesi oomï, mmÏitm^ï nere ncooir ewii ne', mmïÏtmôJï 

£HT ïîtg'\oq\ AVAlîÎTOVfc.gI gHT\ R^TOon **, AlMÏÏT'2S.Ô,'2ie j ÎÎKtO^ , AlAVOCTe', 

û»;.\ kcw'Aiw'Aiiw . ÛKevTH^opi^ 5 , Aincop^, ïï pecic 5 , n^icve', îîô'oV, 
îîdwnevuj 5 ïînoiT'X 3 , ïÎKpoq, AiMÏÏTpeq^ojuoAie Aing^n , MMÏÏTpeq'xi go\ 

MMfÏTAldtCT ^HK£ . MMfÎT&fefrc' pU>M£, MAlttTnewUJT MOR^, ÂÎMÏÎTôkT- 
CÊU>', MM IlTfcTClOTM, A\ M H Tdt TM d^Te', RQU^M, ItCtOOJq, H^lOAl e2£^ 

oT^iKô,ioït\ etc. 1 . C'est-à-dire: «Eh bienl combien est-il plus 
mauvais de le recevoir 2 , quand le cœur est plein de fornications 
d'adultère, de rapt, de violence,, d'usure, d'avarice, d'amour de 
ce qui ne leur appartient pas, d'amour de lucre honteux, de 
dureté, de discorde, d'inimitrés, de jalousie, de haine, de ca- 
lomnie, d'accusation, de schisme, d'hérésie, de blasphème, de 
mensonge, de faux serments, de ruses, de perversion de justice, 
d'acception de personnes, de haine pour les pauvres, de futilité, 
d'entêtement, d'ignorance, de désobéissance, d'infidélité, de souil- 
lures, d'impiété, de piétinement sur tout ce qui est juste». Le 
lecteur n'a qu à jeter un coup d'œil attentif sur le texte que je 

1 Mémoires publiés par les membres de l'Institut français d'archéologie 
orientale au Caire, XXIII, p. 51, 52. 

2 ÏI s'agit du sacrement de l'Eucharistie. 



14 

viens de citer et de traduire, et il s'apercevra que les mots sont 
séparés, soit par le signe *. soit par le signe et qu'au com- 
mencement de ce texte le scribe a oublié de mettre les signes 
de séparation, ou qu'il ne les a pas mis de propos délibéré, 
parce que les mots étaient assez connus. En tout cas les der- 
nières lignes offrent des signes qu'il est complètement impossible 
d'expliquer autrement. Et maintenant que cette grosse question 
est définitivement réglée, nous pouvons passer à la grammaire. 

III. 

Pour celui qui est habitué à la langue copte, qui a essayé 
de surprendre les secrets de sa grammaire et qui a réussi dans 
son essai autant qu'il le pouvait, les textes de l'Écriture publiés 
jusqu'ici n'offrent guère qu'un vaste ensemble de fautes de gram- 
maire ou de langue. Jusqu'ici les éditeurs de ces textes si re- 
spectables n'y ont guère cherché que des arguments en faveur 
de telle ou telle opinion religieuse; ils le pouvaient certes, et à 
bon droit; mais je suis persuadé qu'en se limitant à cette re- 
cherche, ils ont laissé de côté des questions qui me paraissent 
tout aussi importantes. Il me semble peu important en effet 
qu'un manuscrit ou une famille de manuscrits contiennent un 9 
un xat, un otoo ou un ^voo que n'ont pas les autres; il importe 
peu même qu'un passage ait été rendu, non d'une manière em 
portant la traduction d'un mot par le mot correspondant, mai 
d'une façon analogue dont le sens est tout à fait le même, si 
les expressions sont quelque peu différentes. Ces changement 
importent peu pour le dogme, car enfin il faut bien compter 
qu'en passant d'une langue dans une autre, surtout dans un 
langue si différente que le copte l'est du grec, les exigences d 
la langue amèneront des divergences, à moins qu'on ne demande 
au copte de renoncer à toute originalité, et ce serait d'ailleurs 
en vain qu'on le lui aurait demandé, car il aurait résisté, et c 
sont ces divergences qui constituent le caractère d'une langue. 
Aussi ce sont ces divergences mêmes que nous devons surtout 



*5 



étudier, si nous voulons comprendre le caractère de la langue. 
Cette étude m'entraînerait dans une série de recherches trop 
éloignées du sujet de cet article; il me faut donc me borner 
simplement à ce qui intéresse l'édition critique de la version 
copte de la Bible. Je limiterai ce que j'ai à dire à trois ou 
quatre points: d'abord le verbe ne avec les interrogatifs, en se- 
cond lieu ce même verbe en certains temps secondaires où il 
met la nuance, et enfin le préfixe de la deuxième personne du 
pluriel au futur, c'est-à-dire précédant le verbe ne, qui est l'auxi- 
liaire du futur. 

Les interrogatifs, sur lesquels je veux attirer l'attention, sont 
v\u\ ou euj, nui, ot et ovou. Tous ces interrogatifs veulent 
après eux le verbe ne, qui n'est certes pas un enclitique comme 
on l'appelle trop souvent, mais bien le verbe être lui-même, 
comme quand nous disons: Qui est cet homme? de quelle qua- 
lité est cette étoffe? quVtf-ce?, etc. L'interrogatif *.uj est le 
même que etij: les deux formes répondent au mot hiéroglyphique 

(I . Ces deux formes se construisent avec ne. En sa'idique, 

par exemple, au chapitre VIII, v. 27 de \ y Évangile selon S 1 Ma- 
thieu, lorsque Jésus a apaisé la tempête, les disciples se disent 
entre eux: ot *au MMine ne n*i = un de quelle façon est celui-ci '? 
c'est-à-dire: Quel homme est donc celui-ci? car les vents et la 
mer lui obéissent. Dans la version baharique, !a phrase que je 
viens de citer est la suivante: ot npH^- ne Dans 

l'Evangile de S* Luc, ch. XXIV, v. 18 — 19, quand les deux di- 
sciples rencontrent Jésus sur le chemin d'Emmaùs, ils lui disent : 
rtTOK M&YMJt neTO iiiijmmo e^iepOTC^AHM ewvto AinneiMe eneu- 
r&TUjione n^Hrc rtneigocy , ne'Xd.q *2^e HV? <xe ne; c'est-à-dire : 
«Tu es le seul qui sois étranger à Jérusalem et qui ne saches pas 
les choses qui y sont arrivées ces jours-ci. Et il leur dit: Quel- 
les sont elles?». De même au chapitre IX, v. 5 de l'Évangile 
selon S* Mathieu, nous lisons dans la version saidique 1 : M| 

1 La version baharique emploie une autre tournure. 



i6 



neTAUvrïi •xooc ne ^e neiuio&e kh newK eiioA <*n -xooc ne Tiuoirn 
îuuiooige; c'est-à-dire: «Quel est le plus facile de dire: Tes 
péchés te sont remis; ou: Lève- toi, marche». Le mot euj dans 
le dialecte que j'appelle oasitique a la même construction; dans 
la première Epître aux Thessaloniciens, ch. 3, v. 19, il est dit: 
enj Te TenoeAnic 1e nenAenji = «Quelle est notre espérance ou 
notre joie?» 1 . De même au chapitre VII, v. 4 de Y Épître aux 
Hébreux: itTeTnnev ^e ov euj né'oni ne nei nT*» fe&p&g&M nnaw- 
Tpi&pxfu ^Acmht rinq ekAon neqigw'A; c'est-à-dire: «Voyez de 
quelle sorte est celui auquel Abraham donne la dîme de ses 
dépouilles» 2 . Dans tous ces exemples qui ont été pris dans 
l'Écriture, le mot M}, enj est accompagné de ne: comme ils ne 
peuvent donner lieu à amphibologie, ils ont été cités comme 
exemples typiques. 

Le mot nui doit être aussi suivi de ne, comme dans l'ex- 
emple suivant: nuv ne itô,j ou nui ne = «Quel est cet 
(homme)?» (Matth. XXI, 10); mais à partir de cet exemple les 
difficultés vont commencer. Au chapitre XVII, v. 17, X Évangile 
selon S* Matthieu a: nui ereTenoT^njq n-r^ooq « WTen eÊi °' x ^ 
p&Max tu>n înc, et dans l'édition saidique de M. Horner: 
e-reTÏtOTrionj erp^n*. nui nHTÎt efco'A &*pew£i&^c ic = «Qui 
désirez-vous que je vous relâche, Barabbas ou Jésus?». Ce ver- 
set mérite attention et va donner lieu à plusieurs observations, 
car il est anti grammatical. Dans la version baharique le mot 
nui, bien qu'en tête, n'est pas suivie de ne; mais c'est là uni- 
quement la faute du ras. d'Oxford Huntington 17, car d'autres 
manuscrits, notamment le Paris 15, le manuscrit de Lord Zouche 
19 ont: «ia\ ne eTe-momoinq pour le premier, et nui ne ere-m- 
otodoj pour le second; de même le ms. de Berlin Orient 
Quart. 165 a nui ne-reTnov^ajq; Schwartze a aussi adopté la 
leçon or nereTnois^njq, et Wilkins celle de neTe-rnoTrcouj. 
De plus, c'est l'habitude, la règle dans les autres œuvres coptes 



Zoëga, Cat. Cod. Copt. p. 168. 
Ibid. p. 159. 




17 

de faire suivre nui de ne, quand il est en tête de l'interroga- 
tion. Tout au contraire le second des exemples cités nous 
montre que, si ce mot est mis après d'autres mots, il n'emporte 
pas le ne, car cet exemple signifie littéralement: «vous voulez 
que je relâche qui à vous?», le mot nui faisant fonction de ré- 
gime n'a nullement besoin de ne derrière lui; il n'en a besoin 
que s'il est sujet, car tout sujet a besoin d'un verbe et le verbe, 
c'est ne. Or, cette distinction est la source de fautes fréquentes 
qui déparent les meilleurs ouvrages que j'ai cités dans mon ar- 
ticle du Journal des Savants. Par exemple dans le ch. V de 
S* Marc, aux versets 30 et 31, quand l'hémorroïsse a touché 
Jésus et que celui-ci a senti une vertu s échapper de lui, il de- 
mande: niM ne^qé'i hcai nd^&ooc = «Qui a touché mes vête- 
ments?», et les disciples lui répondent: %XM enumin eT<>o<2££e«* 
Auion oiro<> fvxk) mavoc «xe nui ne-r^q^i neMHi = «Tu vois la 
foule qui nous presse et tu dis: Qui m'a touché?» 1 . Tous les ma- 
nuscrits que j'ai collationnés, plus ceux de Berlin, portent cette 
même leçon que je crois fautive, sauf deux, l'un qui appartenait 
jadis à Lord Crawford et qui est maintenant à la bibliothèque 
John Rylands de Manchester, et l'autre qui se trouve à notre 
Bibliothèque nationale Copte 19; ces deux manuscrits ont la bonne 
leçon: nui ne er^q^i ne,u n^fcooc et nui ne eTô,q^ï neMHj. 
Ainsi il y a deux manuscrits seulement contre une quinzaine 
d'autres, et il semblerait bien que c'est dans la majorité que l'on 
devrait chercher la bonne leçon, et c'est cependant le contraire 
qui est le vrai. La version sa f idique a pour le premier passage : 
nui ne irr*q«x(*>g en^oeiTe, et pour le second: ium ne itT^qxw^ 
epoi; mais si ces mots semblent tout d'abord militer en faveur 
de la thèse que je soutiens, c'est par pur artifice de ma part; 
en réalité les deux passages sont écrits : nui nenT^q^co^, comme 
si le mots ne -f nT^q^ioo n'étaient qu'un seul mot; mais en ré- 
alité la logique nous montre qu'il y en a bien deux: ne + nwj, 
dont le^second est écrit sans voyelle, soit qu'il faille la suppléer, 
1 Edition Horner. 

Sphinx XVIII, 1. 2 



soit que la prononciation omissait les deux e qui se suivent, 
Dans un autre passage qui se trouve dans les trois Évangil es 
synoptiques relatant ia dispute de préséance entre les Apôtres, 
l'Évangile selon S 1 Matthieu s'exprime ainsi: nm o^pa. ne n;- 
uiui"\* ien ^MCTOvpo rrre ïii^hoti = qui donc sera le plus grand 
dans le royaume des deux, et les deux autres Évangiles de S 1 
Marc et de S* Luc concordent et ont bien: niM ne. Il n'y a 
donc pas d'incorrection (Marc IX, 34 ; Luc IX, 46). La recen- 
sion sa'idique confirme ce jugement et les trois textes ont: nui 
ne imotf'. Pour la version sa c idique, je ne peux savoir s'il y a 
des variantes; pour la version baharique, en ce qui concerne le 
texte de S* Matthieu, quoique je n'en aie pas noté, ni Schwartze 
non plus, M. Horner, qui a collationné d'autres manuscrits, note 
que le ms. du Vatican 9 qui fut écrit en 1205, a: hjm ne-roi 
nniuj^, et un second qui est à la Bodléienne d'Oxford sous la 
cote Marescl. Or. II et qui date de 12 14 a: nui ne-roi nniuj^-. 
Dans ce qui regarde S 1 Marc, le manuscrit de Manchester a: 
rim e-roi nniuj^-; pour S 1 Luc, il n'a été rencontré aucune va- 
riante. C'est donc la contrepartie des passages cités d'abord où 
nous n'avions que deux manuscrits en faveur de la bonne leçon, 
car ici nous avons l'unanimité et, dans un cas, il n'y a que deux 
manuscrits qui aient la mauvaise leçon, l'un qui a omis le mo 
ne, l'autre qui l'a uni indûment au mot suivant ne-roi pour m 
e-roi. Il n'y a donc aucune raison de contester davantage l'er 
ploi de ne derrière niM initial, et la présence de ne se conço 
naturellement, car autrement il n'y a pas de verbe. Dans le ca 
ne-roi, nenr^q, si l'on comprend que le scribe ait été porté 
réunir les deux mots, on comprend aussi que cela ait eu pour 
cause son manque de réflexion, car le mot neroi et iienï^q sont 
tout à fait réguliers, mais dans un autre sens, car le premier sig- 
nifie celui qui (est), et le second celui que, de sorte qu'avec ces 
deux orthographes une amphibologie de plus est créée, et cette 
orthographe est contraire à la grammaire et à la raison par la- 
quelle et pour laquelle ont été créées les règles grammaticales. 



*9 

Si je passe maintenant à l'interrogatif ot, je suis obligé de 
constater la même règle: ott initial dans l'interrogation doit être 
suivi de ne; mais la encore je me trouve en présence des mêmes 
défaillances et pour les mêmes causes. D'abord les exemples 
où la règle ne peut être niée: quand Pilate demande à Jésus, 
dans le récit de la Passion selon S* Jean: ot Te tmc (Jean, 
XVIII, 38), l'interrogatif ot est immédiatement suivi de Te, qui 
est la forme féminine du verbe ne, ne m.: Te f.; ne pl., ce que 
n'a pas observé le traducteur du Nord, en écrivant: oit ne ^Me- 
eMHi. Il n'y a pas une seule variante dans tous les manuscrits. 
De même dans les Actes des Apôtres, quand les gens oisifs d'A- 
thènes conduisent S* Paul à l'Aréopage, ils lui en donnent cette 
raisons: Heine i*^p îî^en tq&<&e Âïftppe enenM^e Tenovtouj <^e 
eeiMe <*e or ne na>i 1 . Le texte baharique de Wilkins, le seul 
que j'aie à ma disposition, donne 2 : Kini i^p ng^n ce^i nujeAv- 
aio ejéoim enenMô.ttjx (sic) Tenoirtoiu, ièiMe (sic) -se ot ne hm; 
c'est-à-dire: car tu apportes des paroles nouvelles (ou étrangères) à 
nos oreilles et nous voulons savoir ce qu'elles sont, littéralement: 
quoi sont elles. Il arrive parfois, comme au ch. X, v. 21, des 
Actes des Apôtres, que l'interrogatif or est précédé de l'article 
indéfini or et qu'on a otot = un quoi, comme par exemple 
quand S* Pierre est recherché par les envoyés du centurion Cor- 
neille et qu'il leur dit: ovov Te TÀoia'e ïÏT^Tïîei eTÉiHHTc = 
Quelle est la cause pour laquelle vous êtes venus?, ce qui représente 
la version sa c idique, tandis que la version baharique a: £Hnne 
&noK ne eTeTenKCo'f nccoi n£io& ov ne eT^peTenï eeftRTtj =* 
voici que c'est moi que vous cherchez: la chose quelle est-elle pour 
laquelle vous êtes venus? D'où l'on peut conclure que les deux 
versions, employant une manière quelque peu différente de trai- 
ter le or interrogatif, s'accordent cependant à exiger la présence 
de ne après l'interrogation, sous peine de ne pas avoir de verbe. 
Voici maintenant des exemples dans lesquels cette règle a 

1 Woïde, Appeodix, etc., p. 415. 

2 Wilkins, Novum Testamentum, p. 360. 



20 

été méconnue. Dans l'Évangile de S* Matthieu, quand les deux 
aveugles de Jéricho poursuivent Jésus de leurs cris, il se les fait 
amener et leur dit: neTeTennô>OTF^itjq ïï-fô^q nayreit = 

Qu'est-ce que vous allez vouloir afin que je vous le fasse , d'après 
le texte de M. Horner, texte qui emploie le futur, au lieu du 
présent qu'ont les autres manuscrits, car si nous considérons les 
autres manuscrits nous voyons d'abord que ceux de Schwartze 
(Matth. XX, 32) ont: neTeTîlov^ujq et qu'il aurait dû écrire: ne 
eTeTenoiye».iHq. Le ms. 19 de la Bibliothèque nationale a égale- 
ment la même leçon, tandis que M. Horner en compte six autres 
qui ont ne eTeTnoTeatjq ou ne e r reTïiovot)uj, à savoir celui qu'il 
désigne par A 4 , le n° 15 de la Bibliothèque nationale y les deux 
manuscrits appartenant à Lord Zouche, et côtés 9 et 14, le ma- 
nuscrit de la Bodléienne Huntington 18, et ces détails sont 
parfaitement exacts, car je les ai aussi constatés en collationnant 
les mêmes manuscrits; mais par contre tous les manuscrits du 
British Muséum, 425, 1001, 1315, 1316, 3381, auxquels il faut 
ajouter celui de Lord Crawford à Manchester, ont neTeTeno^ujq. 
Si l'on se reporte maintenant au passage correspondant de S* 
Marc où il ne s'agit que d'un seul aveugle les manuscrits cités 
ont: ov neTeKOT^ujq, sauf deux, le 19 de Paris et le Huntington 
26 d'Oxford, qui ont la bonne leçon: ott ne eTeKOV^njq. De 
même encore au ch. XVIII, v. 46 de S* Luc, le texte est le 
même que celui de S* Marc, mais sept manuscrits ont la bonne 
leçon, à savoir le Vatican 9, le Paris 16, le British Muséum 131 5, 
les manuscrits de Lord Zouche 121, 122 et 123 (ils n'en for- 
ment qu'un seul qui est actuellement déposé au British Muséum), 
celui de Lord Crawford à Manchester et les deux manuscrits de 
la Bodléienne: manuscr. or. 5. et Huntington 26; cela, sans comp- 
ter les trois mss. de Berlin qu'a utilisés Schwartze, et il y faut 
joindre encore le 1001 du British Muséum. Un dernier exemple 
va montrer encore avec plus d'évidence la règle sur laquelle je 
veux insister afin de la bien faire entrer dans les esprits. Au 
chapitre VI, v. 31 de l'Évangile selon S* Matthieu il est dit: 




2 I 



JSfolite ergo solliciti esse, dicentes: Quid manducabimus, aut quid bi- 
lumuSy aut quo operiemur; la version baharique rend ainsi ce 
verset: Mnepqi piooiruj o-rrt epe-ren-xoo aimoc *xe ot neTeTeu- 
rtevOVOMq Je 01? nere mit^coq ie ov neTerenttôaHiq oiioTeit; et 
dans le passage correspondant de l'Évangile selon S* Luc, XII, 
27, il y a: otto^ îimjoTen ^ocrreri MnepKOo^ ■se ov neTeTHtt^oTOMq 
grog ot ne-renn^coq oto^ Ainepqi poaoïriy, c'est-à-dire: Et vous 
aussi, ne cherchez pas ce que vous mangerez, ni ce que vous boirez J 
et n'(en) ayez pas souci. Dans ces deux textes, la leçon du ms. 
Huntington 17 qu'a suivie M. Horner est fautive à mon sens, 
et cependant elle est soutenue par la majorité des manuscrits, 
quoiqu'il y en ait un au patriarcat du Caire datant de 12 17 qui 
ait la bonne leçon: ne eTenn^oiroAiq ainsi qu'un autre ms. de 
même provenance et datant de 1184, ayant appartenu à l'église 
connue sous le nom & El-Mohaïïaqat, plus un quatrième prove- 
nant d'une église près d'Alexandrie et connue aussi sous le nom 
à' El-Mohallaqat, etc. Ce qu'il y a de curieux, c'est que quel- 
ques-uns de ces manuscrits ont la bonne leçon pour les deux 
premiers membres de phrase, et la mauvaise pour le troisième. 
De même d'autres manuscrits de Berlin, du Eritish Muséum, sont 
tantôt incorrects, tantôt corrects de sorte que le nombre des 
copies correctes, pour n'être pas aussi élevé que celui des 
copies incorrects, ne laisse pas que d'être respectable. Les 
copies incorrectes témoignent donc elles-mêmes de la règle, et 
je ne saurais leur en demander davantage. 

Il ne me reste plus qu'à parler de l'interrogatif oint qui 
ne s'emploie que dans le dialecte oasitique. Ce mot qui me 
semble proche parent de ov se construit également avec ne, s'il 
est en tête de l'interrogation: otfh neTeKcoovit MAioq = Qu'est-ce 
que tu sais? 1 , et la faute que j'ai signalée existe aussi en ce passage, 
comme aussi dans le suivant oim neTivqtjqconi = Qu'est-ce qui est ar- 
rivé 7 2 mais non dans oto ne nuje<xi = qu'est la parole r, c'est-à-dire : 

1 Zoëga, Catal. Cod. Copt. p. 150. 

2 Quatremère, Recherch. sur la lang. et la littér. de PEg. p. 229. 



L. 



: 2 



Qu'est-ce que cela signifie? Le petit nombre des textes connus 
jusqu'à présent ne me permet pas de trouver ces variantes, mais 
le second passage que je viens de citer montre bien qu'il faut 
lire: ovn ne eT^qujumi = Quoi est ce qui est arrivé, car le mot 
nere signifie celui qui, ce qui, et, si l'on ne fait qu'un seul 
mot de nere, alors il n'y a plus de verbe. Je sais bien qu'on 
pourrait expliquer la phrase par un ellipse et traduire littérale- 
ment: Quoi ce qui est arrivé?, mais qui expliquerait ainsi mon- 
trerait peu de connaissance de la langue copte, car les ellipses, 
même faciles à suppléer, y sont presque inconnues, et il y a 
une grande différence entre îîtok rtm = Toi, qui r et orn ne-r- 
^qujiom = Qii est-il arrivé?, la première phrase ne demandant 
pas de verbe, la seconde au contraire en exigeant un. 

Puisque j'en ai fini avec les interrogatifs, je peux passer aux 
temps secondaires des verbes qui se forment avec un auxiliaire 
avant et l'auxiliaire ne après, comme: n^ir^H neM&q ne n-se 
niMv&HTHc = Les disciples étaient avec lui (Luc. IX, 18) au mo- 
ment de la confession de S* Pierre. Ce texte est grammatical, 
par conséquent régulier; mais trois des manuscrits cités déjà si 
souvent et qui peuvent passer pour des plus corrects ont omis 
le mot ne, à savoir le 1 du patriarcat du Caire, le manuscrit 
de la Bibliothèque nationale n° 15 et le manuscrit de Lord 
Zouche 121 — 122 — 123. Dans le même Évangile, au v. 39 du 
chapitre X, il est dit de Marie, la sœur de Marthe: ovoo eT&c- 
:6eMci £daen rtert^VAco x avw^c n^cccoTeAV. eneqce^i = Et quand 
elle se fut assise aux pieds du Seigneur, elle écoutait ses paroles, 
ce qui est une phrase assez mal venue, parce que les mots ovo£ 
eT^c£eAici ne correspondent pas bien aux mots grecs fj %cù 
7tapaxad , £Oi>£Laa, tandis que le reste du verset correspond bien 
au texte grec et qu'à l'imparfait Vjx.oosv répond bien n^ccwrcM 
qui est imparfait, quoique le ne soit absent. Il est vrai que ce 
mot est bien absent; mais il ne le devrait pas, car d'autres ma- 
nuscrits, celui de Lord Crawford qui est à Manchester et celui 
du British Muséum 13 15 l'ont bien. D'ailleurs le verset suivant 



*3 

contient aussi un imparfait: M^p^^ sukc&i ïigpiwc ne miïkco^- 
îîoTAVHttj ncgeAittji — mais Marthe prenait souci de remplir zme 
foule de services; littéralement: dans le tour d'une foule de services } 
e t le ne se trouve bien après le verbe, sauf dans deux manu- 
scrits: le n° i de la bibliothèque du patriarcat au Caire et le 
n° 13 de notre Bibliothèque nationale. Au verset 29 du chap. 
IX du même Évangile: n»s.*pw<<> -^e aiaioc îïovoit iiiken = mais 
il disait à chacun: Qui veut me suivre, etc., le ne n'est pas dans 
le texte, mais un manuscrit le contient bien, et avec raison, à 
savoir le manuscrit de la Bodléienne M sel. Or. 6. Un autre 
exemple fera mieux comprendre encore le rôle de cet imparfait; 
je le prends au v. 3 du chapitre XII de Y Evangile selon S* Mat- 
thieu, où il est dit: oto£ nôwqc^'xi neMtoo-y ng^n aihuj î6en omi 
nivp^fto<\.H eq^io .umoc = Et il parlait avec eux dhme foule (de cho- 
ses) en des paraboles ; leur disant. Par une singulière unanimité., 
il n'y a pas un seul manuscrit de ceux qui ont été collationnés 
qui contienne le mot ne; mais on trouve un certain nombre de 
manuscrits qui au lieu de l'imparfait, ont le parfait: ^qc^-xi = 
il leur parla. Pour savoir qui a raison, il n'y a qu'à recourir 
au texte grec et ce texte a: xai èXcrlrpôV aototç îroXXà èv rcapa- 
[foXaiç Xéyoùv; d'où il ressort que les manuscrits qui ont n^qc^i 
ont tort et que ceux qui portent au contraire ^qc<yxi ont raison 
de ne pas avoir le ne, car le temps employé est un parfait, et 
non un imparfait; dès lors, il est prouvé que cette forme est 
une erreur des copistes. Je pourrais indéfiniment multiplier les 
exemples qui sont légion: ce que j'ai dit suffit et il vaut mieux 
chercher la cause de cette orthographe, afin de faire comprendre 
au lecteur pourquoi on met ne après l'imparfait. 

Peyron dans sa Grammaire copte dit que les habitants du 
Nord de l'Égypte avaient employé le mot ne afin de distinguer 
le temps de l'imparfait de certaines autres formes qui auraient 
pu produire amphibologie et que les habitants de la Haute 
Égypte et ceux qui parlaient le dialecte baschmourique les 
imitèrent, quoiqu'ils n'eussent pas à craindre de pareils incon- 



24 

vénients 1 . Il est très vrai que les formes neKiu><xe, nequj^e, 
uecuja^e, etc., pourraient se confondre avec le verbe neKuj^e, 
nequjd^e, etc., à l'imparfait; mais Peyron est bien loin de la 
vérité en disant que ce fut pour éviter cette confusion que les 
Coptes firent suivre la forme de l'imparfait du verbe ne après 
le temps déjà formé, et que ce fut par esprit d'imitation qui 
ceux qui parlaient le dialecte sa c idique et le dialecte oasitique 
(baschmourique) le firent aussi, quoiqu'ils n'eussent pas à craindre 
ces amphibologies. Il serait assez étonnant en effet que les ha- 
bitants du Sa'id et des oasis, se fussent payé le luxe d'une nou- 
velle particule, s'ils n'en eussent senti réellement le besoin. La 
particule ne au lieu d'être un moyen d'éviter l'amphibologie 
dans le baharique est au contraire, en ce dialecte comme dans 
les deux autres, le mot qui réellement comporte le sens de 
l'imparfait, réuni à n. Cet imparfait est en effet composé de T\ 
pour ne -f ei, en, etc. + la racine verbale + ne : neiftu>K ne = 
feutrais se décompose en effet de: ne + ei -f ftioK -f ne. Entre 
le ue et ei, il y a eu crase; mais primitivement il y avait ne, 
comme nous allons le voir pour le plus-que-parfait, où la lettre 
indicatrice du passé, n'était plus e comme pour le présent, mais 
le ne s'écrit tout au long: ne *vi&u>k ne — fêtais entré, pour 
ne -f- a» + i 4- &u>k -f ne. Par conséquent, si le ne avait eu 
pour cause originelle seulement d'obvier à des confusions pos- 
sibles, ce ne n'aurait pas reparu au plus-que-parfait où nulle 
amphibologie ne pouvait s'élever. Cette cause est plus profonde 
que ne l'a cru Peyron, elle fait honneur à l'esprit d'analyse des 
Égyptiens et nous allons tâcher de la découvrir. C'est précisé- 
ment cette alliance de ne et de ne avec l'imparfait et le plus- 
que-parfait qui constitue ces deux temps, comme je vais essayer 
de le démontrer. 

L'imparfait est en effet un temps qui marque une action 
non encore achevée par rapport à une précédente: Lorsque je 
fis mon entrée dans notre chambre, vous écriviez. Or, si l'on 
1 Peyron, Gramm. Copt. p. 96. 



2 5 

veut appliquer cette définition à l'imparfait copte, peut-être trou- 
vera-t-on l'explication de ne et de ne. Tout d'abord on peut 
penser que le ne est mis pour le n négatif vocalisé ne, au lieu 
de en, de sorte qu'on aurait neieiMe ne = je savais, littéralement: 
point, je sais, c'est, autrement dit: point je finis de savoir, c'est, 
c'est-à-dire: je savais toujours, ce qui pouvait parfaitement se 
comprendre et ce qui serait tout à fait dans la pratique des 
langues primitives ayant besoin de nuancer certaines idées avec 
des moyens enfantins. La difficulté, c'est que n se vocalise en, 
et non pas ne; à cela je réponds que cette négation se vocalise 
très bien ne, dans le dialecte baharique et dans le dialecte 
oasitique par exemple: ne e&o*A£en £^n ^hovi *n = elle (la 
grâce) ne vient pas des œuvres, mais de Dieu seul ÇÉpître aux 
Romains, XI, 6). De même dans J re Épître aux Corinthiens de 
Clément Romain, il est dit: ne n-xoeic na, nei &gi*)ne mai^u, ce 
qui rend le texte grec: MyjO-à^coç toôto eaoai 6 Ssoîco'ctjç è<p 5 
yjjûv 75 yevvj'ihjvm; c'est-à-dire: Que le Seigneur ne laisse pas cela 
arriver pour nous. On pourrait encore penser au mot ne, = en- 
viron, qui se serait prononcé ne, et alors nous aurions: environ 
je sais, c'est pour je savais. Mais tout bien considéré, j'opte pour 
la première explication, quoique plus difficile à trouver pour un 
peuple primitif par sa langue, mais très philosophe dans ses 
idées. 

S'il en est ainsi pour l'imparfait, il en sera de même né- 
cessairement pour le plus-que-parfait qui se forme d'une manière 
équivalente: neeuujione ne— f avais été. Au verset 9 du chapitre 
IX de V Évangile selon S 1 Luc, il est dit: nieooov -*.e n^qep 
gHTc ïïpiKi ne = le jour avait commencé à baisser (littéralement: 
à s'incliner) dans l'édition de M. Horner. C'est là une véritable 
faute,, car il n'y a point de temps en n*a, n^K, n^q, etc.; aussi 
certains manuscrits ont ne^q, et ils sont si nombreux que M. 
Horner n'en cite qu'un, le i\ et il met: etc.; mais sur n manu- 
scrits que j'ai collationnés pour ce chapitre, dix ont ne et il y 
faut joindre les trois de Berlin dont s'est servi Schwartze: seul 



26 



le manuscrit type Huntington 17 a écrit n^q. Par contre les 
manuscrits du British Muséum 13 15, 1001, quoique je n'aie pas 
marqué le fait sur mon cahier de recension, et le manuscrit de 
Paris 15 n'ont pas ne; mais ce mot a été ajouté au dernier en 
ce passage par un lecteur qui se sera aperçu que le mot n'y 
était pas et qu'il devait y être. La version sa idique emploie 
une autre tournure. De même, quand il est parlé des Juifs 
qui étaient venus en grand nombre près de Marthe et Marie 
pour les consoler de la mort de leur frère Lazare, la version 
baharique dit: ottàihuj e&o<\£en nno7r**.^c nea^i ne Ai&pi^ 
neM. Md^pea, eek netrcou (Jean, XI, 31), et la phrase est cor- 
recte; mais le copte 13 de Paris a: ^"vi o*. M«v.pia, ne, ce qui 
démontre qu'il y avait bien ne^vi <>e* Mev.pi** ne; le copte 15 de 
la Bibliothèque nationale a aussi: eo*i, mais le même lecteur, que 
précédemment, a ajouté ne ô,ti avant ce ne et tous les 
autres manuscrits que j'ai révisés sont corrects; de même les 
manuscrits de Berlin. La version sa^idique correspond mot pour 
mot à la précédente: otmhhujc ^e e&o'Àgû ïîio-s^&i neenrei ne 
ujev Aies-p^a, mîi Me*pie* ■xe e"5 , ec < \cu>Ao7r ef&e neircon, et aucune 
variante n'est signalée. 

J'arrête ici l'examen des temps se construisant avec ne; ce 
que j'ai dit s'appliquerait aussi bien à d'autres formes qu'aux 
temps que je viens d'examiner. Il ne me reste plus à traiter 
que de la dernière question que j'ai à solutionner, à savoir celle 
de la deuxième personne du pluriel au futur. Encore n'est-elle 
ouverte que pour le dialecte sa'idique, car pour les deux autres 
l'orthographe est correcte, constante et par conséquent réglée. 

En effet pour reprendre un exemple que j'ai déjà cité, au 
chapitre VI, v. 25 de S t Matthieu, la version memphitique dit: 
eo&e c^exi ^'xco mmoc nooTeu ^e Ainepqi pwovuj £e* TeTeiv\^nrx H 
•xe ne eTeTeunes.oTO.Mq ie ov ne eTCTeima^coq oir**.e ne- 

TeuccoAVô. ne ot ne eTeTenne^THiq gi ^huot; c'est-à-dire: C'est 
pourquoi, je vous dis: Ne prenez pas souci pour votre âme de (sa- 
voir) ce que vous mangerez ou ce que vous boirez, ni pour votre 



27 

corps de (savoir) de quoi vous vous vêtirez. Certains manuscrits 
mettent bien la première personne du pluriel à la place de la 
seconde, seulement parce qu'on a oublie le r re qui distingue le 
préfixe de la seconde personne du pluriel de la première: -reit 
au Heu de têtch, et en recourant au texte grec on a bientôt 
fait de voir quelle devait être la bonne leçon: le texte grec 
a bien la seconde personne de pluriel. De même le ne peut 
être réuni au pronom de la seconde ou de la première personne 
du pluriel: mais j'ai établi plus haut qu'il est de rigueur après 
ot interrogatif, parce qu'il représente le verbe principal de la 
phrase. Il y a d'ailleurs bien longtemps que Peyron a observé 
dans sa grammaire que les habitants du Nord de l'Égypte écri- 
vaient presque toujours TeTenn^ à la deuxième personne plurielle 
du futur, ainsi que ceux qui parlaient le dialecte qu'il appelle 
baschmourique, tandis que l'orthographe T£tïi&. est excessivement 
restreinte. Dans le dialecte sa'idique, c'est l'inverse qui a lieu: 
l'orthographe de la seconde personne plurielle du futur est pres- 
que toujours TCTitev au lieu de Te-rnn^, comme Peyron l'avait 
observé déjà 1 , et il en donne la véritable raison: nam Thebani 
vix geminare soient eandem littera?n. Mais en cela je vais plus 
loin que lui et je crois qu'il y a là une véritable faute contre 
la grammaire. En effet le système des affixes pour le pluriel 
dans les verbes est: îr, re-rn et ev; au futur ïïne», re-mne^, e-ynew 
ou cen*., et cela pour les trois dialectes, à peu de chose près. 
Aussi le dialecte sa'idique emploie bien pour la première per- 
sonne du pluriel Ten ou tïï; ainsi dans le verset 31 du chapitre 
VI de S 1 Matthieu qui répond au verset 25, Jésus dit à ses au- 
diteurs: Ainpqi poovuj 6'e eTeTÏvxu> màvoc *x.e ne TÏînevoiroMq 
ie çvy ne TÏîn^coq h ot ne TÎîn^Tev^q giunon; c'est-à-dire: «ne 
prenez pas souci, (en) disant: qu'est-ce que nous mangerons? 
ou: qu'est-ce que nous boirons? ou: de quoi nous vêtirons-nous». 
Ici Taffixe tïï de la première personne du pluriel est bien com- 
plètement écrit et suivi de n^, indice du futur: par conséquent 
1 Peyron, Grammatica linguae Copticae, p. 101. 



28 



les deux « se suivent bien régulièrement, comme ils doivent 
s'écrire, et il n'y a presque jamais de faute. Au contraire, à la 
seconde personne du pluriel, l'orthographe presque constante est 
Ternis, dans les manuscrits scripturaires comme dans les manu- 
scrits littéraires. Ainsi au verset 25 du chapitre VI de S* Mat- 
thieu, la version sa c idique écrit: Âînpqi pooiruj e'reTfi\^nr^H -* c 
or ne'feTnA.ovOMq ov^e neTiiccoM*. *2£.e ov ncreTn es t^ô, q giun- 
THTT«. Or si Ton analyse strictement les mots neTCTii^o^oAiq^ 
neT£Tna,Ts^q, on ne trouve pas dans ces mots place pour le 
préfixe de la seconde personne du pluriel ou pour l'indice du 
futur car si le pronom est Te-rn, il ne reste plus que ^ pour 
l'indice du futur qui est cependant n^, ou si Ton regarde 
comme écrit au complet, il ne reste plus que tct pour le pré- 
fixe, ce qui n'est pas assez. Et c'est cependant ce qui arrive 
au moins 90 ou 95 fois sur cent. Cependant on trouve aussi 
l'orthographe complète, et par conséquent le verbe est écrit ré- 
gulièrement. Ainsi pour notre passage, un fragment que M. 
Horner désigne par 108, sans dire lequel c'est, car il y en a au 
moins cinq de désignés par ce chiffre, met bien -remn^ aux trois 
verbes, où le texte a simplement Terril. En outre ce mot Te-ma. 
est parfaitement régulier, et veut dire: celle qui ira, comme ne™* 
vent dire: celui qui ira, d'où une nouvelle source d'amphi- 
bologies. 

Je crois donc que l'éditeur qui se chargera de publier une 
édition vraiment critique des versions coptes de la Bible, Ancien 
et Nouveau Testament, devra se préoccuper avant tout de la 
question grammaticale. Aussi, sans vouloir médire le moins du 
monde des travaux de mes confrères qui ont dû penser au plus 
pressé, et le plus pressé, c'était de publier les textes, on ne 
peut pas ouvrir une seule page de leurs excellents travaux sans 
rencontrer un fourmillement de faute contre l'orthographe ou 
contre la grammaire, sans compter celles qui violent la sépara- 
tion des mots les uns des autres et qui sont innombrables. On 
a cru trop souvent qu'il suffisait de copier des manuscrits que 



| l'on ne comprenait pas; on attribuait en effet la publication des 

I manuscrits coptes à des commençants qui, avec une belle audace, 
sans se douter des' difficultés de l'œuvre qu'ils entreprenaient, 

' n'ont fait qu'entasser fautes sur fautes et montrer leur ignorance 
à tous les yeux. La publication des œuvres coptes demande au 
contraire une connaissance approfondie de toutes les questions 

I que j'ai traitées ici: c'est une œuvre éminemment délicate à la- 
quelle sont aptes peu de coptisants. 

Je crois donc qu'il est temps aujourd'hui de prendre une 
autre voie, de donner de la version copte de la Bible une édi- 
tion vraiment critique, où les mots ne soient pas séparés au 
petit bonheur, où l'orthographe ne dépende plus seulement du 
caprice du scribe ou de l'éditeur, où la grammaire enfin soit 
respectée. Cette grammaire n'est ni aussi simple qu'on a bien 
voulu le dire, ni aussi compliquée que certains ont voulu le pro- 
clamer: le langage humain obéit partout à de règles, mais cha- 
cun peut employer ces règles selon son goût ou sa science. 
D'après mon hypothèse, ces observations ont trait tout d'abord 
aux règles que devra suivre l'éditeur critique de la version copte 
de la Bible; mais les autres savants qui publient des œuvres 
coptes quelles qu'elles soient, ne pourront qu'y gagner et de la 
sorte on évitera cette anarchie qui semble présider actuellement 
aux publications coptes. Les idées que j'ai émises sont à la fois 
nouvelles et anciennes, nouvelles pour les contemporains, anci- 
ennes puisque les Coptes les suivaient: elles pourront être com- 
plétées par ceux qui, plus heureux que moi, en trouveront l'oc- 
casion. Je n'ai voulu en les soumettant au public savant que 
favoriser les travaux sérieux et montrer aux jeunes trop ardents 
qu'il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir faire. J'aurais pu 
multiplier les exemples, citer des noms: je me suis contenté de 
deux exemples en ne nommant personne, et cependant c'eût 



été une belle occasion de rendre publiquement à certains auteurs 
une partie de critiques qu'ils m'ont faites et du mal qu'ils 
m'ont causé sournoisement J'ai estimé que j'avais mieux 
à faire. 

La Hurlanderie 15 Mai 19 13. 

E. Amélineau. 



Yampyrvorstellungen. 



Von 

A. Wiedemann. 

Eine unter den Voelkern der alten wie der neuen Welt 
weit verbreitete Ausgestaltung der Unsterblichkeitslehren geht 
von dem Gedanken aus, dass auch nach dem Tode zwischen 
Koerper und Seele ein inniger Zusammenhang bestehe. Man 
nimmt an, die Seele bleibe an den Koerper gefesselt, so lange 
keine wesentliche Veraenderung durch die Zersetzung eintritt 
oder so lange der Koerper ùberhaupt in einer mehr oder we- 
'niger klar erkennbaren Gestaltung bestehen bleibt. Nach 
anderer Anschauung ist die Seele freier, sie kann bereits 
waehrend dieser Uebergangszeit den Koerper verlassen. Die- 
ser bleibt aber auch dann eine Huile, in welche sie, so lange 
der Leichnam fortbesteht, zurùckkehren kann, um auf dieser 
Welt umzugehen, die Lebenden zu erfreuen oder zu quaelen. 

Dièse Gedankengaenge bilden die Grundlage zweier ver- 
schiedenartiger Behandlungsweisen der Leichen. Die eine 
besteht dann, dass man den Leichnam als Ganzes oder 
doch in seinem wesentlichsten Bestandtheile, welcher meist 
durch den Kopf gebildet wird, zu erhalten trachtet um auf 
diesem Wege die Seele auf Erden fest zu halten oder ihr 
die Wiederkehr zu erleichtern. Dies kann aus Pietaet ge- 
schehen, in der Hoffnung den Todten nicht allzu schnell voel- 
lig zu verlieren. Meist aber wird Furcht der leitende Be- 
weggrund sein. Man will den Verstorbenen gut stimmen 



32 



1 



und ihn verhindern, eine andere Verkoerperungsform suchen 
zu mûssen, in welcher er von Groll erfùllt die Lebenden zu 
verfolgen vermochte. In entgegengesetzter Weise, aber von 
den gleichen Vorstellungskreisen ausgehend suchen Andere 
den Leichnam moeglichst schnell voellig zu vernichten oder 
doch wenigstens durch Verletzungen lebens- und bethaetigungs- 
unfaehig zu machen. Auch hier kann eine freundliche Ab- 
sicht vorliegen und raan im Interesse des Todten ihm den 
Abschied von dem Koerper erleichtern und beschleunigen 
wollen. Meist wird aber auch hier Furcht zum Ausdrucke 
kommen, der Wunsch auf diesem Wege dem Verstorbenen 
die Wiederkehr unmoeglich zu machen, ihn endgiiltig von der 
Erde zu verbannen, jede Schaedigung der Lebenden durch 
ihn auszuschliessen. 

Letztere Erwaegungen sind vor allem dann in die Er- 
scheinung getreten, wenn es sich darum handelte Todte ul 
schaedlich zu machen, von denen man annahm, dass sie 
Unfug und Verderben stifteten, andere Menschen belaestigten 
oder zwangen, ihnen in das Grab zu folgen. Aus ihnen 
gingen die Strafen und Vorsichtsmassregeln hervor, die man 
nicht nur sagenhaften Erzaehlungen zu Folge, sondern auch 
in der Praxis des taeglichen Lebens den Vampyren gegenùber 
ergriff, um Schutz vor derartigen boesartigen, schaedigenden, 
mordenden Todten zu gewinnen. 

Der Vampyrglaube ist ungemein weit verbreitet. Be- 
kannt ist er vor allem aus den slavischen Laendern, fur die 
ihn Krauss 1 eingehend geschildert hat, Um sich vor dem 
Vampyr zu retten wird in diesen Gegenden der Leichnam 
des Verdaechtigen verstùmmelt oder verletzt, besonders wer- 
den Weissdornnadeln in ihm befestigt oder ein Weissdorn- 
pfahl durch seinen Leib gestochen 2 . Gelegentlich vollzieht man 



1 Slavische Volksforschungen. Leipzig. 1908, S. 124 ff. 

2 Vgl. fur das Pfaehlen des Todten im germanischen Privatrecht 
Kauffmann, Archiv f. Religionswiss. XI. S. 123. 



■ 



33 

a uch an seinem Grabe eine symbolische Leichenverbrennung 
oder verbrennt die Leiche selbst. Der Glaube an derartige 
gefaehrliche Todte ist nicht auf die Slaven beschraenkt. Er 
erscheint beispielsweise in Griechenland. Von hier erzaehlt 
u. a. Paulus Lucas 1 aus dem Jahre 1703 als eine feststehende 
Thatsache, dass in Korfu und in Santorin Todte sich Mittags 
sehen liessen, zu ihren Wohnungen gingen, die Leute, welche 
sie sahen, erschreckten. Wenn dies gescbaehe, dann gebe 
der Gouverneur, wie dieser selbst dem Reisenden bestaetigte, 
und der Magistrat sein Urtheil ab, die Leiche des BetrefTen- 
den werde auf dem Kirchhofe ausgegraben, in Stùcke zer- 
schnitten und verbrannt 

Auf deutschem Boden und in anderen Gebieten Mittel- 
europas finden sich entsprechende Gedankengaenge wieder. 
Vor allem Mannhardt 2 und Stefan Hock 3 haben dièse Ver- 
haeltnisse und die Versuche solche Vampyre zu baendigen 
eingehend geschildert Unter den von letzterem 4 aus der 
Wirklichkeit angefùhrten Beispielen genùgt es folgende her- 
vorzuheben: 1567 wurde in Trautenau in Boehmen die Leiche 
eines Vampyr enthauptet, 1624 einer solchen bei Krakau 
der Kopf abgestossen, 1672 eine weitere in Krain gekoepft, 
1693 ist von dem Enthaupten von Vampyrleichen in Polen 
und Russland die Rede, 17 10 wurden mehrere in Harsen in 
Preussen gekoepft, 1732 weitere in Serbien gekoepft und ver- 
brannt, 1820 und 1870 andere in Preussen enthauptet. Mehr- 

1 Voyage au Levant, Ausgabe von 17 14, S. 450. 

2 Ueber Vampyrismus in Zeitschrift fur deutsche Mythologie IV. S. 
259 A". (1858); Die praktischen Folgen des Aberglaubens mit besonderer 
Berûcksichtigung der Provinz Preussen (Deutsche Zeit- und Streit-Fragen 
VII. Heft. 97—98). Berlin 1878. S. 1 1 ff. 

8 Die Vampyrsagen und ihre Verwertung in der deutschen Litteratur 
(Forschungen zur neuern Litteraturgeschichte XVII). Berlin 1900. 

4 S. 29 ff., vgl. Mannhardt, Vampyrismus S. 261 ff., Praktische Fol- 
gen S. 12 ff. — Rochholz, Deutscher Glaube und Brauch I S. 278 hebt 
hervor, dass der Brauch noch im i9ten Jahrhundert in Siebenbûrgen ublich 
blieb. 

Sphinx XVIII, 1. 3 



34 



fach wird erklaert, man musse dem Leichnam den Kopf mit 
einem Spaten abstossea und ihn dann zwischen die Beine 
der Leiche legen 1 . Nach einzelnen Angaben hat die Ent- 
hauptung um Mitternacht zu erfolgen 2 , nach andern soll beim 
Abstossen des Kopfes ein Kirchhofspaten Verwendung finden 3 , 
also ein auch sonst mit Grab und Tod in Verbindung stehendes 
und daher gegen Todtenzauber in gewissem Grade gefeites 
Werkzeug. In Schlesien hat man das Grab des Vampyr zu 
oefïnen, den Kopf mit dem Grabscheid oder sonst abzu- 
schneiden, die Leiche dann meist zu verbrennen 4 . 

Der Glaube an die Moeglichkeit, durch die Enthaup- 
tung einen Vampyr unschaedlich zu machen, besteht noch 
jetzt im oestlichen Deutschland. Dièse Thatsache erweist 
eine Gerichtsverhandlung, welche am 30 September 1913 die 
Danziger Strafkammer beschaeftigte: «In der Johannisnacht 
betraten in der Kaschubei bei Putzig zwei Maenner den 
Kirchhof und gruben die Leiche der vor drei Jahren verstor- 
benen Frau Mudlaff aus. Der Sarg wurde geoeffnet, worauf 
der eine der Maenner der Leiche mit dem Torfspaten den 
Kopf vom Rumpfe trennte und diesen dann der Todten zu 
Fussen legte. Dann verschloss er den Sarg wieder und 
schaufelte das Grab wieder zu. Die Sache wurde anderen 
Tages ruchbar, und es stellte sich heraus, dass die Gebruder 
Mudlaff die beiden Arbeiter Dettlaff und Formella zu dieser 
schaurigen Arbeit gedungen hatten, um dadurch den vielen 
Todesfaellen in der Familie des Mudlaff Einhalt zu tun. 
Die Strafkammer verurteilte die Leichenschaender zu sechs 
Wochen und die Anstifter zu einer Woche Gefaengniss.» 5 

1 Hock, S. 28; Mannhardt, Vampyrismus S. 260. 

2 Knoop, Volkssagen aus dem oestlichen Hinterpommern S. 85. 

3 Temme, Die Volkssagen von Pommern und Rûgen S. 308. 

4 Zahlreiche Beispiele bei Klapper, Die schlesischen Gesehichten von 
den schaedigenden Toten in Mitteilungen der schlesischen Gesellschaft fur 
Volkskunde XI S. 58 ff. 

5 Berliner Tageblatt, 1 Oktober 1913, Nr. 499. 



35 

Das Legen des Kopfes zwischen die Beine sollte es dem 
Lodten moeglichst erschweren, sich wieder in den Besitz 
seines Hauptes zu setzen. In einer islaendischen Sage wird 
dementsprechend berichtet, man habe den Kopf eines enthaup- 
teten Gegners an dessen Hintern gesetzt um sein Wieder- 
koramen zu verhindern. Der gleichen Sitte gedenkt Saxo 
Grammaticus (um 1200), der ihren Sinn frelich nicht richtig 
verstand und die Handlung aïs eine Verhoehnung des Tod- 
ten auffasste 1 . Ein anderes Mittel um die Neuvereinigung 
von Rumpf und Kopf zu verhindern, war fremde Stoffe zwi- 
schen beide zu streuen. Hierzu konnte Sand Verwendung 
finden 2 . Ein Fàroer Volkslied laesst den Menschenfressem 
die Glieder einzeln abhauen und zwischen sie trennende 
Steine legen 3 . 

Dieselben Grundvorstellungen, denen die geschilderten 
mittelalterlichen und modernen Gebraeuche entsprachen, be- 
standen auch im alten Aegypten. Freilich werden sie hier 
nirgends im Zusammenhange in den religioesen Schriften ge- 
schildert, wie dièse ja auch sonst jeder systematischen An- 
ordnung und Durchfùhrung entbehren, sie koennen aber aus 
vereinzelten Andeutungen wieder gewonnen werden. Bei einem 
derartigen Versuche sind ethnographische Parallelen von gros- 
ser Bedeutung. Naturgemaess waere es methodisch verfehlt, 
wollte man die Anschauungen anderer Voelker ohne Weiteres 
auf die Bewohner des Nilthales ùbertragen. Die ethnogra- 
phischen Parallelen lehren aber, in welcher Weise ùberhaupt der 
Mensch transcendentalen Fragen gegeniiber zu treten pflegte 
und welche praktischen Erscheinungen durch dièse Denkvor- 
gaenge hervorgerufen werden konnten. Wenn sich in Ae- 
gypten die gleichen Erscheinungen wiederflnden und wenn 

1 Liebrecht, Wiederkehr Verstorbener in Zeitschrift fur Deutsche Phi- 
lologie VIII S. 106. 

2 Mannhardt, Praktische Folgen S. 13. 

3 Rochholz, a. a. O. I. S. 278. 



36 

ausserdem die anderweitig nachgewiesenen Gedankengaenge 
auf diesem Gebiete sich mit der Art und Weise decken, i| 
welcher der Aegypter zu denken pflegte, dann ist man be- 
rechtigt, das Vorhandensein analoger Vorstellungen auch 
fur das Nilthal als Thatsache vorauszusetzen 1 . Dièse Er« 
waegungen trefFen bei dem Vampyrglauben zu und gewinnt 
man auf diesem Wege einen nicht uninteressanten Einblick 
in Jenseitsvorstellungen, welche am Nile bereits in den ael- 
testen geschichtlich zugaenglichen Zeiten zu Recht bestanden 
haben. Da die betreffenden Gedankengaenge auch bei an- 
deren Voelkern auf ihre frùhesten Entwickelungsperioden 
zuriïckgehen, so gehoeren dieselben offenbar zu den aeltesten 
Vorstellungen, welche sich der Mensch ùber die Eigenschaf- 
ten und Eigenheiten der Todten, ihre Lebenskraft und deren 
Aeusserungen gebildet hat. 

Auf dem Glauben an einen Zusammenhang der Seele 
und der Leiche beruht die Todtenbehandlung in der klas- 
sischen Zeit des Aegypterthums, die Anlage umfangreicher 
Graeber um dem lebenden oder doch lebensfaehigen Leich- 
name eine Wohnung zu gewaehren, die Niederlegung von 
Nahrungsmitteln, Gebrauchsgegenstaenden, Begleitern in aller- 
hand Gestaltungen in dem Grabe, die Bemùhungen die Leiche 
moeglichst lange zu erhalten um der Seele ihren Aufenthalts- 
ort nicht zu rauben. Schon ehe die Mumifizierung ihre Durch- 
bildung erfuhr, war der gleiche Glaube vorhanden, wie dies 
die Beigaben, die Schutzversuche fur die Leiche in der An- 
lage der Graeber und andere Sitten der Nagadazeit lehren. 
Der Gedanke, dass der Todte dauernd oder doch eine Zeit- 
lang in der Leiche weile, hat ferner dazu gefiihrt den Leichnam 
in oder bei seiner einstigen Wohnung aufzubewahren, damit 
der Verstorbene mit den Hinterbliebenen weiter lebe, esse 

1 Die Wichtigkeit ethnographischer Parallelen fur das Verstaendniss des 
Thierkultes in Aegypten habe ich Museon. N. S. VI S. 113 ff. und Archiv 
f. Religionswiss. XIV S. 640 f. darzulegen gesucht. 



37 

und trinke 1 . Die Sitte des Aufstellens des Sarges mit der 
jVUimie in dem Hause der Familie ist durch eine Reihe von 
Angaben der klassischen Autoren verbùrgt 2 . Sie ergiebt 
sich auch aus Funden von Pétrie in Bestattungsanlagen der 
Spaetzeit 3 . Hier zeigten die aufgestapelten Saerge deutliche 
Spuren davon, dass sie vor der Fortschafïung in die Grae- 
berstadt laengere Zeit in Haeusern aufgestellt gewesen waren. 
Hier hatten sie aile die Unbilden erdulden mùssen, denen frei 
aufgestellte Gegenstaende durch Staub, ungeschickte Diener, 
spielende Kinder ausgesetzt waren. Der Gebrauch war der- 
art tief eingewurzelt, dass er in der fruhchristlichen Zeit gele- 
gentlich fortgedauert zu haben scheint, wenn man in ihm 
damais auch nur noch eine Ehrung des Todten sah 4 und 
nicht mehr an ein wirkliches persoenliches Fortleben desselben 
im Kreise der Seinigen dachte. 

Eine derartige Aufbewahrung des Todten war keine Er- 
findung der hellenistischen Zeit. Ein Relief im Style der Zeit 
Amenophis IV zu Florenz 5 zeigt, dass man bereits im I5 ten 
Jahrhundert v. Chr., jedenfalls wenigstens in einzelnen Faellen, 
Raeume innerhalb des von den Lebenden benutzten Besitzthu- 
mes fur die Aufstellung der senkrecht neben einander stehen- 
den Saerge einrichtete. In andern F'aellen hat man in gleichem 
Sinne Todte, besonders Kinder, bei und unter dem Fussboden 
der Haeuser der Lebenden bestattet 6 . Weiter geht auf die 
gleiche Anschauung die Sitte der secundaeren Bestattung 
zurûck, auf welche eine Reihe von Funden aus der Nagada- 

1 Vgl. Lucian, de luctu § 21. 

2 Wiedemann, Herodots Zweites Buch S. 361 f. 

3 Pétrie, Roman Portraits and Memphis IV (Brit. School of Archaeol. 
in Egypt and Egypt. Research Account XVII). London, 191 1; Hawara, 
Biahmu and Arsinoe. London. 1889; Kahun, Gurob and Hawara. Lon- 
don. 1891. 

4 Athanasius, Vita Ant. bei Migne X, p. 967. 

5 Wiedemann, Proc. Soc. Bibl. Arch. XVII, S. 156. 

6 Ein Reihe von Beispielen angefiihrt bei Hall, Death and the disposai 
of the Dead (Egyptian) in Hastings, Encyclopaedia of Religion IV, S. 462. 



38 



zeit hinweisen 1 . Der Todte wurde zunaechst bei oder in seiner 
Wohnung begraben. War der Koerper zerfallen und schien 
damit die Trennung von Leib und Seele eingetreten zu sein, 
so grub man die ùbrig gebliebenen Knochen wieder aus und 
ùberfiihrte sie in ein endgultiges Grab in der Nécropole. 

Aile dièse Gebraeuche zielten einerseits darauf hin, dem 
Todten ein erfreuliches Fortleben zu gewaehrleisten. An- 
dererseits sollten sie aber auch den Lebenden dienen, sie vor 
der Rache der Todten wegen der Vernachlaessigung der 
ihnen gebuhrenden Pietaetspflichten schùtzen. War die Leiche 
in entsprechender Weise behandelt worden dann erschien der 
Todte nicht mehr berechtigt, die Hinterbliebenen zu belaesti- 
gen. Diesen Gedanken spricht ein in einem Leydener Pa- 
pyrus 2 erhaltener Brief eines Wittwers an seine verstorbene 
Frau in klaren Worten aus, wenn er sich darùber beschwert, 
dass die Todte trotz aller seiner auf ihre Bestattung ver- 
wendeten Sorgfalt es nicht unterlassen wolle ihn zu quaelen. 

Durch dièse Bestrebungen, durch Gùte, durch sorgsame 
Behandlung der Leiche, durch Opfergaben und Geschenke 
suchte man das Wohlwollen der Todten zu erkaufen und da- 
durch sich gegen dieselben zu sichern. Daneben finden sich 
in Aegypten andere Gebraeuche, mittelst deren man den Tod- 
ten auf anderem Wege, durch Vornahme feindlicher Hand- 
lungen unschaedlich zu machen trachtete. Letztere sind zwar 
nicht so umstaendlich ausgebildet worden wie die oben er- 
waehnten Begraebnisssitten, sie treten aber doch in den ver- 
schiedensten Perioden in die Erscheinung. Vor allem sind sie 

1 Wiedemann bei de Morgan, prigines de l'Égypte, II. S. 211 f. 

2 I. 371; Maspero, Études Égyptiennes I. S. 145 fï. Eine Beschwoe- 
rungsformel, um Todte zu verhindern Krankheit zu bringen, enthaelt ein the« 
banisches Ostracon aus der Ramessidenzeit, publ von Gardiner in Theban 
Ostraka (University of Toronto Studies) S. 13 ff. Vgl. Pap. Ebers S. 1. z. 15, 
20 und zahlreiche andere Stellen, an denen neben andern Schaedlichkeiten 
und Krankheitsursachen der maennliche und der weibliche Todte genannt 
werden. 



39 

jn den Gebraeuchen der aeltesten Zeit nachweisbar und schei- 
n en damais weit staerker betont und verbreitet gewesen zu 
sein wie in der klassischen Période des Aegypterthumes. 
Dabei nahmen sie die gleichen Formen an wie sie sich in 
andern Laendern zum Zwecke der Bekaempfung des Vam- 
pyrismus entwickelt haben. 

Dasjenige Mittel, welches man den Leichen gegeniiber 
in erster Reihe in Anwendung brachte, war îhre Zerstùckelung, 
welche den Zerfall beschleunigte und von vorn herein den 
Koerper fur ein Umgehen unbrauchbar machen musste. Die 
Zerstùckelung konnte entweder den ganzen Koerper treffen 
oder wurde darauf beschraenkt, dass man der Leiche nur 
den Kopf abschnitt und ihr hiermit den zur Lebensbethaeti- 
gung wesentlichsten Koerpertheil raubte. Durch ein solches 
Verfahren glaubte man, die Trennung von Leib und Seele 
zu beschleunigen und damit dem Verstorbenen das baldige 
Wiedererstehn in einer hoehern Welt zu sichern. Von diesem 
Gesichtspunkte ausgehend sprechen die religioesen Texte 
vielfach von der Enthauptung des Todten und der Wieder- 
verleihung des ihm genommenen Kopfes, die im Jenseits 
erfolgen sollte. Die betreffenden Formeln finden sich noch 
in Texten der jùngeren Perioden, in welchen das Koepfen 
der Leichen thatsaechlich nur noch aeusserst selten vorkam. 
Wie in anderen Faellen, so hat man auch hier in conserva- 
tivem Sinne die alten religioesen Formeln beibehalten, auch 
als die Sitten verschwunden waren, denen sie ihre Entste- 
hung verdankten 1 . Nachdem die Beisetzung des ganzen 
Koerpers in Aegypten Volkssitte geworden war, suchten 
diejenigen Kreise, welche auch weiterhin die Zerstùckelung 



1 Wiedemann bei de Morgan, Origines II. S. 205 ff.; Die Amulette 
der alten Aegypter S. 27 ff. ; Naville, Aeg. Zeitschr. XLVIII S. 107 ff. 
eine Stelle bei Virey, Rec. de Trav. rel. à l'Égypt. XXI S. 148 ff. Bis in 
spaete Zeit hinein wird Osiris in seinem Grabe gelegentlich kopflos darge- 
stellt (Wiedemann, Orient. Litt. Zeit. XL Sp. 112 ff.). 



4 o 



des Leichnams fur nutzbringend erachteten, beide sich in 
ihrer Durchfuhrung eigentlich voellig widersprechenden Ge« 
braeuche auf recht umstaendlichem Wege zu einer gewissen 
Vereinigung zu brîngen. Sie zerlegten oder koepften zJ 
naechst die Leiche, fugten dann aber die einzelnen Theile 
derart zusammen, dass sich aus ihrer Lagerung neben oder 
an einander die Gestalt eines vollstaendigen menschlichen 
Koerpers ergab 1 . Die Zerstuckelung hatte Leib und Seele 
getrennt, eine Wiederbelebung des erstern in dern einstigen 
Zusammenhange der Glieder war ausgeschlossen. Fur die 
das Grab besuchende Seele wurde aber der Anschein erweckt 
als laege in der zusammengesetzten Leiche noch immer der 
Koerper in seiner ursprùnglichen Gestalt vor. 

Im Allgemeinen hat man im Nilthale in der Enthaup- 
tung eine schwere Schaedigung des Menschen im lebenden 
wie im todten Zustande gesehen. Dieser Gedanke kommt 
auch darin zum Ausdrucke, dass in der klassischen Zeit Ae- 
gyptens unter den Todesstrafen das Enthaupten voellig zu- 
ruck tritt. Ofïenbar empfand man in den meisten Faellen 
diesen Strafvollzug, welcher den Menschen bis ùber den Tod 
hinaus schaedigte, als eine allzu harte Sùhne fur ein Ver- 
brechen. Dargestellt wird das Enthaupten auf den aegyp- 
tischen Reliefs seit dem Alten Reiche nicht 2 . Die Abbildung 

des Richtblockes braucht nicht auf ein Geraeth fur 

Enthauptungen hinzudeuten, es kann sich auf eine Einrich- 
tung zur Vollziehung sonstiger Verstiimmelungstrafen beziehen. 

1 Ueber Funde von Mumien und Leichen, an denen die Koepfung und 
sonstige Zerstuckelung und dann eine Neuzusammensetzung erkennbar war, vgl. 
Wiedemann, Orient. Litt, Zeit. XI Sp. 113 ff.; Ruffer und Rietti in Bull. 
Soc. Arch. Alexandrie III S. 240 ff.; Waenwright, The Rite of Dismemberment 
in ancient Egypt in Pétrie, The Labyrinth, Gerzeh and Mazghuneh. 

2 Die von Capart, Aeg. Zeitschr. XXXVI S. 125 f. als Koepfen ge- 
deutete Darstellung im Grabe des Merru-ka bezieht sich, wie Spiegelberg 
und Mûller, Orient. Litt. Zeit. II. Sp. 364 ff. hervorhoben, auf eine Quae- 
lung, nicht auf eine Toedtung des betreffenden Mannes. 



41 



Die Vorfiïhrungen von Enthaupteten in den Abbildungen von 
Szenen aus dem Jenseits 1 koennen nicht herangezogen wer- 
den, da es sich bei ihnen nicht um ein Abbild irdischer Ver- 
haeltnisse handelt, sondern um die Vorfùhrung jenseitiger 
Feinde der Gottheit, welche ewiger Vernichtung geweiht wer- 
den sollten 2 . Auch besiegten und gefangenen Feinden ge- 
genùber war in der Blùthezeit des Reiches das Enthaup- 
ten nicht ùblich, wenn es auch wohl zu weit geht, wenn man 
sein Vorkommen ùberhaupt in Abrede stellt 3 . 

Thatsaechliche Funde gekoepfter Feindesleichen aus dem 
klassischen aegyptischen Alterthume fehlen. Es haben sich 
freilich in zwei Graeben bei Schelal die Ueberreste von hin- 
gerichteten Mànnern, vermuthlich Blemmyern, gefunden, welche 
durch Haengen, vereinzelt auch durch Koepfen ihr Leben 
eingebùsst hatten und die auch sonst Verletzungen zeigten 4 . 
Wenn auch bei diesen Grùften eine genaue Datierung nicht 
moeglich ist, so spricht der sonstige Befund bei denselben 
doch entschieden fur ihre Entstehung in der Roemerzeit, in 
welcher die Gefangenen bei einem Aufstande oder Kriege 
die Todesstrafe erlitten. Dièses roemische Verfahren kann 
naturgemaess fur national- aegyptische Sitten nicht inBetracht 
gezogen werden. Ebenso wenig ist es moeglich, aus der 

Hiéroglyphe jj^f weitergehende Schlùsse zu ziehen. Bei die- 
ser braucht nicht die Darstellung eines enthaupteten, an den 
Richtpfahl gebundenen Mannes vorzuliegen. Wahrschein- 
licher ist es, dass die Hiéroglyphe in die Reihe der defekti- 
ven Schriftzeichen gehoert, wie sie in den Pyramideninschrif- 



1 Grab Seti I ed. Lefébure pl. 43; Grab Ramses IV ed. Lefébure 
pl. 9, 10. 

2 Auf ein vereinzeltes Vorkommen der Enthauptung koennte sich die 
Stelle Gen. 40, 22 beziehen. 

3 Piehl, Aeg. Zeitschr. XXIII S. 86 f.; XXVI S. 114 ff. 

4 The Archaeological Survey of Nubia. Report for 1907 — 8, I S. 73; 
II, S. 100 f. 



ten, auf Saergen des Mittlern Reiches und sonst mehrfach 
in Todtentexten auftreten und dann in einzelnen Faellen, wie 

in der Verwendung von statt auch in profane Texte 

Aufnahme gefunden haben. Ihre Einfùhrung geht auf die 
Besorgniss zurùck, es koennten, bei der Belebung der Grab- 
bilder durch die magischen Formeln des Todten, auch die 
Menschen- und Thierbilder in den Inschriften Leben gewinnen, 
sie koennten aus den Textreihen heraustreten, deren Zusam- 
menhang vernichten und den Todten im Grabe beaengstigen 
und bedraengen. Um dies zu vermeiden, Hess man bei Voe- 
geln Flùgel und Beine fort, stellte die Schlangen zerschnitten 
dar, bildete nur die halben Menschen und einzelne Glied- 
massen statt der ganzen Gestalten ab. In gleichem Sinne wird 
man, um die Belebung des festgebundenen Feindes unmoeg- 
lich zu machen, ihn ohne Kopf vorgefùhrt haben. 

Wollte man in dem historischen Aegypten einen Ver- 
brecher endgùltjg vernichten, dann zog man der Enthauptung, 
welche nur eine theilweise Zerstoerung des Koerpers zur Folge 
hatte, das weit umfassender wirkende Verbrennen vor. Mit 
ihm hat man im Mittelalter die voellige irdische Vernichtung 
der Hexen zu erreichen gesucht und zu ihm hat man, wie 
oben ausgefùhrt, auch bei Vampyren seine Zuflucht genom- 
men. In dieser Weise verfuhr man nach aegyptischen Be- 
richten gegenùber einer Ehebrecherin *, gegenùber Frevlern 
an frommen Stiftungen 2 , gegenùber Missethaetern im Tempel 3 . 

Anders wie in der klassischen Zeit lagen die Verhaelt- 
nisse den Feinden gegenùber in der Frùhzeit, in welcher, wie 
oben auszufùhren war, das Zerstùckeln und Enthaupten der 
Leiche weit groessere Verbreitung gefunden hat wie in spae- 

1 Pap. Westcar 4, 8; vgl. die analoge Angabe Herodot II, ni. 

2 Moeller, Sitz. ber. Berliner Akad. 19 10 S. 934, 946 f. 

3 sog. Excomraunications-Stele von Napata bei Maspero, Etudes de 
Mythologie III S. 71 ff„ 229 ff. und Schaefer, Klio VI S. 287 ff. 



43 

tefn Perioden. Hier zeigt eine sorgsam gearbeitete Schiefer- 
platte des Koenigs Nar-mer 1 den Herrscher, wie er mit zwei 
seiner Beamten unter Vortritt von vier Standartentraegern 
heranschreitet. Vor ihm liegen auf dem Boden 10 maennliche 
Gestalten, in denen man besiegte Feinde zu erkennen haben 
wird. Dièse sind saemmtliche enthauptet und ist jeweils der 
Kopf zwischen die Fusse des zugehoerigen Mannes gelegt 
worden. Damit giebt das Relief eine genaue Parallèle zu 
der oben geschilderten Vampyrbehandlung, bei welcher man 
den abgehauenen Kopf zwischen die Fusse des Enthaupteten 
legte um dessen Wiedererlangung zu erschweren. Den glei- 
chen Erfolg wird Nar-mer durch die Lagerung der Koerper- 
theile seiner gekoepften Gegner zu erreichen gesucht haben. 
Das zweite Mittel um die Wiedervereinigung von Kopf und 
Runipf zu verhindern, welches darin bestand, dass man 
Steine oder Sand zwischen beide Theile legte, war gleichfalls 
den Aegyptern bekannt. Als Setna die das Zauberbuch 
hiitende Schlange bei Koptos getoedtet hatte, erwachte sie 
zweimal zu neuem Leben und gewann ihre alte Gestalt wie- 
der. Erst als er sie in zwei Stùcke zerschnitt und zwischen 
dièse Sand streute, starb die Schlange und gewann ihre alte 
Gestalt nicht mehr. 

So finden sich denn am Nile die verschiedenen Vor- 
stellungen wieder, welche sich an andern Orten der Erde 
mit dem Vampyrglauben verbinden. Hier so wenig wie auf 
andern Gebieten des religioesen Denkens bildet Aegypten 
eine Ausnahme von den Gedankenkreisen, welche sonst auf 
der Erde das Empfinden der Menschheit beherrschen. Die 
Liebe zum Verstorbenen und vor allem die Furent vor seiner 
quaelenden und schaedigenden Macht hat hier wie dort bis 
in die fernsten von der historischen Wissenschaft erreichbaren 

1 publ. Quibell, Aeg. Zeitschr. XXXVI S. 82, Taf. 12; Hierakonpolis 
I Taf. 29; Legge, Proc. Soc. Bibl. Arch. XXII, S. 127 f., Taf. 1; Capart, 
Les Débuts de l'art en Égypte S. 237, fig. 168. 



44 



Jahrhunderte das Fùhlen erfullt. Immer wieder haben der- 
artige Erwaegungen, so verschieden auch im Uebrigen die 
einzelnen Voelker sein mochten zu den gleichen Vorsichts- 
massregeln, zu entsprechenden Sitten und Gebraeuchen ge- 
fùhrt. 

A. Wiedemann. 



University of Liverpool-Annals of Archœology and Anthropology 
issued by the Liverpool ïnstitute of Archœology > t. V, fasc. 
i — 2 et 3, 4. Juillet 191 2 — Janvier 19 13. Prix de cha- 
que fascicule double: 6 sh. 

(Deuxième Article). 

Les sujets dont il va être rendu compte ci-dessous se rat- 
tachent directement au domaine de l'Egyptologie. Ils traitent 
des civilisations de la Crète, des Hittites ou du Soudan méroïti- 
que, et enfin de l'Egypte proprement dite. 

Les premiers sont consacrés à un vase provenant d'Abydos, 
aux fouilles de Sakje-Geuzi et à celles de Meroë. 

La note «sur un vase de style minoen provenant d'Abydos» 
est rédigée par Garstang (p. 107 et pl. XIII — XIV). Elle se 
réfère aux fouilles de 1907 en cette localité. Non loin du 
«Shounet-ez-zebib», au milieu de sépultures du Moyen-Empire et 
de la période Hyksos (?), une tombe fut découverte (n° 146) 
présentant toutes les caractéristiques de l'archéologie habituelle 
de la XII e Dynastie. Comme évidence chronologique, d'ailleurs, 
on y trouve deux cylindres aux noms d'Ousirtasen III et d'Ame- 
nemhati III. Il paraît certain à M. G. que la tombe n'avait pas 
été réemployée. Parmi les soixante objets inventoriés au moment 
de la fouille figure un vase «crétois» polychrome, dans le style 
caractéristique de la seconde période minoenne. Il ne paraît 
pas possible à l'auteur de séparer le vase, comme date de dépôt 
dans la tombe, du reste du mobilier. 

On entrevoit les conséquences que Ton peut en tirer pour 
l'histoire d'Egypte. La date de la seconde période minoenne 
ést généralement placée entre 2000 et 1800. Je doute cepen- 



46 

dant qu'il y ait en cette trouvaille un argument en faveur du 
«comput court» aussi sérieux que Garstang semble le croire. i°) 
Il y a trop de posibilités que la tombe ne soit pas de la XII e 
Dyn. exactement, mais bien de cette période, tout à fait impos- 
sible à préciser comme durée, qui suit immédiatement à Abydos 
les tombes protothébaines et que l'on appelle quelquefois, «con- 
temporaines des Hyksos». Il n'y a pas de caractéristiques assez 
bien établies entre les tombes de ces deux périodes. 2 0 ) Il se 
peut que les deux cylindres proviennent d'une tombe plus anci- 
enne. Il y a des exemples de cas de ce genre. 3 0 ) La chro- 
nologie de l'archéologie minoenne n'est pas d'une si définitive 
solidité que la seule présence d'un vase d'apparence Cretoise con- 
stitue une preuve péremptaire. Le tout n'est pas de poids à 
ébranler les excellentes raisons que Maspero a exposées encore 
tout récemment en faveur de la longue durée probable de la 
XIII e Dyn. et de la période dite des Hoksos. 

Pour les civilisations hittites, nous avons de nouveau cette 
année un morceau fort intéressant dans le second rapport préli- 
minaire sur les fouilles de Sakdje-Geuzi (p. 63, 73, et pl. III, 
IV, V). Le rapport résume d'abord les résultats obtenus dans 
la campagne précédente, aboutissant comme point central des 
recherches au «tell» de Sungrus Eyuk y où les ruines d'un palais, 
ses portiques et ses sculptures d'une technique exceptionnelle- 
ment remarquable constituèrent les trouvailles les plus dignes 
d'être notées. Les recherches ont été continuées pendant la se- 
conde campagne et étendues au Jobba Euk. Garstang pense 
pouvoir assurer désormais, qu'il a les preuves matérielles d'une 
occupation hittite continue, allant de la période post-néolithique 
aux débuts du premier millénaire av. J. C. (p. 72). Les plans, 
photographies etc. de ces intéressants résultats sont aujourd'hui 
exposés au Musée de Liverpool. L'annonce est donnée d'une 
prochaine publication détaillée des découvertes. Elle sera ac- 
cueillie avec le plus vif intérêt. 

Indépendamment du témoignage chronologique direct, les 



47 

concordances archéologiques avec l'Egypte fournies par les dif- 
férentes couches de vestiges donnent les Dynasties XXVI (= 
dernière période hittite), et XVIII e (vases Syro-Hittites). 

Le troisième rapport sur les fouilles de Meroë est égale- 
ment rédigé par Garstang. Nous l'attendions avec impatience. 
Il devait, provisoirement au moins, compléter et résumer le bilan 
de ces trois belles années de fouilles au Soudan entreprises par 
le comité de Liverpool. Déjà, grâce à leurs efforts, Kabushia 
est devenu là-bas un des centres archéologiques dont la visite est 
de rigueur à qui dépasse Wady-Halfa. 

Les nouvelles fouilles ont porté sur la cité royale, où 
la comparaison entre le plan publié à la suite des fouilles 
précédentes et le plan actuel montre à lui seul les progrès 
accomplis. On peut désormais suivre le développement de la 
ville et répartir ses édifices en trois périodes principales. L'angle 
nord-est est aujourd'hui complètement dégagé, ainsi que la plus 
grande partie de la muraille principale. Le tertre numéroté 08 
a été déblayé à fond. Au Nord Est, les travaux ont mis à jour 
les bains de l'époque romaine. Un peu plus loin, c'a été la 
découverte d'un petit temple prostyle. Enfin la trouvaille la 
plus intéressante a été celle, entre le Palais Royal et la muraille 
d'enceinte, des Bains Royaux. Le déblaiement n'était pas encore 
terminé quand a été rédigé le présent rapport, et j'ignore ce 
qu'a pu donner de ce côté la campagne de l'hiver dernier. Le 
plan provisoire de la planche VII donne déjà une bonne idée 
du dispositif général de cet édifice, avec sa piscine, son frigidarium 
et son iepidarium à sièges décorés. Les rangées de chambres et 
la colonnade ne sont que partiellement dégagées au net. Rien 
n'avait encore été découvert, suivant Garstang, qui pût jeter autant 
de lumière sur les caractéristiques de l'art local. Quantité de 
débris de la décoration générale du monument, de fragments de 
statues, de figures en ronde-bosse, de lions et de taureaux, etc., 
complètent cette belle découverte, sur laquelle nous aurons occasion 
de revenir plus à loisir quand paraîtra la publication définitive. 



48 

Au résumé, le classement archéologique des monuments 
méroïtiques peut déjà se ramener provisoirement au suivant. 

A. Première période méroï tique (700 — 300 av. J. C.) — Pre- 
mière subdivison: La ville, les murs d'enceinte, les ruines du Palais, 
l'édifice dit «de Taharqa»; les Temples du Soleil et du Lion; en- 
fin le premier sanctuaire d'Isis — Caractéristique épigraphique: 
Écriture méroïtique hiéroglyphique. 

B. Première période — seconde subdivision: Temple d'Amon; 
partie du Palais; partie de quelques chambres réemployées des 
Bains Royaux. 

Caractéristiques: Tombes de l'âge du fer «développé» Po- 
terie décorée rouge-noire. Epigraphie: méroïtique cursif. 

C. Seconde Période méroïtique (de 300 av. J. C. à 100 apr. 
J. C). — Première division: Palais Royaux. Bains royaux. 

Caract.: Introduction des motifs grecs, et d'un style nouveau 
de poterie. Ecriture méroïtique cursive. 

D. Seconde division: Temple classique. Partie des bains 
et remaniements au temple d'Isis. 

Caract.: statues classicisantes. Plein développement du verre 
et de la poterie locales. 

E. Troisième division: Statue d'Auguste. Bains romains. 
Palais. Inscriptions gréco-romaines. 

F. Troisième période ??iéroïtique (200 — 700 apr. J. C). 
Première subdivision: influences romaines (caractéristiques 

provisoirement réservées). 

G. Seconde subdivision: Invasion des Axoumites (340). 

H. Troisième subdivision: Jusqu'à la destruction de Meroë 
(700 environ). Toute cette période demande des investigations 
plus approfondies. 

L'Egypte proprement dite est représentée au présent tome 
part trois contributions: 

C'est abord une minutieuse étude d'archéologie sur une 
bande d'étoffe écussonnée au nom de Ramsès III par Th. D. Lee. 



49 

Elle est aujourd'hui au Musée de Liverpool et provient de la 
collection J. Mayer. Elle mesure non moins de 17 pieds de 
longueur sur une hauteur maxima de 5 pouces. Son état de 
conservatien est remarquable. Il est malheureusement impossible, 
sans reproduire les croquis et la terminologie, de rendre compte 
de cet article on ne peut plus technique. Je me déclare entière- 
ment incompétent pour pouvoir porter un jugement sur un tel 
article, extrêmement serré et pleins de détails sur les moindres 
particulatités du métier. Une fois de plus, les gens de la partie 
nous montrent les services qu'ils peuvent rendre à l'archéologie 
égyptienne lorsqu'ils veulent bien collaborer à nos travaux. On 
sait tout ce que Vernier, par exemple, nous a appris en publiant 
les inventaires d'orfèvrerie et de bijouterie du Musée du Caire. 

Après cette étude archéologique, on passe à des questions 
d'un caractère plus général et d'une portée plus haute. Nous 
avons deux articles de Newberry consacrés aux religions de 
l'Egypte préhistorique. Ce seront deux contributions importantes 
sur un sujet où l'on a tant écrit à tort et à travers, et surtout 
sans se donner la peine de dresser les indispensables inventaires 
préalables. 

Parlons d'abord du second article, qui est de beaucoup le 
plus solide. L'auteur vient de prendre la peine — tâche ingrate 
s'il en fût — de publier la liste de tous les vases préhistoriques 
où figurent des insignes divins. Quand ce ne serait que pour 
l'utilité d'un répertoire de ce genre, il apparaîtra clairement qu'il 
n'est guère possible à l'égyptologue de se passer du périodique 
de l'Institut de Liverpool. 

Ce catalogue comporte 159 vases, et les insignes ont été 
dressés d'après les figurations de 288 barques sacrées. Vingt 
cinq musées ou collections privées ont été utilisés. La statisti- 
que est curieuse: La prédominance du signe dit du «harpon» 
apparaît évidente. Sur un total de 288 «enseignes», il figure à 
lui seul pour 116. Lorsque les conclusions de Newberry seront 

plus développées, je dirai quelles sont les raisons qui m'incli- 
Sphinx XVIII, /. 4 



nent à lire cet indice comme une figuration, non pas du tout 
d'un nom divin, mais comme l'expression générale de l'idée de 
la divinité. Puis viennent, par ordre d'importance décroissante 
les autres figurations: la montagne ou le «wady», les flèches (?), 
les cornes (?), etc. (Je ne puis résumer le tableau final, faute 
de signes d'imprimerie appropriés, et ne voulant pour l'instant 
proposer aucune identification). Il serait désirable que Fauteur 
veuille bien prendre la peine d'un second tableau, bien fastidieux 
à dresser sans doute, mais tout à fait indispensable pour les 
recherches. Il donnerait pour chaque figuration les indications 
de la provenance vérifiée ou supposée. Il faut se référer pour 
l'instant à des séries d'ouvrages, et encore, pour beaucoup de 
vases, la recherche est-elle impraticable (Ex.: l'indication Luxor 
and Cairo dealers qui accompagne plus de vingt objets. L'auteur 
n'aurait-il pu ajouter la date à laquelle ces marchands d'an- 
tiquités détenaient le vase mentionné, et la provenance sup- 
posée par Newberry, il s'entend). Telles quelles, les tables ac- 
tuelles rendront le plus grand service. Elles sont le premier 
instrument dont on dispose enfin pour une enquête réellement 
méthodique sur ces représentations. Une dernière remarque: 
Newberry comprend-t-il, sous le nom de «vases» tous les récipients 
de la poterie dite «de Neggadèh» ou seulement les vases propre- 
ment dits. S'il s'agit seulement de cette dernière catégorie, il 
serait bon de le noter expressément II existe en effet un cer- 
tain nombre d'objets autres où figurent les «barques». Par ex- 
emple, la boîte en terre n° 32639 du British Muséum. Or il se 
trouve justement qae cette boîte — la seule dont je possède 
ici une représentation — montre à côté des figurations de l'eau., 
des antilopes, des indices de nombre, etc., une barque sacrée, 
avec deux «cabines», mais justement sans «insigne divin». Il 
serait intéressant de savoir si le cas est de règle, et si 1' «insigne» 
est réservé aux vases. Malheureusement, je ne connais pas de 
monument de ce type autre que celui du British Muséum. M. 



5< 

Newberry, qui a dépouillé les principales collections, pourrait 
peut-être nous renseigner à ce sujet. 

Le second article n'est plus simplement documentaire, et 
se hasarde aux vues historiques. Et sous le titre Some cuits of 
pre historié Egypt, Newberry ne craint pas de se risquer au plus 
difficile des sujets. 

Il s'agit, pour commencer, de ces mêmes insignes ou em- 
blèmes figurés sur les navires de la poterie à décorations du 
type appelé communément «de Neggadèh». L'auteur s'est borné, 
trop brièvement, à rappeler en deux notes préliminaires l'arché- 
ologie générale de cette poterie et la bibliographie relative au 
sens ou à la nature exacte de ces figurations. 

Une remarque en passant. On peut regretter que dans 
cette double note bibliographique, Newberry ait omis de citer 
la contribution que le signataire du présent compte-rendu a con- 
sacrée à la question des barques sacrées des vases de Neggadèh, 
{Compte- Rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 
de 1905, p. 257 ff.), ainsi que la minutieuse étude de Boreux 
consacrée au même problème au tome I er de la Revue des Etu- 
des Ethnographiques et Sociologiques (1908 p. 35 fï.). Comme ces 
deux articles sont de conclusions diamétralement opposées, je 
n'aurai pas l'air d'introduire ici une réclamation personnelle. En 
ce qui concerne la première de ces deux contributions, Newberry 
y aurait trouvé des arguments qui peuvent avoir leur poids en 
faveur de la thèse qu'il soutient lui-même, et entre autres l'iden- 
tité archéologiquement établie entre les bateaux des vases et ceux 
qui figurent sur la fameuse fresque préhistorique d'El Kab (cf. 
| loco citato, fi g. 3). 

Ceci dit, l'article débute par la description minutieuse des 
caractéristiques: les avirons (?), les palmes de la proue et son 
amarre, les rames-gouvernails de l'arrière, les deux cabines (?) 
du centre et les «mâts d'enseigne». Elle a été faite si souvent 
qu'il n'était peut être pas nécessaire de se donner tant de mal 
pour identifier ces diverses parties du navire, notamment en ce 



52 

qui regarde l'équivalence du mât d'enseigne et du v ~^~ classique. 
Newberry aurait pu, je crois, s'épargner également tout le pa- 
ragraphe relatif à l'identité des barques figurées dans les textes 
des Pyramides et la barque en brique d'Abousir, s'il avait eu 
connaissance d'articles que j'ai publiés à ce sujet, il y a déjà plu- 
sieurs années dans le Sphinx (t. X. Recherches sur les cultes 
d'Heliopolis), danc la Nature (Juillet 1906 p. 99 ff.) et au Jour- 
nal des Savants (Mars 1906 p. 360 ff.). 

Il détermine ensuite l'aire géographique des vases où figu- 
rent ces représentations: de Kostamnèh en Nubie jusqu'à Gizèh. 
Il signale leur rareté relative: deux ou trois à peine pour mille 
tombes explorées. Les 160 exemplaires connus représentent 
donc un immense travail de fouilles. Ajoutons personnellement 
une remarque: Cette rareté est une indication de la valeur spé- 
ciale magico-religieuse attachée à ces vases dans l'ensemble du 
mobilier funéraire. Il ne peut s'agir de «décoration», mais d'une 
pièce particulière ayant un but spécial dans le rituel des funé- 
railles. 

Les oiseaux, fréquemment représentés à côté des bateaux 
et regardés ordinairement comme des «autruches» sont, avec rai- 
son, ce me semble, identifiés avec des flamants. Mais de là à 
en tirer un argument en faveur de la Basse Egypte, il y a loin. 
Il est probable — et en tous cas possible — que la Haute 
Egypte possédait autant de ces oiseaux au temps où le pays 
avait les vastes roseraies et fourrés aquatiques que nous lui con- 
naissons dans les premiers âges. En fait, M. Newberry fait 
souvent état de caractéristiques trop menues. C'est ainsi qu'il 
rattache ces indices aux ondulations du sol figurées sur certains 
vases sous forme de , et qu'il y retrouve l'aspect des «gezirèhs» 
du Delta; ou bien qu'il établit, par les dimensions réelles sup- 
posées des navires, qu'il ne peut s'agir que de pays où il y a 
de vastes étendues navigables, et non pas un simple fleuve 
comme le Nil. Je dois dire que ces derniers arguments ne me 
paraissent guère d'une grande solidité démonstrative. 



53 

Mais sans plus s'attarder à la discussion de ces convergen- 
ces secondaires, l'auteur entre dans le vif de sa thèse, en tâ- 
chant d'établir que les «insignes» divins se rattachent, eux aussi, 
à la Basse Egypte La prépondérance numérique des «Harpons», 
Lo2_), des «Montagnes» (rv^, , rv/\/), etc.) et des «flèches 
croisées» lui paraissent autant de preuves décisives. Il ter- 
mine ce premier article par l'examen de quelques signes sujets 
à discussion: ainsi le signe de la chèvre, où Newberry veut re- 
trouver le bouc de Mendès (mais qui pourrait tout aussi bien 
être l'indice de la Gazelle de Beni-Hassan, avec cette façon de 
raisonner). 

Il convient d'attendre la suite de l'exposé avant de discuter 
la valeur des arguments présentés ici-même. Il est certain que 
les positions de début permettent de deviner que c'est à la basse 
Egypte maritime, puis finalement à la Méditerranée préhistorique 
que l'auteur va tenter de rattacher les cultes de la première 
Egypte. Contentons-nous de lui signaler pour l'instant qu'il au- 
rait pu utilement consulter la longue étude consacrée par Loret 
dans la Revue Egypto logique de 1904 (t. XI, p. 69 — 100) à ces 
identifications d'insignes divins, aussi que ce qu'en dit Budge en 
ses dernières publications, depuis Y History of Egypt et les Gods 
of the Egyptians jusqu'à Y Osiris and Egyptian Résurrection. Au- 
cun de ces ouvrages n'est mentionné ni dans le texte ni dans 
la trop sommaire bibliographie des notes. D'une façon générale, 
Newberry semble procéder comme s'il n'existait pas sur la ma- 
tière, dans les dix dernières années, un ensemble considérable de 
recherches occasionnelles ou monographiques, dont beaucoup 
sont de véritables petits traités didactiques sur la matière, et 
dont plusieurs font autorité. Il se peut parfaitement que l'auteur 
ait des solutions toute nouvelles à nous proposer, et qu'il arrive 
à en faire la preuve. Mais sur des sujets qui ont été l'objet 
d'autant de travaux, il aurait été plus sage, sinon de discuter, 
au moins de mentionner les publications antérieures les plus 
essentielles. 



54 

Qu'il nous soit maintenant permis d'exprimer un voeu en 
terminant ce compte rendu. Les Annales de Liverpool, de par 
la constitution de leur comité de rédaction, se sont trouvées 
orientées vers une compréhension très largement synthétique de 
l'histoire d'Orient. Comme je l'ai signalé dès mon premier ar- 
ticle d'analyse critique, c'est d'une Egypte agrandie qu'il est ques- 
tion; une Egypte continuée dans les civilisations méditerranéennes, 
— ou en relation avec celles-ci, quand-elles étaient préhistorique- 
ment autonomes. Comment, en ces conditions, n'entre-t-il pas 
dans la programme des Annales d'être complètes, en ne se bor- 
nant pas à l'Asie ou au seul pourtour de la Méditerranée? 

Il ne s'agit pas de demander aux Annals de se transformer 
en une revue de caractère ethnologique. Leur champ d'action 
serait tout autre, et il pourrait être par avance assez bien délimité. 

L'Afrique occidentale préhistorique, dont les richesses com- 
mencent à peine à être explorées, le plateau central Nigérien 
et ses monuments mégalithiques, les traces des civilisations néo- 
lithiques au Soudan, en Nigeria, dans le Haut Sénégal etc. sont le 
parallèle exact, comme champ d'étude, des recherches publiées en 
ce recueil pour le préhistorique méditerranéen. 

Regardons au Sud de l'Egypte et du Soudan Egyptien les 
similitudes que peuvent présenter les phénomènes dits «religieux» 
avec ceux de l'Egypte ancienne; l'étude des civilisations, encore 
si mal connues, contemporaines des empires éthiopiens; l'ethno- 
graphie des peuples qui, de l'Atlantique aux plateaux abyssins, 
ont entrechoqué leurs migrations et leurs dominations éphé- 
mères; à l'Ouest le problème des civilisations des Peuhls, et la 
recherche de leurs origines; au centre la question troublante — 
et déjà posée — de la possibilité du berceau des races proto- 
sémitiques situé dans la région des grands lacs de l'Afrique Equa- 
toriale; les parentés possibles des races de l'Egypte préhistori- 
ques avec celles de l'Afrique hamito-noire, et même l'aire des 
premières sociétés de la grande famille des BantouS ... : voilà, 
à n'en citer au hasard que quelques-uns, des sujets qui se rat- 



55 

tachent à l'étude du vieil Orient classique dans la même mesure, 
exactement, que les articles ou mémoires qui vont, en ces An- 
nales, jusqu'à étudier les peuples des antiques groupements proto- 
historiques des Balkans, de la Dalmatie, de l'Adriatique Nord, 
ou ceux de l'Europe occidentale. J'ai tenté d'indiquer en passant 
comment les résultats dégagés de ces contributions avaient fina- 
lement des concéquences qui intéressaient à bon droit l'égyptologie. 
On doit tenir pour assuré qu'il en serait de même dans le domaine 
Africain, et que nous sommes à peine aux débuts de sciences 
nouvelles qui renouvelleront entièrement un jour les idées que 
l'on se fait en se confinant trop étroitement dans la vallée du 
Nil. On l'admet aujourd'hui pour le «monde du Nord», si je 
puis me servir des termes de la vieille Egypte? Pourquoi se 
refuser plus longtemps à regarder vers le «monde du Sud»? Et 
pour ce faire, il ne faut pas que nous soyons obligés plus long- 
temps d'aller chercher notre documentation à travers l'énorme 
bibliographie des publications ou des périodiques de la littérature 
ethnologique ou coloniale. Il ne faut pas non plus que les re- 
cherches soient uniquement laissées à des sciences qui, sans contact 
assez étroit avec les études orientalistes, risquent de passer trop 
souvent à côté de faits ou de constatations dont l'importance peut 
leur échapper, faute de s'inspirer dans les enquêtes d'une notion 
assez nette des questions ou des besoins qui sont le propre de 
l'histoire générale de l'Egypte classique. 

Et à supposer enfin que cette Egypte même ne soit pas la 
dominante du programme scientifique des Annales, et que celles-ci 
se proposent, d'une façon plus générale, d'embrasser le domaine de 
la Méditerranée préhistorique ou protohistorique, il me paraît bien 
difficile qu'on ne soit pas amené à la nécessité, pour justifier 
cette histoire méditerranéenne, de se préoccuper non seulement de 
l'Afrique du. Nord, mais en arrière du Sahara, des plateaux ni- 
gériens, du Haut Niger et finalement de l'Afrique Occidentale. 

A une pareille tâche, le cadre et le genre des articles des 
Annales conviendraient on ne peut mieux. La question pratique 



56 

de trouver des collaborateurs qualifiés est une simple affaire 
d'organisation. Les revues anthropo- ou ethnologiques montrent 
qu'ils existent en nombre plus que suffisant. La réunion de leurs 
travaux ou de leurs thèses, en un recueil où ils ne seraient pl us 
dispersés au milieu de recherches qui s'étendent aux cinq parties 
du monde, donnerait une avance marquée aux progrès de ces 
études si nouvelles. Je ne me livre, en écrivant ceci, à aucune 
improvisation facile. Il y a des années que j'étudie cette ques- 
tion d'une revue où les études seraient entendues de la façon 
que je viens d'esquisser, et je serais prêt â donner de tout ce 
que j'avance une justification détaillée. Les Annales de Liver- 
pool ont sur un projet de revue une immense supériorité: elles 
existent. Elles ont un cadre, elles ont le support d'institutions 
savantes, de comités et de tout ce qui est nécessaire pour aller 
de l'avant. Si leur direction sait s'y décider, nous pouvons en 
attendre avec confiance de très grands résultats. 

George Foucart. 

\ 




XIV. In einem Briefe 1 aus Versailles vom il. Novem- 
ber 1703 erzaehlt Elisabeth Charlotte von der Pfalz, ein Kauf- 
mann habe ihr von seinen Reisen im Orient schoene «Histoer- 
cher» berichtet, welche er in einem Bûche, das er ihr de- 
dizieren wolle, veroeffentlichen werde. So habe er erzaehlt, es 
gaebe im Nil ein vierfùssiges Thier, das den Krokodillen 
Feind sei, das setze den Maennern, wenn sie ùber den Fluss 
schwaemmen, nach und fraesse ihnen die Geschlechtstheile 
ab, sonst fraesse es nichts von ihnen. Dann gaebe es in 
Aegypten fliegende Thiere mit Menschengesichtern; als er 
eines derselben geschossen habe, da habe ihn ein Araber 
davor gewarnt es anzurùhren, da es sehr giftig und boese 
sei. Zwischen Damaskus und Jérusalem habe er ein Obst 
gegessen, das ihn verhindert habe anderes Obst zu schlucken. 
Dann habe er eine gekroente Schlange gesehn, die man fur 
einen Teufel und fur den Asmodi halte, den der Engel, der 
des Tobias Gefaehrte war, nach Aegypten verbannte. 

Die Herzogin nennt den Kaufmann nicht, doch zeigen 
ihre Angaben, dass es sich uni Paulus Lucas handelt. Dieser 

1 publ. E. Bodemann, Aus den Briefen der Herzogin Elisabeth Char- 
lotte von Orléans an die Kurfûrstin Sophia von Hannover, II S. 67, Nr. 524; 
abgedruckt auch in Die Briefe der Liselotte von der Pfalz, ausgewàhlt von 
C. Kùnzel, Ebenhausen. Langewiesche 191 2. S. 270 f. 

Sphinx XV lll, 2. 5 



58 



hat in der That seine Voyage au Levant 1 der Herzogin zi| 
geeignet und erblickt man ùber der Widmung zwischen pj 
ramiden, einem Krokodil und einer Art Gans eine Vereinigung 
der Wappen der Pfalz und Frankreichs. Gegen Schluss des 
Bûches (S. 472 ff.) berichtet er von seinem Empfang bei 
der Herzogin und seinen Beziehungen zn derselben. In einem 
von îhm abgedruckten Aktenstuck (S. 373) wird er als Kauf- 
mann bezeichnet. 

Von den «Histoercher», die er bei der Herzogin zum 
besten gab und die bei dem Hofe offenbar grosses Aufsehn 
erregten, finden sich zwei genau entsprechend in dem Bûche 
wieder. Zunaechst erzàhlt er (S. 91) von dem Thiere Toasse 
oder Tiasse, es sei ein fast runder, aber etwas ovaler Fisch, 
mit 4 kurzen, an Entenfùsse erinnernden Beinen. Es sei ein 
Feind der Krokodille, zerbreche deren Eier und fraesse die 
jungen Thiere. Schwimmenden Maennern beisse es die Ge- 
schlechtstheile ab, schade ihnen aber sonst nicht. Seine 
Zaehne seien aeusserst scharf, die Farbe bleigrau, der Kopf 
erinnere an den einer Schildkroete, nur sei er etwas dicker. 
Eine beigefùgte Zeichnung zeigt ein ganz sonderbares laeng- 
liches, schuppenbedecktes Geschopf mit kurzen Beinen, 
einem rundlichen Kopf mit scharfen Zaehnen, statt eines 
Schwanzes hat es nur eine Zuspitzung nach hinten. 

Zunaechst wird man geneigt sein bei einem Krokodil- 
feinde an das Ichneumon zu denken, welchem die antiken 
Autoren dièse Eigenschaft, das Zerbrechen und Fressen der 
Krokodileier und aehnliches gern zuschreiben 2 . Das Bild 
entspricht diesem Thiere jedoch nicht, besonders fehlen ihm 
die Schuppen. Man koennte, bei diesen freilich annehmen 
wollen, es liège eine unklare Erinnerung an die antike Littera- 

1 Paul Lucas, Voyage au Levant (depuis l'année 1699 jusqu'en 1703). 
Paris 1704. Weitere Ausgaben Haag 1705, Paris 17 14 (naeh letzterer wird 
hier citiert). Deutsche Uebersetzung von Vischer. Hamburg 1707 und 1709. 

2 Diodor I, 35 (welcher leugnet, dass das Thier die Krokodileier 
fresse), 87; Plinius 8, 25, 37; Opptan, de venat. 407 ff. 



59 

tur vor, auf die Lucas mehrfach anspielt, wie beispielsweise, 
wenn er (S. 139) der sonderbaren Gottheiten gedenkt, welcbe 
die Bewohner von Pelusium, das er nach Damiette verlegt, 
verehrten. In dieser Litteratur wird mehrfach behauptet 1 , das 
Ichneumon waelze sich vor der Schlangenjagd im Schlamm, 
trockne sich dann und gewinneauf dièse Weise einen Schlamm- 
panzer. Trotz dièses Ausweges weicht die Gestalt des Thie- 
res aber doch so stark von der des Ichneumons ab, dass sich 
dièse Gleichung nicht empflehlt. 

Als Fresser maennlicher Geschlechtstheile erscheinen in 
der aegyptischen Tradition Fische. So verschluckten nach 
Plutarch (de Iside 18) der Lepidotos, der Phagros und der 
Oxyrhynchos den in das Wasser geworfenen Phallus des 
Osiris. Nach dem Papyrus d'Orbiney (pl. 7 Z. 9) verschlang 
der Wels den Phallus des Batau, als ihn dieser nach seiner 
Selbstentmannung in das Wasser geworfen hatte 2 . In beiden 
Faellen handelt es sich jedoch um abgesehnitten in das Was- 
ser gelangte Geschlechtstheile, nicht um ein Fressen solcher 
bei lebenden Menschen. 

Auf eine, wie es mir scheint, richtigere Faehrte fùhrt 
der Name, welchen Lucas dem Geschoepfe giebt. Dieser 
entspricht wohl sicher dem arabischen Tirsah oder Tarsah. 
Die verhaeltnissmaessig geringe Abweichung kann bei der 
Ungenauigkeit, welche Lucas sonst bei der Wiedergabe ara- 
bischer Worte zeigt, keinen Gegengrund abgeben. Mit Tir- 
sah wird die grosse, rauhschalige, bissige Nilschildkroete 
(Trionyx aegyptiacus) 3 bezeichnet, welche auch Abdallatif 4 

1 Aristoteles, Hist. anim. 9, 7, 3; Plinius 8, 24, 36; Strabo 17, 812. 

2 Vgl, hierzu Wiedemann, Sphinx XIV S. 232 ff, 

3 Genaue Beschreibung von Geoffroy Saint Hilatre in Descr. d'Egypte 
XXIV S. 1 — 13 (ohne Beifugung von Sagen). Fur Schalen des Thiers im 
Muséum zu Kairo vgl. Lortet et Gaillard, Faune momifiée I S. 303 f, ; 
Cat. Kairo: Gaillard et Daressy, Faune momifiée S. 69 f. ; doch koennten 
dieselben von recenten Individuen stammen. Vgl. ferner Wiedemann, Sphinx 
XIV S. 242 ff. 

4 Relation de l'Egypte ed. de Sacy 5. 147. 



6o 



zu den Fischen, d. h. den Wasserthieren, rechnet und bei 
der er hervorhebt, dass die knochige Bedeckung des Riickens 
Vorsprùnge habe. Ueber das Fressen der Krokodileîer durch 
das Thier berichtet er ebensowenig, wie die antike Litteratur, 
die sonst haeufig auf Schildkroeten zu sprechen kommt 1 , 
hiervon etwas weiss. Dagegen erzaehlt Sonnini 2 ausfiihrlich 
von dem Zerbrechen der Krokodileîer und einem Fressen der 
Jungen durch die Schildkroete und geht hieraus hervor, dass 
die naturwissenschaftlich unrichtige Angabe bei Lucas nicht 
auf seiner eigenen Erfindung beruht, sondern eine in Aegyp. 
ten verbreitete Ansicht wiedergiebt. 

Der Bericht ùber eine Schlange, die man fur den Teufel 
Asmodi halte, den der Engel des Tobias nach Aegypten 
verbannt habe 3 , findet sich in dem Bûche (S. 72 ff., 66 f., 
117 ff.) sehr ausfiihrlich, nur fehlt in diesem der Zusatz, dass 
sie eine Krone trage. Es handelt sich um eine Schlange, 
welche angeblich gegenùber von Taata (Tahta) in einer Hoehle 
lebte. Wenn man dièse in Stiicke zerschnitt, so verschwan- 
den die Stiicke nach kurzer Zeit um sich in dem Wohnorte 
der Schlange wieder zu dem lebenden Thiere zusammen zu 
fùgen. Lucas behauptet, er habe die Schlange in ihrer Hoehle 
besucht. Als er vor ihr zurùckgewichen sei, habe sie sich 
fast senkrecht auf dem Schwanze aufgerichtet, sich unter 
dem Kopfe breit gemacht, ihn angesehn und sei dann fort- 
gekrochen. Offenbar denkt Lucas an eine Brillenschlange, 
die Szene selbst wird auf Erfindung oder auf einer Taeuschung 
beruhen, die durch das Bild einer der aufgerichteten Schlangen 
veranlasst wurde, welche der Reisende in den altaegyptischen 
Jenseitsdarstellungen in den Qraebern zu sehen bekam. In- 



1 O. Keller, Die antike Tierwelt II S. 247 ff.; Lenz, Zoologie der 
alten Griechen und Roemer S. 413 ff. 

2 Voyage dans la Haute et Basse Egypte (1777 — 80). Paris 1799, I. 
S. 332 ff.; vgl. II. S. 53 (englische Ausgabe. London 1800. S. 193 f., 664). 

3 Vgl. Tobias 8, 3. 



6i 

teressant ist seine Erzaehlung vor allem als ein Beleg fur 
die Fortdauer des altaegyptischen Schlangenkultes 1 und des 
Glaubens an die Faehigkeit daemonischer Schlangen nach 
dem Zerschneiden wieder zusammen zu wachsen, eine Vor- 
stellung, welche sich im aegyptischen Alterthume bei der 
evvigen Schlange der Setna-Erzaehlung wiederfindet. 

Unter dem fliegenden Thiere mit Menschengesicht wird 
man zunaechst geneigt sein einen Fliegenden Hund zu ver- 
stehn, von dem eine ziemlich grosse Art in Aegypten vor- 
kommt. Von der Vorstellung, dass dièses Geschoepf giftig 
sei, ist nichts bekannt, auch fehlt dasselbe unter den bisher 
bekannten heiligen aegyptischen Thieren. Wohl aber gilt 
sein Toedten bei einer Reihe von Hindus als ein Verbrechen 
und gewann die Medizin bis tief in das Mittelalter hinein 
von der Fledermaus zahlreiche Heilmittel 2 . Wahrscheinhcher 
ist es, dass bei den Angaben der Herzogin eine Verwechs- 
lung untergelaufen ist. Bei Lucas (S. 83) findet sich eine 
sonderbare schwarze Fliege aus Aegypten geschildert und ab- 
gebildet. Dièse soll 1 Zoll breit und 1 Va Zoll lang sein, 
ein Negergesicht mit rothem Bart, eine Krone und 2 kleine 
Hoerner ' auf dem Kopfe und 6 Beine haben. Die Kinder 
spielten mit ihr und man koenne sie ailes lehren. Dièses 
eigenartige, in Wirklichkeit in der abgebildeten Gestalt nicht 
vorhandene Geschoepf, fur das Zùge von verschiedenen Kae- 
fern verwerthet zu sein scheinen, mag bei der Wiedergabe 
der Erzaehlungen des Reisenden mit einem der Thiere zu- 
sammengeflossen sein, von deren Jagd er an andern Stellen 
erzaehlte. Auf dièse Weise wird seine Giftigkeit hinzuge- 
kommen und seine Groesse derart gewachsen sein, dass man 
es als ein Schusswild ansehn konnte. 



1 Vgl. fur dièse Sayce, Religion of Egypt, 2 te Aufl. S. 211 ff. 

2 Brehm, Thierleben, 2 te Aufl., I S. 306, 302 f. 



XV. Im Besitze des Herrn Heinrich Schmitz in Duis- 
burg, Sonnenwall 19, befindet sich eine Alabaster-Kanope 
in der ùblichen Form und im Style der saitischen Zeit Ihre 
Hoehe betraegt anliegend gemessen 26 cm , der groesste Um- 
fang 5o cm Der zugehoerige Deckel fehlt; ein jetzt dabei 
befindlicher Kanopen-Deckel mit Affenkopf gehoerte ursprùng- 
lich einem etwas kleineren Kanopen-Satze an. Die in 4 Ver- 

trialzeilen angeordnete Inschrift lautet: (1) "^""^ 1 0 < 

\ (WWW l A 

^ il ^ ^1 @ ZI D ^ S 1 ! ^ * Es spricht die 

Goettin Selk-it zu Deiner (des Todten) Persoenlichkeit : Ich 
bringe herbei Beschùtzung jeglichen Tag um zu machen den 
Schutz des Kebsenuf, der in mir ist. Die Beschùtzung des 
Osiris T'et-her, des richtig Sprechenden, ist die Beschùtzung 
des Kebsenuf. Der Osiris T'et-her, der richtig Sprechende, 
ist naemlich Kebsenuf.» 

Dièse Worte stammen aus der ùblichen Formelfassung, 
welche die Beschùtzung der innern Theile des Todten den 4 
Todtengenien und 4 Goettinen ubertraegt' und dabei einen 
Theil derselben dem Kebsenuf zuweist. Letztern hat man 
meist als den Schutzherrn der Leber und der Gallen-Blase 
angesehn, die Mumienuntersuchungen von Elliot Smith haben 
im Gegensatze dazu ergeben, dass ihm gewoehnlich die Ein- 
gevveide zukommen 1 . Die Formel suchte ihren Zweck da- 
durch zu erreichen, dass sie, in einer auch sonst in Aegyp- 
ten vielfach angewendeten Art und Weise, die zu sichernden 
Theile mit dem Schutzgotte selbst identifîzierte. Intéressant 
ist es dabei, dass ausser den Todtengenien grosse Goettin- 



1 Vgl. Smith und Hogg in Journal of the Manchester Oriental Society 
1911. S. 42, 78. 



63 

nen als Schutzversprecherinnen heran gezogen werden. Es 
gewaehrt dies einen Beleg fùr die Bestrebungen des Neuen 
Reiches 1 die alten Sondergottheiten mit beschraenkter 
Wirksamkeit durch Gestalten von umfassender Bedeutung 
zu ersetzen ohne dabei erstere voellig auszuschalten. Die 
Aegypter sind bei dieser Ersetzung ebenso wenig durch 
greifend vorgegangen wie sonst bei der fortschreitenden Em> 
wickelung religioeser Begriffe. Die Einfùhrung neuer Anschau- 
ungen fùhrte nicht zu einem Aufgeben der alten Gedanken- 
gaenge, sondern in den meisten Faellen nur zu einem haeufig 
wenig geschickten und wenig consequenten Compromisse, 
oder wie hier zu einer einfachen Nebeneinanderstellung bei- 
der Anschauungskreise ohne dass eine wirkliche Verschmel- 
zung derselben eingetreten waere. 

Der Name des Kanopen-Inhabers T'e-her kommt in der 
spaetern Zeit Aegyptens nicht selten vor 2 , sogar ein Koenig, 
der Teos oder Tachos der griechischen Autoren, hat ihn 
getragen. Eine Identifikation des Inhabers der Kanope mit 
einem der gleichnamigen Privatmaenner ist, da ihm ein Titel 
und eine Généalogie fehlen, nicht moeglich. Es ist mir auch 
nicht gelungen, den Verbleib der ùbrigen drei Kanopen des 
Mannes fest zu stellen. Vielleicht dass in dieser Beziehung 
ein anderer Aegyptologe glùcklicher ist. Fùr eine kùnftige 
vollstaendige Registrierung der aegyptischen Inschriften er- 
scheint es immer von einem gewissen Interesse die Texte 
zu verzeichnen, welche sich in Sammlungen befinden, welche 
im Allgemeinen nichtaegyptologischen Zwecken gewidmet sind 
und in denen man daher aegyptische Alterthùmer nicht 
von vorn herein zu finden erwarten wird. Dies ist bei dieser 
Kanope der Fall, deren Besitzer wesentlich heimathliche Funde 
germanischen und roemischen Ursprunges berùcksichtigt. 



1 Vgl. Wiedemann, Sphinx XVI S. 52. 

2 Lieblein, Dict. des noms S. 552, 1152 (Index). 



64 



XVI. Anfang 1907 erwarb ich zu Luxor ein Siegel aus 
grùnlich glasiertem Steingut in der ùblichen lang gestreck- 
ten Form mit flachem Griff, unter dem eine Oeffnung ange- 
bracht ist um das Siegel an einem Bande tragen zu koennen. 
Die Unterseite hat die Gestalt einer Cartouche, in welcher 
vertieft in etwas verwischten Zeichen die Vornamen-Form des 

Gottes Amenophis' IV steht: ^ \^ ^ jj "T^ Bei der 

verhaeltnissmaessigen Seltenheit von Denkmaelern aus dieser 
Zeit, welche von andern Orten als aus den Trùmmern von 
Amarna stammen, verdient dièses auffallend grosse (4, 8: 2 cm ) 
Siegel immerhin eine Erwaehnung. 



XVII. Als Nachtrag zu der grundlegenden Arbeit von 
Legrain 1 , in welcher er in ùbersichtlicher Weise die Denk- 
maeler zusammen gestellt hat, welche von dem Zeitgenossen 
Taharka's Ment -em-hàt und seiner Familie bekannt geworden 
sind, moechte ich hier auf einen Text hinvveisen, dessen in 
Luxor genommene Abschrift mir unter meinen Reisenotizen 
wieder begegnet ist. Es handelt sich um den untern Theil 

einer gebrannten Thonplatte, auf der einst das Szepter j 
aufgezeichnet war. Erhalten ist nur seine untere Haelfte, 

zwischen deren Abschlusslinien die Vertikalinschrift c===é7 ^ 

^ û -c^ 

^ I steht. Der Eigenthùmer des Stùckes war im 
Februar 1881 H. Wilbour, der jetzige Verbleib der Platte ist 
mir nicht bekannt. 



1 Rec. de Trav. rel. à l'Êgypt.. XXXIII S. 180 ff. ; XXXIV S. 97.fr., 
168 ff., XXXV S. 206 ff., vgl. fur den Mann auch Wiedemann, Sphinx XVI 
S. 36. 

A. Wiedemann. 



Minima 1 



di 

Giulio Farina. 



I. Vaticano n° ijo. Gli studiosi non hanno ancora, 
dopo tante pubblicazioni 2 , una copia esatta e compiuta di 
questo monumento. L'edizione piu récente in Urk. va cor- 
retta cosi: 

Darstellung: nella sommità délia stèle è raffigurato il 
disco alato con l'iscrizione, due volte ripetuta: 

Il nome del dio Amun con il suo attributo è mar- 
tellato. 

Inschrift : 

sic 

, in ea 8: Mi^M^ZÇ^MJi 
linea 10: . . Il lapicida ha tralasciato una t, ma 

ha incisa l'altra al suo posto. 

1 Notre imprimerie ne possédant pas les équivalents de certains signes 
ou groupes qui entrent dans cet article, j'ai été obligé d'ajouter quelques 
notes explicatives. — Ernst Andersson. 

2 Champollion, Not. descr. II, 700 — 71. — Piehl, RT. II 129. — 
Marucchi, Catalogo 133 — 135; Bessarione 2 X, 69; Sethe, Unters. I, 110 e 
Urk. IV, 311 — 312. 



66 




sic 



Per il principio délia Iinea 4 il monumento offre questa 
impronta : 

La lettura jnr per jtrzv è richiesta dal senso. La » è serai 
pre scritta ^a, quindi il trattino su r è solo una traccia. 

I segni J e o| sono certi. La lettura mi sembra sicura 1 . 

2. Coni funerari. Recentemente lo Schneider-Preziosi ha 
raccolto e pubblicato 2 , corne «spécimen eruditionis» in egitto- 
logia, la collezione dei cosidetti coni funerari posseduta dal 
Museo Egizio Vaticano. Sono XVII tipi, uno dei quali perô, 
il V, présenta nei due esemplari, secondo le mie proprie 
copie, due forme: 

Del resto quasi tutti questi coni trovano riscontro nelle 
ben note pubblicazioni dei Daressy, dei Pellegrini e degli 
altri con le quali sarà utile il confronte Uno solo mérita 
ancora qualche osservazione, quello segnato nella raccolta 
con il numéro IX: 




1 cfr. Urk. IV 338 n. e., 345 n. b. 

2 Dr. Giorgio Schneider-Preziosi, I coni funerari dei Museo Egizio 
Vaticano. Estr. Atti délia Pont. Acc. Rom. di Archeol. 27 aprile 191 1. 



67 



Questa mia copia differisce alquanto da quella dell'autore 
n el nome dei personaggio che egli ha creduto leggere Nâmen. 
Taie formazione nominale è impossibile, a quanto io so, per 

A f| Iα±±±±± Q 

l'ee'iziano. Ho pensato a un aaa^a M ^ e la traccia visi- 

° l 1 /WWV\ 1 

bile al di sopra di www conferma la facile ipotesi. Essa è 
poi fatta certezza da un altro monumento, citato dal Legrain 

Wepert. no 197), dove appare un \ \ ^ î 

f\ t"2H A K Q 

chiamato (J A/VWNA W . Nei due titoli non c'è altra difïe- 

I aww\ s Q éZJ 

renza che la varia costruzione grammaticale ; in un monumento 
il nome «Amun», che compone il nome dei personaggio, in 
segno di rispetto è scritto primo, corne è ben noto; sicché si 

tratta di uno stesso individuo ^ J è il nome di un 

possedimento. 

3. Roma Museo Nazionale 52045. E un frammento in 
granito rosso trovato in un palazzo di Roma. 

La scena appare divisa in due parti dalla volta stellata 
dei cielo. Su questa tre persone assise in trono, a sinistra 
Oro, poi una divinità femminile barbata (Anuke?), nelie 

mani lo scettro J e il simbolo TT , poi Osiride mitriato e 
con lo scettro, quindi un altra figura délia quale rimane solo 
il bastone j. 

Al di sopra délia dea restano ancora alcuni gruppi di 
geroglifici 



Su Osiride: 



a) 



\ j 1 
a) da leggere 



AU 



/WVWA 



Sotto la volta stellata, nel centro, doveva essere raffigurata 
una presentazione di offerte e due scène simili dovevano 



svolgersi a sinistra e a destra. 



68 



Di quella a sinistra restano questi segni: 

no 4 



E 



L 1 £_i 



Nel centrojl falco ad ali spiegate, stringente il simbolo q. Sotto; 

îi ï sirs? 3 

Nella linea inferiore, sopra il segno la dea Buto in forma 
di serpente acconciato con la corona ^ e porgente i sirni 
boli \ Q. Dietro sta scritto: J ^ . Avanti restano i segni- 



Pi Élit 

%M W/M rjm, 

che formavano la soprascritta di una figura di faraone facente 
offerte a Osiride (del quale resta appena Pestremità délia 
mitria) come risulta dall'iscrizione che segue: 



ÎÂt 

A/Wv\A 
/W\"W\ 

^3^sic 


A/WWv 
/VVW\A 


m 


11 


Q AA/WVA 

f © 

w 


00 i 


I s 


fi 

m 



A destra, la scena è frammentarja. L'avvoltoio di Nehbïjet à\t 
stringe il simbolo Q, racchiude fra le ali distese, l'iscrizione 

mt-in 

1 Si vedono Testremità inferiori dei segni h e nï . 

2 N. B.: a et b en sens inverse. 

J Equivalent approximatif. Pour le signe exact voir Pyr. 910. 



69 

Sopra il re scomparso: 



%Êk 1 /S. 



IIP d 1 m 9m 
§m '#W4 w% IIP 

Mm. wzm m/A wm. 
Suppongo che il frammento provenga da Behbet e che debba 

riconnettersi a quelli di Nehtéharéhbejet pubblicati dal Roe 

der (ÂZ. XL VI — RT. XXXV). 

4. Per la lettura del titolo j. Il Sethe ha pro- 

posto, per questo gruppo la lettura wr nid sm^ spiegando 
come una sovrapposizione dei segni ^eO, Che questo 
geroglifico, invece, debba essere letto ?n i b lo dimostra l'esem- 
pio ^w; v q ? J| ^ [j^ 0 ° o m*bw nbw «con la lucentezza 
dell'oro» (Fir. 1789) per j s — d J ^ ^ . La parola 

f — D S [fi ^ W <<r ^ ucere>> (analogo a «lux solis») è ben 
nota. Sicchè in tutte le numerose varianti ortografiche di questo 

titolo, come ^ ^ |M Cairo 2031 1, ^ j(| Cairo 20373,^* 
^0 Cairo 2031 1, Cairo 20037, r ^ \ Cairo 20230, 

nnn ï Cair ° 2 ° 455 ' 2£ \ ^ Cairo 20 54°> ^ jj , 
ni?i ^ airo> 202 5o> 20277 abbiamo tre fenomeni: 

1. il segno \ si scinde in 1 < 

n * 

2. il segno fl si sviluppa in nnn 

3. il gruppo n n n si abbrevia in ^ 
Quanto al segno lo si trova sostituito 

che questo sia il segno originale) da ^ , ij. Cairo 20690, da 

1 Si vede l'estremità destra del segno ■ 
' Si vedono Pestremità superiori dei segni Tj e 



n 



1 1 

'concesso 



7o 



:| . La trascrizione zvrj m 7/ «grande dei trenta» puô quindi 
ritenersi fondata. 

E possibile che il titolo fosse wrj nffr hnw mhj 
«grande dei 30 dell'alto Egitto e del basso Egitto» e che 

cosi debba spiegarsi l'ortografia Urk. IV 412, ic 

0 <^> n 1 1 *t > 3> 

formata sul titolo ^ Anche qui si ha la stessa 

scissione di segni già notata n ^ n ^ (RT. V1H 

179 — Newberry Bersheh II XIII). Del resto non credo si 
abbia esempio di un W in opposizione a un \ Sta 

poi il fatto che la collettivîtà «i trenta» è chiaramente indi- 

cata dai testi n È C on la loro residenza j| J (j (J ^ ; 
che «i trenta» sono rîcordati da Diodoro (I. 75); che, infine, 
nella tomba di Rehmirie, il quadro che illustra la seduta del 
visir rappresenta almeno venti di questi individui. 

5. Naoforo Vaticano n. çj. La copia del TurajefT ri- 
chiede qualche piccola correzione. Si îegga: 

parte anteriore: linea 1 • • • - Q • • • 2 ■ • • • î f ^ • 

parte posteriore: linea 1 jN^ 1 . • - - ^ <:=> ^ -A ij*^ 

Tîi- ..o^h.... -...ï-î^.*...J 

— ' ■ ' ■ 0 1 • • • • i^i n 1 ' ■ - - n 1 y /wvwv 

JL 0 AA/VVVN ^ 

y i 1 1 1 <lj 

Roma, aprile 191 3. /r ^_ 



1 Ce signe complexe s'écrit sur l'original avec à fl à la place de 



Sulla "preghiera délie offerte". 



di 

Giulio Farina. 



In una récente pubblicazione 1 il prof. Erman ha cosi 
tradotto la «preghiera délie offerte»: «Ein Opfer, das der 
Konig gibt. Ôsiris, der Herr von Busiris, der grosse Gott, 
der Herr von Abydos, moge er geben ein Totenopfer an 
Brot etc. ...» Questa traduzione è, apparentemente, più 
grammaticale dell'altra: «un' offerta regale (un' offerta da parte 
del re; un' offerta che fa il re) è fatta a Osiride etc. . . . affin- 
chè concéda . . . .» 2 . Tuttavia non credo ch'essa corrisponda al 
testo egiziano, quale lo mostra l'esame comparato dei monu- 
menti. Perciô sottopongo ail' attenzione degli studiosi i risul- 
tati da me raggiunti attraverso una lunga série di esempi 3 . 

La forma più semplice e la più facilmente comprensibile 
è quella sul tipo: 

. (Mar. Mast. 160). 
I primi segni possono essere variamente disposti per 
ragioni simmetriche o in segno di rispetto: la loro giusta 

1 Die Hieroglyphen (Sammlung Gôschen, 608) 191 2 pag. 69. 

2 Un po' di bibliografîa sull' argomento e una discussione con pretese 
grammaticali, si pub trovare in Budge, The Liturgy of funerary cflerings, 
pag. 20—23. 

3 Cito i primi che mi capitano essendo facile a ognuno accrescerne il 
numéro a piacere. 



7 2 



successione è data dalle varianti corne _ Al Pir. 

ÉJk LU T aaaaaa 

165 1 ^ I^IJ ^> (Capart, Une rue de tombeau, XI) e 

dal demotico htp-d-ns (Pétrie Dendereh, pag. 54). Resta, 



dunque, solo definire il valore délie parole. r-| è stato in 



□ 



più modi interpretato : ( Ij/p «tavola di offerte»; 

_P I , I ¥P W «^ tpoyal» (Urk. II, 152); , , , W-* 

«nutrimento od offerta». Affatto erronea e l'ultima interpre- 
tazione giacchè htp è costantemente scritto al maschile. Le 
due prime sarebbero possibili. Perô, ch'io sappia, non s'in- 

contrano esempi di , nè è conforme, corne si vedrà, al 

r , 0 



senso richiesto dalla formula. Di ^ ci sono pochis- 

simi esempi, i quali possono essere spiegati corne errori an- 

tichi o moderni di ^ . Contro il valore «offerta» in 

\ * A m ^ tan0 P arecc hi argomenti. Anzi tutto che la 
. 0 , richiesta per il defunto concerne, oltre le offerte funebri 
e la sepoltura, altri beni, quali il procedere sulle vie belle 
dell' occidente, la vita, la vecchiaia lunga, il soffio délia bocca 

etc. (vedi. p. es. Torino 46); che è pure ^ rt ^ creare, p. 

es., un defunto ~ — ' fl (Urk. I, 147) affinchè sia innalzato, nel- 
l'altro mondo, a una classe superiore a quella cui appartenne 
in vita. La numerosissima série di esempi è, del resto, con- 



corde a scrivere r-, senza determinativi. Onde penso, 

... J3 

corne già il Dùmichen e il Griffith, che si tratti qui di q 
«soddisfazione, segno di favore accordato per mostrare la 

propria soddisfazione» e délia frase <==> A Û ^ r- «mostrare 
la soddisfazione, concedere il favore» Sin. B. 160 — 161; Torino 
53 (sec. Levi Diz. s. v.). 



A 



73 

che parecchi esempi (Mar. Mast. 88 — 116—439; LD. 



Text II 121 — Pir. 745 a; 1019 a) scrivono ^ , non puô 

essere, in tal caso, altro che la forma èdm.f con valore 
ottativo. 

Quindi si tratta di una semplice proposizione verbale 
con Poggetto anticipato per l'accentuazione (Erman, Gramm. 3 
§ 491) che si deve tradurre: «Il favore concéda il re! Sia 
egli (il defunto) sepolto .... Il favore concéda Anubi! Pro- 
céda egli (il defunto) sulle vie etc.» 

Il prof. Erman ha già spiegato il significato di questa 
preghiera 1 che corrisponde perfettamente alla preghiera cri- 
stiana dei morti «Requiem aeternam». Si richiede che sia 
concessa al defunto la prJ-r-krw* in tutte le feste o in quelle 
indicate, ch'egli sia sepolto nel deserto occidentale o che 
procéda sulle belle vie sulle quali procedono gli jm hjw e 
questi sono favori reputati concessi dal re, da Anubi, da 
Hntjjmntjw, da Gebeb. E difficile stabilire quale fosse Pin- 
vocazione primitiva. Forse il re concedeva la sepoltura e 
le offerte, Anubi il procedere sulle belle vie dell' al di là; pare 
évidente che Pinvocazione di hntj jmntjw y di Gebeb e, in 
seguito, di tutti gli altri dei, sia uno sviluppo posteriore, per 
quanto antichissimo. 

Quando, subito dopo ^ A ^ segue Pinvocazione di 

uno o più dei, la frase incomincia ad assumere un* ortografia 
irregolare. Per la più giusta scrittura 

a ) \ JL A • • • • x A ovvero • • • • A x come 

per esempio: 



1 Religion 2 140 — 141. 

2 Donde il nome di tutta la formula 

«preghiera délie offerte» Sin. B. 195. 
Sphinx XVIII, 2. 



JîiTÏ l — ni 



74 



i ™ 1% i ^ □ a Mat - Mast - 2S9 crr - 4,7; 



}^Ajl^l~ïJ^I^I 



A El 



A8S.^..* G J.... 351 

UJ u £11 js o c> 111 A D I 



IIm'mSAPTi^O Cair ° 2002 5 cfr - 2 °3 lS 
si scrive: 



Mar. Mast. 



b) ^ x. (anticipazione dei soggetti in segno di 
rispetto): 

88 cfr. 439; 

c ) A x " ^* z * ( success i° ne dei soggetti): 

jlAiieflT^l^TiflTA 



V 

I I 



2^ J f £à Œ ^ Sïjjj Cairo 2024 cfr. 20240, 20318; 



\ A o Mar- Mast- 9 °- II8, 149 ' I5a 

230. 336. Cairo 20008 cfr. Mar. Mast. 108: 

l 

A 

i^ 1 'S 1 1 H • ■ • • Man Mast 2 °3- 



N. B. Lire - 



75, 

- S^fl^.Sp «an 

Mast. 360. 

e) omettendo un r— Q— ■ 

tA^d à Mar ' Mast 283 ' cfr ' 295 ( 2 volte ^ ; 
Sîo Cairo 20070 : 

^HA^Q Mar - Mast 2 '4 cfr. 225. 

269. 270; 

f ) 1 =1= A x> per \ JL A 1=353 A *• ° mettend ° di 

ripetere =2= Àî 

non — m c°d ., 

4=*= 1 □ o$0^ lb - 367, cfr. 368, 438 Cairo 

20OOI, 2006. 

^T^I^LAP, I , C *"° cfr. 20036. 

Del tutto indipendenti appaiono, se esatte: 

^ A . AAAAAA FA 

f Q û ^ ^ * Mar - Mast - 164. 

1 □ ffffï jf jf ^ =0= ^ j Cairo 20293 (vocativo). 

VII. 192. 

L'ortografia che prévale è appunto la Q 1 ^ A 



N. B. Lire 



76 

Si puô aggiungere che jj -<2> " non è qui nè il soggetto anti- 

A û * . 

cipato di corne appare dalle formule più brevi ^ A 

■ #== ^ U Cairo 20015 cfr. 20089, 20309, 20054. RT. XXV 
137; nè un vocativo, corne si vede da 1 A ri ^ Ll 

T /M O LJ f " AAAMA M^w, 

Cairo 20387 (3 volte). Esso puô essere solo la forma com- 
pendiata di ^ ^ ^ e=^= ^ jj fl, Ciô che dimostra an- 

cora di più che ^-a-, non è «offerta». 

û 0 

Quale è il soggetto di ^ ? Non altri che il dio. 
Quando, infatti, ce nella formula il nome di una dea, la dif- 

ferenza appare chiara: ^A^^-J"}©^^ etc. 
(Maspero, Mission en Italie, 93). In un solo caso è il re e 

Cairo 20286 e poteva esssere in: ^ ^ ^ |jj j^j 

ii \ 1 î ^ ï ■© etc - Urk - IV 2 * u Per 10 p' ù 

ail' invocazione del favore del re non corrisponde più l'espres- 
sione di un desiderio. Forse la realtà aveva distrutto la fede! 

Concludendo, proporrei tradurre la formula cosi: «Il 
favore concéda il re! Il favore concéda Osiride, signore di 
Busiride, il gran dio, signore di Abido! Concéda egli l'offerta 
funèbre in pani . . . ,» x 

Rom a, aprile 191 3. Giulio Farina. 

1 Le tolomaiche 1 ^ q ^ jj (Catal. gén. Stèles ptolem. pl. 
II 22001— III 22005 etc.) ^ ^ jj^j (sic! ib. pl. II, 22003) ^ 
I I I (ib. pl. VII 20017; VIII 20023) A 4; £^ Q (pl. X 22027) esim. 

Ci I I /WW\A / 1\ i A/VW\A 

a r— , <^ r e±n f 

vanno spiegate sul tipo ] /\ , /www I Ci / ^ 

AAA vV- 

etc. U (n. i. Tor. 80 = Maspero Miss, en Italie 49) cioè: «(Rivolgere) 

AV\AAA 

la preghiera htp dj njswt a Osiride» o corne già si traduceva: «proscinemi 
a Osiride». 



Sur trois inscriptions récemment 
publiées. 

Par 

Henri Sottas. 

M. G. Daressy vient de faire connaître à la science 
deux textes de la période XXII e — XXIII e dynasties gravés sur 
une pierre provenant de Tmaï-el-Emdid 1 . Dans un autre 
article 2 il réédite en le complétant un très intéressant 
monument du Louvre dont les difficultés de copie n'avaient 
pas été jusqu'ici entièrement surmontées. La lecture des 
traductions et du commentaire de M. Daressy m'a suggéré 
quelques remarques que je soumets au lecteur, à l'appui de 
mes propres traductions. 

I) Je reproduis in extenso le premier texte, pour lequel 
les divergences d'opinion avec le premier éditeur sont le plus 
accentuées. D'après les indications mêmes de M. Daressy 
sur la longueur des lacunes je crois illusoire un essai de res- 
titution partielle. 

1 Inscriptions historiques mendésiennes, ap. Recueil de Travaux, 
XXXV (1913), p. 124 — 129. 

2 Notes sur les XXIIe, XXIIIe et XXIVe dynasties, ib., p. 129 — 131. 
Ajouter à la bibliographie donnée p. 130, n. 1: traduction partielle (lignes 
1 — 4, commencement) dans J. H. Breasted, Ancient Records, IV, § 752 sqq. 



73 

1 l---lKPfl œ Zkkll^l 

ILJ #a — ^. <=> v-7 ™» i — i s* -0* 



® ^ — »— *• — ■* n 



i 



/WWA 



S — ! 1 1 r! 1 ^ i ==■ ^ «=* 

«. . . . louange, invocation que fait le premier prophète 
du Bélier, seigneur de Mendès, grand dieu, incarnation de 
Ra, grand chef des Masuaè, prince, Smendès, fils du grand 

chef des Maèuaâ Hornecht Bélier, seigneur de 

Mendès, grand dieu, incarnation de Ra (a), quand il le 



79 

choisit (pour être) à la tête de ses orientaux, et l'approuva 
comme chef de son sanctuaire (b), aussitôt qu'il eût apprécié 
son cœur et remarqué son zèle à faire (c) ce qui est utile à 

sa demeure; [il] l'introduisit , Moi je suis ton 

serviteur, (d) la bouche qui donne à ton Ka (e), le fils de 
tes prêtres d'auparavant, (f) Ton Ka était gravé en moi sur 
le lieu de ma naissance (g); j'ai grandi pour créer tes fondations; 

j'ai veillé pour rechercher pour toi ton sanctuaire, 

pour le prestige de ton objet d'orgueil (h) que j'y ai trouvé. 
Je n'ai pas cessé de rassembler (k) mes biens pour donner à 
ta majesté. Mes bras se tendent continuellement . . . .» 

(a — b) — Sur ce sens de m ht depuis le M. E, cf. 
Sethe À. Z, 44, 30, n. 2. La préposition semble régir 
les deux verbes, comme plus bas dr. — Daressy: 
«après qu'il l'eût désigné à ses Tanites, qui le reconnurent 
comme maître de son temple . . . .» Bien que l'assimilation 
avec le nom du nome tanite soit séduisante, je ne puis ac- 
cepter la construction de ètp sans préposition. Si l'on tient 
plus de compte de la correction grammaticale que d'une ren- 
contre de mots, les commentaires historiques de M. Daressy 
ne sont plus fondés. L'appellation «ses Tanites» pour les 
rois de la XXIII e dynastie serait en effet dédaigneuse, mais 
combien plus encore anormale dans la bouche d'un Egyp- 
tien. — Dans «ses orientaux» je crois voir la désignation 
d'une armée; cela cadre d'ailleurs avec les titres militaires 
du personnage, mais il est difficile de préciser. M. Daressy 
a établi un très intéressant rapprochement entre notre Hor- 
necht et le guerrier des mêmes nom et filiation cité dans la 
légende démotique de Petubastis. Il est à remarquer tout 
d'abord que le nom transcrit Hr~Nht par la plupart des com- 
mentateurs revient deux fois dans le Pap. Krall (S. 32; Y 24) 
et a semblé de lecture douteuse à M. Spiegelberg, qui en a 
laissé en blanc le deuxième élément. La rencontre est-elle 



8o 



rendue de ce fait moins probable, ou tend-elle au contraire 
à confirmer la lecture Hr-NhÛ Je n'ai pas d'avis sur ce 
point pour le moment. D'autre part, si, dans la stèle de 
Tmaï-el-Emdid, il est question du dieu de Mendès et de ses 
«orientaux», un des principaux acteurs du cycle de Petubastis 
est Pekrur «le grand chef de l'Est» qui semble commander 
aux mit jbt, contingent du nome frontière Arabia. Or, au 
Papyrus Spiegelberg, Pekrur se range au même parti que les 
troupes du nome de Mendès, tandis qu'au Papyrus Krall il 
est dans le clan opposé. Sans qu'il soit nécessaire d'entrer 
dans plus de détails on voit combien il serait téméraire 
d'étayer le moindre fait historique sur une base aussi 
branlante. — Dhn-f s ne peut vouloir dire que: «il 
l'approuva». Transformer s en sn est arbitraire. En tous 
cas / ne peut être régime (Gramm. § 434; 481). D'ailleurs 
il semble que d'ordinaire ce soit le roi qui propose et le dieu 
qui dispose, plutôt que le contraire. Il importe de bien fixer 
ce point, car dans l'inscription suivante une phrase analogue 
revient, où les rapports grammaticaux sont moins nets. 

(b c) — D: «. . . . à cause de la sagesse de son cœur, 
qui pousse sa piété à faire . . . .» — Dr, «à cause de» est 
un sens forcé. Sj> est un verbe, ainsi que le montre la ré- 
duplication de f. W paraît a priori devoir être un verbe pa- 
rallèle à s/y ; en effet on le trouve, rarement, avec le sens 
«remarquer» (A. H. Gardiner, Admonitions, 81). 

(d— e) — Il veut peut être dire par là que lui, prêtre, 
procure au dieu, comme on fait aux morts, les offrandes par 
la parole. On pourrait traduire: la bouche qui donne le «à 
ton Ka» expression stéréotypée désignant l'offrande. — D: 
«agissant pour ta personne». 

(f— g) — D: «. . . . dès que j'ai respiré, ma force a 
été en toi, dès le berceau.» — Htj n'est pas nht Les dé- 



81 



terminatifs sont parfaitement corrects. Htj semble être au 
passif sdmwf, assurant ainsi la concordance des temps avec 
les formes èdmnf qui suivent. — La métaphore n'est pas très 
claire, mais le sens n'est pas douteux. 

(h) — Je crois justifié pour ts ainsi, déterminé le sens 
«orgueil» adopté par M. Daressy. Ts m peut avoir quelque- 
fois le sens: être en colère (cf. Recueil, 33, 80). 

(h — k) — D: «Je n'ai trouvé là aucun arrêt à disposer 
...... — Cet emploi de la négation hn serait plutôt sin- 
gulier. 



II) «L'an il, le 13 Paophi sous la Majesté du roi X 
(cartouches vides) . . . ., en ce jour de fête fit son entrée dans 
Mendès le premier prophète du Bélier, grand chef des Mas- 
uas, prince, Hornecht, fils du premier prophète du Bélier, 
grand chef des Masuas, prince, Smendès, et dont la mère 
est H ( w-n- TsL Les habitants de Mendès furent en grande 
liesse de ce que son seigneur était en elle, à la place 
qui lui revenait, (a) Son père l'a approuvé pour prendre 
possession de son héritage. Le grand héritier de par (?) son 
lieu de naissance, c'est donc lui. (b) Ils allèrent en paix 
vers la place qui lui revient. Il était tel Horus sur le trône 
de son père alors qu'il a abattu le démembreur. (c) Ils l'accla- 
mèrent donc jusqu'au ciel, hommes et femmes laissant parler 
leur cœur et donnant cours à leurs sentiments intimes, comme 
quoi c'était un «fils chéri» occupant la place de son père, 
d'après l'ordre à lui donné par le [Bélier, dieu] grand vivant, 
de se faire conduire en paix vers le sanctuaire (?) de Mendès 
pour la satisfaction et la joie de ses habitants. Alors il 
arriva au temple du Bélier; il se prosterna, s'abaissant devant 
lui, et dit: «O mon seigneur, que mes yeux voient ta beauté, 



82 



que mes oreilles entendent (ta) voix, (d) que mes jambes . 
parcours en marchant, (e) que mes bras soient forts après le 
repos, que les années se succèdent sans trouble. O mon 
père [je] vois ta face, ayant souhaité (?) cet instant où ton 
cœur est bien disposé. Tu te souviens de moi dans ta pro- 
cession, tu me conduis à ta ville, mes bras étant en 

de l'ordre sorti de ta bouche, (f) depuis que tu as apprécié 
mon cœur et remarqué mon zèle à faire (g) ce qui est utile 
à ta demeure. Que tu chasses l'ignorance, et il n'y aura plus 
de place ici pour le mal. Détruits, anéantis (h), le mensonge 
et les fraudeurs; appréhendé le méchant, (k) C'est ce que 
tu ordonnes qui devient réalité. (1) Tu es comme un n ur de 
fer, paré pour celui qui est sur son siège(?). Tu es stable, 
durant éternellement (m). J'agrandirai ta demeure; j'em- 
bellirai ton temple en toutes choses que ton cœur sou- 
haite ». 

j — j — j r* û — h — 

m i 



(a-b) 



~ — 0 I | | - — n <=> III I a/ww, \T3 

1 ^^ < ~ > — <<e ^ e ava ^ a PP rouv é son père quand 
il en avait pris possession, et le grand héritier de sa maison 
le voici donc.» — Cette fois s pourrait être sujet de dhn. 
Mais l'inscription précédente nous a appris que quand la 
fonction ne se transmettait pas normalement par droit héré- 
ditaire c'était le dieu et non la ville qui faisait la désigna- 
tion. C'est ce qui avait eu lieu pour Smendès qui ne tenait 
pas son titre de son père Hornecht I er . A son tour il avait 
nommé son fils Hornecht II à la fonction qui dans l'intervalle 
était devenue propriété de la famille. — Il n'est pas impos- 
sible non plus que tf-f de rapporte au dieu lui-même. 



(c)_ *5P 



r j| — Litt. : celui qui attaque 



r 



*3 

par ablation. Les déterminatifs conviennent à l'assimilation 

avec ^ «retrancher, diminuer». P. e. allusion au 

démembrement d'Osiris par Set. — D: «le compétiteur*. 

mes jambes) aillent, marchant pour ton service.» — Il doit 
y avoir confusion entre sm et smêj. 

{(—g) — 49B ^ ^ XDC S ? ^ 

<cz> -<2^ — D: «depuis que tu as instruit mon cœur, tu 
guides ma piété à faire . ...» - — Mêmes remarques que pour 
l'inscription précédente. 

( h-k, i#, S Z ^ - D: 

«les menteurs et les transgresseurs, ainsi que des ennemis.» 
Je suppose que M. Daressy décompose ainsi: grg th^-tjw 

m nf. — ^ après les déterminatifs est très suspect. 

Faute de mieux je propose la leçon: ' ^> >\ t>— 



O O O ^ ^ /VVWAA ^r~>. 



(l_ m ) ^ ^ y j ^ J t| 

k^zï* awaaa § o 8 — D : «Tu es un mur de 

ÛLJ AMMA IJ / l A A 

fer au faîte muni de (créneaux?). Le trône que tu établis 
est stable pour l'éternité». 



III) — «L'an il, sous la Majesté du roi ... . Takelot 
. . . . le il Pachons; le jour où le premier prophète d'Amon- 
rasonter, général, prince Osorkon, m-k. y fils du roi ... . Ta- 




8 4 

kelot .... arriva à Thèbes la vaillante, œil de Ra, reine 
des temples, horizon du d ; eu au nom caché, (a) sa capitale 
et vint (b) à sa belle fête de Pachons. Le prêtre pénétrant 
dans la demeure d'Amon, de service mensuel à *I\hzvA 
Mnwt, appartenant à la 3 e classe, Hori, fils et successeur 
d'[Ankhf]-n-Khons, m- h, se présenta devant le gouverneur 
du sud, disant: «Moi je suis un prêtre pénétrant à ^ Ipt-^ Ht 
Je suis descendant des grands prophètes d'Amon par ma 
mère (c) et fils du prêtre rapporteur au tribunal du sud, en 
place auparavant. Le père de nos pères était «père du dieu», 
initié aux mystères de P\wt-t\wj. Prends mon bien, va, 
n'hésite pas; (mais) Thèbes est à moi; j'y suis né et ce n'est 
pas à moi, certes, de céder.» (d). Alors (Osorkon) dit: 
«qu'on exécute tout ce que tu ordonnes.» Vint alors le pro- 
phète (e) d'Amonrasonter, contrôleur en chef, scribe des ar- 
chives du roi, Nb-Ntrw, fils d'Hor. Il se purifia dans le 
bassin de purification; il se purifia avec le natron et l'encens; 
(et ensuite) de se mettre en route pour : * ÏÏhnt-Mnwt, l'horizon 
du ciel; de partir de là pour Ipt, le palais sacré de l'âme 
redoutable, chapelle du Bélier qui navigue au ciel; d'ouvrir 
pour lui les portes de l'horizon de P\wtHrtj et de voir les 
secrets du dieu rayonnant, (f) Il en sortit, la joie au cœur. 
Une acclamation retentit jusqu'à la ville: «Ce ciel qui est à 
toi, il a vu ce qui est dedans!» (g). 



(a— b) — Hrw n èpr r WMt ® 

^ I 



A A 

lj a/ww hm-ntr — D: «sa ville où vient le pre- 
mier prophète.» Visiblement \j est un infinitif construit avec 
n, comme spr et n'est pas à joindre à nwt-f. Par «sa capi- 
tale» j'entends la capitale du dieu quoiq'on soit tenté de faire 
rapporter le possessif à Osorkon, gouverneur du Sud. Mais 
«sa belle fête» qui suit me paraît avoir trait au dieu. Re- 
marquer l'étrange place de f après l'épithète. 



«S 

(c) — Ici ce termine la traduction de M. Breasted. 



1 <-*-:~ftïï.^r;£f<i$ 

— D: «et fils de prêtre; je témoigne au Tribunal 
du Midi qu'auparavant le père de mes pères fut un divin 
Père, initié aux mystères de Paout-taui. C'est prendre mon 
bien que m'envoyer, me faire éloigner de Thèbes dans la- 
quelle je suis né; je ne suis pas un voyageur!» La sentence 

» — Sur n-wj dans cet emploi, cf. Erman, Gramm. 3 §235. 

Le sens: «j'appartiens à Thèbes» est également admissible. 

Sur le sens de iêk, cf. Erman, glossar, p. 17. Les 
mots ssp t\j Jvw indiquent que le discours est ici teinté 
d'ironie. Je ne crois pas qu'on doive prendre au sens propre 
les verbes d\j et tsk y soit: «traverse sans t'arrêter». Bien 
que Hori ne manque pas d'audace, il ne pourrait guère pré- 
tendre mettre le gouverneur du Sud à la porte de Thèbes. 

(d _ e) - %*^\@b^± f| (SiC) Jfc, î * 

^ ^ ^ l] ^ ^ l| . . . . — D: «La sentence 
prononcée: «Qu'on fasse tout ce qu'il réclame» fut transmise 
par le prophète . . . .» — Le sens d'iwnl a été établi avec 
certitude par A. H. Gardiner, ap. AZ, 41, 139 sqq. — Quand 
on songe au ton du discours précèdent, l'emploi du verbe wdj 
n'est pas pour surprendre. Je serais assez tenté de lire: 
dd in tzv irr m . . . . : «On dit: Agis conformément à tout ce 



86 



qui t'a été ordonné», discours adressé par Osorkon au p ro . 
phète d'Amon, dont l'intervention suit immédiatement. \\ 
faudrait que le récit ait été abrégé et aussi que le gouver- 
neur ait été prévenu de la démarche de Hori. 



D: «Il s'en alla 



avec la joie au cœur, qu'il cria jusqu'au ciel; s'en éloignant, 
il le voit (encore).» — K s'applique au dieu, / à Hori. Le 
saint des saints est assimilé au ciel. 

Bagnères de Luchon, 6 Août 191 3. 

Henri Sottas, 



p. M. Chaîne. Sermon sur la Pénitence attribué à S* Cyrille 
d'Alexandrie. — Textes traduits et annotés. [Extrait du t. 
VI des Mélanges de la Faculté orientale. Beyrout (Syrie) 
1913]- 

Je ne prévoyais guère en publiant mes deux articles dans 
le Sphinx 1 que j'aurais si tôt à en appliquer les règles que j'y 
ai données à une publication d'oeuvre copte; je ne prévoyais 
pas surtout que ce serait à l'égard de quelqu'un qui m'a fait 
l'honneur de suivre mes cours, ou plutôt d'assister sept ou huit 
fois, autant que je me le rappelle, aux cours de copte que j'ai 
faits à l'école des H tes Études, Sciences religieuses. Devant la 
bonne foi de M. Chaîne, sa jeunesse et aussi sa confiance en 
lui-même, je suis porté à ressentir de Findulgence, une réelle 
indulgence, quoique l'oeuvre ne soit pas d'une grande importance 
et quoiqu'elle ait été publiée dans les pires conditions. Je suis 
encore retenu par la considération que je pourrais arrêter dans 
sa première tentative un jeune auteur qui ne demanderait qu'à 
continuer; mais malgré tout, quoique je ne demande qu'à sus- 
citer de nouveaux coptisants, si je le puis, à les encourager, je 
ne peux cependant pas approuver une publication défectueuse 
au premier chef, on va le voir. Je prierai donc M. Chaîne de 
ne pas s'offenser des critiques faites à sa petite publication, d'en 
prendre au contraire occasion pour faire mieux, après avoir étu- 
dié les auteurs coptes, les avoir compris, et par conséquent après 
s'être rendu maître des règles de la langue copte, car pour ce 
qui regarde la partie éthiopienne de sa publication, j'aime à croire 

1 Ortographe et grammaire coptes. Notes et précisions, Sphinx, t. 
XVII, 6, pp. 177—207 et t. XVIII, 1, pp. 1—30. 



qu'il ne s'y trouve aucun des défauts que je vais signaler p 0Ur 
la partie copte qui est d'ailleurs la partie la plus importante d'un 
mémoire qui n'a que 36 pages. 

Le sujet de ce mémoire est un prétendu sermon attribué à 
S fc Cyrille sur la Pénitence: c'est une oeuvre apocryphe au pre- 
mier chef, où, sous un vêtement oratoire l'auteur a pris le parti 
de raconter une histoire que l'on trouve à peu de chose près 
dans les autres littératures chrétiennes de l'époque du Bas-Em- 
pire. Il y a déjà bien longtemps, hélas! que j'ai indiqué com- 
ment les auteurs coptes s'y prenaient pour faire ces récits apo- 
cryphes: leur premier soin était de se mettre à couvert sous un 
nom illustre ou connu, un nom de patriarche ou d'évêque, le 
plus souvent, car ce nom répondait à toute objection qu'on au- 
rait pu élever contre la véracité des faits racontés, puisque ces 
saints hommes ne pouvaient décemment raconter que la plus 
stricte vérité; leur second soin, c'était de respecter, si le fait se 
passait en Egypte, les données de la géographie de leur pays, car 
on aurait eu trop de facilité pour incriminer l'oeuvre susdite, si 
les données géographiques avaient été par trop lésées K Je 
m'imaginais, en donnant ces règles, pour faire accepter comme 
authentiques par le lecteur les récits apocryphes racontés par les au- 
teurs coptes, que des auteurs qui se respectaient n'avaient pas 
versé dans cette littérature d'édification; en publiant, il y a deux 
ans, une partie des oeuvres de Schenoudi, M. Chassinat a fait 
connaître une lettre de Libérius, le pape de Rome, adressée au 
clergé d'Alexandrie sur Ja mort de S fc Athanase: il y déplorait 
la mort du grand lutteur sans citer de faits précis pour sa vie, 
ce qui était quelque peu surprenant, et surtout sans quelqu'une 
de ces phrases qui sont la caractéristique des oeuvres de Sche- 
noudi, car l'œuvre était bien de lui, et l'éditeur, M. Chassinat, 
avec M. Leipoldt, s'y était laissé trop facilement prendre et 
l'avait considéré comme une oeuvre importante de la littérature 

L Cf. E. Amélineau, Contes et Romans de l'Egypte chrétienne, I. In- 
troduction, p. XXXII et seqq. 



89 

é gypto-chrétienne. Le malheur a voulu que S* Athanase ne soit 
mort qu'en 373, quand le pape Libérius était mort 7 ans aupara- 
vant, en 366. Il serait difficile dans ces conjonctures de soute- 
nir que le mort ait pu consoler les vivants du trépas de leur 
archevêque, alors que ce trépas venait d'avoir lieu 1 . 

On voit que dans de pareilles circonstances la valeur de 
ces oeuvres apocryphes, quoique se réclamant des plus grands 
noms de la littérature chrétienne, ne saurait être bien grande. 
Il suffit d'ailleurs de lire l'oeuvre publiée par M. Chaîne pour 
être édifié sur sa valeur. 

Mais une oeuvre même apocryphe et de nulle valeur his- 
torique, si on la publie, doit être bien publiée; malheureusement 
ce n'est pas le cas. Je ne veux pas reprocher ici à M. Chaîne 
de ne pas avoir accepté les règles que j'ai données pour la pub- 
lication des oeuvres coptes; je ne lui reprocherai que les fautes 
nombreuses, énormes qu'il a commises de lui-même, car on ne 
peut lui demander avec justice de ne pas avoir connu des règles 
publiées pendant qu'il éditait le sermon de S* Cyrille. 

Tout d'abord M. Chaîne coupe mal les mots; ainsi il écrit 
à la page 6 de son mémoire, à la fin de la ligne 4: îîpe, plus à 
la ligne suivante qepnoki, lorsque la lettre q aurait dû être 
jointe à peq = celui qui fait. Puis comme c'est un préfixe qui 
se joint au verbe devant lequel on le met, il fallait écrire îîpeqep 
= celui qui fait faisant. De même p. 9 il écrit Âînen^peft 
idaerren, et il aurait dû écrire: Mnen^pem^ TOTert = ne faisons 
pas que nous lavions nos mains, pour: ne perdons pas courage, 
ne nous désintéressons pas, comme fit Pilate qui se fit appor- 
ter de l'eau sur son siège pour se laver les mains et montrer au 
peuple qu'il se désintéressait du sort de Jésus. M. Chaîne rend ces 
mots par: «ne nous méprisons pas nous mêmes», ce qui est bien 
loin d'être exact. Les fautes de ce genre sont fort nombreuses; 
mais ce sont de légères peccadilles en comparaison de celles 

. 1 Mémoires de l'Institut français d'archéologie orientale au Caire, t. 
XXIII p. 200 et seqq. 

Sphinx XVIJl, 2. 1 



9° 

qu'il me reste à citer. Ainsi à la même page 9, il écrit unep-xoe 
pour Mnep-xoc; à la page 8 il écrit no^.ue,eMTcm, pour ûota^ 
ÏÏAiTort; à la page 7, il écrit ct^ihott pour ctt^ihott, ^U|HpJ 
.pour -VujiJiipi; à la page 10 il écrit T£Àojihc et noToirnoit p 0Ur 
TeÀwrïHc et noTo^tio-y; à la page 12, ÛTecxoiv^eK pour ÎÎTec- 
•xok-xck; c^tot c^cini pour c^totc ^cmi ; p. 14 eOTTKdA^evn îutoirfi 
pour e ovKd^ev ûnoirii, totuott pour ^ottïiot; co^-c^jmï pour 
u> ^X£iÂii; eepeep^e'Anic en ot pour eopeep ^e'Anic eno?; p. 2 \ 
^qoA esSovrt pour *qioÀ e£oim; à la page 24 hm nm pour tiJ 
ttHi; p. 25 ^ ott^o^- eopHi exioq pour ^ ovgoi" * e^pm exooq- 
à la page 26 ^ueTujeMc>HT pour ^Memjen^Hr ; à la page 27 
îîujovumjT pour nujOTOTmmjT, mais je dois dire que cette faute a 
pu être commise par le scribe copte lui-même. 

Si je passe maintenant à la traduction, je vois que cette 
traduction est trop souvent malheureuse, comme à la page 8: 
«Vous qui êtes accablés du poids de vos péchés, vous, dont les 
blessures du péché se sont multipliées, etc.», pour «Vous qui 
êtes chargés des fardeaux de vos péchés, vous dont les plaies 
(causées) par le péché se sont multipliées»; il a écrit nHe^m 
iAts^h pour ïih e-r^ mn'AwK, et quoiqu'il ait traduit ici le mot 
eTcÇiooYi = les fardeaux, cela ne l'a pas empêché de traduire 
le singulier erçÇco par joug, quoique le mot de l'Evangile soit: 
Jugnm enim meum suave est et onus meum levé. — A la page io, 
il traduit: «Laisse-moi donc Rapprendre la vérité des paroles que 
je dis»; lorsque le texte dit = Permets donc que tu saches que 
ce sont des vérités les paroles que je dis. — A la page 11 il 
traduit: «depuis la première lecture jusqu'à l'imposition de la 
paix», ce qui ne veut rien dire, tellement les mots sont impro- 
pres, et ce qu'il faut traduire: depuis le premier livre jusqu'à 
ce qu'ils eussent donné la paix, c'est-à-dire depuis le commen- 
cement de l'office jusqu'à la fin. 

Ce que je viens de' dire suffira, j'espère, pour montrer com- 
bien une pareille publication est défectueuse; et cependant je 
serais malheureux si mes paroles pouvaient produire chez M. 



9i 

Chaîne autre chose que le repentir d'avoir fait un travail trop 
hâtif et le ferme propos que sa seconde oeuvre sera plus étudiée. 
Un regard exercé s'aperçoit du premier coup qu'un assez grand 
nombre des fautes que je viens de reprocher sont des fautes 
d'impression, d'inattention, qu'un peu plus de soin dans la correc- 
tion des épreuves aurait fait disparaître. J'espère donc que la 
prochaine publication de M. Chaîne me prouvera qu'il a profité 
de mes remarques. Je serais au désespoir de décourager quel- 
qu'un qui peut prendre gout à des études qui me sont chères, 
car pour employer une parole évangélique : «La moisson est 
grande et les ouvriers sont peu nombreux». 

E. Amélineau, 



K. Miedema. De heilige Menas. Rotterdam. — W. J. van Hen- 
gel. 1913. 

Tel est le titre de la thèse que M. R. Miedema a soutenu 
devant le jury de l'Université de Leyden pour obtenir le grade 
de docteur en théologie. Il y étudie la légende de S' Ménas, 
autrement dit de S* Mina; d'après les manuscrits et les monu- 
ments, il s'efforce de déterminer les parties communes de cette 
légende et les différences qui existent dans le détail. Il me sem- 
ble bien au courant des manuscrits et des monuments. 

Personne ne sera surpris, je crois, que ce saint qui porte 
le nom du premier roi de la première dynastie égyptienne ait 
quelques rapports avec l'Égypte, que le nom ait été un nom des 
plus communs en Égypte jusqu'à la présente époque, que les 
moines aient aimé à le graver ou à l'écrire sur les parois des 
tombeaux de l'antique Égypte ou sur les petites stèles que les 
vivants, laïques ou moines, consacraient au souvenir des morts, 
et que les hagiographes chrétiens, grecs et latins, sans compter 
les coptes et les éthiopiens, se soient emparé des faits de la lé- 
gende pour en écrire l'histoire ou les Actes de S* Ménas. Au 



fond cette légende n'est qu'un tout petit récit de martyre; mais 
elle a obtenu une très grande publicité grâce à l'iconographie 
copte qui a représenté le saint debout entre ses deux chameaux. 
Ce sont ces fidèles animaux qui ont surtout attiré l'attention des 
iconographes, et de là est venue la notoriété du saint, quoique 
ses actes ne mentionnent qu'un seul chameau qui transporte ce 
qui restait du corps du saint dans sa ville natale, en dehors de 
la vallée du Nil, dans le désert libyque, en face du lac Maréo- 
tis. Cette particularité iconographique de Mîna debout entre 
ses deux chameaux a fait tout naturellement penser à Horus de- 
bout sur les crocodiles, et je serais assez porté à croire que telle 
est bien la genèse de l'idée; mais de là à dire que Mîna fut 
identifié avec Horus, il y a tout un monde et je ne suis pas 
disposé à franchir ce monde. Quelque artiste de l'Égypte aura 
pensé que le soldat Mîna pouvait être représenté debout entre 
deux chameaux comme on avait représenté Horus debout sur 
les crocodiles, et tout aura été dit. C'est aussi la conclusion à 
laquelle M. R. Miedema s'est arrêté, et je crois qu'il a raison. 
Il a sans doute fait du copte en vue de sa dissertation théologi- 
que, et je ne peux dès lors m'étonner de la variété qui appa- 
raît dans la liaison des mots entre eux. S'il avait fait réelle- 
ment des études sur la langue copte, je pourrais m'étonner à 
bon droit de la manière dont il unit ensemble ôotevgepM^vu) quand 
il sépare les autres noms: mi^ mh«^, a>n* recopie; comment il 
indique certaines corrections à faire quand il semble ne pas entre- 
voir les autres; comment il traduit: ewiicw hochcÇ ne<3V>uj par : apa 
Joseph Degosch; quand il devrait traduire par: apa Joseph fils 
de Degosch, etc.; mais ce sont là de petites fautes qui ne tirent 
p^Jwcjpn séquence. La dissertation en général vaut ce que va- 
ieut U s tfëWes de cette nature: ni plus ni moins. 

i A E. Amélineau. 

S! 1 \ «ri! 



Das Heiligthum des Cyrus und 
lohannes bei Abukir 

von / ' V£L 

(Si % 

A. Wiedeniann. \ ^ 

Unter den àvàpyopot, den christlichen Heiligen, weicT 
ohne Bezahlung anzunehmen, der Heilung von Kranken sich 
unterzogen, spielen neben Cosmas und Damian 1 vor allem 
Cyrus und lohannes eine Rolle. Ihre Verehrung hatte ihren 
Ausgangs- und Mittelpunkt in Aegypten, sie haben dann aber 
weithin im Kreise des byzantinischen und roemischen Reiches 
Bedeutung gewonnen. Von ihrem Leben ist wenig bekannt. 
Nach einem Sophronius zugeschriebenen Berichte 2 waere Cyrus 
Arzt gewesen, dann aber in die arabische Wùste nach Tzote 
geflohen. Hier sei er mit dem im Kriegswesen sehr erfahre- 
nen lohannes zusammen getrofïen. Als die Christenverfolgung 
unter Diocletian wuchs, eilten beide nach Alexandrien 3 um 



1 Vgï. fur dièse die erschoepfende Arbeit von Deubner, Kosmas und 
Damian, Leipzig 1907; ferner Lucius, Die Anfaenge des Heiligenkultes in 
der christlichen Kirche S. 256 ff., fur ihre Darstellung in der bildenden Kunst 
Wessely, Iconographie Gottes und der Heiligen S. 135 f., fur ihre Kennzeichen 
Pfleiderer, Die Attribute der Heiligen, Index S. 187 unter Cosmas und 
Damian, fur ihre Patronate uber Aerzte und verwandte Berufe Kerler, Die 
Patronate der Heiligen, Index S. 438. 

2 Migne, Patrologia Graeca 87 S. 3677 fl~., ein zweiter analoger, aber 
nur im zweiten Theile erhaltener Bericht S. 3689 fT. 

3 Aïs Verhaftungsort giebt eine der Viten (bei Migne 87 S. 3689) Cano- 
pus an, wo die Heiligen gewohnt hàtten. 

Sphinx XVIII, 3. 8 



94 

verfolgte Iungfrauen und deren Mutter zur Standhaftigkeit 
zu ermahnen. Sie wurden dann selbst gemartert und ara 6 
Mechir, dem 31 Ianuar der Roemer, hingerichtet und zusam- 
men in der Markus-Kirche zu Alexandrien bestattet. Der 
Bischof Cyrillus (412—44) beschloss etwa 100 Iahre spaeter, 
durch ein Traumbild dazu aufgefordert, die Gebeine des 
Cyrus nach Menuthis iïberzufùhren, fand sie aber so eng 
mit denen des Iohannes vereint gebettet, dass er am 28 Iuni 
beide zusammen in feierlichem Zuge dorthin bringen liess. 

In Menuthis, oestlich von Alexandrien, etwa 2—3 Kilo- 
meter von dem alten Canopus 1 entfernt, bestand seit alter 
Zeit ein Heiligthum, in dem die Goettin Menuthis, eine Ne- 
benform der Isis, Kranke heilte und wohin von fern her Wall- 
fahrten statt fanden 2 . Dièses Heiligthum hat sich"bis tief 
in die christliche Zeit hinein erhalten. Wurde der heidnische 
Kult auch nicht mehr oeffentlich ausgeùbt, so wandte mari 
sich doch vielfach noch heimlich an den Priester der Isis 
und erst zur Zeit des Kaisers Zeno, um 490 n. Chr., wurde 
das Heiligthum seiner Goetterbilder beraubt, der Bau zerstoert 
und der Kult vernichtet 3 . 

Die Ueberfùhrung der beiden Heiligen in die Naehe dièses 
heidnischen Heiligthumes sollte die Verehrung der Isis ver- 
draengen, sie sollten an ihre Stelle treten. In der That be- 
gannen sie auch gleich nach der feierlichen Translation, bei 
der Cyrillus selbst predigend thaetig war 4 , ihre heilende 

1 Vgl. fur die antike Litteratur iiber die Lustbarkeiten der Alexandriner 
zu Canopus, das dortige Orakel des Sarapis, u. s. f. Wiedemann, Herodots 
Zweites Buch S. 90 f., 190, 588. 

2 Belegstellen bei Deubner, De incubatione S. 96 f. 

3 Zacharias Scholasticus, Vita Severi Antiocheni (nur syrisch erhalten), 
publ. von Kugener in Patrologia Orientalis II p. 16 ff. mit franzoesischer 
Uebersetzung. — Nach dem abweichenden Bericht bei Migne 87 S. 3695 
waere das heidnische Heiligthum bereits zur Zeit des Cyrillus mit Sand zu- 
geschiittet worden. 

4 Cyrillus Alexandrinus, Oratiunculae très in translatione reliquiarum 
S. S. Martyrum Cyri et Ioannis bei Migne, Patrologia Graeca 77 S. nooff. 



95 

Thaetigkeit. Wir sind uber die Art der Heilungen dadurch 
gut unterrichtet, dass Sophronius, der spaetere Patriarch von 
lerusalem, hier selbst Genesung von einem Augenleiden fand 
und zum Danke um 608 zu Menuthis eine Sammlung von 
70 Heilwundern der beiden Heiligen begann, die er nach 620 
vollendete 1 . Dièses Werk ist ebenso wie eine Reihe anderer 
Ausfùhrungen ùber die gleichen Heiligen erhalten geblieben 2 . 

Das Heiligthum der beiden Maertyrer, welches bisher 
nicht wieder aufgefunden worden ist, lag zwischen dem 
Meere im Osten und einem Sandhùgel im Westen und war 
weithin sichtbar. Eine Mauer umgab dasselbe, ausserhalb 
welcher sich eine heilige Quelle befand. Innerhalb der Um- 
wallung lagen die Kirche, die Wohnung des Diakon, eine Reihe 
von Krankenkammern, ein Bad, u. s. f. Zu Heilzwecken 
verwendete raan das Oel der Lampe und das Wachs der 
Kerzen, die auf dem Grabe der Heiligen brannten. Die er- 
forderlichen Heilmittel theilten die Heiligen den Hùlfesuchenden 
im Traume 3 oder auch im Wachen mit, doch galt als der 
thatsaechliche Helfer der Heiland selbst. Die Heiligen ver- 
mittelten nur zwischen ihm und den Kranken und legten fur 
Letztere Furbitte ein 4 . 

1 Vgl. Usener, Der Heilige Tychon S. 98, 100, der S. 83 ff. das Leben 
des Sophronius eingehender behandelt. 

2 Zusammen abgedruckt bei Migne 87 S. 3373 ff. (aus Mai, Spicilegium 
Romanum 111 p. V ff, IV p. 226 ff.). Kûrzere Berichte, die auf die gleiche 
Qaellenreihe zurùckgehen, ûber das Leben der Heiligen, ihr Maertyrerthum 
zu Alexandria, 15 Wunder, die Translation nach Rom in Acta Sanctorum 
II p. 108 1 ff. (31 Ianuar). Auf andere Relationen weist Migne, 1. c. S. 3377 
hin. Ueber den Inhalt der Schrift vgl. Lucius, a. a. O. S. 262 ff 

3 Deubner sah in seinem grundlegenden Werke De incubatione S. 87 f. 
hierin ein Fortleben heidnischer Incubations- Vorstellungen, Delehaye, Les 
Légendes hagiographiques, 2:te Aufl. S. I73(deutsch: Die hagiographischen 
Legenden S. 152) dagegen nur vereinzette Faelle. Soweit die Quellen Schlusse 
gestatten, hat hier zwar eine regelrecht durchgefiihrte Organisation der 
Traumheilungen nicht bestanden, dièse Art der Heilung aber, entsprechend 
der Gesammtauffassung des Alterthumes, einen sehr grossen Umfang einge- 
nommen. 

4 Vgl. Lumbroso, L'Egitto dei Greci e dei Romani, 2:te Aufl S. 147 ff. 



9 6 



Nicht lange, nachdem Sophronius geschrieben hatte, 
drangen die Araber in Aegypten ein. Der Kult der beiden 
Heiligen hoerte damit im Kreise der Christenheit nicht auf. 
Er fand eine Staette in Rom und behauptet eine Inschrift 
ùber einer Thûre der Kirche Santa Passera auf dem rechten 
Tiber-Ufer gegeniiber S. Paolo «Corpora sancta Cyri iacent 
(andere Lesung: renitent) hic atque Ioannis, quae quondam 
Romae dédit Alexandria magna» 1 . Auch in anderen Kirchen 
Roms fand ihre Verehrung und besonders die des Cyrus, der 
als abba Cyrus 2 oder als Abbacirus 3 (lpp« Kûpoç) bezeichnet 
zu werden pflegt, im frùhen Mittelalter Aufnahme. In den 
roemischen Heiligenverzeichnissen spielen beide Maenner 
freilich keine weitere Rolle. Nur ganz vereinzelt findet sich 4 
einmal unter VIII Kal. Aprilis die Bemerkung: «Romae Cyri 
Martyris.» 

Duchesne 5 hat die Angabe der eben erwaehnten latei- 
nischen metrischen Inschrift als richtig angenommen und es 
fur sehr wahrscheinlich erklaert, dass das Heiligthum von 
Abukir bei dem Herannahen der Sarazenen verlassen wurde 
und dass die Moenche mit ihren Reliquien von dort entflohen. 
Demgegenuber scheint es mir, dass man auf die Behauptung 
der Inschrift kein allzu grosses Gewicht legen kann, um so 
weniger, als dieselbe von vorn herein als Herkunftsort der 

auf Grund von Sophronius) und die ubersichtliche Zusammenstellung der 
Heilungsarten bei Deubner, a. a. O. S. 80 ff., der in Cyrus und Iohannes 
Doppelgaenger des Cosmas und Damian sieht. 

1 Aus diescm Ruhen der Koerper zu Rom ist, wie die Acta Sanctorum. 
Ianuar II p. 1081 erwaehnen, mehrfach der irrige Schluss gezogen worden, 
die Toedtung der Heiligen habe zu Rom stattgefunden. 

2 z. B. Liber Pontificalis ed. Duchesne (Bibl. des Écoles Françaises. 
2 Ser. III) IL S. 25, 32. 

3 a. a. O. II S. 75. 

4 Urbain, Ein Martyrologium der christlichen Gemeinde zu Rom am 
Anfang des V Iahrhunderts (Gebhardt und Harnack, Texte und Untersuchungen 
XXI. 3 [N. F. VI. 3]) S. ,35. 

6 Le Sanctuaire d'Aboukir in Bull. Soc. Archéol. d'Alexandrie. Nouv. 
Ser. III. S. 13. 



97 



heiligen Koerper Alexandrien angiebt und nicht ihre wahre 
Heimath Menuthis, den Ort, den sie in der Christenheit 
beruhmt gemacht hatten. Die Angabe ist demnach min- 
destens ungenau. Sie steht denn auch zweifelsohne in 
Zusammenhang mit einer Translations-Légende, vvelche 
sich vollstaendig nebst einer Schilderung der feierlichen Ein- 
fùhrung der heiligen Gebeine durch den Pabst und die 
Moenche in die Kirche Santa Passera bei Aringhi 1 findet 
und deren Beginn auch Mai 2 abgedruckt hat. 

Letzterer bemerkt dabei, der Bericht, welcher die Trans- 
lation unter Honorius und Arcadius verlegt, widerspreche 
sich selbst in den Datenangaben, nenne einen falschen 
Pabst, mâche sonstige sachliche Fehler, lasse vor allem die 
Ueberfùhrung in einer Zeit stattfinden, in welcher die Heili- 
gen, wie die Wundererzaehlungen des Sophronius zeigen, 
noch Iahrhunderte lang in Menuthis verblieben. Trotzdem 
will er den Bericht nicht voellig fallen lassen und vermuthet, 
es habe doch eine Translation stattgefunden, welche in das j:te 
Iahrhundert, nach die Einnahme von Alexandrien durch die 
Araber, zu set zen sei. Dieser Ausweg erscheint nicht unbedenk- 
lich. Bei ihm bleibt die fehlerhafte Angabe der Herkunft aus der 
Civitas Alexandriae unerklaert. Man kann nicht annehmen, 
damit solle die Umgegend der Stadt bezeichnet werden, da 
es ausdrucklich heisst, die Moenche Grimaldus und Arnulphus 
seien durch einen sich dreimal wiederholenden Traum ermahnt 
worden, die Reliquien nach Rom zu bringen, da die Barbaren 
vorhatten, sie nach der Einnahme von Alexandrien zu ver- 
brennen. Die Moenche seien dem Befehle gefolgt und 
haetten fur ihre Fahrt den Umweg ùber Konstantinopel ge- 

1 Roma subterranea I (Rom. 1659) S. 221 f., der die Heiligen als Abba 
Cyrus und Ioannes auffûhrt. Martinello, Roma ex Ethnica sacra (Rom. 
1653) S. 287 f., der die Translations-Erzaehlung kennt, nennt sie Cyrus oder 
Abbacyrus und Ioannes. 

2 Spicilegium Romanum III p. X, abgedruckt bei Migne, Patrologia Graeca 
78 S. 3375. 



waehlt. Die Begrùndung der Aufforderung an die Moenche 
hat nur dann einen zutreffendên Sinn, wenn sie an die Stadt 
Alexandrien denkt; das freigelegene Heiligthum zu Menuthis 
haetten die Araber auch ohne die Einnahme der Stadt ohne 
Weiteres zerstoeren koennen. Ferner entspricht es nicht 
den Zeitverhaeltnissen, wenn die Moenche bei der Annaeherung 
der Araber fliehen mùssen. Dièse kamen bei der Eroberung 
Aegyptens als Gegner der byzantinischen Herrn des Landes, 
nicht aber als Feinde der aegyptischen Christen. Eine Be- 
laestigung und Verfolgung der Christen ist im Nilthale erst 
vveit spaeter eingetreten. Auffallend ist endlich, dass, wie 
auch Mai 1 erwaehnt, ein Schriftsteller des I2:ter Iahrhunderts 
die Translation der Koerper der Heiligen nicht kennt. ^ 

Unter diesen Umstaenden erscheint es, wenn man das 
Vorhandensein von Koerperresten der beiden Heiligen in der 
genannten roemischen Kirche als eine Thatsache annimmt, 
weit wahrscheinlicher, dass man es nicht mit den vollstaen- 
digen Koerpern derselben zu thun hat, sondern nur mit 
Theilreliquien, 2 welche naturgemaess zu den verschiedensten 
Zeiten hierher gelangt sein koennen. Das Bestreben Theil- 
reliquien zu besitzen, hat sich in der christlichen Kirche 
bereits sehr frùhe entwickelt und hat weite Verbreitung ge- 
funden 3 . So wird beispielsweise in einer alten Heiligenvita 
berichtet: Als der heilige Tychon gestorben war, da seien 
«Aile zu ihm wie Adler zum Aas zusammen gefùhrt worden» 
und haetten gehofft «ihn zu zerreissen und wenigstens ein 
kleines Theilchen, das den Werth des Ganzen gehabt haben 
wiirde», mit sich nehmen zu koennen. Glùcklîcherweise habe 



1 bei Migne 78 S. 3377. 

2 Ein Theil der Reliquien des Cyrus wurde spaeter in die Mtchael- 
kirche zu Mùnchen ùberfûhrt (Acta Sanctorum. Ianuar II p. 1083, die auf 
einen Brief des Pabstes Clemens VIII von 7 Febr. 1629 verweisen). 

3 Vgl. Usener, Der Heilige Theodosius S. 97, 188. 



99 



die Wachsamkeit der Geistlichkeit dièse Zerstùckelung zu 
verhindern vermocht 1 . 

Die Annahme des Vorhandenseins nur solcher Theil- 
reliquien in der roemischen Kirche erscheint um so empfeh- 
lenswerther als daneben auch andere Staetten als Ruheplaetze 
des Cyrus und Iohannes angegeben werden. So gilt als 
solcher die Chiesa nuova, d. h. die 1584 erbaute, mit Fresken 
u. a. von dem 1657 — 1747 lebenden neapolitaner Maler Soli- 
mena ausgeschmùckte Kirche Gesù Nuovo in Neapel 2 . Ein 
drittes Grab wurde in Palaestina gezeigt und bemerkt der 
am Anfange des neunten Iahrhunderts schreibende Epiphanios 
von Hagiopolis 3 , etwa 6 Milien noerdlich von Iericho liège 
Edessa, dort ruhten Kyros und Ioanes. Wenn die topo- 
graphische Angabe auch fur das bekannte Edessa 4 nicht 
passt, so zeigt die Stelle doch auf aile Faelle, dass man im 
frùhen Mittelalter ein Grab der Heiligen ausserhalb Aegyp- 
tens auf asiatischem Boden suchte. Man waere damit in 
Widerspruch zu den sonstigen Versionen getreten, falls man 
nicht auch hier an Theilreliquien zu denken haben wird. 

Unter dem Namen Abukir erscheint der Heilige in dem 
Koptischen Synaxar 5 . Nach diesem war Abukir ein from- 



1 Iohannes Eleemon (gest. 617) bei Usener, Der Heilige Tychon S. 
138 f-, 10. 

2 Wessely, Iconographie S. 127 erwaehnt eine auch im Stîch ver- 
breitete Darstellung des Maertyrers, Arzts und Eremiten Cirus, in der er von 
Kranken umgeben erscheint, waehrend ihm ein Engel einen Kranz und die 
Palme bringt. 

3 bei Migne, Patrologia Graeca 120 S. 269. 

4 In dem von Delehaye herausgegebenen Synaxarium der Kirche von 
Konstantinopel (Propylaeum ad Acta Sanctorum Novembris; Delehaye Synaxa- 
rium Ecclesiae Constantinopolitanae S. 434 f,) wird angegeben, dass der Arzt Cy- 
rus aus Alexandrîen, Iohannes aus Edessa stammte, der Ort des unter Diocletian 
erfolgten Martyriums sei Alexandrien gewesen. Die gleichen Herkunftsorte 
nennen auch die Acta» Sanctorum Ianuar. II p. 1081 ff. 

5 arabisch in Corpus Scriptorum Christianorum Orientalium. Scriptores 
Arabici. 3 Ser. 18. Synaxarium Alexandrinum ed. Forget. I; deutsch von 
Wûstenfeld, Synaxarium der Coptischen Christen S. 282 f. unter dem 6:ten 



IOO 

mer Moench, Iohannes ein Soldat in der kaiserlichen Leib- 
wache; beide stammten aus Alexandrien und wohnten in 
Antiochia. Als sie sich vor Diocletian als Christen bekannten, 
wurden sie von dem Kaiser gefragt, woher sie stammten, 
und auf ihre Antwort hin nach Alexandrien geschickt, dort 
vor den Statthalter gefuhrt und auf ihr émeutes Bekenntniss 
zum Christenthume, nachdem sie Andere beim Maertyrertode 
im Glauben gestaerkt hatten, enthauptet. 

An den Heiligen Abukir erinnert in Aegypten noch der 
Name des Ortes Abukir, welcher an der Stelle des alten 
Menuthis und damit des Heiligthumes des Cyrus und Iohannes 
gelegen ist. Die Uebereinstimmung der beiden Namen ist 
bereits von den mittelalterlichen Arabern bemerkt worden 
und hat bei der Zusammenstellung einer eigenartigen Erj 
zaehlung in der Sammlung von Tausend und Einer Nacht 
eine wesentliche Rolle gespielt 1 . Die betreffende Geschichte 
handelt von dem Faerber Abu-Kir und dem Barbier Abu-Sir, 
welche zu Alexandrien auf dem Bazar ihre Buden neben 
einander hatten. Ersterer war ein verworfenes Wesen, ein 
Lùgner und Betrùger, waehrend Letzterer fleissig und gut- 
mùthig war. In geschickter Weise erreichte es Abu-Kir, 
dass sich beide gegenseitig Hùlfe schworen und sich zusam- 
men auf eine Seereise begaben. Auf dieser und nach der 
Ankunft in einer fernen Stadt arbeitete Abu-Sir fleissig und 
sorgte fur den gemeinsamen Unterhalt bis er erkrankte. Der 
Noth gehorchend musste Abu-Kir nunmehr selbst arbeiten 
und gelangte als geschickter Buntfaerber zu grossen Ehren 

Amschir. In griechischen Texten erscheint als Tag des Cyrus und Iohannes 
der erste November, der als allgemeiner Tag der àvdpfopoi galt (Deubner, 
Kosmas und Damian S. 45). 

1 ûbers. Lane, The Arabian Nights Entertainments III. London, 1850. 
S. 400 ff. und Madrus, Le Livre des Mille Nuits et Une Nuit IX S. 7 ff. (Nacht 
487 — 501); ferner in einer kiïrzern Fassung Weil, Tausend und eine Nacht. 
IV (Pforzheim. 1841. Nacht 813—8) S. 293 ff. und IV (Stuttgart. 1872) S. 
167 ff. 



I 01 



u nd Reichthum. Als ihn der wieder genesene Abu-Sir auf- 
suchte, prùgelte er diesen durch und liess ihn heraus werfen. 

Abu-Sir fand bei dem Koenige Unterstùtzung, erbaute 
ein praechtiges Bad, wurde seinerseits ein reicher Mann und 
nahm den Abu-Kir, als dieser zu ihm in das Bad kam, 
freundlich auf. Allein, Abu-Kir verleumdete ihn bei dem 
Koenige, welcher beschloss Abu-Sir zu toedten. Ein Schiffs- 
fiihrer rettete ihn und stellte ihn als Fischer an. Abu-Sir 
fing einen Fisch, der den Zauberring des Koenigs verschluckt 
hatte. Dieser Ring besass die Kraft, dass dem Menschen, 
gegen den man ihn ausstreckte, der Kopf absprang. Abu-Sir 
erkannte dies, als zwei Dienern, denen er den Ring zufaellig 
entgegen hielt, der Kopf abfiel, dann brachte er den Ring 
dem Koenige zurùck und entlarvte den Abu-Kir. Der Koenig 
liess den Boesewicht in einen Sack mit Kalk stecken und in 
das Meer werfen, so dass er ertrank und verbrannte. Nicht 
lange nachher kehrte Abu-Sir nach Alexandrien zurùck, 
wohin gleichzeitig das Meer den Sack mit Abu-Kir anspîilte. 
Abu-Sir liess den Abu-Kir nahe dem Meeresufer begraben, 
errichtete ihm ein Grabmal, fur das er reiche Stiftungen 
weihte. Nach seinem Tode wurde Abu-Sir in der Naehe 
begraben und der Ort hiess daher Abukir und Abusir 1 , wofùr 
man spaeter nur Abukir sagte. 

Dièse Erzaehlung sieht im Gegensatze zu dem groessten 
Theile der arabischen Sagen und Maerchen von Geisterein- 
grifïen ab. Sie sucht unter Verwerthung des Motivs vom 
Ringe des Polycrates in breit phantastisch ausgesponnener 
Weise auf aetiologischem Wege die Entstehung des Wall- 
fahrtsortes von Abu-kir zu erklaeren. Dabei treten ent- 
sprechend den beiden Heiligen zwei hier begrabene Maenner 
auf. Dem in der christlichen Légende ganz zurùcktretenden 

1 Dieser Name mag fur den des Iohannes gewaehlt worden sein in 
Erinnerung an den Namen des Ortes Abusir westlich von Alexandrien, der in 
seinem Klange an den Namen des Ortes Abu-kir erinnerte. 



102 

Iohannes entspricht der edele Abu-Sir, waehrend der Doppel- 
gaenger des Hauptheiligen Cyrus Abu-Kir als schlechter 
Mensch dargestellt wird. Von Einzelzùgen koennte das in 
diesem Zusammenhang wenig nothwendige Abfallen der Koepfe 
der beiden Diener von der Enthauptung der Heiligen ausgehn, 
die Ruckkehr des lebenden Abu-Sir und der todten Abu- 
Kir nach Alexandrien von der im Koptischen Synaxar 
erwaehnten Ueberfuhrung der Heiligen von Antiochia aus, 
u. s. f. 

Wenn sich auch ùber die Zeit der Zusammenstellung der 
arabischen Erzaehlung nichts Genaueres sagen laesst, so er- 
folgte dieselbe doch sicher erst betraechtlich spaeter als die 
Eroberung Aegyptens durch die Araber, in einer Période, in 
welcher das Land bereits voellig von muhammedanischen 
Elementen durchsetzt war. Damais muss demnach der Wall- 
fahrtsort von Abukir noch bekannt genug gewesen sein, um 
das muharnmedanische Volk zu veranlassen an ihn Erzaeh- 
lungen zu knùpfen, und es dabei der Miïhe fur werth zu 
halten, in diesen in einer wenig schmeichelhaften, die christ- 
liche AufFassung parodierenden Weise den Mann, dem hier 
die Verehrung in erster Reihe galt, als faulen und tùckischen 
Schurken hinzustellen. Dièse Thatsache scheint mit Sicher- 
heit zu erweisen, dass das Heiligthum nicht mit der arabischen 
Einwanderung sein Ende gefunden haben kann, sein Ansehn 
in christlichen Kreisen dièse vielmehr geraume Zeit ùber- 
dauert haben muss. 

Die grosse Wichtigkeit, welche der Kirchen-und Graban- 
lage nach dem Berichte des Sophronius beigelegt wurde, 
ihre von diesem geschilderte Grossartigkeit und Reichthùmer, 
die hier vollzogenen Heilungen, die lange Dauer ihres Ansehns 
legen es nahe, in ihr eine Art Gegenstùck zu dem von 
Kaufmann wieder aufgefundenen Menas-Heiligthume in der 
VVùste der Mareotis zu sehen. Alexandrien haette demzu- 
folge im Osten wie im Westen in frûhchristlicher Zeit eine 



io3 

solche Heilstaette besessen. Es wùrde ein lohnendes und 
dankenswerthes Unternehmen sein, wenn sich die Aus- 
graberthaetigkeit dieser zweifelsohne noch im Sande von 
Abukir verborgenen christlichen Ruinenstaette zuwenden 
wollte. 



HENRI GAUTHIER. — Le X e nome de la Haute Egypte ou 
nome Aphroditopolite. (Etude Géographique.) 

Monsieur H. Gauthier poursuivant ses études géogra- 
phiques sur les provinces antiques de l'Egypte vient de pu- 
blier le résultat de ses recherches sur le dixième nome, l'Aphro- 
ditopolite des Grecs x . Ce travail est d'autant plus le bien- 
venu que les découvertes de papyrus faites à Kom Ishgaou 
et à Kom Esfaht au cours des dernières années ont attiré 
l'attention sur cette région jusqu'ici plutôt négligée. Ce dé- 
pouillement consciencieux de textes de toutes les époques et 
de toute nature, avec de nombreuses indications bibliographi- 
ques, groupe les documents et les condense pour la plus 
grande commodité des étudiants. Quant aux conséquences 
que M. Gauthier a tirées de la comparaison des textes, il me 
paraît que la solution donnée à certains problèmes n'est pas 
entièrement satisfaisante et demanderait à être vérifiée; je vais 
signaler ici les points sur lesquels je suis en divergence d'o- 
pinion avec l'auteur de cet utile ouvrage et ajouter mes notes 
à ce recueil de documents. 

M. Gauthier, suivant en cela les indications de Brugsch 

et de Duemichen a considéré v-^rl . *-4r-ï v> ~ ~ comme 

désignant la montagne du nome Aphroditopolite alors qu'en 
réalité nous avons affaire à une signification toute différente. 

Quand | ou -i jj est suivi de TfffF ou de S, il se rapporte 
au X e nome ou à son chef-lieu; mais avec des déterminatif: 



1 H. Gauthier. Le X e nome de la Haute Egypte, dans le Recueil de 
Travaux, T. XXXV (1913). 



autres, tels que les blocs de pierre ou les montagnes, il n'est 
plus question que du désert en général, sans localisation pré- 
cise. Deux exemples tirés de textes que j'ai publiés autre- 
fois ne laissent subsister aucun doute à cet égard. 

L'hymne à Khnoum du temple d'Esneh 1 débute par un 
récit de la création du monde dont certains points peuvent 
être rapprochés du récit biblique. Khnoum commence par 
donner une forme à la matière, puis il sépare la terre du 
ciel et donne à l'Egypte (la terre) sa configuration. Il pro- 
duit ensuite la lumière, et crée enfin l'homme ainsi que tout 
ce qui est nécessaire pour sa subsistance, animaux ou végétaux ; 

H ç - » ^ AAAAAA 

mais le premier terme de cette oeuvre ultime est | ' 

que j'ai traduit «il a séparé les deux plaines». 

Le sens véritable est «il a écarté les deux lisières du désert» 
pour laisser place au sol fertile de la vallée. On sait qu'en 
Egypte un seul mot J»*â» désigne à la fois le désert et la 
montagne; tout ce qui n'est pas la plaine, constituée par les 
dépots de limon nilotique, est aride, une dénivellation de 
quelques centimètres suffit à trancher d'une façon absolument 
nette le sol arable du désert improductif; les uezui sont ces 
deux bandes arides qui bordent le vallée. De toute évidence 
il ne peut y avoir dans la phrase ci-dessus la moindre allu- 
sion aux montagnes du X e nome; il en est de même dans 
le second exemple tiré de l'inscription hiératique du temple 
de Louxor relative à une inondation à Thèbes sous le règne 

d'Osorkon III 2 . A la deuxième ligne on lit: 0 ^ Jj y C ^Y^ 



^ ^) □© ^ ^- *I-'eau était montée (couvrant) 



1 Recueil de Travaux. T. XXVII, p. 84. 

2 Recueil de Travaux. T. XVII, p. 181. 



i o6 

cette terre jusqu'à ses extrémités, elle avait envahi les deux 
rives comme la première fois», ou mieux «elle avait envahi 
les lisières du désert». On pourrait à ce sujet féliciter les 
Egyptiens de leurs connaissances géologiques, car dire que 
le fleuve sortait de son domaine comme aux premiers âges 
c'est montrer qu'on attribuait à l'action de l'eau le creuse- 
ment de la vallée du Nil. 

C'est là je pense la signification propre de ce mot, mais 

souvent, et aux basses époques spécialement, I ^ fut pris 
dans un sens plus étendu et désigna tout le désert, les mon- 
tagnes voisines du Nil. Comment se fait-il que les Egyptiens 

aient désigné le par un mot dont la racine est J 

«vert» ? J'ai déjà eu occasion de signaler qu'à mon avis nez 
ne veut pas toujours dire vert pour nous 1 , et qu'une imper, 
fection dans le sens d'appréciation des couleurs leur faisait 
désigner par le même mot uez des teintes tirant sur le rouge 
ou le rose. C'est encore à cause de ce daltonisme que le 
désert qui est plutôt jaunâtre ou brun aurait été appellé 
«verdâtre»; on ne doit pas oublier que la déesse du nord 

1 (j Ij est caractérisée par une tête de lionne, type des ani- 

i ^ ESI 

maux à robe fauve comme leur habitat; par suite -\ — ^| ^ 

équivaudrait aux «terrains fauves». 

Dans ces conditions il y a lieu de suspendre la décision 

sur la signification du nom t-^pf du X e nome. Au lieu d'être 



la province du sceptre | ce pourrait être celle de l'animal fauve, 
de Typhon qu'Horus tua près. d'Antseopolis. Les documents 
que nous possédons sont si peu concordants quant à l'ortho- 



1 Litanies d'Amon, dans le Recueil de Travaux, t. XXXII. Les fellahs 
ne sont pas beaucoup plus avancés, car pour eux un âne gris est vert 



ou bleu 



if) 



107 

graphe et de date si récente par rapport aux âges reculés 
dans lesquels se créèrent les principales fictions mythologiques 
et dénominations géographiques qu'il y a quelque danger à 
vouloir préciser l'étymologie du nom de la province. 

Mon explication est donc toute différente de celle de 

Duemichen qui voyait dans <iIT| ^ les montagnes dépen- 
dant du X e nome et rattachait par suite à cette région toutes 
les mentions de carrières situées dans les uezit. Or si les 
carrières du Gebel Haridi dépendent du nome Panopolite, il 
n'y a dans la chaîne arabique dans cette zone que des ex- 
ploitations de calcaire pour l'usage local; d'autre part s'il est 
vrai qu'à la hauteur d'Aphroditopolis on trouve dans le voi- 
sinage de la Mer Rouge des pierres rares ou précieuses, l'ab- 
sence de route directe empêchait de les apporter par voie 
d'Antaeopolis, et leur transport ne pouvait s'effectuer qu'en 
suivant les vallées qui convergent vers Qeneh et vers Assiout. 
Le X e nome ne peut donc être considéré comme un district, 
minier. Pour ces diverses raisons il me paraît nécessaire de 
supprimer plusieurs des citations faites par M. Gauthier 1 . 

P. 5. 9. Le 55 qui suit dans la publication de M. 

ITÏÏÏÏ1 

Naville ne serait-il pas une erreur de copie pour ? Te ne 
me rends pas compte de l'utilité de faire venir les Aphro- 
ditopolitains pour assister au transport des obélisques, tandis 
qu'il est tout naturel que les populations de la région entre 
Eléphantine et Thèbes se soient groupées sur les berges 



pour contempler 



la flotte. 



P. 5. 10. Il y a doute sur le sens à attribuer à • 



1 Je cite les pages d'après le tirage à part de l'étude de M.Gauthier. 
Les pages 1 à 26 correspondent aux pages 1 à 26 du vol. XXXV du Recueil 
de Travaux, la fin aux pages 162 à 192 du même tome. 



ioS 



Pour moi le proscynème ne s'adresse pas à tous les dieux 
et toutes les déesses du nome Aphroditopolite, mais à ceux 

de la montagne. fl jj èfj qui a suivi Thotmès dans 

ses expéditions lointaines et a dû parfois souffrir de la cha- 
leur, de la faim et de la soif, prie les divinités des déserts 
qu'il a traversés de le laisser revenir prendre le frais et boire 
au bord du Nil terrestre ou céleste. 

P. 6. il. La hauteur des murs de la salle hypostyle 
de Karnak est comparée à celle des montagnes qui bordent 
l'Egypte, mais sans rien de plus. 

P. 7. Les trois citations 20, 21, 22 se rapportent au 
désert et non à la région d'Aphroditopolis. Ce sont des 
dons de pierres précieuses de toutes provenances et non- d'une 
zone déterminée. 

P. 7. 24. La lecture x est-elle bien certaine? 



la finale ne serait-elle pas^? On sait que le temple d Edfou 
est construit en grès, or dans les environs d'Antseopolis on 
ne trouve que du calcaire. Cela me pousse à suggérer cette 
modification dans le texte, entraînant celle de la traduction. 

P. 7. 27. Comprendre «pierres des montagnes» • 
P. 8. 28. Le parallélisme de xv _ _ et de v-^r-f 

1 /wwv\ vv I ^-^ 1 Y V I — I 

montre encore le sens général de ueziri. La persistance d'em- 
ploi des blocs de pierre comme déterminatif tendrait à faire 
croire qu'une idée de «gisement, massif exploitable», était 
attachée à ce mot, tandis que menti est l'expression géogra- 
phique. Tels sont les exemples cités par M. Gauthier qu'il 
faut retrancher de la liste par suite de la confusion faite entre le 
nome et le désert, d'autres sont à rayer pour des motifs différents. 

P. 4. I. Il est bien improbable qu'il s'agisse d'Aphro- 
ditopolis dans ce passage des textes des Pyramides (v. 



iog 

aussi Tombeau de Horhotep, 1. 66 ^ f ^ans 

Maspero, Trois années de fouilles p. 141) où l'on parle du 
taureau d'Héliopolis. 

P. 7. n° 26. La ville c," 1 -^) & mentionnée sur un bloc 



à Erment n'est pas Aphroditopolis. La déesse t =^= > ^ ^, ne 
se trouve guère que dans la région d'Hermonthis ; le groupe 
des trois serpents a parfois aux basses époques la valeur 



q est peut-être «la demeure de 
Bachîs», le taureau sacré: une inscription de Toud cite ggg* 
, si bien qu'il y a toutes probabilités pour que 



ce soit Hermonthis qu'on désigne ici sous différents noms. 

En continuant la lecture de l'étude de M. Gauthier j'ai 
trouvé certains passages donnant lieu à des observations di- 
verses. 

P. 10 et 14. La liste des mentions des deux dieux et 
de la ville des sandales n'est bien entendu pas complète. 

Dans Pierret, Etudes égyptologiques, p. 63, on trouve (j (j ^ 
S ^ ^ © qui est évidemment à corriger en] ] ^ ^ ^ 

^ S © " Comme ce passage du papyrus du Louvre (V. 
12 ou E. 3148) est copié sur le livre «Que mon nom fleu- 
risse», la variante |j ^ ^ au lieu de ^-^f ^ ® 9 ue portent 
les autres éditions est intéressante. Il me reste cependant 
un doute sur l'identité de ffl ffl ^ et ^-^-l* @- Le papyrus 
Golénischeff indique séparément ces deux villes et je ne vois 
pas d'autres exemples dans ce document précieux d'une loca- 
lité mentionnée sous plusieurs noms. Si l'on arrive à recon- 
naître que ce sont deux localités différentes, v parais- 

Sphinx XVIII, 3. 9 



I IO 



sant bien correspondre à Aphroditopolis — Kom Ishgaou, la 
«ville des sandales» serait plus au sud, probablement à Tahta, 
centre important de la région, qui est encore le chef-lieu d'un 
district. 

Le morcellement à l'époque romaine de l'ancien dixième 
nome en trois districts: Aphroditopolis, Antaeopolite et Apollo- 
nopolite est un fait maintenant bien démontré, mais le nom 
égyptien de ces trois provinces nous est inconnu. M. Gauthier 

semble croire que ^ itfcfcfc a primitivement désigné la zone 
de la rive droite et qu'on a ensuite étendu cette désignation 
à tout le X e nome; or c'eut été l'occasion lors de la déclara- 
tion d'autonomie d'Antaeopolis de reprendre cette dénomina- 
tion exclusivement pour la section orientale si elle lui avait 
appartenu primitivement. Les textes indiquent le contraire: 

^ 3EEEE ou ±ttfcb est toujours en rapport avec 

© et d © ' m ^ me ^ ans ^ es inscriptions datant de l'époque 
où le nome Antaeopolite était libre. Le «terrain des deux 
dieux» doit donc s'entendre uniquement de la partie du nome 
Aphroditopolite située sur la rive gauche. Il y aurait lieu 

aussi de rechercher si par cette dénomination de ^j^^^ les 

Egyptiens n'entendaient pas parler d'Horus seul. Après la 
mort de Set, tué à Antaeopolis. Horus devient seul maître 
de toute l'Egypte, comme le dit le texte d'Edfou reproduit 

dans le Dictionnaire géographique de Brugsch, p. 1384, 

-fc^ r^j q o (J a r? N ><^ «Horus d or c'est em- 



paré du trône des deux seigneurs et a réuni les deux parties 
(de l'Egypte)», il est donc doublement dieu ou seigneur et c'est 
ce que voudrait exprimer ce mot au duel. Tout ceci demande 
un supplément d'information avant d'être admis comme 
certain. 



P. 16. 4. Le jg^ q du tombeau de Mentou-her- 



khopech-f ne serait-il pas à rapprocher de ^ qui, 

d'après Brugsch désignerait Khargeh dans l'oasis? 

Pour le ^ q je soupçonne une ou plusieurs erreurs 
des scribes. Duemichen, Geogr. Inschr. IIL pl. LXXVII, re- 
produit un texte d'Edfou où ^ ^ y f| ^ ^ ^ 

^ est mis en rapport avec _F ( ; Brugsch dans son Dic- 



tionnaire Géographique p. 1391 donne une autre inscription 
d'Edfou où cette fois c'est à propos du nome de Tentyris 

qu on parle de fs, , Les deux mentions ont 

ûO Cl AAAAAA ^TT—ir 

évidemment un source commune, mais une confusion entre 4^ 

et ° l ~ S=: ^ a fait attribuer cette déesse et son sanctuaire à deux 
provinces différentes. Si l'on parvient, à établir que cette 

Sit-ra, c'est à dire ^ ou ~ était bien adorée dans le 
X e nome, ne pourrait-on localiser cette terre de Toum à Tema, 
chef-lieu actuel du district dans lequel est situé Kom Ishgaou. 
Si la déesse est à restituer au VI e nome, to-11-tum peut n'être 

qu'une erreur graphique pour^j^^©» nom de la ville de 
Dendérah. 

P. 18. Une citation géographique a échappé à M. Gau- 
thier. Dans le Recueil de Travaux, T. XI p. 96, M. Golénischeff 
a donné dans une lettre à M. Maspero sur trois petites trou- 
vailles égyptologiques des inscriptions copiées sur des blocs 

d'un temple découvert à Tahta. On y parle de ^ j^J 

n 1 ^) ^\ © e ^ nous P our rions avoir là un des noms de cette 
ville qui est acuellement la plus importante de la région. 

P. 19. 4. Je ne suis pas d'avis que a jg^ A ^ (j {j ^ 



o ^ ^ etc. soient des formes anciennes de Crû 
Antaeopolis; le mot est trop important pour avoir été 
omis et l'étymologie du nom remonte effectivement à la mon- 
tagne élevée, abrupte, qui domine au nord le site de la ville, 

A l| (j Y figure comme terme topographique au papyrus 
Wilbour-Hood et a été traduit «tertre» par M. Maspero; c'est 
l'équivalent du ^yS arabe et il devait exister quantité de bour- 
gades de ce nom. Ne serait-ce pas une forme semblable à 

J'Y"! A l| (j © Aphroditopolis-butte qui aurait donné 
naissance à ^rwot et ryi^!, puis par pléonasme j*sLï\+y , tout 
comme £=3 ^ ^ est devenu tkcoot et jL3. 

P. 21. 4. Le mentionné sur un autel de Turin 

ne peut être Antseopolis. Cet autel provient du Delta et 
probablement d'Athribis; Nectanébo I fait offrande aux divi- 
nités des localités situées aux quatre points cardinaux par 
rapport au temple; or Hat-reshep étant portée comme étant 
à l'est, on ne peut songer à la mettre en Haute Egypte. 

P. 25. 2°. b. Dans l'inscription de la statue rapportée 
d'Aboutig, il y a lieu de rectifier la restitution que j'avais 
faite du nom d'Amon au commencement du proscynème 

gravé devant les pieds. On lit en effet à la suite ^ ^ ^ 

111 ^™ D ' par conséc l uent ^ s ' a g il: d'une déesse. A la se- 
conde ligne, où j'ai publié il y a en réalité c^jpf* 

P. 27. Il aurait été bon de rappeler qu'il a existé deux 
AnUeopolis. La plus importante est celle qui nous occupe, 
mais Létopolis, capitale du II e nome de la Basse Egypte s'est 
aussi nommée Antseopolis (Géographie de Ptolémée, Table 
Théodosienne, Liste copte des évêchés), et le départ n est 
pas fait des monnaies à attribuer à l'un ou l'autre de ces 
nomes. 



113 

P. 31. i°. La liste des Evêchés ne donne pas Gaou 
comme identique à Aboutig. Plusieurs listes coptes (citées p. 
32) montrent que Gaou a été ruinée ytp* de bonne heure ; 
l'évêché dont elle était le siège fut alors transféré à Aboutig, 
d'où la double mention ^«Tev = Médinet Qaou et Aboutig. 
Ce que nous ignorons c'est si la ruine provient d'événements 
politiques, ou de faits physiques. On sait en effet que la 
ville antique de Gaou était située plus à l'ouest que la Gaou 
el Kébir actuelle et au bord du Nil, si bien que dès le temps 
de V Expédition française (cfr. Description de l'Egypte, T. IV 
p. 80 et Villiers du Terrage, Journal et Souvenirs, p. 216) on 
pouvait prévoir la disparition du temple et des ruines d'An- 
taeopolis par suite des attaques du fleuve, destruction qui fut 
achevée en 1823; mais peut-être au moyen-âge une partie 
de la ville avait-elle déjà été emportée par les crues du Nil. 

P- S3« 9« J e cr °is q ue Muthi de l'Itinéraire d'Antonin 
n'était pas compris dans le nome Antaeopolite. Les divisions 
territoriales ont gardé plus qu'on ne pense les mêmes tracés 
qu'aux époques anciennes. Jusqu'en 1890 la limite des mou- 
diriehs d'Assiout et de Girgeh se trouvait juste à la montagne 
bordant au nord la plaine de Gaou, si bien qu'El Himamieh 
était déjà dans la province d'Assiout, Gaou étant dans celle 
de Girgeh. Or la distance de 8 milles au nord d'Anteu fixée 
par l'Itinéraire nous montre l'emplacement de Muthi à EPEqal 
qiblieh ou Bayadieh, villages près desquels existent des tom- 
bes et des carrières creusées dans la montagne, au nord d'El 
Himamieh. Muthi me semble donc avoir dépendu du nome 

de^ et son nom pourrait dériver de *| (j ^ j^, 

(J (j ^ ou — ^ 1 v nom d'une Isis spéciale à ce nome. 

Monsieur Gauthier n'a peut-être pas tiré tout le parti possible 
des listes géographiques nous donnant un état des villes à 
l'époque pharaonique, vers la XX e dynastie. Le papyrus 



114 



Golénischeff après ^ nui®, placée par hypothèse à 
EPAgagieh, et un nom détruit, sauf ©, nous donne L j J ^ 

^ WWW n ^ 

® J) I est un terme géographique qui dans le papyrus 
Wilbour-Hood a été traduit «plaine, pays plat» par Maspero 

et Brugsch. (j ]ïlï[ est la même mot que t=i JVTflî 

/îïj' ^) B^I que Brugsch (supplément au Dictionnaire, 
p. 20) a traduit «hund, schakal, hollenhund». Mais le déter- 
minatif n'est pas un chacal, c'est l'animal typhonien et par 
suite on ne peut se fier à sa forme pour savoir quel quadru- 
pède était ainsi appelé. Or je crois que nous avons ici la 
forme exacte de euj^ir, euju) qui désigne en copte le pourceau 
et le sanglier, et le chapitre 112 du Livre des Morts nous 

dit bien que Set avait pris la forme d'un porc 1 flîflî (j 

'^^ JlTiX (| ^ ^\ La localisation de cette «demeure 
de la plaine du pourceau» dépendra de ce qui sera décidé 

pour $ $ ^ © et ©. Si ces deux noms correspondent 
à une même ville, nous pouvons avoir cette demeure sur la 
rive droite, et ce serait alors le nom vulgaire ancien d'An- 
taeopolis ou d'une bourgade voisine. Si nous avons affaire 
à deux endroits distincts, cette demeure serait plus au sud 
que Tahta et par suite sur la rive gauche, puisqu'à l'est le 
Gebel Sheikh Haridi vient jusqu'en bordure du Nil. Nous 
sommes alors au milieu d'une 'des plus vastes plaines 5 Iao7U£Sov 
de l'Egypte, dont l'Itinéraire d'Antonin a fait par abréviation 
Hisopis. Mesurées sur la carte les indications milliaires nous 



1 Dans les Nouvelles notes géographiques sur le nome Panopolite. T. 
X p. 104 du Bulletin de l'Institut Français, ou page 16 du tirage à part, M. 
Gauthier en parle sans déterminer son emplacement. 



115 

conduisent vers Maragha, dont la signification «prairie» est 
encore quelque peu en rapport avec celle de Nekhebu-Hisopis. 
Peut-être cette demeure n'était pas à Maragha même, mais 
dans le voisinage, par exemple à Banaouit ou existent les 
restes d'un temple ptolémaïque. 

Les inscriptions mentionnent le culte de Maut dans une 
ou plusieurs localités situées au nord d'Aphroditopolis et qui 

offrent cette particularité d'avoir jb^ ZS comme premier élé- 

M <*fl A/WWV 

ment de leur nom: & jjj^ ^ ® ( Pa Py rus Goléni- 

scheff) J| ^ (Hymne de RamsèsIII à Karnak 1 ) ) ^~ 

-J-û © ^ v^|* (Temple de Médinet Habou), sur la sta- 
tue d'Aboutig on peut restituer le nom de Maut et le der- 



nier signe étant mutilé lire ^ ffi ^ S ou ^ ZS 
^7, £=-jp^ Pétrie, Abydos I. pl. 75). Quelle que soit la 
forme définitive, Mâgen ou Mâgub, je considère qu'il est ques- 
tion de la même ville dans les cinq cas, ce qui annonce une cité 
de quelque importance; comme à l'époque romaine on a cru 
nécessaire de distraire du nome Aphroditopolite la partie 
nord pour en former une province spéciale, Heptacomias, 
avec Apollonopolis pour capitale, sans pouvoir apporter ac- 
tuellement aucune preuve du fait j'ai néanmoins l'intuition 
que Mâgen ou Mâgub est le nom antique de cette Apollono- 
polis = ciie^T — Kom Esfaht. 

La Hp J (j (j ^ qui suit sur le papyrus Golénischeff est 

en connexion avec J [j (j ^ I T I du teXte de Karnak > 

mais je crois que nous ne sommes plus sur le territoire du 
X e nome. Si nous restons sur la rive gauche nous arrivons 
dans les parages d'Aboutig, donc dans le nome Hypsélite, 
si nous avons franchi le fleuve pour aller à Bouit nous péné- 

1 Duemichen, Recueil de Monuments, T. III pl. XCÎII. 



n6 



trons dans le nome de 



Quant à 



de 



elle est évidemment la même que Hathor de ^ 



-Wvnaa 



des sarcophages d'Assiout du Moyen Empire, qui va de pair 
<==> A c± 

avec Anubis de , ce qui nous mène vers Dronkah. 

L'hymne de Karnak 1 contient quatre noms géographiques 
pouvant se rapporter au X e nome; après (j 9-.^ Panopolis il 

dit en effet: 





- 


I an e 





n 
^ I 



vient Uezit maîtresse des Debennu que j'ai citée plus haut. 

I î o©t est Aphroditopolis, capitale du nome. Pour fixer 
l'emplacement de 42o 2 nous avons l'aide des sarcophages 
trouvés à Abydos et actuellement au musée du Caire. 3 L'un 

d'eux est au nom de jj 1 ^ ^""^ $ 



fils de 



autre a jl 



1 Duemichen, Recueil de Monuments T. III pl. XCIII. 

2 La forme du poisson est indécise dans la copie de Duemichen, elle 
est bien nette sur les sarcophages : c'est le Iépidote, emblème de la déesse 
Méhit, avec une épine sur le dos, type qui manque à l'imprimerie. 

3 Publiés dans Pétrie, Abydos I. 75; cités par Spiegelberg dans Zeit- 
schrift 1907 p. 133. 11 est assez difficile de concevoir pour quel motif tout 
un groupe de cercueils d'une famille d'Anteeopolis a été transporté à Abydos 



dans l'antiquité. Sur le sarcophage de Pa-du-ni-ast au lieu de 




îCV je lirai plutôt fi ri amam 




, . . . ^ |^ ^ ^ | ,:r =^ 3 ' | Q ^ V ^** ^ es deux frères por- 
tent des titres sans doute honorifiques, se rapportant à des 
cultes différents: ^ ^ 5 S est ^ e ^ tre ^es Patres ^ e Lyco- 
polis, r:: ^ 7 appartient à ceux du nome de ; est 

le second prêtre d'Hypselis; les autres titres ne figurent pas 
dans la liste de Dendérah, mais la fonction de «comptable 
du temple de la demeure de la Maîtresse d'Uezit» devait être 
réelle et exiger la présence du personnage. Il a donc dû 
faire creuser le tombeau de famille près de la ville où il vi- 
vait, et par suite <0< serait le nom d'Antaeopolis-Gaou. 
On peut seulement s'étonner de la diversité des sens attribués 
au nom de la ville, puisqu'ici on lui donne un nom de poisson 
comme étymologie, tandis que sur un autre sarcophage (celui 
publié par M. Lefebvre, Annales T. XII) le déterminatif \fy 
marque que Ton pensait à un végétal Antaeopolis s'appelait 
donc Uezit comme Aphroditopolis; il n'y aurait rien d'im- 
possible à ce que l'orthographe des listes de basse épo- 
que, au lieu de | , alors que les deux rives du Nil avaient 

leur administation distincte, ne soit un artifice pour marquer 
la dualité du nome et l'identité des noms des deux chefs- 
lieux, les deux Uezit. 

Le sarcophage publié par M. Lefebvre indique que C^) A 

^ était le nom de la nécropole d' Antaeopolis ^; pour 

éviter la confusion avec Aphroditopolis @ on dut prendre 



l'habitude d'ajouter ce terme et ]| © P ar res ^ er seul 
pour désigner Antaeopolis, la tkioott des Coptes. 



Le nom p ^ @ est trop mutilé pour qu'on essaye de 
l'identifier. Il n'y a que dans le cas, qui me semble peu 

probable où ^„ ir ^ serait à attribuer au X e nome, que je 

proposerais d'y voir un reste de ce nom, localisé à Tema. 

P- 53- J e ne vo ^ s P as de motif sérieux pour identifier 
le Silili de la Notifia dignitatum avec la Selino de F Itinéraire 
d* Antonin et il est infiniment probable que nous n'avons là 
qu'une erreur de copistes pour Silsilis. Selino étant à mi- 
chemin entre Antaeopolis et Panopolis devait se trouver au 
sud du Gebel Haridi, dans le IX e nome, dans les parages de 
Galaouieh et Rayaïneh où existent en effet des koms et des 
tombes. Quant à l'identification de cette «ville du persil» 
SéXtvov avec une Silin arabe qui se trouverait en face de 
Nekhileh et Aboutig, il faut l'abandonner pour la bonne raison 
que cette Silin n'a jamais existé: c'est une erreur de d' An- 
ville qui a porté ce nom sur sa carte au lieu de Sahel Sélim 
(v. Sonnini, Voyage, pl. 38). 

Passalos étant noté par Ptolémée comme faisant partie 
du nome Antaeopolite ne peut être Selino. Les indications 
de position la mettent au sud-ouest de sa métropole, il y a 
donc toutes probabilités pour qu'elle ait été près de Khazin- 
darieh, où des buttes existent encore sur le versant nord du 
Gebel Haridi. Le nom égyptien de cette cité ne nous est 
pas encore connu; le grec ïlàaaaXoç «pieu, poteau» est sans 
doute en rapport avec quelque particularité du culte local: 

il est possible que □ Y mentionné dans le sarcophage 
Lefebvre ait été l'emblème sacré de l'Horus du lieu, ayant 

des prophètes ^ | et des mainteneurs J "f ^\ ^ (sarco- 
phage d'Hor-uza). 



Avant de terminer ces notes, je signalerai un sarcophage 
encore inédit, trouvé à Gaou en 1900, qui est au Musée du 

I \L 

Caire. Il est aussi au nom d'un *\l M; le proscynème est fait 

à Osiris ^ | |j ^ "^ f, des inscriptions en pe- 

tites lignes verticales, gravées sur les épaules, nous donnaient 
les titres du personnage, mais la tête manque et il ne sub- 
siste que la fin des lignes: à gauche | j| ^ ^ j] \^ 



?j2iiKïitMinii^-iïi 

7"T g|£ C3 cq Cj n ^ 

o !» 1 I I I etC " ^ ^ ta ^ P eut- ^tre le père du * pour 
qui fut fait le cercueil publié dans les Annales T. XII, p. 88. 
Il n'y a pas de titres nouveaux, mais confirmation des ren- 
seignements tirés des autres documents et nouvelle mention 
de Maut maîtresse de Mâgub. Faut-il ajouter que les inscrip- 
tions de droite semblant réservées à l'énoncé des fonctions 
exercées sur la rive gauche, à Apollonopolis, par un hasard 

singulier le titre ^ Q inversé (cfr. ^'\^f|) du sar- 

cophage de Hapimen d'Abydos) peut se lire H-p-t k-m m-t 
dans lequel on retrouve les éléments du nom du nome 

Je me suis laissé entraîner à développer plus longuement 
qu'il ne convient mes observations sur l'œuvre due aux pa- 
tientes recherches de M. Gauthier; c'est justement l'abondance 
de documents qu'il a mis à la disposition de ses confrères 
sous une forme pratique qui m'a rendu facile cette critique. 
On a vu que bien des questions restent encore en litige ou 
sans solution, les données précises faisant encore défaut, mais 



1 L'urœus devrait se trouver entre les bras. 



je crois que nous arrivons au point où il suffira de quelques 
renseignements nouveaux pour que tout soit fixé et que la 
géographie du X e nome soit bien établie dans ses grandes 
lignes après être restée si longtemps une des plus obscures. 

G. Daressy. 

P. S. Dans les inscriptions peu nettes au bas du naos 
du Deir-el-Abiad publiées par M. Weill (Recueil XXXVI p. 

97) au lieu de H$J ^ ne faudrait-il pas lire CZZD JmT ^ et 
voir là une autre mention de la ville du Pourceau? 




G. Maspero, Essais sur l'Art Egyptien. Paris. E. Guilmoto 
191 2 g d in 8°, VIII 276 p. avec 102 illustrations dont 
plusieurs planches hors texte. 

Je crois que M. Maspero se trompe quand il pense que 
les charmants articles que voici réunis en volumes étaient jus- 
qu'ici «demeurés presque ignorés des gens du métier». Je ne 
voudrais pas supposer qu'il y ait un égyptologue ignorant des 
«Monuments de l'Art antique» ou des «Monuments Piot». Tout 
au plus peut-on admettre que la «Nature», la «Gazette des 
Beaux- Arts»» et la «Revue de l'Art ancien et moderne» n'ont pas 
toujours droit de cité dans quelques centres universitaires très 
loin de France. Mais je pense bien qu'en pareil cas, tout égyp- 
tologue un peu soucieux de sa science savait se procurer ces 
recueils, lorsqu'on lui y signalait un article signé Maspero. 

Aussi bien, la question de l'inédit plus ou moins relatif de 
ces pages • est-elle secondaire. Nous avons là, serrées d'affilée, 
des études dont les plus anciennes ont plus de trente ans, dont 
les dernières sont de 191 2, et le grand intérêt, la valeur toute 
nouvelle de ces articles publiés à intervalles si divers, c'est 
d'offrir, ainsi présentées, le développement progressif, continu, 
du jugement que l'auteur a porté, graduellement plus motivé, sur 
la nature et les caractères de l'art égyptien. En relire réunis 
des feuillets jusqu'ici dispersés est une leçon d'archéologie que 
ne pouvait offrir la vingtaine de tomes où ils parurent en leur 
temps. C'est cette recherche des secrets de l'artiste égyptien, 
de ses façons de faire, de son objectif, de ses traditions, qui, 
poursuivie, remaniée, améliorée, finit par dégager une synthèse 
de tant d'analyses. 



12 2 



L'ordre adopté pour la réédition de ces vingt-cinq articles n'est 
pas celui de la date de publication; il préfère suivre plutôt la 
série chronologique des œuvres égyptiennes, dans la mesure 
compatible au moins avec les sujets traités. La statuaire y oc- 
cupe sans conteste la place d'honneur, sinon presque toute la 
place, puisque vingt sur vingt cinq des articles lui sont consa- 
crés. Une partie des meilleures œuvres de l'Egypte pharaonique 
y a été étudiée. — D'abord les Memphites, avec trois des plus 
belles pièces de notre Louvre, les «scribes», le Nain Knoumou- 
hâtep et les merveilleux groupes de Mycérinus, trouvés par 
Reisner, en 1908, et aujourd'hui pour partie au Musée du Caire. 
Le premier empire thébain est représenté par les trouvailles de la 
«favissa» de Karnak, qui amorce le nouvel Empire. Le Louvre et 
le Caire se partagent à peu près également les types de cette épo- 
que: la vache de Deir-el-Bahri, la plus belle des trouvailles de Na- 
ville, l'Harmhabi de Mariette, les canopes dites de Tiaya, décou- 
vertes en 1907 par Davis au Biban-el-Molouk, enfin une tête thébaine 
de Sheikh Abd-el-Gournah appartiennent aux trésors qu'a gardés 
l'Egypte. Notre Musée français a fourni la fameuse statuette de 
Khou-ni-Atonou, trois statuettes thébaines et la dame Toui. La 
même équitable répartition se partage les arts décoratifs: bijoux 
et cuillers à parfum du Louvre contre le trésor de Zagazig et celui 
de Saqqarah pour le Musée du Caire. Les statues saïtes sont 
prises exclusivement à la première des deux collections. 

Il ne s'agissait pas de refaire un manuel d'archéologie 
égyptienne, ni même un résumé de l'histoire de la sculpture. Ce 
n'est ni un historique, ni un traité didactique. C'est un recueil. 
L'avouerai-je? J'aurais aimé que, par un artifice ou un autre, 
M. Maspero nous donnât, à propos de certaines maitresses œuvres, 
presque indispensables pour rendre la série bien soudée, quelques- 
unes des pages qu'il écrivit à leur sujet et que je ne retrouve 
pas ici. Le Sheikh-el-Beled, le Khonsou de Karnak, la pseudo 
Tiaya ont été trop joliment appréciés et décrits dans son «Arché- 
ologie», ou son «Histoire», dans les «Annales» ou dans le «Guide 



da Musée du Caire» pour que ce ne soit pas pitié que ce qui 
en a été dit ne figure pas au recueil que voici. 

Les lecteurs du Sphinx n'attendent pas que j'analyse une 
série d'articles que je persiste à déclarer classiques, et qu'ils 
connaissent donc par avance sur la simple énumération que je 
viens de faire de leurs intitulés. Ils ne me demandent pas non 
plus, je suppose, d'en formuler une appréciation. Tout au plus 
dois-je leur faire remarquer combien la lecture a encore gagné 
en agrément à se poursuivre par la série sans subir la rupture 
qu'imposait l'éparpillement de jadis en des volumes trop divers. 
Et ce disant, je crois en donner une caractéristique qui n'est 
point le loti commun de ces sortes de recueils par réimpression. 
Pas encore à ce point, nous n'avions pu vérifier la souplesse et la 
variété du vocabulaire, la précision à la fois technique et aisée de 
l'analyse ou de la description d'une œuvre. L'on s'aperçoit encore 
que s'il est aussi facile de comprendre ce que l'auteur nous explique, 
c'est qu'il aime d'une réelle tendresse les choses et les gens dont 
il parle: c'est la première condition pour être clair. Et sa bonne 
humeur, nuancée parfois de quelque affectueuse émotion, nous 
communique un peu de son allégresse à ressusciter la vision de 
la vieille Egypte. Ne fallait-il pas beaucoup l'aimer, pour avoir 
trouvé ces rapprochements, si vivants et si propres à faire pé- 
nétrer l'intelligence d'un sujet d'archéologie, entre les hommes du 
temps des Pharaons et ces fellahs, ces bédouins, ces paysannes 
de Thèbes ou ces femmes de Nubie qu'il évoque en quelques 
lignes, en face d'une tête d'une Taiya, d'un Harmhabi, d'un 
Scribe ou d'un Sokhimkha? L'Egypte qui n'est plus semble soudain 
si étroitement mêlée à celle d'aujourd'hui qu'elle cesse de nous 
être lointaine et incompréhensible. Parfois même, ce n'est plus 
des hommes que le parallèle sait tirer en trois lignes toute la 
sensation de ce que mit d'âme en son œuvre le sculpteur d'au- 
trefois: et les quelques mots, par exemple, où Maspero évoqua 
la silhouette fine et menue des maigres et agiles vaches souda- 
naises, font plus pour faire comprendre tout le mérite plastique 



124 

de la Divine Hatlior de Deir-el-Bahri que les pages accumulées 
de vingt consciencieuses études d'archéologie qui lui furent consa- 
crées depuis tantôt sept ans. 

Voici encore en quoi, très probablement, le présent recueil 
l'emporte de beaucoup sur les traités composés d'une venue. En 
ceux-ci point de répétitions. Et-elles nous manquent, comme y 
manque aussi l'espace nécessaire à ce tour quelquefois un peu 
familier, qui contribue tant au charme de la leçon, et par là à la 
solidité de ce qu'il nous en reste acquis. Trop préoccupé de l'unité 
de la démonstration, de la solidité des enchaînements, l'enseigne- 
ment de l'auteur perd souvent en vie ce qu'il gagne en rigueur. 
Tel est le cas, quand il s'agit de traités, par exemple, du type 
de Y «Egypte» de la collection Ars Una. Il y a alors tant et 
tant à dire, en si peu de pages — l'art entier de l'Egypte pré- 
historique aux Romains! — que la proposition se fait presqu'ex- 
clusivement théorique. Les phrases se succèdent, se pressent et 
chacune d'elles contient une preuve ou une articulation nouvelle 
de la démonstration. On aimerait entendre Maspero parler en- 
core de cette statue, de cette silhouette qui nous amuse ou qui 
nous charme tant, depuis qu'en deux mots il en a fait pour nous 
une chose soudainement familière. Nous nous sommes arrêtés pour 
l'écouter .... il est déjà là bas, pressé par la nécessité d'avoir 
tout montré dans un délai impitoyablement court. Je ne sais ce 
qu'il peut en être pour les besoins de ce que l'on appelle «le 
grand public». Mais artistes ou archéologues, nous dirons sans 
hésiter que les «Essais sur l'Art Egyptien» sont cent fois mieux 
notre fait que F «Ars Una». Au surplus, s'il est des arts qui 
supportent l'illustration microscopique ( — ce que j'ignore, encore 
qu'une cathédrale doive certainement perdre quelque chose à 
être réduite à une figure de 4 centimètres de côté), l'art égyptien 
n'est certainement pas du nombre. Ni la face des dieux ou des 
Rois d'Egypte, ou celle d'un Sheikh-el-Beled, ni la colonnade 
d'un Luxor, ni rien enfin ou à peu près de la vieille Egypte ne 
se laisse plus apprécier, lorsque le tout est réduit en autant de 



I2 5 

figurines de timbres-poste. Répertoires, et collection d'aide-mé- 
moires, soit. Mais le plus nécessaire est perdu, qui est cette 
impression, ce je ne sais quoi émané de l'original que. les réduc- 
tions outrées des dimensions ont fait s'évanouir sans qu'il en 
subsiste rien. Combien plus vivantes les figures des présents 
«Essais»! 

Ni analyse, ni commentaires d'appréciation. Une sèche 
énumération sera-t-elle tout ce qui suffit? Il y a peut être autre 
chose à dire. Je ne sais si je me trompe: j'imagine qu'à relire 
ses articles devenus un livre, M. Maspero a pris autant de plaisir 
que nous-mêmes, et qu'il y a trouvé une satisfaction de même 
ordre. Il a pu voir — plus clairement qu'avant — cette unité 
dans la direction de l'effort qui s'exerce, souvent à notre insu, 
à travers une longue série d'articles isolés, quand ils se répar- 
tissent sur des années et des années. Une thèse se dégage gra- 
duellement de ce qui n'était qu'hypothèse. C'est quelquefois le 
cas de répertoires de ce genre — mais beaucoup moins souvent 
qu'on ne l'aimerait — que de mettre soudain en évidence la 
cohésion intime qui relie entre eux des articles de premier abord 
sans armature commune et de faire apparaître le développement 
progressif, justifié pas à pas en sa croissance, d'une idée direc- 
trice. Plutôt intuitive au début, elle est peu à peu menée à sa 
formule définitive. Il y a là un aspect pour ainsi dire psycho- 
logique du travail qui voudrait que je m'y arrête plus que je ne 
puis le faire. 

Que l'on relise plutôt l'ensemble des articles consacrées à 
la statuaire. Une coupure très nette y apparaîtra entre deux 
groupes, et cette coupure correspond à une date précise de la 
vie scientifique de M. Maspero. Au second de ces groupes cor- 
respondent les articles du type des cinq petits mémoires consa- 
crés respectivement aux Denkmaeler de Bissing, à l'Hathor de 
Naville, à la Cachette de Karnak de Legrain, aux têtes canopi- 
ques de Davies, et aux Mycérinus de Reisner. Une théorie ex- 
plicitement formulée domine en chacun l'exposition monographi- 

Sphinx XVIII j. 10 



126 

que du sujet Elle se précise, s'affirme au fur et à mesure avec 
plus d'autorité, s'entoure à chaque fois d'un luxe plus précis de 
références, de rapprochements, d'exemples typiques, de raisonne- 
ments plus minutieux. Et à ce point de vue, je conseillerai au 
lecteur de ne plus suivre Tordre des matières de volume, mais 
celui des dates primitives d'édition de chacun des articles. 

Quelle est cette thèse? Celle des Ecoles Locales, base de 
Tintelligence de toutes les particularités et de toutes les évolu- 
tions en apparence contradictoires. Cette préoccupation de re- 
trouver la marque des écoles sera l'essentiel de la leçon; elle 
s'affirmera à toute occasion (cf. p. 10, p. 100, p. 139, p. 163). 
Elle aboutira à la vue généralisée des quatre grandes écoles de 
l'époque pharaonique: la Memphite, la Thébaine, l'Hermopolitaine 
et la Tanite. (Ceci pour la période classique. Je laisse de côté 
la filiation de la Memphite procédant de la Tanite, et la forma- 
tion postérieure et composite de la Saïte). 

Sitôt la thèse affirmée en formules définitives, les conséquen- 
ces s'en déduisent à l'infini. Elle ne prétend pas seulement justifier 
nombre de particularités jusqu'alors inexplicables — telles, par ex- 
emple, que le problème des pseudo Pasteurs, des Nils de Tanis, 
du Khyan de Bubastis. Elle ne va pas seulement contribuer à la 
réfutation décisive de la prétendue uniformité monotone de l'art 
égyptien, ou à faire justice de la soi-disant «basse époque» ou 
des «pastiches» saïtes, où l'archéologie allemande voulut faire des- 
cendre nombre d'œuvres bel et bien du «memphite» le plus au- 
thentique. Il y a mieux. Les raccords établis entre les carac- 
téristiques d'écoles vont nous faire pénétrer plus avant dans l'in- 
telligence des formations (cf. p. 8 et 23). Par les écoles, M. 
Maspero s'engage jusqu'à reconstituer ou deviner les ateliers 
(p. 102). Il arrivera parfois même à retrouver les individus, à mon- 
trer comment trois ou quatre statues sont manifestement du même 
ciseau (p. 107, 120). C'est presque l'Histoire de l'Art conçue 
sur le modèle de celle des civilisations classiques ou des nôtres, 
se substituant ainsi peu à peu à l'étude des masses d'œuvres 



127 

collectives ou anonymes. Des dates et des emplacements d'ate- 
liers jalonnent déjà 3a route. Arriverons-nous à la conquête des 
noms propres? Pourrons-nous envisager, pour un jour à venir, 
les annales artistiques des praticiens dont nous saurons, je ne 
dis pas la vie, à la manière de celles d'un Phidias, d'un Praxi- 
tèle, mais au moins les noms et les œuvres? Ce serait peut- 
être trop beau. Et cependant, sans se payer d'illusions, à dé- 
faut des signatures que les praticiens d'Egypte n'apposèrent ja- 
mais, les inscriptions ne permettent-elles de rien espérer? Je songe 
en ce moment à ces noms de décorateurs de mastabas qui figu- 
rent çà et là — comme au tombeau de Phahhotep — ou à ces 
figurants, parfois dénomnés, des cortèges des hypogées Thébains. 
Et je me demande, si, par les chronologies et par les ateliers 
reconstitués d'autre part, on ne pourra pas arriver, par raccords 
et pour quelques œuvres au moins, à retrouver l'artiste qui les 
créa. N'oublions pas qu'un travail parallèle enserre peu à peu 
les œuvres maîtresses autour de noms, mieux assurés, de surinten- 
dants des arts et des bâtiments, ou de hauts administrateurs du 
Palais ou du temple: un Amenhothès, fils d'Hapoui, un Sonmaut 
un Rekhmara, un Montoumihait peuvent ainsi apparaitre peu à 
peu, revivant pour nous leur carrière de grands fonctionnaires, 
et entourés de maîtres d'art dont nous saurons, pour partie au 
moins, les œuvres, la famille, et — qui sait? — quelques épiso- 
des de leur vie. Ce sont là, je le reconnais, vues un peu opti- 
mistes sur les possibilités de l'histoire future de l'art égyptien. 
Mais si optimistes il y a, qu'on ne me dise pas: chimériques. 

Il est rare qu'une vue juste ne mène pas, en cours de route, 
à des conséquences qui se ramifient diversement et toujours de 
plus en plus loin. Et la métaphore de ramification ne fait 
qu'adapter plus ou moins exactement à notre pensée faite d'ima- 
ges sensitives cette vérité plus abstraite: une idée juste, en déga- 
geant la réalité d'un fait ou l'exactitude d'une loi, retrouve né- 
cessairement, dans la complexité des phénomènes de tout ordre, 
les conséquences obligées du phénomène plus général dont elle 



128 



ne signalait qu'une application particulière. En sorte que parfois 
en ces pages, la leçon qui ne visait que la pure archéologie vi- 
ent soudain contribuer à confirmer une question de chronologie 
ou à étayer une hypothèse d'ordre historique ou religieux. Le 
domaine de pareilles déductions est trop vaste pour l'aborder 
à propos des présents «Essais». Je signale, à titre d'exemple, 
ce que peut produire l'examen, ainsi entendu, du groupe des 
effigies royales de la famille d'Amenôthès III, de Khouniatonou, 
d'Harmhabi, ou de Toutânkhamon, où l'examen de M. Maspero, 
s'appuyant sur l'histoire et sur la compétence technique des hom- 
mes de l'art médical, va jusqu'à chercher dans la maladie ou la 
tare héréditaire l'explication simultanée des caractères de l'œuvre 
d'art et des faits attestés par l'histoire. 

Ceci touche à la virtuosité. Convient-il d'insister? Que ce 
soit au moins à condition que l'archéologue et l'historien restent 
les chefs de file. Le médecin non initié à l'égyptologie est 
parfois mal qualifié à vouloir expliquer le premier une œuvre 
d'Egypte. Je me rappelle avoir lu jadis — je crois bien que 
c'était dans le «Correspondant médical» — de réjouissantes pe- 
tites monographies, où il était démontré, statues à l'appui, com- 
ment Amenothès IV était surtout affligé d' «insuffisance testicu- 
laire», et comment les Egyptiens, avec leur «Phtah-Embryon» 
avaient entendu exprimer par r«achondroplasie fœtale», le sym- 
bole «de l'éternel départ et du renouveau de la vie». Je reçois bon 
an mal an un assez bon nombre de contributions de ce genre. 
Elles m'ont inspiré quelques appréhension, sur la solidité de ces 
diagnostics portés sur les images de «sujets» si lointains. 

Et maintenant considérons les dates où furent écrites les 
pages de ces cinq articles des .«Essais». Le premier est de 
1907, le dernier de 191 2. A première vue, la thèse des écoles 
est nouvelle. La série contemporaine des «Monument Piot» ou 
des «Monuments» de Rayet est muette sur leur compte, et jus- 
qu'en 1902 ou 1903, nous ne verrons rien à première vue qui 
s'y rattache dans l'œuvre de l'auteur. Que s'est-il passé? Dans 



l'intervalle, la Direction du Service des Antiquités a été reprise 
par M. Maspero. Pendant treize ans, il a vu jaillir du sol les 
statues par centaines, il a pu les comparer, les voir encore taute 
vivantes, si j'ose dire, avant leur dispersion à travers les Mu- 
sées du monde entier. Il les a vues à quelques mètres encore 
du temple où elles séjournèrent leur existence de doubles, dans 
leur cité, dans le cadre de la vallée du Nil. Et cela vaut plus 
qu'une vie à parcourir les publications les plus fidèles, les gale- 
ries les mieux classées des collections européennes. 

Est-ce à dire que M. Maspero, ayant eu l'unique fortune 
d'assister à tant de fouilles et de pouvoir comparer, sur place 
ou au Caire, des œuvres à la centaine, a pu aussi se former un 
jugement d'une exceptionnelle compétence? L'explication serait 
probablement superficielle. D'autres ont vécu là bas autant d'années 
et en contact aussi étroit avec la vie des statues d'Egypte. Je ne 
vois pas qu'ils aient formulé avec cette ampleur des vues géné- 
rales aussi minutieusement assurées sur les preuves de détail. 
Relisons mieux les articles antérieurs à 1900. La théorie des 
Ecoles n'y est pas formulée en termes exprès, soit. Mais la 
préoccupation est visible, qui doit parvenir, une fois les circon- 
stances propices, à se dégager en formule. Certaines lignes sur 
les ateliers memphites (p. 67) sont caractéristiques à cet égard. 
D'autres en contiennent presque la substance, dès 1893 — 1894. 
(p. 60.) En fait, une idée constante a soutenu et dirigé intui- 
tivement les analyses archéologiques de M. Maspero, dès les 
débuts. Il voulait se justifier les divergences ou les caractères 
notables des œuvres qu'il étudiait. Il devinait, au delà des formes 
isolées, une histoire de l'art dont ces images encore trop rares, 
trop dispersées, étaient les témoignages manifestes. Il voulait 
rattacher à des ateliers, voire à des maîtres déterminés, les statues 
où il notait les particularités techniques, les traits, les coloris, 
l'accentuation ou l'exagération de tel ou tel faire spécial. En 
somme, il possède dès la première heure la méthode d'investiga- 
tion, il est dirigé par une préoccupation dominante, et ce qui 



, 3 o 

lui manque, ce sont les documents et la présence sur les lieux. 
Si la méthode et l'idée ne sont pas encore formulées en termes 
définitifs, c'est ce qui a lieu dans maintes longues séries d'ex- 
périmentations dans Tordre des sciences physiques. Mais l'essen- 
tiel y est déjà, qui est du domaine de 1' «hypothèse créatrice». 
Pour passer de l'analyse à la synthèse, il ne manque plus que 
les conditions indispensables, ■ — mais désormais suffisantes: être 
en possession d'éléments assez nombreux pour procéder à la 
vérification. Après celle-ci, la rédaction formelle des résultats 
viendra d'elle-même. Assurément, les conditions indispensables 
ont joué leur rôle. Et M. Maspero ne serait pas arrivé à déga- 
ger sa thèse comme il a pu le faire, si sa vie scientifique ne l'avait 
pas ramené dans la vieille Egypte. En sorte qu'à tout résumer, 
les «Essais» apparaissent la réussite finale d'une conjonction de 
deux éléments: les matériaux nécessaires au service d'un expéri- 
mentateur maître de son hypothèse. Mais il est aisé de com- 
prendre auquel des deux éléments revient le premier rôle. 

Toute thèse développée en ses conséquences extrêmes ris- 
que de mener à des conséquences trop rigoureuses. La théorie 
des quatre grandes écoles égyptiennes, à la vouloir retrouver 
comme explication finale, ne suffit plus à tout expliquer. Une 
série de rapprochements extrêmement ingénieux, de raisonnements 
pressants, de déductions fort habiles, arriveront bien à justifier 
entre des Ramsès ou des Ousirtasen trop différents entre eux ce 
qui les rend si peu semblables d'une image à l'autre. Et les 
considérations d'âge du modèle, en intervenant, justifieront le 
surplus de divergences véritablement excessives quelquefois. Le 
tout suffit-il à expliquer le peu de traits communs qu'il faut bien 
se résigner à constater? Oui, «ans doute, comme c'est le cas 
pour les Mycérinus de Reisner, à propos desquels M. Maspero 
a exposé, dans sa forme la plus récente et la plus achevée, sa 
théorie de la ressemblance des modèles royaux. Non, s'il fallait 
appliquer mécaniquement le principe à toutes les effigies pha- 
raoniques. 



Je n'ai eu que trop rarement la fortune de les comparer entre 
eux, par larges séries. Nos plus belles collections d'Europe sont 
trop pauvres encore. Seule l'Egypte, avec son Musée du Caire 
et les œuvres laisées in situ, permet ces comparaisons des origi- 
naux que la plus habile et la plus fidèle des reproductions 
photomécaniques ne donnera jamais. Et cependant, le peu que 
j'en revois à trop longs intervalles me fait douter en bien des occa- 
sions que la recherche de la traduction exacte des traits et de 
la physionomie du modèle royal ait été toujours une obligation 
bien stricte. Expliquer les différences qui, dans un même 
temple, séparent deux figures d'un Ousirtasen, par l'exécution 
des statues à deux âges différents du règne du Pharaon? Elle 
est ingénieuse au possible. Mais vaut-elle plus qu'une ingéniosité? 
Hall vient de la reprendre pour son compte à propos de Deir- 
el-Bahri. Elle ne m'a pas convaincu. Oui sait s'il n'y a pas 
eu tout simplement deux praticiens de valeur inégale? Et si 
l'Ecole Thébaine s'inspirait séculairement de certaines manières 
de faire ou de certaines traditions, pourquoi ces différences in- 
conciliables entre un Ousirtasen d'Abydos et le même Ousirtasen 
à Thébes? Abydos n'est pas une école à part — et je ne pense 
pas que ce soient des Memphites qui y aient fait prévaloir leur 
école. Dans le même ordre d'idées, mais à un point de vue un 
peu différent, je ne trouve pas dans les filiations des ateliers 
memphites ou hermopolitains une explication satisfaisante de la 
facture étrange du Pharaon anonyme de Mit-Farès? Enfin, et 
malgré la plaidorie si subtilement démonstrative de M. Maspero, 
et les convergences qui se pressent de tous côtés, je ne me 
déclare pas convaincu pour ce qui regarde les têtes canopiques 
découvertes par Davis. Leur attribution à Tiya garde mes pré- 
férences. Et l'admirable petite tête de Khouniatonou découverte 
l'an dernier à Amarna, me semble un argument de plus pour 
m'y tenir. J'en ai vu cet hiver chez Borchardt un facsimile qui 
vaut, me disait-il, l'original. Il y a trop de différence avec les 
têtes canopiques, et l'argumentation tirée des ressemblances entre 



132 

Tiya et le «Roi hérésiarque», sans rien changer à ce qu'en dit 
M. Maspero, peut aussi bien servir à expliquer, par les ressem- 
blances de famille, ce qu'il peut y avoir de commun dans les 
deux physionomies. 

Tout bien pesé, ne conviendrait-il pas de se représenter 
les choses de façon bien souvent un peu plus atténuée? Des 
ateliers ou même, bien plutôt, des artistes originaux, ayant eu 
leur technique bien à eux. ayant créé, au milieu de cent, de 
mille médiocrités banales de leurs contemporains, des œuvres 
réellement puissantes et originales? Puis, de leur vivant, des 
imitateurs plus au moins heureux? Ensuite des siècles de pauvre- 
tés et de barbares maladresses ou d'affligeantes médiocrités? 
Survenait ici ou là, par brèves périodes, un renouveau d'activité. 
Dans le nombre des sculpteurs, quelques-uns sentaient mieux la 
valeur des œuvres des maîtres d'autrefois. Leurs chefs d'oeuvre 
étaient encore pour partie sous leurs yeux dans les demeures divines 
ou dans les chapelles funéraires, voire en certains tombeaux encore 
accessibles. Ils reprenaient leurs façons de faire, à peine modifiées 
au gré de la mode du jour, ceux de Thèbes à Thèbes, et ceux 
de Memphis à Memphis, avec les caractéristiques propres à chacun 
des artistes d'autrefois en son temps. Etait-ce bien là ce qu'on 
peut réellement appeler traditions, et convient-il d'y voir au juste des 
«écoles», au sens que lui attache l'histoire de nos arts européens? 

Ecole ou ce que l'on voudra, le fait n'en est pas moins trop 
évident à constater que pour une statue qui présente les mar- 
ques typiques du faire propre aux Memphites ou aux Thébains, 
ou quelquefois aux Tanites ou aux Hermopolitains, cent autres 
statues n'appartiennent à aucune école, sinon celle des barbares. 
Statuaire commerciale? La réponse est aisée pour les images 
privées d'un hypogée ou d'un mastaba. Mais j'ai peine à croire 
que s'il s'agissait du Pharaon, des ateliers royaux se conten- 
tassent de débiter de l'effigie «commerciale». Passe encore aux 
extrémités de l'Empire. Mais dans les sanctuaires de la Haute 
Egypte ou du Delta, si près des fameuses «écoles», voit-on bien 



!33 

fabriquer à la grosse les statues du roi régnant? Il faut pour- 
tant bien en convenir: tel Amenhothès ou tel Ramsès n'est 
qu'une caricature et d'une barbare maladresse. Il en est dans 
la série, qui n'excèdent guère en mérites plastiques les bonshom- 
mes du Mayombé ou les rois des Bushongo qu'expose à Tervue- 
ren le Musée du Congo. 

Le sujet, comme le livre, pourraient prêter matière à bien 
d'autres observations. Je ne puis même les effleurer. Si l'his- 
toire de la statuaire sort remaniée de cette belle série, celle de 
la sculpture méplate n'y a été qu'attaquée par petits points et 
par petites retouches. Ce que je viens de relire de la facture 
protothébaine, à propos de l'admirable pilier de Karnak (cf. p. 
96) me fait regretter qu'il n'y ait pas quelque part une étude 
des œuvres de la XI e Dynastie. A six semaines de distance, 
j'avais la chance l'hiver dernier, de revoir successivement à Lon- 
dres, au Caire et sur place les merveilleux fragments du Temple 
des Montouhotep à Deir-el-Bahri. Ce que M. Maspero a dit à 
plusieurs reprises — par exemple dans la Revue Critique ou en sa 
dernière archéologie — du Mastaba memphite est comme un 
autre chapitre d'un second volume dont les diverses parties ont 
déjà leurs amorces, et qui traiterait du bas-relief comme il l'a 
fait ici de la statuaire. Nous aimerions à nous dire qu'il travaille 
déjà à nous le composer. Et puisqu'il faut bien abréger à la 
limite raisonnable un compte rendu, où j'ai du cependant passer 
sous silence tant de choses, il ne me reste qu'à dire quelques 
mots sur l'illustration. Il y a là quelques inégalités, surtout pour 
les petites vignettes rééditées des articles de la «Nature». Les 
procédés de reproduction alors en usage sont trop différents de 
ce que l'on fait maintenant, et les objets décrits, comme celui 
qui les décrit, voudraient à bon droit l'emploi de clichés plus 
modernes. Une dernière requête pour terminer. Je lis, à propos 
des «Denkmaeler» de Bissing, que M. Maspero souhaiterait une 
édition de ce magnifique recueil à des prix accessibles au public 
ordinaire. C'est on ne peut mieux dire. Et ceci m'autorise — 



1 34 

j'ose l'esperér — à demander quelque chose de semblable à mon 
tour. Mais c'est du propre Musée de M. Maspero qu'il s'agit. 
A côté du formidable catalogue de plusieurs milliers de francs, 
n'y aurait-il pas place pour une autre édition moins coûteuse? 
La merveilleuse petite série égyptienne du British Muséum est- 
elle donc impossible à réaliser pour les collections du Caire? Je 
l'ai réclamée assez de fois pour avoir acquis le droit de me ré- 
péter. J'ajoute que le nombre grandit de ceux qui s'intéressent 
à l'archéologie égyptienne et qui voudraient bien avoir un réper- 
toire du Musée à des conditions abordables. 

George Foucart. 



La Morale des Egyptiens à prc 
d'un livre récent de M. Baills'f%^ 

La «connaissance du bien et du mal», science mysté- 
rieuse où la Bible a vu la cause de toutes nos misères, nous 
paraît aujourd'hui avoir été le signe divin qui, après de lon- 
gues ténèbres, a annoncé l'apparition de l'homme et fait luire 
l'espoir de jours meilleurs. Des voiles impénétrables nous 
cachent et nous cacheront probablement toujours le secret 
de nos origines. Tant que la paléontologie de notre espèce 
ne pourra formuler de conclusions plus précises, c'est la pré- 
sence d'idées morales qui restera le trait distinctif des socié- 
tés humaines. Lors même que ces idées ne sont pas for- 
mulées en textes positifs, il n'est point de groupement où 
elles n'occupent une place prépondérante et n'aient déterminé 
la poursuite d'un certain idéal, individuel et collectif. 

L'étude des idées morales est donc l'étude de l'humanité 
dans la plus noble et la plus caractéristique de ses manifesta- 
tions, mais cette étude prend une importance particulière 
lorsqu'elle porte sur une civilisation qui, comme celle des 
Pharaons, est à la fois l'une des plus anciennes et l'une des 
plus riches en monuments écrits. «L'intérêt que soulève 
l'Egypte ne se borne d'ailleurs pas à elle seule. C'est l'hu- 

1 Le régime pharaonique dans ses rapports avec l'évolution de la mo- 
rale en Egypte, Paris, Geuthner 1913, in-8°, XV- 810 pp. Cet excellent 
ouvrage traite d'une manière approfondie du régime pharaoniqne et de la mo- 
rale en Egypte, mais il y est à peine question d'une évolution de la morale 
égyptienne, ce qui n'enlève d'ailleurs rien à son mérite. 

Sphinx XVIII, 4. M 



136 

manité tout entière qui s'étudie elle-même en l'étudiant . . 
Le monde civilisé classique et le monde moderne ont reçu 
de l'Egypte beaucoup plus qu'ils ne l'ont avoué et qu'ils ne 
s'en doutent encore. Que Ton se préoccupe de l'origine 
des races, de celle des institutions politiques et civiles, de 
celle des religions, des idées, des arts plastiques, il est indis- 
pensable de recourir à l'Egypte. Nulle part plus de textes 
authentiques et de documents certains ne permettent de ja- 
lonner de faits aussi loin dans le passé, le champ des hypo- 
thèses» 1 . C'est en ces termes excellents que s'ouvre la con- 
sciencieuse étude sur le «Régime pharaonique dans ses rap- 
ports avec l'évolution de la morale en Egypte» à laquelle, 
depuis plus de vingt ans, M. Baillet a consacré le meilleur 
de son temps et de sa pensée. 

Les idées morales des Egyptiens n'avaient pas jusqu'ici 
fait l'objet d'une enquête aussi approfondie. Les histoires 
générales de l'Egypte ou de sa civilisation de Brugsch, de 
Maspero, d'Erman se bornent à l'essentiel. Les études spé- 
ciales auxquelles ont donné lieu le Papyrus Prisse, le Papy- 
rus de Leyde, le papyrus d'Ani, ou d'autres documents de 
la même nature ne dépassent guère les limites de simples 
monographies. M. Amélineau, qui est le seul à avoir exa- 
miné la question dans son ensemble^, s'est inspiré surtout du 
Chapitre CXXV du Livre des morts et placé à un point de 
vue assez différent. L'on a jusqu'ici presque entièrement 
négligé les témoignages personnels, si nécessaires pourtant à 
l'exacte intelligence du passé et que tant de stèles, de sta- 
tues, de tombeaux nous ont conservés. «J'ai été les délices 
des hommes et la joie des dieux 3 . . . celui qui est large de 

1 Cf. Baillet op. cit. Préface, p. I. 

2 Essai sur l'évolut. hist. & phil. des id. mor. dans l'Eg. anc. Paris, 
jg 95) — & Prolég. à l'étude de la rel. égypt. (Bibl. de l'Ec, des Hautes Etu- 
des, Se. rel., XX). 

3 Mariette M. D. 29 A; Piehl, JE. Z. 1887, 120—122. (Cité par 
Baillet, p. 478.) 



137 

récompence . . . qui rend la justice sans distinction du maître 
et de son esclave; ... le mari de la veuve, ... le père du 
petit et du faible; . . . l'asile de l'orphelin, . . . l'appui iné- 
branlable de qui est dans le besoin, . . . celui dont la main 
est toujours ouverte à qui n'a rien sans que mon coeur ait 
jamais dit: «J'ai déjà donné!» 1 Malgré des exagérations cer- 
taines, ce sont là d'inestimables documents. Il s'y révèle par- 
fois un idéal de justice et de douceur que le Christianisme 
même a rarement dépassé. Semblables à ces essences dessé- 
chées au fond des jarres funéraires dont l'arôme atténué par 
les siècles nous est une survivance des fleurs embaumées de 
jadis, ces louanges d'outre-tombe, simulées ou sincères, exha- 
lent encore le parfum des nobles qualités prisées autrefois 
sur les rives du Nil et constituent le plus antique hommage 
rendu à la vertu. 

Mais, par une confusion qui n'a pas lieu de surprendre 
dans ces vieilles sociétés si éloignées de nos habitudes d'ana- 
lyse, la ligne de séparation entre l'homme public et l'homme 
privé reste le plus souvent indécise. Dans la vie si bien 
remplie d'un Rekhmarâ, d'un Ahmès, d'un Ouni, et de tant 
d'autres, l'exercice des fonctions administratives se confond 
la plupart du temps avec la pratique des vertus morales. Tous 
les fonctionnaires qui, à force de tact, sont parvenus à s'ac- 
quitter des devoirs de leur charge sans abuser des droits 
qu'elle leur confère se vantent comme d'un mérite éminent 
de la manière élevée et humaine dont ils ont entendu leur 
mission. Ils n'ont pas tort. L'un des signes les plus cer- 
tains d'une civilisation supérieure est, en effet, cette incon- 
sciente alliance entre la morale et l'administration. L'ad- 
ministration n'a pas à faire régner la morale, mais elle ne 
saurait non plus y demeurer tout à fait étrangère. Tous les 
gouvernements qui se sont proposé uniquement de régir les 

1 Sarcophage d'Ounnofri, Mariette M. D. } pl. 59, p. 19; cité par 
Baillet p. 503. 



138 

hommes sans se préoccuper de les garantir au moins contre 
les deux grandes causes de déchéance morale, l'injustice et 
la brutalité, n'ont pu longtemps survivre au discrédit public. 
L'étonnante longévité du régime pharaonique est une preuve 
que ce régime reposait sur un fonds d'idées conforme aux 
plus nobles aspirations de notre nature et qu'il a mérité, 
somme toute, l'estime des nombreuses générations qui, au 
milieu d'une humanité encore barbare, lui ont confié le dépôt 
sacré de leurs fragiles destinées. Ces quelques réflexions 
étaient nécessaires pour faire comprendre l'étroite relation 
qui unit les questions de conscience aux questions de gou- 
vernement. 

I. . 

Le choix d'un pareil sujet est à lui seul un indice du 
degré de maturité auquel sont parvenues les études égyp- 
tiennes. Malgré la double incertitude résultant d'un idiome 
qui déroute toutes nos habitudes de pensée et d'une écriture 
qui indique plutôt le contour général des mots qu'elle n'en 
reproduit la physionomie exacte 1 , laissant par conséquent 
place au doute toutes les fois qu'une même graphie est sus- 
ceptible de recouvrir des termes différents, les progrès réalisés 
sont considérables. Les exigences mêmes d'une méthode 
sérieuse ont obligé les premières générations d'égyptologues 
à se consacrer presque exclusivement à la grammaire, au 
lexique, à la chronologie, à l'archéologie afin d'établir des 
cadres généraux. Ils ont laissé à leurs successeurs le travail 
moins austère mais non moins délicat de rechercher dans ces 
vieux documents désormais utilisables le souvenir précis des 
réalités familières faute desquelles l'histoire n'est jamais qu'une 
ébauche, précise à la rigueur, mais à peu près dépourvu 
d'intérêt. Dans ses «études égyptiennes» dans ses «contes 

1 Cf. les remarques si judicieuses de M. Amêltneau à ce sujet dans le 
Journ. Asiat. 1913 p. 42 sqq. 



139 

populaires de l'Egypte ancienne», en d'innombrables et savour- 
eux articles, M. Maspero a montré avec autant d'éclat que 
de savoir la vie étrange et pittoresque qui vient animer ces 
vénérables restes lorsqu'on les interroge avec patience, avec 
amour. Nous pénétrons aujourd'hui dans" le sanctuaire de 
l'âme, dans le domaine des idées et des sentiments faute des- 
quels le royaume des Pharaons ne serait jamais resté qu'un 
informe assemblage, sans consistance et sans unité. 

L'extraordinaire contre-sens qui a conduit Israël à con- 
fondre les vicissitudes de l'histoire avec la rétribution provi- 
dentielle des mérites moraux, l'amère constatation qu'en ce 
bas monde la vertu réduite à ses seules forces a rarement 
le dernier mot, ce qui est vraiment un comble sous le gou- 
vernement d'un Dieu de justice et d'amour, ont imprégné 
presque toute la morale juive de je ne sais quelle humeur 
âpre et chagrine dont le Christianisme même ne s'est pas 
entièrement défait. Les peuples pas plus que les individus 
ne sauraient se passer d'être philosophes. La nation élue à 
eu une conception trop farouche du bien. Elle a compris 
seulement beaucoup plus tard que toute chose doit avoir sa 
part, même le mal. Comme toute les personnes religieuses, 
elle s'est exagéré l'importance de ses destinées. C'est cette 
obstination dans ce point de vue faux, mais élevé et moral, 
qui, d'ailleurs, a fait la grandeur d'Israël. En Egypte rien 
de semblable. La croyance à plusieurs grands Dieux y lais- 
sait moins de place à la crainte qu'inspirent toujours les 
fantaisies d'un Dieu unique et terrible. A cet égard le poly- 
théisme a certainement épargné à ses adeptes bien des an- 
goisses auxquelles les croyants en un seul Dieu pouvaient 
difficilement échapper. L'existence de plusieurs divinités a 
toujours en effet quelque chose de moins inquiétant; outre 
qu'elles ne sont pas toujours du même avis, il semble que, 
en cas d'irritation de l'une d'elles, il soit plus facile de se 
tirer d'affaire grâce à l'intercession possible des autres. Râ 



140 



n'intervint-il pas pour apaiser Sokhit qui persistait, malgré 
lui, à vouloir détruire l'espèce humaine? Et ce n'est pas le 
seul exemple. 

Un autre facteur de paix dans l'âme égyptienne était 
le rôle considérable que l'on attribuait aux opérations magi- 
ques. Je ne crois pas que, chez aucun peuple arrivé à un 
niveau comparable de civilisation, la magie ait occupé une 
aussi large place et pendant aussi longtemps. Il a fallu des 
siècles pour constituer les recueils énormes de formules et d'in- 
cantations préservées dans les livres des Pyramides, dans le 
Livre des Morts ou dans les autres compilations analogues, 
et, pendant des siècles après leur codification, ces formules et 
ces incantations ont conservé leur vertu. Ces enchantements, 
car c'en étaient, lorsqu'ils étaient prononcés selon le rite, 
avaient un effet certain et quasi obligatoire sur la volonté du 
Dieu, qu'ils liaient, pour ainsi dire. Bien muni de son talis- 
man, pourvu d'instructions qui prescrivaient par le menu tou- 
tes les précautions à observer, et guidaient pas à pas le vivant 
et le mort à travers les multiples dangers de ce monde et de 
l'autre, l'Egyptien n'a pu connaître cette angoisse effrayante 
de l ame qui se sent seule devant son Dieu sans aucun moyen 
de faire fléchir ses arrêts. Aussi, par un phénomène unique, 
ce peuple auquel nous devons la plus ancienne attestation 
des obligations morales et de l'influence d'une vie irrépro- 
chable sur les rémunérations d'outre tombe, ce peuple, dis-je, 
est aussi celui qui a le plus longtemps et le plus fortement 
affirmé sa croyance en l'efficacité des charmes magiques pour 
parvenir sans obstacle au séjour de l'éternel repos. 

Ainsi, malgré une remarquable intuition de la valeur 
religieuse des vertus morales, cette race n'a jamais su se 
dégager de conceptions qui remontaient à un autre âge. Elle 
paraît avoit été rebelle à ces grandes crises de l'âme qui ont 
si souvent ébranlé le monde sémitique ou indien. La di- 
vine inquiétude qui chassait du palais paternel Gôtama en 



m 

141 

quête de «la délivrance», la pieuse indignation qu'inspirait à 
un Amos ou à un Isaïe le contraste choquant entre les mani- 
festations vulgaires d'un culte purement formel et les exigen- 
ces sacrées d'un Dieu pour qui le bien était le seul hommage 
digne de sa sainteté, demeurèrent toujours étrangères à l'âme 
placide de l'Egypte. Ce peuple semble n'avoir jamais eu 
souci des hautes spéculations à aucun point de vue. 

La forte opposition que la philosophie grecque établissait 
entre le corps et l'âme était impossible en Egypte parce que 
les idées que Ton s'y faisait de la structure de l'être humain 
étaient plus primitives et par conséquent plus compliquées. 
L'assemblage du ka, du Khou, du ba, du àb ne permet- 
tait pas cette distinction entre le spirituel et le corporel 
que l'on peut trouver fausse, comme toutes les distinctions 
artificielles, mais qui a eu sur notre développement philoso- 
phique une influence très salutaire. La morale égyptienne 
consistait en une sorte de sagesse toute pratique et sans 
grandes envolées qui n'excluait nullement le recours aux rites 
encore barbares hérités des ancêtres. Amulettes et charmes 
qui, aujourd'hui, paraissent inconciliables avec la souveraine 
justice de la divinité s'accommodaient fort bien de ce bon 
sens tranquille et un peu terre à terre dont les préceptes de 
Ptahhotpou, les maximes d'Ani, les sentences de Phibefhor 
nous ont conservé quelques spécimens plus particulièrement 
estimés pour leur bonne tenue littéraire. D'ailleurs, lorsqu'on se 
place non plus à un point de vue logique, mais à un point de 
vue humain, l'on s'aperçoit que magie et morale sont fort loin 
de s'exclure. Ce n'est pas d'aujourd'hui que le Paradis a été 
ouverte à Philagie« par cent dévotions nouvelles aisées à 
pratiquer». 

Le ton des oeuvres morales que l'Egypte nous a lais- 
sées n'est donc nullement celui du prophétisme hébreu. Il 
rappelle un peu la manière d'Hésiode — un agriculteur lui 
aussi — ou des gnomiques comme Théognis ou Phocylide. 



142 

Mais le genre avec lequel cette littérature offre les plus frap- 
pantes ressemblances est celui de matais ou proverbes bibli- 
ques et de ces recueils d'aphorismes où les Orientaux de 
tous les temps se sont appliqués à résumer les leçons de la 
vie et à formuler les conseils légués par l'expérience des 
hommes sages. Rien d'abstrait en de pareils ouvrages; une 
grande simplicité morale, populaire, touchante, parce qu'on la 
sent sincère et qu'elle se nuance parfois de délicatesses char- 
mantes. «L'homme maître de son âme est supérieur aux 
privilégiés de Dieu, mais l'homme qui obéit à sa passion dé- 
pend de sa chose-femme» 1 , c'est-à-dire qu'il s'abandonne aux 
sentiments impulsifs, aux agitations irréfléchies qui constituent 
en quelque sorte une partie féminine de sa personnalité. 
«Quand un homme a pris pour base la justice, marche dans 
ses voies et y fait sa demeure, il n'y a pas de place pour la 
mauvaise humeur» 2 . — «Ne pas se courroucer contre un ad- 
versaire, même méchant» 3 . — «Ne pas s'amuser d'un spec- 
tacle que donne un adversaire vicieux» 4 . — «Ne pas se faire 
un divertissement de se jouer de ceux qui dépendent de 
soi» 5 . — «Celui qui est doux et dont la nature est bonne 
fera sa félicité lui-même» 6 . — «La bonne destinée est réser- 
vée à l'homme bon, à celui qui donne au pauvre son coeur 
à lui-même» 7 . — Précurseur ignoré de Pascal, Ptahhotpou dé- 
clare qu'«un grand doit se prémunir contre la parole qui 
multiplie les flatteries, car elle élève l'orgueil; produit la 
vanité» 8 . Les juges doivent «écouter avec patience les dis- 

1 Cf. Baillet, p. 488. Mon interprétation s'écarte de celle de M. Baillet, 
lequel traduit: tombe en quenouille^ qui ne me paraît n'offrir ici aucun sens 
satisfaisant. — Ptahhotpou, préceptes; pap. Prisse § 14 (VIII 6 — 11). 

2 Ibid. X, 4 — 5; Baillet, p. 488.. 

3 Ibid. VI, 1; p. 488. 

4 Ibid. VI 2; Baillet, p. 488, 

5 Pap. démot. 2. 414 du Louvre, Rec. Trav. I, 46; Baillet, p. 488. 

6 Phibefhor, sentences, Ch. VII, 52. Pap. mor, dém. Leyde; Révil- 
lout, J. As. 1905, p. 215; Baillet, p. 475. 

7 Ibid. Chap. VI, 19. p. 201. Baillet. p.* 475. 

8 Ptahhotpou, Préceptes, § 16. pap. Prisse IX 2 — 3. Baillet, p. 488. 



i43 



cours du plaignant et ne le point malmener pour ne pas le 
décourager» 1 . — Le propriétaire qui commande un travail 
ne doit pas se conduire en crocodile 2 , c'est-à-dire se montrer 
impitoyable et avide. Pour se faire aimer, il est nécessaire 
de témoigner de la douceur et de faire preuve de patience 3 . 
L'élévation du rang ne doit point endurcir le coeur; il faut 
«être pour son semblable un compagnon» 4 , donner des ordres 
d'un ton tranquille; «l'homme doux pénétre les obstracles»* 
Eviter d'inspirer la crainte 6 ; faire régner la paix 7 ; n'être ni 
trop absolu ni trop humble 8 ; être d'un accès facile 9 , consoler 
celui qui pleure 10 ; protéger la veuve et l'orphelin, respecter 
le vieillard, aider le pauvre et lui parler doucement ; tels sont 
en somme les devoirs essentiels des classes élevées. Aux 
petits, que demander sinon de la soumission, du respect, de 
la décence dans la conduite et le maintien, de la reconnais- 
sance, de la probité, des services diligents et ponctuels 11 ? 

Mais cette physionomie ne saurait être tout à fait res- 
semblante si Ton ne demande point aux individus eux-mêmes, 
aux Karos, aux Antef, aux Rekhmarâ, aux Zod-Khonsou, aux 
Amoni l'idéal qu'ils se sont fait de. leur rôle en ce monde 
et les qualités dont ils croient y avoir fait preuve. Evidem- 
ment ces eulogies funèbres, que les tombeaux nous ont ren- 
dues par centaines, sont dans la plupart des cas assez peu 
conformes à la vérité historique. En Egypte comme partout, 
la mort est semblable au voile merveilleux des fées qui, de 



1 Ptehhotpou, Préceptes § XVL Pap. Prisse IX; Baillet p. 486. 

2 Ptahhotpou § 89, Pap. Prisse VU. 

3 Ibid. XIV. Baillet p. 477. 
* Ibid. XIII. Baillet, p. 489. 

5 Ptahhotpou, préceptes; pap. Prisse XII, 5; Baillet p. 489. 

6 Cf. Baillet, p 493. 

7 Ibid. p. 493. 

8 Baillet p. 489. 

9 Ani, maximes; Pap. de Boulaq IV, XXII 10 — 11: Baillet p. 534. 

10 Pap. 1. 116 S* Pétersb. § 8. JE. Z. 1876, 107. Baillet p. 513. 

11 Cf. Baillet p. 538, 539, 541, 542, 543/45. 



144 

lui-même, cache les imperfections et pare de nouvelles grâces 
la beauté. 

Les stèles nous content non ce qui fut, mais ce qui 
aurait dû être. Qu'importe, du reste, puisque ce n'est pas 
de biographies qu'il s'agit. Qu'ils aient été dictés par l'affec- 
tion, la reconnaissance ou la vanité, ces éloges expriment à 
n'en pas douter l'idée que des Egyptiens se sont faite d'une 
vie utile et vertueuse. En bien des cas la variété des for- 
mules présente en outre l'avantage de préciser par comparaison 
ce qu'un texte isolé pourrait avoir d'obscur. Les qualités 
morales nous apparaissent dans leur application pratique. 
Tel, parmi ses mérites, vante de préférence son impartialité; 
tel autre, sa patience; tel autre son désintéressement, son 
tact, sa bonté, sa courtoisie, son obligeance, sa libéralité. 
Même, quelques inscriptions renferment des expressions in- 
attendues et touchantes que l'on chercherait vainement ail- 
leurs. «Il n'y a pas d'enfant mineur que j'aie mis en deuil; 
pas de veuve que j'aie dépouillée, dit Amoni de Beni-Hassan 1 
il n'y a pas de laboureur que j'aie repoussé; pas de chef de 
cinq hommes à qui j'aie pris ses hommes pour la corvée; il 
n'y a pas eu de misérable en mon temps.» Haroua a été 
«doux de parole, gracieux envers le grand et le petit; il ras- 
sérénait le visage du craintif ... ; gracieux de main (libéral) 
il approvisionnait les humbles et apaisait l'indigent en sa 
misère ... Il donnait le nécessaire à qui ne l'avait pas; il 
réconfortait le misérable dans sa nouit ... Il donnait des 
richesses au malheureux, des provisions à qui avait la main 
vide, des trésors à qui n'avait rien;? il donnait du pain à 
l'affamé, un vêtement au nu, . . servait d'appui au vieillard 
et chassait le chagrin du pauvre.» 2 — Karos «fut homme de 
bien, reconnu juste, exempt de fautes au jour de peser les 
paroles, protégeant le miséreux, défendant l'indigent. Il fai- 



1 Baillet, p. 494. LD. II, 122. — 

2 Baillet, p. 50^. 



M5 

sait retourner chez eux réconciliés deux adversaires, allant 
de sa bouche juste comme la balance . . . appliquant son 
coeur à entendre les paroles comme le dieu en sa porto 1 

— Tehutinofri n'a «point tourmenté, point commis le mal; 
il n'y a pas eu de calomnie de son fait; le mensonge n'est 
jamais entré en lui depuis sa naissance» 2 . — Menkhopir n'a 
«point sacrifié le travailleur, point enlevé chose à l'indigent» 3 . 

— Rekhmarâ a «protégé les faibles de bras, reprimé les au- 
teurs de troubles et de violences» 4 . — Amonhotpou ne s'est 
point «complu à entendre le mensonge formé pour frauder 
un autre de ses redevances» 5 . — Horaraâ a été «le protec- 
teur qui sauva le misérable du puissant» 6 . — Ce fut «l'asile 
des étrangers» que Zaho fils d'Ouahabrâ 7 . — Zabanebdidounan 
a été bon pour ses esclaves 8 ; Khiti n'a pas «enlevé l'enfant 
à sa mère, l'humble à sa femme, ni gâté les choses qu'ils 
aimaient» 9 . 

Cet ensemble de vertus pratiques et modérées que les 
dieux aiment et que les hommes louent se rattachait pour 
les Egyptiens à un concept d'ordre plus général auquel ils 
donnaient le nom de Maâ (ou Maât) L( \ concept dont Implica- 
tions aux idées morales témoigne d'un sens beaucoup plus 
juste des réalités de ce monde que la «délivrance» du boudd- 
histe ou la sainteté du chrétien. 

La Maât, dont ils ont fait une déesse, occupe une place 
à part dans le Panthéon de l'Egypte. Seule de toutes les 
divinités de la vallée du Nil, elle n'apparaît nulle part sous 

1 Baillet, p. 482. 
3 Baillet, p. 494. 

3 Baillet, p. 494. 

4 Baillet, p. 497. 

5 Baillet, p. 494. 

6 Baillet, p. 497. 

7 Baillet, p. 498. 

8 Baillet, p. 501. 

9 Baillet, p. 513. 

10 II est regrettable que M. Baillet n'ait parlé de la Maât qu'incidem- 
ment. Il valait la peine de lui consacrer un chapitre spécial. 



146 



une forme animale. Sa nature primitive nous est inconnue. 
Elle était fille du soleil; certains textes l'appellent même 
a-maîtresse du ciel», «Rége?tte des dieux». Râ l'avait pour 
alliée dans sa lutte quotidienne contre ses ennemis. A l'ori- 
gine elle a été peut-être une épithète, un doublet ou une 
parèdre de Nepthys ou d'Hathor. Mais, dans la suite, c'est 
avec Thot qu'elle offre les plus étroites affinités. «Douce est 
Maât», repète-t-on en mangeant des figues au jour de la fête 
de ce dieu, le 19 du premier mois 1 . 

Dans les cartouches de tous les Touthmés, la plume p, 
symbole de la déesse, est associée à l'ibis divin. Comme 
Thot, Maât a pour attribut le vent frais du Nord. Comme 
lui, elle occupe des fonctions importantes dans les rites d'outre- 
tombe. «Au jour de peser les paroles», c'est la plume, son 
emblème, qui, placée sur un des plateaux de la balance du 
jugement, sert à peser le «coeur» des défunts, pendant que 
Thot, debout, style et tablette en main, inscrit le résultat de 
l'opération. Parfois même, juchée sur le fléau, elle en règle 
l'aiguille indicatrice, à moins que Thot, sous forme de cyno- 
scéphale, ne la remplace, indice évident d'attributions du 
même ordre. Un grand nombre de monuments la montre 
unie à Thot et aux comptes, et même il n'est pas rare de la 
voir désignée comme l'épouse de ce dieu. 

Dès lors nous entrevoyons à peu près la nature des 
relations unissant Thot à Maât, car Thot est le dieu savant 
par excellence, le dieu des comptes et des nombres. Il est 
le «scribe exact de la neuvaijie des dieux» et, à ce titre, il a 
joué un rôle capital dans l'oeuvre de création. Or Maâ, nom 
commun, signifie «nombre», «compte»; adjectif, il a le sens de 
«Juste de nombre», «juste de poids». Maât nous apparaît donc 
comme l'incarnation de l'exactitude, de la régularité qui 

1 De Iside et Osiride, Ch. LXVIII: vq . . * svohfl ïzt ovm tou TUpo'jxou 
u.yjvo; Eop-cîCovxsç iw 'Epjtfl (= Thot), uiXi xotl ouxov safr'ouatv, e-î'.XspvTsc, 
FXuzù q ôXrftv.a (ce mot ns traduit que très inexactement le sens de Maât). 



147 



est, en effet, l'un des attributs caractéristiques du dieu 
Thot 1 . 

Mais ce serait une erreur de croire que cette notion 
toute numérique et comptable dût être limitée au monde ma- 
tériel. Peu d'exemples montrent d'une manière plus claire 
à quel point une éducation scientifique en arrive à fermer 
peu à peu la moyenne des hommes à l'intelligence de ces 
vieilles conceptions. 

De fort bonne heure, redoutant les dangers manifestes 
auxquels l'exposaient les caprices de l'univers, l'humanité a 
vu dans la régularité des phénomènes naturels l'effet rassurant 
d'une protection divine. Elle a fort bien compris que les 
habitudes exactes du soleil, de la lune, des constellations, le 
cours uniforme des saisons, la fixité des espèces animales et 
végétales constituaient la principale garantie de sa chétive 
existence. Ni l'élevage, ni l'agriculture, dont notre espèce 
tire sa subsistance ne seraient possibles sur une planète où 
l'habitude ne serait point la règle des choses. De là l'horreur 
des peuples peu civilisés pour les éclipses, les météores, les 
monstres, en un mot, pour tout ce qui vient déranger l'ordre 
établi, accidents où l'on a toujours vu un symptôme inqui- 
étant de l'état général du monde, symptôme qu'il y a intérêt 
à voir cesser au plus vite. Bien des peuples pensent encore 
ainsi et les processions qui se déroulent dans nos campagnes 
pour demander la pluie ou le beau temps ou pour implorer 
la cessation d'un fléau n'ont en définitive d'autre objet qu'un 
retour à la normale. L'importance religieuse et sociale du 
calendrier chez les anciens et chez les primitifs est due au 
même état d'esprit et ceci permet de comprendre pourquoi 
l'un des premiers usages de l'écriture a été partout la nota- 
tion des temps. 2 En ce domaine plus qu'en aucun autre, c'est 
l'habitude qui a créé la règle. 

1 Cf. le sens de la oî'zy} grecque: sanscrit: dic-a-mi, montrer, indiquer; 
oeixv'jat, montrer, indiquer; or/yj: la voie indiquée. 

2 Cf. Th. W. Danzel, Die Anfânge der Schrift, Leipzig, 19 12 p 189. 



148 



Les Egyptiens, à cet égard, ne différent point des 
autres races. Ignorant l'idée de «lois naturelles'», qui corres- 
pond à un état déjà très avancé de la réflexion, ils ont conçu 
l'ordre cosmique sur le modèle de l'ordre social, et ce point 
de vue était d'autant plus légitime qu'ils voyaient des volon- 
tés là où nous constatons des lois. Tous les êtres, «ceux qui 
sont en haut et ceux qui sont en ôas» , • «Herouou Kherouou», 
comme ils disaient, les dieux, les astres, les créatures, le 
monde inanimé formaient pour eux une vaste société dont 
l'homme était le centre sans en être le maître et dont il de- 
vait, lui comme tout le reste, respecter l'ordonnance tradi- 
tionnelle. Ne pas être un bon fils, un bon maître, un bon 
sujet du Pharaon, ne pas respecter les dieux, ne pas s'aquitter 
de ses fonctions ici-bas c'était, en somme, un accident du 
même ordre qu'une éclipse ou une sécheresse. C'était violer 
la Maât, c'est-à-dire violer l'état naturel des choses, ce qui, 
normalement, devait être. Ainsi l'idée de nombre juste, 
d'exactitude, de régularité vient se confondre avec le devoir 
moral envisagé, non sous la forme abstraite d'un idéal trans- 
cendant supérieur à l'humanité, mais comme un acte normal 
de soumission aux lois généralement respectées qui assurent 
l'ordre universel 1 . 

1 A l'époque la plus ancienne, l'Erinys grecque jouait dans le monde 
un rôle absolument analogue. Elle était née de la blessure d'Ouranos, dont 
le sang avait été recueillie par Gaïa, la Terre. Elle avait pour mission d'assu- 
rer le maintien des lois naturelles; cf. par ex. II. XIX; 418, l'intervention 
d'Erinys pour réduire au silence Xanthos, le cheval d'Achille, doué un instant 
de la voix par Junon. Cf. aussi Plut, de Exilio. ji: « • • oùy ozsrjfirfîszai 

-jj jisTpçt. ©yjoiv ô 'HocfxXefCOî, si o'z \rq. 'Epivueç iuv AtX7}£ ixixoupoi i^supvpouaivj 
Cf. de ls. & Os., 48. — Plus tard, prob. sous l'influence de l'homonymie avec 
spivuoj être en fureur les Erinyes ont pris un caractère plus actif. Mais leur 
rôle primitif reste néamoins encore perceptible dans certains passages des 
Euménides d'Eschyle. Sur les Erinyes, cf. Descharme, Mythologie de la Grèce 
antique, Paris, 3e édit. p. 420 sqq. 

La maât présente beaucoup de ressemblances avec le Dharmma hindou 
«that which is to be held fast or Kept-law, usage, custom religion, piety, 
right, equity, duty, good works & morality». (Cf. A. Avalon, Tantra of the 
great libération, London, Luzac & C:o 1913; Introd. p. CXLTI). 



149 



A mon avis, ce caractère de la Maât égyptienne ne fait 
nulle part l'objet d'une illustration plus frappante que dans 
le jugement de l'âme du Papyrus d'Ani. L'une des vignettes 
de ce document représente, comme on le sait, la «pesée du 
coeur». La balance de justice est dressée au milieu d'une 
grande salle. A son pied, Shaït ou la destinée, et, quelques 
pas en arrière, Raninit ef Maskhonit, déesses de la naissance, 
la jambe gauche en avant, paraissent toutes prêtes à s'ap- 
procher pour déposer. En haut, à peu de distance, l'âme 
d'Ani sous forme d'oiseau à tête humaine, perchée sur le 
faîte de sa «demeure d'éternité», regarde anxieuse l'opération 
et semble n'attendre qu'un dernier mot pour s'envoler en 
paix. Dans l'un des plateaux celui de droite, le plus voisin 
du dieu Thot qui surveille, écritoire en main, l'emblème de 
Maât fait équilibre au «coeur» placé dans l'autre plateau. Vigi- 
lant, un genou en terre, Anubis observe le résultat de 1 épreuve. 
Or la plume ne saurait signifier ici que le «poids réglemen- 
taire» exigé pour l'homme symbolisé par son coeur. L'en- 
semble de ses actions doit peser tant, et pas plus, chaque 
action mauvaise constituant un poids. Aussi le plateau qui 
porte la plume est-il d'ordinaire plus pesant que celui qui 
porte le coeur; ce symbole montre que le défunt a été meil- 
leur même que la moyenne, et n'aurait aucun sens si Maât 
signifiait simplement «La vérité» 1 . 

1 Ces considérations me portent à croire que le sens de maâ Khroou 
juste de voix = juste de ton dans ses incantations, ne doit pas être accepté 
sans réserves. Outre que cette interprétation paraît un peu factice, elle me 
paraît contredite par le fait suivant: maâ Khroou signifiant à la voix juste 
devrait être l'épithète particulière des magiciens pendant leur vie et non celle 
des défunts après leur mort. Or nous voyons par l'histoire du roi Khoufoui 
et du magicien qu'il n'est pas dit une seule fois que le magicien soit maâ 
Khroou. U me paraît donc infiniment plus vraisemblable que maâ Khroou 
signifie: celui dont la voix a été trouvée conforme à la maâ, celui qui, au jour 
de la pesée du coeur et de la confession négative, jour où l'on ne peut dire 
que les choses vraies, a été trouvé juste de voix, non dans le sens magique, 
mais dans le sens moral: sa confession devant les dieux a témoigné qu'il 
avait vécu conformément à la maât. Ceci expliquerait fort bien, ce me semble, 
l'attribution de cette épithète à chaque défunt, et serait une formule banale 
signifiant simplement qu'il a été un brave homme. 



i5° 

On peut voir par là à quel point la notion à laquelle 
ce mot correspond se prête mal aux formules arrêtées et 
presque toujours inexactes que les exigences d'une analyse 
précise imposent à notre pensée. Rien n'est moins précis 
que la Maât. 1 Ce terme recouvre toute une philosophie du 
monde et de la vie à laquelle l'humanité est encore fort loin 
d'avoir renoncé. Cette philosophie est très simple et peut 
paraître vague parce qu'elle émane du sentiment plus que de 
l'intelligence, mais elle est l'expression toute pure d'un besoin 
de sécurité qui est aussi ancien que la faiblesse humaine, besoin 
d'ordre, de paix, de régularité, indépendant de toute con- 
sidération abstraite. Elle est encore, heureusement, celle du 
plus grand nombre, celle des gens d'esprit et celle des per- 
sonnes de sens rassis que les mystères de l'impératif caté- 
gorique laissent indifférents et qui ne voient pas de bonne 
raison pour obscurcir des idées qui leur paraissent très clai- 
res. Sous réserve de quelques nuances, qui tiennent surtout 
au progrès de nos conceptions scientifiques, cette morale est, 
au fond, celle de Montaigne, de Molière, de la Fontaine, de 
Voltaire même, car Bababec, Zadig et Candide n'en sont que 
de modernes représentants. Il est d'ailleurs possible que ce 
soit la vraie. Sans soulever les problèmes insolubles relatifs 
au souverain bien, à la liberté, à la responsabilité, à la ju- 
stice en soi, elle se borne à constater dans les profondeurs 
immuables de la conscience humaine l'intuition très nette que 
la vie normale est, en définitive, la vie vertueuse et qu'il n'y 
a ni paix ni vertu possible hors de l'accomplissement des 
simples devoirs de chaque jour. Ce sentiment échappe à 
toute analyse; il est aussi spontané, aussi irréfléchi que la 
faim ou la soif. Etre bon fils, bon père, bon époux, bon 
citoyen, bon maître, bon serviteur implique un ensemble de 

1 De Rocheraonteix a donné une excellente définition du mot maâ, qu'il 
rapproche de l'Arabe moderne 1*1}^ qcrnoun (cf. Bibliotb. égypt. Tome 111, 
P- 253)- 



qualités fort complexe qu'il est impossible de définir d'une 
manière satisfaisante; et cependant chacun de nous, lorsqu'il 
s'abandonne à son génie familier, sent clairement les obliga- 
tions auxquelles, ces termes répondent et, lorsqu'il s'y soumet, 
éprouve l'impression apaisante qu'il a fait ce qu'il doit. 

Qui sait? Peut-être ce penchant qui nous pousse à rem- 
plir notre devoir d'hommes est-il de la même nature que 
celui qui porte l'abeille à faire son miel ou la fourmi à me- 
ner sa vie laborieuse. Ces voix mystérieuses qui s'élèvent en 
notre âme et dont l'harmonie fondamentale ne varie guère, 
quelle que soit l'époque ou la race, sont, il faut le croire, 
celles de l'instinct propre à l'espèce humaine. S'il en est 
ainsi, peut-on s'étonner que l'intelligence éprouve tant de peine 
a en saisir exactement la nature? Le discernement dont 
font preuve le sitaris ou la mante religieuse 1 au cours de leur 
lutte pour la vie les aide-t-il à découvrir les fins cachées que 
poursuit l'éternelle illusion lorsqu'elle les fait travailler pour 
une progéniture qu'ils ne verront jamais? Pourquoi donc er^/* V. A 
saurions-nous davantage? 



Telles nous apparaissent, du moins dans leurs tràtàj^ 
essentiels, les idées morales de l'Egypte? Nous voudrions^ ' '^^^V 
maintenant examiner la nature des relations existant entre ces 
idées et le régime pharaonique.. 

L'une des manifestations les plus élevées de la consci- 
ence humaine et de l'instinct divin qui régit nos destinées 
est, sans contredit, l'universel besoin de toute société libre 
d'estimer ceux auxquels elle obéit. C'est la méconnaissance 
de cette vérité, constante cependant, qui a entraîné les plus 
grandes révolutions de l'histoire. Lorsque les cités grecques 
cessèrent d'avoir foi en la valeur morale de leurs institutions, 
elles n'offrirent plus qu'une proie facile à l'ambition énergique 

1 Cf. J. H. Fabre, Souvenir entomologiques, Paris, Delagrave. 
Sphinx XVIII, 4. 12 



152 

des princes macédoniens. L'Empire romain ne devint possible 
que lorsque émeutes, factions et scandales eurent déconsidéré 
la République et cessa de l'être lorsqu'il se fut déconsidéré 
lui-même par des misérables querelles intestines. La Réforme 
et la Révolution sont dues dans une large mesure à l'affai* 
blissement du prestige moral des papes et de la royauté. 
Ainsi, toutes les grandes organisations collectives sont vouées 
à une destruction certaine lorsqu'elles cessent d'inspirer à 
ceux qui sont chargés de les défendre la ferme conviction 
qu'elles valent la peine d'être défendues. Cette constatation 
n'est pas l'un des moindres réconforts pour ceux qu'effraie 
l'apparente fragilité de nos pauvres sociétés humaines, que 
guettent tant de causes de dissolution. 

Cette foi en la valeur morale du gouvernement que 
l'expérience démontre si nécessaire à la solidité des régimes, 
les Egyptiens l'ont exprimée à leur manière par des louanges 
d une emphase bien orientale à l'adresse de leur Pharaons. 
«Dieu bon . . . bel épervier de vermeil; très vaillant contre 
les nations, dont le glaive est tranchant, le coeur magnanime, 
qui veille sur tous ceux qui reposent, penseur aux projets 
parfaits, promulguant les lois qui donnent l'allégresse, vivi- 
ficateur éternel à jamais.» «Le roi ne peut faillir», disait 
l'ancienne France; Soutonou nibou maât, disait l'ancienne 
Egypte, expressions équivalentes d'un même sentiment. Le 
roi était «le coeur» de la nation, suivant une expression 
heureuse de M. Baillet. C'est en lui que se personnifiait 
l'Egypte. Au point de vue religieux, politique, administratif, 
il occupait sur terre le premier rang puisqu'il était fils des 
dieux et dieu lui-même, possesseur du pays et de tout ce 
qu'il renfermait. Sa volonté ne souffrait pas de limites. Ses 
officiers ne tenaient leurs pouvoirs que de lui et il pouvait 
quand il lui plaisait les leur retirer. En fait, il paraît bien 
probable que les princes des nomes et les grands feudataires 
se sont trouvés dans une situation comparable à celle des 



T 53 

puissants seigneurs de notre moyen-âge à l'égard du roi leur 
suzerain. Les querelles intestines que nous entrevoyons dans 
l'histoire de l'Egypte ancienne, les révoltes des grands vas- 
saux, les désordres qui accompagnaient si fréquemment la 
mort du souverain régnant, le soin que prenaient certains 
Pharaons de nommer pendant leur vie le successeur qu'ils 
s'étaient choisi, l'association si fréquente de leur fils préféré 
aux honneurs et aux charges du trône afin que le pouvoir 
se transmît sans secousse sont une preuve que dans la vallée 
du Nil, comme ailleurs, le gouvernement central contrariait 
certaines ambitions qu'il devait contenir pour vivre. Mais 
l'histoire officielle porte rarement le témoignage de ces diffi- 
cultés d'ordre intime. Tous les régimes se flattent d'avoir 
réalisé le voeu des populations gouvernées; tout se vantent 
d'avoir été moraux, débonnaires, préoccupés du bien du peuple, 
soucieux de la prospérité générale. Les monuments publics 
n'ont d'autre raison d'être que de proclamer les mérites de 
ceux qui les ont élevés et il va sans dire que ces mérites 
sont toujours supérieurs. C'est une publicité d'un genre spé- 
cial semblable à celle dont notre Académie des Inscriptions 
fut au XVII e Siècle chargée de rédiger les annonces. Il me 
paraît imprudent de prendre au sérieux de pareilles louanges 
et d'en tirer des conclusions scientifiques. — 

Le Pharaon se trouvait donc dans une situation analogue 
à celle de tous les monarques. Les textes disaient qu'il était 
un dieu, mais ses sujets savaient bien qu'il était un homme. 
Ce qu'il était en réalité, son caractère, ses défauts, ses ori- 
ginalités, un petit nombre seulement pouvait le savoir; c'étaient 
ses officiers particuliers et ce que nous appellerions aujourd'hui 
son état-major et sa Maison. Mais ces quelques familiers admis 
par privilège ou à raison de leur fonctions dans l'intimité du 
souverain, ne nous ont pas laissé de mémoires secrets, si bien que 
nous ne possédons des rois de l'Egypte qu'un portrait officiel 
et en grande partie de convention. Pourtant les histoires qui 



154 

couraient sur quelques Pharaons, sur Chéops par exemple, suffi- 
sent à prouver que le monarque n'incarnait pas nécessairement 
les quatre vertus cardinales. En pareille matière les potins de 
cour renferment généralement plus de vérité que les actes pub- 
lics, les seuls que nous connaissions. La flatterie, la crainte, 
la nature humaine ne permettaient pas qu'il en fût autrement. 

D'ailleurs les idées morales de l'Egypte ont nécessaire- 
ment précédé le régime pharaonique, qui en est la dernière 
et la plus complète expression. Ce régime pas plus que notre 
monarchie absolue n'a jailli d'un seul coup du cerveau égyp- 
tien, — Le Pharaon est un chef de tribu, ou un prince de 
nome qui a réussi; ses armes, sa diplomatie, les circonstances 
ont assuré sa victoire sur les puissances susceptibles de lui 
disputer l'empire et ce n'est certainement pas sa vertu qui 
est la cause principale de ses succès. Nous la connaissons 
tous l'histoire classique de ces monarchies orientales à l'ori- 
gine desquelles les massacres, l'esclavage, les formes les plus 
odieuses de la brutalité et de la perfidie sont d'un emploi 
courant. S'il fallait chercher des comparaisons ce serait dans 
les chroniques persanes et musulmanes ou dans les traditions 
de certaines peuplades soudanaises ou berbères que l'on pour- 
rait trouver l'analogue. Ces guerres atroces et sans merci 
que se livrent parfois les petits potentats africains et qui 
finissent par la constitution de royaumes souvent fort étendus 
nous donnent probablement une image assez exacte des cir- 
constances historiques qui ont amené la fondation du régime 
pharaonique. Mais chacune de ces tribus, chacun de ces 
clans possède un certain stock d'idées morales et sociales 
qui se retrouvent fatalement dans les monarchies plus vastes 
qui se constituent peu à peu au cours des siècles. Ces monar- 
chies à leur tour, par une tendance naturelle à tous les orga- 
nismes centralisés, favorisent l'élaboration d'une doctrine poli- 
tico-morale qui attribue le premier rôle et les plus hautes 
vertus au pouvoir établi. L'impression qui se dégage de ces 



i55 

systèmes formés après coup est nécessairement celle d'un 
ensemble cohérent, raisonné, bien ordonné, d'une hiérarchie 
des pouvoirs conforme aux supériorités naturelles; mais c'est 
précisément ce caractère logique, je dirais presque théologique, 
qui doit nous induire en défiance. 

Telles sont, exposées très brièvement, les raisons pour 
lesquelles je suis très éloigné de partager à l'égard du roi 
d'Egypte les idées de M. Baillet. Son pharaon m'apparaît 
comme une sorte d'abstraction vertueuse qui domine l'Egypte 
et où chaque Egyptien voit le modèle qu'il doit s'efforcer de 
copier. Depuis le grand seigneur jusqu'au plus humble fellah, 
tous gardent les yeux fixés sur cette perfection vivante comme 
un enfant de choeur sur le prêtre pendant la messe. Je me 
refuse à croire qu'il en ait été ainsi. Outre que les vraisem- 
blances ne s'y prêtent point et que les perfections attribuées 
au roi me paraissent s'expliquer d'une manière beaucoup plus 
naturelle, cette morale hiérarchique me paraît peu conforme 
à ce que nous savons du caractère égyptien. Ce peuple s'est 
toujours montré rebelle aux constructions systématiques. — 
Rien ne lui est plus étranger que ces rigoureux édifices théo- 
logico-politiques où s'est complue l'âme cléricale de l'auteur 
des Chroniques ou du Code sacerdotal. L'idée d'un roi, mo- 
dèle pour ses sujets de toutes les vertus, pouvait naître des 
espérances du prophétisme hébreu ou des illusions du messia- 
nisme juif, non du tempérament pratique et du bon sens 
tranquille des indigènes de la vallée du Nil. 

C'est pourquoi je pense qu'il n'était pas utile d'alourdir 
cet excellent ouvrage de ce long exposé relatif à la divinité 
du Pharaon, à sa beauté, sa force, sa santé, à ses triomphes, 
aux constructions de temples, aux liturgies, aux guerres des 
dieux, à l'emploi des troupes auxiliaires, aux mariages inter- 
nationaux, aux navigations au long cours. Ces développe- 
ments qui, envisagés isolément, sont loin d'être dépourvus 
d'intérêt n'ont cependant avec les idées morales que des rap- 



i56 

ports extrêmement vagues et présentent l'inconvénient de 
faire perdre de vue le véritable objet du livre. M. Baillet 
n'avait donc nullement à s'excuser de n'avoir «tracé le tableau 
complet d'aucune administration, de n'avoir rien dit sur la stra- 
tégie ni sur la poliorcétique, pas plus que sur l'armement» 1 . 
C est là le seul défaut de son remarquable travail et ce 
défaut est peut-être l'effet d'une préparation trop prolongée. 
En ces vastes sujets, le plus difficile est souvent de se bor- 
ner au nécessaire; les lectures, les méditations suscitent peu 
à peu des rapprochements dont on ne s'avisait point tout 
d'abord; puis on découvre une infinité de relations délicates 
entre des phénomènes qui paraissaient indépendants et l'on 
finit par oublier les limites que l'on s'était assignées en com- 
mençant. 

Par contre une comparaison de la morale égyptienne 
avec celles des grandes races qui ont fondé la civilisation 
m'aurait paru de nature à préciser le genre d'influence que 
les idées morales ont exercée sur le régime politique et réci- 
proquement. 

Avec Israël les ressemblances sont frappantes. Des dix 
commandements du Décalogue il en est six dont les prescrip- 
tions témoignent de sentiments identiques chez les Hébreux 
et chez les Egyptiens. Cette constatation a d'autant plus de 
valeur qu'ici la priorité de l'Egypte est incontestable. Les 
seuls commandements exclusivement juifs sont les quatre pre- 
miers, qui proclament l'unité de Dieu, l'interdiction du culte 
des images, la défense d'invoquer en vain le nom d'Iahweh 
et l'obligation d'observer le Sabbat. Comme on le voit, 
l'objet en est purement religieux 'et cultuel. Tout ce qui se 
rapporte aux devoirs familiaux et sociaux, respect dû aux 
parents, condamnation du meurtre, de l'adultère, du vol, du 
faux témoignage, des convoitises coupables existait déjà de- 
puis longtemps dans le royaume des Ramsès. 

1 Préface, p. IX. 



i57 

A la différence des Israélites, dont le Décalogue ne 
mentionne pas encore le devoir de bonté, les Egyptiens ont 
senti de fort bonne heure la haute importance morale de 
cette aimable vertu. Ils en ont fait un des attributs essentiels 
des dieux et du Pharaon et les fonctionnaires de tout ordre 
se vantent de l'avoir pratiquée. Pour trouver l'équivalent des 
formules bien connues «j'ai été le mari de la veuve, le père 
du petit et du faible, l'asile de l'orphelin, le vêtement de qui 
n'a plus de mère, etc.» il faut descendre jusqu'à l'époque 
prophétique et au livre de Job. Dans ce dernier, en parti- 
culier, quelques passages rappellent d'une manière frappante 
le ton des stèles égyptiennes: «je sauvais le misérable qui 
implorait secours et l'orphelin et celui que personne n'aidait; 
l'homme voué à périr me bénissait et j'emplissais d'une cla- 
meur de joie le coeur de la veuve; . . . j'étais les yeux de 
l'aveugle, les pieds du boiteux; j'étais un père pour les pauv- 
res et le procès de l'inconnu je l'étudiais avec soin» 1 . 

Est-ce à dire qu'Israël ait, à ce point de vue, subi 
l'influence directe de l'Egypte? Rien ne le prouve. Il est 
fort probable que les Hébreux ont emprunté à la civilisation 
égyptienne beaucoup plus qu'on ne le croit communément. 
Lorsque le vif mouvement de curiosité qui attire depuis quel- 
ques années les philologues bibliques vers les textes cunéi- 
formes se sera un peu ralenti, l'on s'apercevra certainement 
que la Mésopotamie, malgré les trésors qu'elle renferme, ne 
suffit pas à tout expliquer et que l'Egypte nous réserve en- 
core à l'égard d'Israël plus d'un enseignement. Mais, d'autre 
part, les idées morales présentent parfois de si étranges ressem- 
blances, même entre nations qui s'ignorent, qu'il faut des 
preuves tout à fait positives pour que l'on puisse conclure 
de ressemblances à un emprunt. 

1 Cf. Livre de lob, Chap. XXIX & XXX. L'influence égyptienne est 
d'ailleurs très sensible dans le livre de Job et a été constatée par tous les 
commentateurs. Cf. par ex. le commentaire de K. Budde (collection Nowack, 
Gôttingen. 1913). 



i5« 

Peut-on dire qu'il existe entre l'Egypte et la Grèce les 
mêmes analogies qu'entre l'Egypte et Israël? Je ne le crois 
pas. En ce domaine comme en tous ceux qu'elle a illuminés 
de son rayonnant génie, la Grèce a fait preuve de cette fierté 
simple et de ce sens philosophique élevé que, sans elle, le monde 
n'eût peut-être jamais connus. Sans doute elle a proclamé, 
comme l'Egypte, le respect dû au vieillard, la protection due 
à la veuve, à l'orphelin; elle a loué la bienfaisance, poursuivi 
le vol, flétri la débauche, puni l'adultère; elle a défendu le 
meurtre et condamné l'injustice. Mais elle a honoré des ver- 
tus dont l'Egypte paraît s'être à peine doutée. La dignité 
de l'individu, la patience dans le malheur, la résistance cou- 
rageuse aux fléaux naturels, la lutte contre l'adversité, l'esprit 
de sacrifice, le dévouement à son pays, le respect du vaincu 
ne sont sur les monuments égyptiens jamais ou presque ja- 
mais mentionnés. Ce silence à peu près complet paraît tenir 
à ce que les préoccupations morales de l'Egypte, comme 
celles de la plupart des peuples orientaux, ne dépassent guère 
le cadre relativement étroit des qualités qui rendent la vie 
facile et paisible. Le domaine autrement étendu des vertus 
qui, faisant partie de l'esthétique supérieure de l'être humain, 
profitent rarement et nuisent le plus souvent à ceux qui les 
pratiquent leur est demeuré à peu près fermé. 

N'est-ce pas là une preuve que les illusions nobles sont 
un facteur essentiel de la valeur des races comme de celle 
des individus? Jamais des vertus bourgeoises ne sauraient 
suffire à fonder l'idéal. Les grands peuples sont ceux qui, 
comme le héros d'Aristophane, s'escriment à escalader le ciel 
au risque de se rompre le cou.- Mille choses, la patrie, la 
religion, la gloire, la liberté leur paraissent toujours préfé- 
rables à l'existence. Pareils au Dionysos des Bacchantes, ils 
sont en proie à une folie divine qui n'est que le signe d'une 
sagesse supérieure. Eux seuls ont pu faire preuve de cet 
étonnant mépris des vraisemblances et des réalités qui si 



159 

souvent est le signe des hautes destinées. Si à sa vie natio- 
nale Israël n'avait préféré son Dieu; si la Grèce n'avait, par 
une témérité de génie, défendu contre le Grand Roi les droits 
sacrés du patriotisme et de la liberté; si les tribus errantes 
des bords du Rhin et de l'Elbe n'avaient, dans une lutte qui 
paraissait désespérée, soutenu contre le colosse romain la 
cause des libertés particulières contre l'omnipotence de l'Etat, 
tout ce qui constitue la supériorité religieuse, philosophique, 
politique de la civilisation moderne n'eut peût-être pas vu 
le jour. 

Cette différence de point de vue entre le monde égyp- 
tien et les races énergiques dont nous continuons la tradition 
s'explique jusqu'à un certain point par une différence d'état 
social et politique. L'on est frappé, en parcourant la longue 
série des stèles et des textes moraux de voir que les vertus 
civiques se résument en l'obéissance au Pharaon, en l'industrie 
dont on fait preuve pour lui plaire. Alors que la Grèce, 
Rome, la Germanie ont eu si tôt le sentiment très net des 
devoirs de chaque homme vis-à-vis de la communauté, l'Egyp- 
tien n'a conçu ses devoirs de citoyen qu'en fonction de ses 
obligations envers son souverain. Il ne se glorifie pas d'être 
mort pour obéir aux lois, comme les Spartiates de Léonidas, 
ou pour défendre le sol natal comme les Athéniens de Mara- 
thon. Ces grandes monarchies orientales se prêtaient mal à 
l'épanouissement des viriles qualités que favorisait à un si 
haut degré la vie si complète et si libre des anciennes cités 
grecques ou l'indépendance farouche des forêts de la Germanie. 
Un Solon, un Thémistocle, un Arminius, un Civilis y eussent 
été impossibles. Toute la vie nationale y demeurait concen- 
trée en la personne du prince. C'était lui dont la volonté 
décidait à son gré toute chose; ses sujets n'avaient qu'à obéir. 
Point de discussion; point de vote; des ordres. Tout au plus 
un conseil intime, une assemblée de chefs dont l'avis ne liait 
pas le souverain. Comment s'étonner dès lors que, soumise 



i6o 

à pareille tutelle, l'âme égyptienne se soit amollie et qu'elle 
se soit déchargée sur le pharaon des nobles préoccupations 
qui forment le citoyen? Les énergies et les initiatives que 
suscite la recherche en commun du bien général ne pouvaient 
se développer ici. En Egypte, comme partout, le despotisme 
s'est montré contraire à la naissance d'un esprit public et il 
a été la principale cause qui a maintenu le patriotisme indi- 
viduel dans un état de perpétuelle langueur. Il est vrai 
qu'Israël a fait preuve à travers toutes son histoire d'un sens 
national et d'une énergie morale qui n'ont jamais été sur- 
passés. Mais il faut remarquer que les rois juifs ont beau- 
coup mieux gardé que les rois d'Egypte leur caractère pri- 
mitif de chefs de bandes, chefs dont l'autorité n'était jamais 
absolue. En outre, à côté de leurs rois, parfois même au- 
dessus d'eux, les Hébreux ont eu les prophètes, incomparables 
agents d'idéalisme moral, dont l'Egypte, décidément, a manqué 
et que les Pharaons n'eussent jamais soufferts à côté de leur 
trône. Ces marabouts admirables et toujours irrités qui se 
nommaient Elie, Amos, Isaïe, en confondant la cause de leur 
race avec celle de Dieu, en prêchant le triomphe final de la 
justice et de la vertu sur les complots toujours infâmes des 
princes de ce monde ont à jamais sauvé Israël des voies 
d'une sagesse purement humaine au-dessus de laquelle l'Egypte 
ne paraît pas avoir cherché à s'élever. 

Chose étrange! Alors que quelques tribus de bédouins 
ont suffi pour donner au monde la Bible et le Coran, livres 
où deux fractions importantes de l'humanité puiseront jusqu'à 
la fin des temps le sentiment de leur devoirs, cette aimable 
nation dont tous les peuples anciens s'accordaient à vanter 
l'antique sagesse, n'a laissé jusqu'ici qu'une trace anonyme 
dans l'histoire du progrès moral. Il a fallu près de cent ans 
d'études égyptologiques pour rendre enfin probable l'influence 
considérable que les idées égyptiennes ont, à ce point de 
vue, exercée sur la formation de notre mentalité occidentale. 



i6i 



Cela tient en grande partie à ce que ce peuple n'a pas été 
le peuple d'un livre comme les Arabes ou les Hébreux. Si 
pures qu'elles soient, les morales qui ne se présentent point 
ramassées en un recueil censé révélé et destiné à défier le 
cours des siècles ne résistent pas mieux à l'usure du temps 
qu'un tas de sable à l'assaut du vent du désert. Les élé- 
ments en sont dispersés aux quatre régions du ciel et nul 
n'en connaît plus l'origine. I'aute d'une «Bible» égyptienne, 
le plus clair des idées morales de l'ancienne Egypte s'est 
éparpillé un peu par tout le monde antique sans qu'aucun 
des peuples qui en ont recueilli l'héritage paraisse avoir eu 
conscience d'un apport étranger. Après des siècles, M. Baillet 
restitue à la civilisation de la vallée du Nil le rang éminent 
qui lui revient. Antérieure à Israël, à la Grèce, à Rome, 
l'une des premières, elle a élevé la voix au nom de la justice 
et de la bonté, proclamé dans un monde où la violence pou- 
vait régner sans obstacle le respect dû au vieillard, à la veuve, 
à l'orphelin, revendiqué les droits inviolables du petit et du 
faible et affirmé qu'un coeur compatissant pendant cette vie 
devient après la mort une garantie puissante contre l'inclé- 
mence des dieux. 

C. Autra?i. 



Friedrich Zimmermann. Die aegyptische Religion nach der Dar- 
stellung der Kirchenschriftsteller und die aegyptischen Denk- 
maeîer (Studien zur Geschichte und Kultur des Altertums, 
herausgegeben von Drerup, Grimme und Kirsch. Paderborn. 
1912. 8. 201 S.). 

Die commentierende Thaetigkeit der Aegyptologen hat sicb 
der klassischen Litteratur gegeniiber im Wesentlichen auf Herodot 
beschraenkt und hat bei dessen Erklaerung die mit seinen Be- 
richten in mehr oder weniger losem Zusammenhange stehenden 
Bemerkungen anderer Klassiker herangezogen. Fur Horapollo 
ist seit den fur ihre Zeit grundlegenden Erlaeuterungen von Lee- 
mans (1835), trotz der seither viel weiter fortgeschrittenen Kennt- 
niss der aegyptischen Schrift kein neuer Commentar erschienen. 
Eine zusammenhaengende Bearbeitung der aegyptischen Theile 
des Diodor und damit des Hecataeus von Abdera, seines Haupt- 
gewaehrsmannes fur das Nilthal neben den auf die herodoteische 
Auffassung zuriickgehenden Angaben, fehlt ebenso wie eine soîche 
des aeusserst wichtigen Strabo. Monographische Arbeiten iïber 
einzelne Stellen dieser Autoren oder liber die auf Aegypten be- 
ziiglichen Stiicke weiterer Schriftsteller liegen nur in sehr geringer 
Zahl vor. Vor allem wurden ganze Kategorien von Quellen nur 
kurz gestreift, obwohl gerade bei diesen eine einheitliche kiï- 
tische Untersuchung nothwendig und weit mehr Erfolg versprechend 
erscheinen musste als die gelegentliche Anfùhrung der einen oder 
anderen Stelle. Hierher gehoeren die Bemerkungen iiber natur- 
wissenschaftliche Verhaeltnisse des Nilthales, liber die Rechts- 
zustaende, u. s. w. Dass auf diesem Wege manches Neue zu 



163 

gewinnen ist, hat vor Kurzem die Bearbeitung der Stellen ûber 
die aegyptische Schrift durch Marestaing gelehrt. 

Eine Quellenreihe, welche eine in gewissem Masse ge- 
schlossene Gruppe bildet und welche bisher fiir die aegyptologische 
Forschung nur wenig herangezogen worden ist, sind die Kirchen- 
schriftsteller. Die aeltern unter ihnen schrieben in einer Zeit, in 
welcher das aegyptische Leben in seînen Kulturerscheinungen 
und vor allem in seinen religioesen Aeusserungen noch zu Recht 
bestand, so dass sie auf zeitgenoessische Beobachtungen auf bauen 
konnten und nicht ausschliesslich auf Buchgelehrsamkeit ange- 
wiesen waren. Dies gilt vor allem von den Autoren bis auf 
Eusebius herab, waehrend bei den spaeteren Schriftstellern nur 
einzelne Theile auf eigenen Quellenwerth Anspruch erheben koen- 
nen. Das Vorhandensein dieser Litteratur und ihr Interesse fiir 
aegyptologische Zwecke war bekannt, ihre Ausnutzung erschwerte 
aber der Umstand, dass einerseits den Aegyptologen die noethige 
Uebersicht ûber die aeusserst umfangreiche patristische Litteratur 
fehlte, andererseits den Theologen die aegyptische Kultur zu fern 
lag als dass sie mit Nutzen die Bearbeitung der Kirchenschrift- 
steller haetten in Angriff nehmen koennen. Es war daher ein 
gliicklicher Umstand, als bei einem jùngeren katholischen Theologen 
das Interesse ftir die friihchristliche Litteratur mit einer Vorliebe 
fiir orientalische Studîen zusammen traf. 

In mehrjaehriger Arbeit hat, diesen seinen beiden Interesse- 
kreisen entsprechend, Zimmermann die zahlreichen in Betracht 
kommenden Schriftsteller durchgearbeitet, ihre Angaben iiber die 
aegyptische Religion ausgezogen und in ihrem Sinne und Werthe 
geprûft. Zugleich hat er sich dem Studium der semitischen 
Sprachen und des Aegyptischen gewidmet. Vor allem zog ihn 
letzteres an und so hat er sich, ehe er an die Ausarbeitung seines 
Werkes herantrat, eine eingehende Kenntniss der aegyptischen 
Sprache und Litteratur und ihrer modernen Bearbeitungen ange- 
eignet. Er war, in Folge dessen, im Stande, nicht nur die 
Angaben anderer Bearbeiter der Texte und ihres Inhaltes nach- 



164 

zuprufen, er konnte auch selbstaendig an das aegyptische Mate- 
rial herantreten. Dièse aegyptologische Vorbildung des Verfassers 
muss besonders betont werden. Waehrend es auf dem Gebiete 
der klassischen Altertumskunde fur selbstverstaendlich gilt, dass 
sich nur derjenige wissenschaftlich zu aeussern verra ag, der eire 
Kenntniss des Griechischen und Lateinischen besitzt, ist eine 
entsprechende Einsicht fur den alten Orient noch nicht allgemein 
durchgedrungen. Hier finden sich, wie neuerdings wieder ein 
Comnventar zu Herodots zweitem Bûche 1 gezeigt hat, noch immer 
Schriftsteller, welche auf Grund einer Reihe aelterer Werke ihre 
Bûcher zusammenstellen ohne eingehendere aegyptologische Kennt- 
nisse zu besitzen und ohne demzufolge die damit zusammen- 
haengende Moeglichkeit zu haben, den Werth der in ihren Quellen 
ausgesprochenen Ansichten in fachmaennisch kritischer Weise 
nachzuprùfen. Das selbstbewusste Urtheilen ùber ihnen nicht 
genehme Aufstellungen ihrer Gewaehrsmaenner pflegt in solchen 
Faellen die mangelnde Kenntniss der Thatsachen nicht ersetzen 
zu koennen. 

Den Vorzug der umgekehrten Arbeitsweise zeigt so gut wie 
jede Seite des Bûches von Zimmermann. Regelrnaessig ist hier 
das aegyptologische Material in umfassender Weise zu Rathe 
gezogen worden. Die moderne Litteratur in Zeitschriften, Ab- 
handlungen und Bùchern findet sich mit Sorgfalt verzeichnet. Die 
hieroglyphischen und hieratischen Texte werden nicht nur an den 
Stellen, an denen bereits Uebersetzungen vorlagen, sondern auch 
da, wo nur die Texte selbst ediert waren, verwerthet. Den Ueber- 
setzungen brauchte der Verfasser nicht ohne weiteres zu ver- 
trauen, er hat sie mit den Originalen verglichen und ist dabei 
mehrfach zu andern und besser # gesicherten Auffassungen des 
Sinnes des Urtextes gelangt. So ist es ihm gelungen, grosse 
Vollstaendigkeit zu erreichen. Dabei hat er auch auf diejenigen 
Anschauungen hingewiesen, welche er nicht theilen zu sollen 
glaubte und seine Gegengriinde klargelegt. Durch Nennung der 
1 Wells in How and Wells, A Commentary on Herodotus. Oxford 1912. 



165 

in Betracht kommenden Quellen hat er zu gleicher Zeit dem 
Benutzer die Moeglichkeit gewaehrt, sich selbst ein Urtheil liber 
die verschiedenen Streitfragen und tiber etwaige einstweilen noch 
nicht mit Sicherheit klar zu stellende Punkte zu bilden. Es wird 
sich beziiglich der vorliegenden Litteratur weder bei den patri- 
stischen noch bei den aegyptologischen Angaben etwas Wesent- 
liches aus dem bisher zugaenglichen Materiale den Ausfiihrungen 
des Verfassers beifùgen lassen. 

Fur die Disposition des Stoffes konnten zwei Grundgedanken 
in Frage kommen. Die Angaben konnten nach den Schrift- 
stellern und bei jedem derselben nach Buch und Kapitel geordnet 
werden, oder man konnte dieselben unter gemeinsame Rubriken 
einheitlich zusammenfassen. Ersterer Weg, den ich bei meinem 
Herodot Zweites Buch gewaehlt habe, ist fur den Benutzer, der 
sich iiber eine bestimmte Schriftstellerstelle und deren Gehalt 
unterrichten will, bequemer. Letztere Méthode, welche Sourdille 
fur die Behandlung der aegyptischen Religion bei Herodot befolgt 
hat, gewaehrt die Moeglichkeit, der GesammtaufTassung des Autors 
iiber groessere Gedankenkreise oder Sittengebiete gerechter zu 
werden. Zimmermann hat seine Arbeit sachlich geordnet. Dies 
empfahl sich, da die verschiedenen Kirchenschriftsteller haeufig 
die gleichen Dinge berichten und daher bei einer Anordnung 
nach ihren Werken fortdauernde Verweise erforderlich gewesen 
waeren. Ein Index der behandelten Stellen macht ein Nachschlagen 
fur denjenigen leicht, der ùber einen bestimmten Autor Auskunft 
sucht. 

Die Anordnung des Werkes im Einzelnen ist die folgende : 
Es beginnen die Stellen, welche sich auf die Goetter und den 
Goetterglauben im Allgemeinen beziehen, die euhemeristische 
Auffassung aegyptischer Gottheiten, die grosse Zahl der hoeheren 
Wesen und ihre Deutung als Daemonen. Dann folgt der Osiris- 
kreis und seine verschiedenen Gestalten, die Sage vom Leben 
des Gottes, die ihm geltenden Mysterienspiele. Hieran schliessen 
sich die iibrigen grossen Goetter, besonders Amon, Neith, der 



i66 

Nil und Imuthes, und dann die Sondergoetter, Baeume und 
Kraeuter, Blaehungen, Dekane. Hierauf folgt der von den Griechen 
viel behandelte Thierkult, die einzelnen verehrten Thierarten, 
ihre Heiligkeit und Bestattung. Ein weiteres Kapitel bilden die 
prîesterlichen Beamten, ihre Abtheilungen, Lebensweise, Rasiert- 
sein, die Beschneidung, dann die Tempel, ihre Ausstattung und 
Bibliotheken. Endlich wird auf die irrthiimlich den Aegyptern 
zugeschriebene Lehre von der Seelenwanderung hingewiesen. 
Einige Nachtraege und ein gutes alphabetisches Sachregister der 
besprochenen Gottheiten, Orte, Lehren und Sitten bilden den 
Abschluss des Werkes. 

Die Darstellungsweise des Verfassers ist klar und gut lesbar, 
der Druck sorgfaeltig und fehlerfrei. Das Buch wird sich zunaechst 
den Aegyptologen niitzlich erweisen, denen es neue Quellen fur 
die Religion des Nilthales erschliesst und dabei aus diesen Quellen 
und aus ihrem Vergleiche mit der Denkmaelern wichtige That- 
sachen festzustellen weiss. Dann wird es den Theologen wichtig 
sein und fiir die Beurtheilung zahlreicher Stellen der Kirchen- 
schriftstelîer die Grundlage zu bilden haben. Es zeigt dabei, 
dass dièse Maenner besonders fiir volksthùinliche Sitten und 
Glaubenssaetze im Nilthale eine aufschlussreiche und zuverlaessige 
Quelle darbieten 1 . Naturgemaess lassen sie, der Tendenz ihrer 
gegen das Heidenthum gerichteten Schriften entsprechend, die 
Schattenseiten des Aegypterthumes vor Allem hervortreten und 
betonen bei den religioesen Gedankengaengen das ihnen sonder- 
bar und laecherlich Erscheinende um hierdurch die Reinheit der 
Lehre des Christenthumes um so klarer zur Anschauung zu 
bringen. Sie bleiben aber auch in ihren apologetischen Aus- 
fiihrungen im Kreise der Thatsachen; sie berichten zwar einseitig, 
sind aber, so weit es ihnen ihre Gewaehrsmaenner gestatten, 
bestrebt, eine wahrheitsgemaesse Darstellung zu geben. 

Bonn. A. Wiedemann . 



1 Vgl. hîerzu Wiedemann im Anthropos VIII. S. 427 ff. 



A. Wiedemanii, 



XVIII. Ein jetzt im Muséum zu Berlin befindlicher, zu 
Gebelèn gefundener Holzsarg aus der Zeifc des Ueberganges 
vom Alten zum Mittlern Reiche zeigt auf der linken Aussen- 
seite in flùchtiger, aber gewandter Zeichnung eine eigenartige 
Darstellung. 1 Auf einem Ruhebette liegt mit dem Haupte 
auf einer Kopfstùtze eine mumienartige Gestalt, deren Kopf 
frei aus der weissen Umhùllung herausragt. An dem Kopf- 
und an dem Fussende des Lagers steht je ein weibliches 
Wesen mit ausgestreckten Armen. Die am Kopfende Ste- 
hende hebt die Unterarme in der ùblichen Anbetungsstellung 
halb in die Hoehe, die Frau am Fussende haelt die Ober- 
arme schraeg nach unten, die Unterarme flach nach vorn. 
Ueber dem Todten schvvebt in ausgestreckter Haltung eine 
weitere weibliche Gestalt, welche ihre beiden Haende dem 
Gesichte des Todten naehert als wolle sie ihn streicheln. 
SteindorfF, dem wir die Kenntniss dièses Denkmals verdanken, 
vermuthete, es handle sich hier um eine Tochter oder, da 
sie die Tracht der Erwachsenen trage, um eine Frau, welche 
sich ùber die Mumie zu werfen scheine. Gegen eine solche 
Erklaerung spricht der Umstand, dass der Abschied der weib- 
lichen Familienmitglieder von dem Todten sonst stets in 

1 Publ. Steindorff, Grabfunde des Mîttlern Reichs in den Koeniglichen 
Museen zu Berlin (Mittheilungen aus den Orientalischen Sammlungen 9) II. 
S. 13, Taf. 3. 

Sphinx XVIII f j. >3 



i68 

anderer Weise vorgefùhrt wird. Der Sarg steht in einem 
solchen Falle aufrecht da, die Hinterbliebene hockt zu seinen 
Fiissen, berùhrt oder umfasst ihn. Unter diesen Umstaenden 
scheint mir die im Folgenden dargelegte Deutung weit wahr- 
scheinlicher zu sein. 

Fine nicht viel jùngerer Zeit entstammende Abbildung 
einer entsprechenden Lagerung von Mann und Frau wie auf 
diesem Sarge findet sich in einer Hiéroglyphe zu Beni Hasan, 
welche den ehelichen Verkehr darstellen soll. 1 Dabei sind 
beide aber aïs lebende Persoenlichkeiten aufgefasst und wird 
der Mann iïber der Frau schwebend abgebildet, da nach der 
aegyptischen Darstellungsart jede der beiden Personen selb- 
staendig als Einzelwesen vorgefùhrt werden musste und sie 
sich nicht gegenseitig decken durften. Auf dem in Rede 
stehenden Sarge weist auf den Gedanken an einen gleichen 
Vorgang wie in Beni Hasan eine Eigenthumlichkeit der Mu- 
miengestalt des Mannes hin, welche dieselbe aufïallend von 
der ùblichen Darstellung des auf dem Ruhebette gelagerten 
Todten unterscheidet. Der Ansatz des obern rechten Armes 
der Gestalt wird nicht wie sonst durch eine einfache gerundete 
Linie gebildet, sie zeigt einen kurzen Stumpfansatz. Bei 
dem linken Arm ist der Ansatz, den das Gewand verbirgt, 
weit staerker entwickelt und erweckt den Eindruck als laege 
unter dem Gewand der Unterarm ausgestreckt und als habe 
man den in die Hoehe gehaltenen Oberarm in der Darstellung 
unterdruckt. In Folge dessen gleicht der Ansatz des linken 
Armes aufïallend dem runden Stumpf, den haeufig Darstel- 
lungen des Gottes Min an dieser Stelle zeigen, 2 waehrend der 
andere Arm an den Ansatz und untern Theil des Armes 
erinnert, welchen Min in solchen Faellen im untern Theile 

1 Leps. Denkm. II. 143b. 

2 Z. B. Leps. Denkm. II. 149a (12 Dyn.), III. 275^ (26 Dyn.), 286*1 
(30 Dyn.). — Eine eigenartige Sage uber ein* Rild des phallischen Min aus 
Achmim findet sich bei Maqrizt, Description de l'Egypte ûbers. von Bouriant 
(Mein. de la Mission du Caire 17) S. 713. 



iôg 

ausstreckt, im obern im rechten Winkel in die Hoehe hebt 
und ùber dem dann die Geisel schwebt. Wenn auf dem 
Sarge jede Andeutung des Phallus fehlt, den Min in solchen 
Faellen zu zeigen pflegt, so kann dies den Vergleich nicht 
ausschliessen, da gelegentlich auch bei dem Gotte das Glied 
nicht angedeutet wurde. 1 

Es kann sich bei der Sargdarstellung naturgemaess 
nicht um eine Vorfùhrung des Gottes Min selbst handeln. 
Der Kùnstler wird die Anklaenge an dessen Haltung gewaehlt 
haben, vveil ihn der Vorgang an die Auffassung des Min als 
Fruchtbarkeitsgott erinnerte. Als Ganzes betrachtet deckt 
sich das Sargbild am meisten mit einer anderen sich mehr- 
fach findenden Abbildung, mit der Vorfùhrung der posthumen 
Zeugung des Horus durch Osiris. Bei dieser pflegen zwei 
Gottheiten, Isis und Horus oder Isis und die die Auferstehung 
unterstûtzende und bewirkende Froschgoettin Hekt 2 am Kopf- 
und am Fussende der Bahre zu stehn, waehrend ùber dem 
auf dem Rùcken liegenden, mit Ausschluss des Kopfes und 
des Zeugungsgliedes in Mumienbinden eingehùllten Osiris 
Isis in Sperbergestalt schwebt um den sperbergestaltigen Ho- 
rus zu empfangen. 3 

Durch eine Reihe anderweitiger Andeutungen ist be- 
kannt, dass die bei den verschiedensten Voelkern verbreiteten 

1 Leps. Denkra. III. 275c (Zeit des Amasis). 

2 Fur die Bedeutung des Frosches und der Kroete vgl. Iacoby und 
Spcegelberg, Sphinx VII S. 215 ff., VIII S. 78 f.; Wiedemann, Orient. Lit. 
Zeit. XI Sp. 181; fur Lampen in Gestalt dieser Thiere besonders Pétrie, The 
Roman Ehnasya pl. 63 — 4; fur entsprechende Amulette Lortet und Gaillard, 
Faune momifiée IV p. 143 f., V p. 240 f. ; Reisner, Amulets (Cat. Kairo) pl. 
23 f. Eine Schale mit zahlreichen plastischen Froschbildern bei Petrte, Hyk- 
sos and Israélite Cities pl. 32, p. 31 f. und Duncan, Exploration in Egypt. 
Taf. zu p. 172, p. 175. 

3 Wiedemann, Rec. de Trav. etc. XX p. 134 ff. (Reliefdarstellungen 
Seti I zu Abydos, der Spaetzeit zu Dendera, Anspielungen in den Pyramiden- 
texten und in der i8ten Dyn.). Fur den den Vorgang plastisch darstellen- 
den grossen Kenotaph des Osiris und seine Datierung vgl. Groff, Ree. de 
Trav. etc. XXII p. 80 ff.; Daressy, 1. c. p. 138 ff. 



.Anschauungen iiber die Moeglichkeit einer Todtenhochzeit 1 
und einer posthumen Zeugung auch bei den alten Aegyptern 
nicht nur fur die Goetterwelt, sondern auch fur die mensch- 
lichen Todten bestanden. Um ihre Ausfùhrung dem Todten 
zu sichern wurden ihm im Nilthale Statuetten unbekleideter, 
meist auf ein Ruhebett gelagerter weiblicher Wesen in das 
Grab gelegt und neben der Frau haeufig das Bild des Knaben 
angedeutet, der dieser Todtenehe entspriessen sollte. 2 Galt 
es doch bereits auf dieser Erde als Pflicht des Mannes seine 
Frau zu schwaengern 3 und suchte man, falls dièses Ereigniss 
nicht eintrat, durch innere Mittel auf den Mann einzuwirken, 4 
waehrend man im modernen Aegypten der Frau die Schuld 
zuschreibt und ihr bisweilen eigenartige Mittel, wie Staub 
von antiken Sandsteinsaeulen, 5 eingiebt. 

Bei andern Darstellungen begniïgte man sich mit dem 



1 Die besonders charakteristischen russischen Anschauungen besprach 
Schrader, Totenhochzeit, Iena, 1904, deutsche aus derartigen Gedanken- 
gaengen hervorgegangene Sitten Sartori, Sitte und Brauch I S. 152 f. 

2 Wiedemann, Zeitschrift des Vereins fiir rhein. und westf. Volkskunde 
IX S. 166 f. Zu den dort Anm. 3 aufgefuhrten Beispielen solcher Todten - 
frauen ist hinzu zu fùgen : Pétrie, Ehnasya (18 Dyn. von Gurob), Memphis I 
pl« 35 (Spaetzeit); Morgan, Fouilles à Dahchour 1 pl. 46 fig. 104 (Spaetzeit); 
Breccia, Rapport sur la. Marche du Service du Musée d'Alexandrie, 1912, p. 
17 f., Kaufmann, Aegyptische Terrakotten der griech.-roem. Epoehe fig. 69, 
S. 100 f. (hellenistische Zeit). Vollfiguren ohne Lager : Capart, Rec. de Monu- 
ments pl. 66; Pétrie, Qurneh pl. 9, 20, 31; Quibell und Green, Hieraconpolis 
II pl. 27; Quibell, Excavations at Saqqara IV pl. 61, fig. 3 (31 cm hoch, 
Spaetzeit). — Einige derartige Figuren sind ganz flach gearbeitet, zeigen auf- 
fallend kleine Brûste und stark betonte Geschlechtstheile (z. B. Capart, Rec. 
de Monuments pl. 65). Ihr Typus ist wenig aegyptisch und hat man bei 
ihnen wohl an asiatischen Import zu denken. Vgl. hierzu auch Cantenau, 
La Déesse nue Babylonienne, Paris 191 4. — Die an die Darstellung der aegyp- 
tischen Todtenfrauen erinnernden weiblichen Statuetten der koptischen Zeit 
(vgl. Strzygowski, Koptische Kunst (Cat. Kairo) S. 201 fi*., pl. 18; Woolley, 
Proc. Soc. Bibl. Arch. XXIX p. 218 ff. sind als Puppen oder als erotische 
Figuren aufzufassen. 

3 Ostrakon aus Theben bei Erman, Aeg. Zeitschr. XLI1 S. 101. 

4 Maspero, Contes populaires, 4 te Aufl., p. 157 (Zweite Setna-Erzaeh- 
lung); vgl. Pyr. Unas Z. 182 f. 

5 Maspero, Ruines et Paysages de l'Egypte p. 273 f. 



i7i 

Bilde der Frau allein. Hierbei ist ein Exemplar besonders 
bemerkenswerth, bei welchem die nackte weibliche Figur auf 
einem zvveischlaefrigen Bette ruht und neben sich entsprechen- 
den Raum fur den Mann frei laesst. 1 Unter der i8 ten Dyna- 
stie wurden die Todtenfrauen bisweilen nicht einfach in das 
Grab gelegt, sondern in kleine Modellsaerge gethan. 2 M an 
vvollte offenbar durch dièse Nachahmung einer thatsaechlichen 
Bestattung ihre Belebungsfaehigkeit erhoehen, aehnlich vvie 
man dies nicht selten fur die Uschebti durch ihre Lagerung 
in kleine Saerge aus Stein oder Thon zu erreichen suchte. 
Bei andern aus verschiedenen Zeiten stammenden Darstellungen 
liegt die Frau nicht auf dem Lager, sondern steht unbekleidet 
in einer Art Kapelle. Dann hat der Fertiger bei der Gestal- 
tung der fur den Todten bestimmte Frau an die Goettin Isis 
gedacht. Eine Angleichung an dièse wurde durch den Ver- 
lauf des eben erwaehnten Vorganges nach dem Tode des 
Osiris nahe gelegt, und dies um so mehr als der Todte 
selbst als ein Osiris angesehn und bezeichnet zu werden 
pflegte. 

Galt der Todte als zeugungsfaehig, so konnte er natur- 
gemaess seine Kraft nicht nur an der Todtengattin im Ienseits 
erweisen, sondern auch Persoenlichkeiten gegenùber, welche 
noch a m Leben waren, wie dies der Mythe zu Folge Osiris 
bei der ihn ùberlebenden Isis vermocht hatte. An dièse 
Thatsache denkt allem Anscheine nach das Sargbild von 
Gebelên. Die abgebildete Gattîn hofft auf diesem Wege von 
dem todten Gemahl noch einen Leibeserben empfangen zu 
koennen und sollte dièses Ereigniss durch die besprochene 
Darstellung vermittelst eines Sympathiezaubers bewirkt wer- 
den. Eine derartige Hoffnung liegt dem Volksempfinden 
nicht so fern, wie es dem modernen Menschen erscheinen 
koennte. Eine Reihe von Volksgebraeuchen erinnert bis in 

1 Pétrie, Qurneh pl. 31, fig. 5, p. 12. 

2 Wainwrigbt bei Pétrie, Labyrinth p. 27, pl. 16. 




die Neuzeit hinein an entsprechende Vorstellungen, wenn die 
Sitten auch allmaelich dem Volke unverstaendiich geworden 
sind und zu reinen, gelegentlich sehr sonderbar anmuthenden 
ceremoniellen Handlungen sich abgeschwaecht haben. So ist 
es lange im Luxemburgischen ùblich geblieben, dass die Frau 
bei dem Begraebnisse auf dem Sarge ihres Gatten zu reiten 
hatte, 1 offenbar eine Erinnerung an ein aelteres drastischeres 
Verfahren, welches eine posthume Zeugungauf sympathischem 
Wege erzielen sol lté. 



XIX. Als dem Papyrus Westcar VII. 14 — 6 zu Folge 
der Prinz Hor-dudu-f zu dem 1 10 Iahre alten, zauberkundigen 
Dedà kara, fand er diesen auf einem Ruhebette liegend. Ein 
Sklave kratzte ihn am Kopfe, ein zweiter rieb ihm die Fusse. 
Letztere Art sich eine erfreuliche Empfindung zu verschaffen, 
hat sich in Aegypten bis in die Neuzeit erhalten. Lane 2 
berichtet, dass, wenn sich der Kairener zum Mittagschlaf zu- 
rùck zieht, eine Frau oder Sklavin seine Ruhe bewacht oder 
seine Fussohlen mit ihren Haenden reibt. Dass im Mittel- 
alter eine aehnliche Auffassung von dem Erfreulichen einer 
solchen Behandlung der Fusse herrschte, zeigen eine Reihe 
von Stellen in den Maerchen von 1001 Nacht. In diesen 
wird selbstverstaendlich besonders haeufig die noch jetzt im 
Oriente nach dem Bade ùbliche Massage erwaghnt. Daneben 
aber wird geschildert, wie der junge Mann aus dem Schlafe 
erwacht und das Maedchen oder eine hùbsche Negerin oder 
auch eine andere Persoenlichkeft erblickt, welche damit be- 
schaefïtigt ist, ihm die Glieder und vor allem die Fusse in 

1 Font ane, Luxemburger Sitten S. 154. 

2 An Account of the Manners and Customs of the Modem Egyptians, 
chap. 5, ùbers. von Zenker I S. 150. 



i73 

angenehmer Weise zu massieren 1 oder ihn liebkost und ihm 
dabei die Fusse massiert. 2 



XX. In Luxor erwarb ich Anfang 1907 einen dunkel- 
grauen Skarabaeus von 17 cm Laenge, 12 cm Breite, welcher 

\A\ ^ ta 

auf der Unterseite die Inschrift traegt f ^ jj ^ 

^ <cr> x-- !. Es handelt sich bei diesem Harua um einen 

bereits durch andere Denkmaeler bekannten Mann, der in 
der Zeit des Ueberganges von der 25 t8n zur 26 ten Dynastie 
als Beamter der Koenigin Ameneritis eine Rolle spielte. Sein 
im Asasîf gelegenes Grab war bereits Champollion bekannt. 3 
Die Inschriften einer seiner Statuen bat Ebers 4 veroeffent- 
licht und iibersetzt, eine zweite befindet sich im Louvre. 5 Auf 
beiden findet sich vor allem die sehr lange Titelreihe des 
Mannes verzeichnet, in der das auf dem Skarabaeus genannte 
Priesterthum eine seiner wichtigsten Stellungen war. Die auf 
diesen DenkmaelernhinterVorsteherderSetem-Priestergesetzten 
und logisch nothwendigen Pluralzeichen fehlen auf dem Skara- 
baeus jedenfalls nur um bei der Kleinheit desselben moglichst 
Raum zu sparen. Ein Siegel des Mannes, welches seinen 

zweiten Haupttitel ' 1 1 T * auffuhrt, ist kiïrzlich 

LJ I T AA/WVS 1 

von Newberry veroeffentlicht worden. 6 Ein Grafnto, in dem 
er ûber seinen Namen und Titel den Namen der Koenigin 



1 Ûbers. von Maudrus, Le Livre des Mille Nuits et Une Nuit I S. 142, 
II S. 246. 

3 a. a. Nacht 17, S. 214. 

3 Champollion, Not Deser. p. 551 f.; N:r 37 bei Gardiner und Wei- 
gall, Catalogue of the private Tombs at Thebes. 

4 Zeitschr. der Deutseh. Morgl. Ges. XXVII S. 137 ff. 

5 A. 84; publ. Greene, Fouilles pl. 10— 11; Sharpe, Egypt. Inscr. II 
pl. 35; ûbers. Piehl, Iourn. Asiat. 7 Ser. XVII p. 159 ff; vgl. Piehl, Rec. 
Trav. etc. III p. 67 f.; Maspero, Mem. de la Mission du Caire I p. 763. 

6 Proc. Soc. Bibî. Arch. XXXVI p. 39. 



174 

Ameneritis und den des Kaschta hatte eingraben lassen, fand 
sich oberhalb Assuan. 1 



XXI. Die frùher viel eroerterte Frage, ob und in wie 
weit das Kamel, dessen das Alte Testament 2 in Aegypten 
gedachte, im Nilthale thatsaechlich vorkam, 3 hat durch eine 
Reihe von Denkmaelerfunden ihre Erledigung gefunden. Das 
Thier laesst sich vereinzelt in den verschiedensten Perioden 
der aegyptischen Geschichte nachweisen, 4 hat aber im Lande 
nur ausnahmsweise Verwendung gefunden. Vermuthlich be- 
nutzten es bereits damais die Beduinen zum Durchqueeren 
der Wùsten, so dass es den Grenzbewohnern eine gelaeufige 



1 Publ. Pétrie, Season in Egypt pl. 9 n:r 263 ; Morgan, Cat. des Monu- 
ments de l'Egypte ancienne I p. 38 n:r 164; vgl. Wiedemann, Or. Litt. Zeit. 
III Sp. 174. 

2 Genesis XII. 16. 

3 Fur das Kamel im alten Aegypten vgl. Wiedemann, Proe- Soc. Bibî. 
Arch. XIII p. 32 f.; Heyes, Bibel und Aegypten S. 26 flf. ; Lefébure, Congrès 
des Orient. d'Alger VII p. 24 IV.; verfehlt ist Houghton, Proc. Soc. Bibî. Arcli. 
XII p. 81 ff. 

4 Nagada-Zeit: Pétrie, Abydos II pl. 10, p. 27 (Kamelkoepfe aus 
Thon); Mitt. der Deutsch. Orient-Ges. N;r 30 S. 17 und daraus Kayser-Ro- 
loff, Aegypten, 3^ Aufl. fig. 14 (Gefaess in Gestalt eines liegenfcen Lastka- 
mels). — Thebauische Zeit: Steingutfigur eines mit Wasserkrùgen beladenen, 
berittenen Kamels aus Abydos (Mariette, Abydos II pl. 40; Wallis, Egypt. 
Ceramic Art p. 52, fig. 112; Bissing, Aeg. Zeitschr. XXXVIII S. 68 f.). 
— Hellenistische Zeit z. B. Valdemar Schmidt, De Graesk-Aegyptiske Terra- 
kotter fig. 170; Schreiber, Festgabe, Fûuf Beiblaetter aus der griechisch- 
aegyptischen Sammlung Eknst Sieglin (Kamelreiter); Kaufmann. Aegypt. 
Terrakotten der griech.-roem. Epoche fig. 116, S. 134 (Kamele mit Sattel- 
taschen, Glocke am Hais, ein Kamelreiter); fig. 35, S. 64 (Harpocrates auf 
dem Kamel reitend); Erman, Aeg. Zeitschr. XXXIII S. 37 ff. (Auf einem Ka- 
mel reitende Frau auf einem Stuckmodell); Spiegelberg. Demot. Inschriften 
(Cat. Kairo) S. 76 (Darstellung aus der Zeit des Tiberius); Leps. Denkm. V 
28a (Relief in einer aethicpischen Pyramide von Meroe); zahlreiche Stellen in 
den griechischen Papyri aus Aegypten. — Die beiden auf einem Kamel rei- 
tenden Goettinnen (Cumont, Rev. de THist. des Rel. LXIX S. 1 ff.) kommen, 
da es sich um syrische Gestalten handelt, hier nicht in Frage. 



'75 

Erscheinung war, waehrend es sich im Innern des Landes 
weniger brauchbar erwies. Die zahlreichen Graeben und Ka- 
naele, welche das Niltbal durchfurchten, mussten von vorn herein 
die Verwerthung des ungeschickt und schwerfaellig schreiten- 
den Geschoepfs wenig empfehlenswerth machen. Erst nach 
Anlage besserer, auf weitere Strecken durchlaufender Strassen 
vermochte es allmaelig den Werth zu gewinnen, welchen es 
fur das h eu tige Nilthal besitzt und besonders vor der Anlage 
von Eisenbahnen besass. 

Die geringe Bedeutung des Kamels fur die breite Masse 
der Aegypter spricht sich vor allem darin aus } dass es in 
deren volksthumlicher Mythologie keine Rolle spielt. Waere 
es von alters her staerker verbreitet gewesen, so haette es 
fur ein Volk, das dem Thierkulte einen so grossen Einfluss 
einraeumte, doch sehr nahe gelegen, seine eigenartige Gestalt 
mit einer seiner Gottheiten in Verbindung zu setzen. Gele- 
gentlich freilich erinnert der Kopf des Gottes Set an einen 
Kamelskopf. Dièse Thatsache erklaert sich daraus, dass dessen 
eigentliches Thier, das Okapi, 1 frùhzeitig aus dem Gesichts- 
kreise der Aegypter verschwand und seine wahre Gestalt den 
aegyptischen Kùnstlern in der Folgezeit fremd geworden war. 
Sie suchten es daher andern Thieren anzugleichen und verfie- 
len dabei auch auf das Kamel. Als ein Thier, welches 
insbesondere in der Wiiste Verwendung fand, konnte sein 
Aussehn leicht dem des Gottes Set, der unter anderem Herr 
der Wùste war, verglichen werden. Charakteristisch ist es 
dabei aber fur das Fehlen einer innern Verwandtschaft, dass 
es bei einer ganz allgemeinen Angleichung einiger aeusser- 
lichen Merkmale blieb. Der Kamelkopf erscheint ausserdem 
regelmaessig stark stylisirt und ohne Naturalismus, als habe 
der Kunstler selbst empfunden, dass er nur Annaeherungs- 

1 Wiedemann, Umschau VI S. 1002 ff, Fur anderweitige Versuche das 
Thier zu deuten vgl. Wiedemann, Archiv fur Religionswissenschaft XVII 
S. 219 f. 



176 

werthe erstreben koenne. Das Kamel als solches ist niemals 
das wirkliche heilige Thier des Gottes Set geworden. 

Es ist eigenartig zu beobachten, wie sich dièse Verhaelt- 
nisse in dem Augenblicke verschieben, in dem das Christen- 
thum in Aegypten festen Boden fasst und hier Heiligenlegen- 
den entstehn, welche bei ihren vielfach stark phantastischen 
Ausschmùckungen die thatsaechlichen zeitgenoessischen Zu- 
staende des Nilthales zu Grunde legten oder verwertheten ohne 
Rùcksicht auf das Bestehn oder Fehlen altuberkommener 
Anschauungen nehmen zu miissen. 

In der Légende der heiligen Aerzte Cosmas und Damian, 
welche sich umsonst zu behandeln verpflichtet hatten, wird 
berichtet 1 , Damian habe sich einmal von einer Frau bewegen 
lassen, von ihr als Dank fur ihre Heilung drei Eier anzuneh- 
men. Hierdurch erregte er den Unwillen des Cosmas in so 
hohem Grade, dass dieser verlangte, im Falle seines Todes 
getrennt von Damian bestattet zu werden. Durch einen 
Traum aenderte Gott selbst den Sinn des Cosmas, allein beide 
Heiligen starben, ohne dass dièse Sinnesaenderung auch An- 
deren kund geworden waere, Da erschien bei ihrer Bestattung 
ein von Cosmas geheiltes Kamel und berichtete in laengerer 
Rede in menschlicher Stimme, dass man auf Befehl des Herrn 
die Beiden nicht von einander trennen, sondern zusammen 
begraben solle. 

In naiv ansprechender Weise ist dieser Vorgang von 
Fra Angelico dargestellt worden. 2 Auf seinem Bilde ist 
zwischen Haeusern ein grosses flaches Grab ausgeworfen, in 
welchem die Leichen von 4 Enthaupteten liegen, fur die eben 
die Todtengebete gesprochen werden. In einem Tuche wird 
ein fùnfter Heiliger herbeigetragen, hinter dem ein grosses 
Kamel steht. Die 4 bereits Bestatteten werden Cosmas und 

1 Vgl. Deubner, Kosmas und Damian, Leipzig 1907 S. 46, 77, 90 f. 
und fur die beiden Heiligen, welche im Traume Heilmittel angaben und heil- 
ten, Deubner, De incubatione S. 68 ff. 

- In Florenz, Galleria antica e moderna. Phot. Anderson 6694. 



seine clrei mit ihtn unter Diocletian enthaupteten Briider An- 
thimus, Leontius und Euprepius 1 sein, der eben herange- 
brachte fiinfte Todte ist Damian. Vor dem Kamel enthaelt 
ein Spruchband den wesentlichen Inhalt seiner Rede: No- 
lite eos sepa(rar)e a sepultura quia no(n) su(n)t separati a 
meritis. 

Ein weiteres Vorkommen des Kameles ist in der Lé- 
gende des Heiligen Menas nachweisbar. Als die Grenz- 
truppen den Leichnam dièses Heiligen von seiner Begraeb- 
nisstaette fortnehmen wollten, legten sie ihn auf ein Kamel; 
allein dièses straeubte sich sich von der Stelle zu erheben. Sie 
legten den Koerper daher auf ein anderes Kamel, aber auch 
dièses war ungeachtet heftiger Schlaege nicht von der Stelle 
zu bewegen. Da erkannten sie, dass dies ein Wink Gottes 
sei und begruben den Heiligen an dieser Stelle. 2 Die wun- 
derbare Handlungsweise der beiden Kamele hat ihren kiïnst- 
lerischen Ausdruck in den beiden Kamelen gefunden, welche 
auf zahlreichen Eulogien des Menas neben seinen Beinen ange- 
bracht sind. 3 

Auch in den volksthùmlichen modem arabischen Erzaeh- 
lungen spielt das Kamel als ein im Namen eines Heiligen 
handelndes Geschoepf eine Rolle. In einer in Luxor auf- 
tretenden Légende ergreift es einen in einem Bau des Hei- 
ligen Abu'l Haggag faulenzenden und seine Arbeitspflicht 
vernachlaessigenden Arbeiter mit den Zaehnen und wirft ihn 
gegen eine Wand. 4 

Die besprochenen Angaben der beiden Heiligenlegenden 
sind nicht ohne allgemeine Bedeutung. Man wird von vorn 
herein geneigt sein, in Aegypten redende und bewusst han- 
delnde Thiere auf Erinnerungen an den alten Thierkult zu- 

1 Synaxarium der Coptischen Christen ùbers. von Wûstenfeld S. 132 
f., vgl. 147. 

2 a. a. O. S. 118. 

3 Vgl. Wiedemann, Proc. Soc. Bibl. Areh. XXXVI p. 115. 

4 Legrain, Louqsor sans les Pharaons p. 79. 



i 7 8 

rùck zu fûhren. Die erwaehnten Beispiele zeigen, dass dies 
nicht ûberall ohne Weiteres moeglich ist. Das Kamel hat 
im Alterthume nicht zu den heiligen Thieren des Nilthales 
gehoert. Trotzdem tritt es in den Legenden in seinem Han- 
deln und Reden als Vennittler fur die Kundgebung des post- 
humen Willens der Heiligen auf. Hier kann nicht auf einen 
Zusammenhang mit dem religioesen Empfinden des alten 
Aegyptens verweisen werden. Man hat vielmehr die Verwer- 
thung eines Thieres vor sich, welche erst in christlicher Zeit 
entwickelt worden sein kann und daher auch nicht als Ueber- 
bleibsel des alten Thierkultes aufgefasst werden darf. 



XXII. Auf drei in der Nécropole von Tarchan gefun- 
denen cylindrischen Toepfen der Nagada-Zeit 1 findet sich mit 
Tusche ein eigenartiges, entfernt dem Zébra gleichendes Thier 
aufgezeichnet. Dasselbe wird stets nur halb abgebildet. Man 
zeichnet entweder. nur die hintere Haelfte mit zwei an das 
Pferd erinnernden Beinen und mit einem mittellangen in einer 
Quaste oder in drei kurzen Spitzen endendem Schwanze, oder 
man stellt die vordere Haelfte dar mit auffallend langem Halse, 
auf dem der Kopf fehlt, und mit langen Strichen, die quer 
ùber den Rumpf laufen. Dièse Theildarstellung des Geschoep- 
fes kann nicht dadurch erklaert werden, dass es sich um ein 
Iagdwild handelt, da dièses sonst nirgends in dieser Weise 
erscheint. Eine Zerlegung der Iagdthiere in der Darstellung 
in ihre einzelnen Theile tritt nur bei der Abbildung ihrer 
Schlachtung oder Darbringung als Opfer ein. 

Es handelt sich bei diesen Toepfen vielmehr wohl sicher 
um eine Theilzeichnung aus religioesen Grùnden, wie eine solche 
bei Hieroglyphenzeichen haeufig angewendet wurde. 2 Sie 
erfolgte, wenn man fùrchtete, die Zeichen koennten bei einer 

1 Publ. Pétrie, Memphis V pl. 3 fi g. 6, p. 22 f. 

2 Beispiele bei Lacau, Aeg. Zeitschr. LI S. 1 ff. 



Belebung der Grabwanddarstellung durch magische Formeln 
gleichfalls Leben gewinnen und, wenn sie vollstaendig waren, 
den Todten bedrohen. Diesem Gedankengange entsprechend 
haette man es auf den Toepfen mit einem Thiere zu thun, 
welches Schaden bringen konnte. Man wird daher von vorn 
herein geneigt sein, an eine Verkoerperungsform des bedroh- 
lichsten aller Goetter, des Set, zu denken. Was das Thier 
selbst anbetrifft, so hat Pétrie bei ihm an das Quagga ge- 
dacht, mir erscheint eine Darstellung des Okapi weit wahr- 
scheinlicher. Fur dièses sprechen der lange Hais, der schraege 
Abfall des vordern Rùckens, die Bildung des Schwanzes, die 
Form der Beine. Die schwarzen Streifen werden eine Erinne- 
rung an die eigenthùmlichen Streifen sein, welche das Okapi 
an verschiedenen Stellen seines Koerpers aufweist. Leider 
ist in der Zeichnung der Kopf fortgelassen und ist daher bei 
diesem ein Vergleich mit dem Okapi-Kopfe des Set nicht 
moeglich. 



XXIII. Beim Stehen war die ùbliche Ruhehaltung der 
alten Aegypter die, dass man beide Beine parallel neben 
einander stellte, oder noch haeufiger, dass das linke Bein et- 
was vorgeschoben wurde. Die Last des Koerpers ruhte dabei 
auf dem rechten Beine, das linke diente als Spielbein. Weit 
seltner waehlte man fur die Ruhelage andere Stellungen. 
Eine solche findet sich im Grabe des Ptah-hetep aus dem 
Alten Reiche 1 fur einen Hirten, der einen grossen Stier zu 
dem Herrn gebracht hat und nun stehn geblieben ist. Er 
dreht sich um und haelt dabei den linken Fuss îeicht vorge- 
streckt, vvaehrend der rechte im Knie derart gebogen ist, dass 
das Unterbein zurùck steht, als ob es eben in die Hoehe ge- 
hoben werden sollte. In der analogen Darstellung im Grabe 

1 Paget and Pirie, Tomb of Ptah-hetep in Quibell, Ramesseum pl. 31; 
Davies, Ptah-hetep I pl. 21, 28. 



i8o 



des Senbk aus der I2 ten Dynastie, welche eine nach der ent- 
gegengesezten Seite gewendete karikierte Figur vorfuhrt, 1 
hat die Rolle der Beine gewechselt. Hier ist das rechte vor- 
geschoben, das linke eingeknickt. 

Die Stellung, welche der hier abgebildete Hirte offenbar 
einzunehmen die Absicht hat, zeigt ein Relief im Grabe des 
Aba zu Deir el Gebrawi aus der 6 ten Dynastie 2 in ihrer Vollen- 
dung. Eine Schalde aus Papyrusschilf liegt auf dem Wasser, 
die Spitze steht schraeg in die Hoehe, waehrend das Hinter- 
theil flach aufliegt. An diesem letztern steht ein Mann, der 
sich vorbeugt. und mit dem Klappnetz Fische faengt. Hinter 
ihm, der Spitze zu, steht ein weiterer, der die Stosstange in 
den sumpfigen Untergrund des Wassers gesteckt hat, um ein 
Treiben des Bootes zu verhindern. Dabei vvill er das Boot 
nicht vorwaerts stossen — eine darLiber befindliche Gruppe zeigt 
die abweichende Art der Darstellung von Stossbewegungen 
deutlich — sondern verharrt in Ruhelage. Er benutzt das rechte 
Bein als Standbein, das linke hat er so gehoben, dass der 
Oberschenkel spitz nach vorn steht, der Unterschenkel dage- 
gen wird horizontal gehalten. Der flach, fast horizontal aus- 
gestreckte Fuss berùhrt mit den Zehen die Stosstange ohne 
gegen dieselbe anzustemmen. Thaete er dies, so mùsste er 
mit Hebelkraft die Stange aus dem Wasser heben und die 
Schalde vorwaerts treiben. 

Die hier gewaehlte Ruhelage erscheint auf den ersten 
Blick sehr unbequem, sie ist aber in aehnlicher Form bei einer 
Reihe von Voelkern am obern Niie verbreitet. Hier betont 
Heuglin 3 von den Nuer, die in dieser Sitte sich mit den Schi- 

1 Cledat, Bull. Inst. Franç. d'Arch. Orient. I p. ai: Chassinat, a. a. 
O. X p. 169. 

2 Davies, Deir el Gebràwi I pl. 4. 

3 Reise in das Gebiet des Weissen Nil S. 104; hieraus Schweinfurth, 
1m Herzen Afrikas I S. 128, der auf Taf. I zu S. 179 einen so stehenden 
Dinka (vgl. fur dièse aueh Hartmann, Naturgeschichtlich medicinische Skizzen 
der Nillaender S. 293 f.) abbildet. 



i8i 

buk und Dinka treffen, dass sie nach Sumpfvogelart auf einem 
Beine stehn und das andere auf das Knie aufsetzen. Die 
Stellung des alten Aegypters ist im Prinzip die gleiche, nur 
darin noch reiherartiger, dass das Spielbein nicht auf dem 
Knie des Standbeines aufsteht, sondern frei schwebend gehal- 
ten wird. 

Die Sitte selbst ist besonders beachtenswerth, weil sie 
ein weiteres Beispiel fiir die auch sonst beobachtete Thatsache 1 
darbietet, dass eine Reihe von Gewohnheiten der Aegypter, 
vor allem waehrend dem Alten Reiche, denen der Volkstaemme 
an den Ufern des obern Niles entsprach. Man wird in 
solchen Faellen vielfach vermuthen dùrfen, dass es sich um 
Andeutungen einer Kulturverwandtschaft handelt. In der 
Vorzeit mag einer der Bestandtheile des aegyptischen Volkes 
mit den Vorfahren dieser Staemme in einer mehr oder weni- 
ger engen Verbindung gestanden haben. Die letzteren hielten 
bei ihrer geringen Kulturentwicklung Iahrtausende an einem 
Theile ihrer alten Sitten fest, waehrend dieselben in dem 
aegyptischen Reiche un ter dem Einflusse der wachsenden 
Kultur allmaelich eine Umgestaltung erfuhren oder auch ganz 
in V T ergessenheit geriethen. 

Ein weiteres Beispiel fur eine derartige Fortdauer ge- 
meinsamer Urvorstellungen im Kreise dieser Sùdvoelker bieten 
die am obern Nile sùdlicher als die Schibuk lebenden Latuka 
dar, welche bis in die Neuzeit hinein die Sitte der secundae- 
ren Bestattung kennen. Die Verstorbenen werden zuerst feier- 
lich begraben, dann graebt man nach einiger Zeit ihre Ge- 
beine wieder aus, sammelt sie in irdene Krûge und stellt sie 
in einem gemeinsamen Gebeinplatze auf. 2 Hier findet sich 

1 Ein sehr reichhaltiges Material an Parallelen zwischen aegyptischen 
nnd afrikanischen religioesen und profanen Gebraeuchen, sowohl solchen, die 
auf wirklicher Kulturbeziehung beruhen, wie solchen, die an verschiedenen 
Orten aus gleichen Grùnden sporadisch entstanden sein werden, gab Budge, 
Osiris, London, 191 1. 

2 Hellwald, Leben und Sitten der Voelker Afrikas und Asiens S. 
216; Cunningham, Uganda S. 369. 



ein aus uralter Zeît ùberkommener Brauch wieder, welcher in 
aehnlicher Form im Nilthale in der Nagada-Zeit verbreitet 
war, dann aber, wesentlich unter dem Einflusse der religioesen 
Vorstellungen, welche zur Einfiïhrung der Mumifizirung fiïhr- 
ten, verschwand. 



XXIV. An einer mehrfach behandelten Stelle (II. 44) 
berichtet Herodot, im Tempel des Herakles zu Tyrus befinde 
sich eine Saeule von Smaragd. Zu dieser Angabe hatte ich 1 
darauf hingewiesen, dass es sich, da Smaragde von solcher 
Groesse in der Natur nicht vorkaemen, vielleicht um den 
«Gemachten Smaragd» der Aegypter, d. h. um einen mit 
Kupfer gefaerbten Glasfiuss handele. Dièse Ausfùhrungen 
baben den Beifall von Wells 2 nicht zu rlnden vermocht. Er 
hut, wie an andern Stellen seines Commentars so auch hier 
geglaubt, mir gegeniiber eine Art Ehrenrettung Herodots 
unternehmen zu sollen, obwohl ich es gerade gewesen bin, der 
im Gegensatze zu einer Reihe anderer Aegyptologen syste- 
matisch den grossen Werth Herodots fur die Kenntniss Ae- 
gyptens zu erweisen bestrebt war. Dass meine diesbezùg- 
lichen Bemiihungen nicht erfolglos geblieben sind, scheint mir 
daraus hervor zu gehen, dass seither auch in frùher sich ableh- 
nend verhaltenden Kreisen die Verwerthung der Herodoteischen 
Angaben stark gestiegen ist. 

Wells hebt gleichfalls hervor, dass ein so grosser Sma- 
ragd ausgeschlossen sei, meint aber, es handele sich vielleicht 
um ein Stùck grùnen Iaspis oder Malachit. Aehnlich hatte 
seinerzeit Zoega 3 bei den grossen Smaragden der Alten an 
griinen Feldspath, bez. an einen aus diesem bestehenden Smalt, 

1 Herodots Zweites Buch S. 208 f. Vgl. zu der Saule auch Movers, 
Die Phoenizier I S. 345. 

* ln How and Wells, A Commentary on Herodotus I S. 188. 
n De origine et usu Obeliscorum S. 142. 



i*3 

der freilich nur in kleinen Stùcken vorkomme, gedacht, waeh- 
rend Lenz 1 fur die Saeule Malachit vorgeschlagen hatte. Frei- 
lich ûbersieht Wells bei seiner Deutung, dass aus mineralo- 
gischen Griinden derart umfangreiche Stùcke Iaspis gleichfalls 
ausgeschlossen sind. Ebenso unwahrscheinlich ist die Heran- 
ziehung des Malachit. Der Malachit findet sich in Kupfer- 
gruben, wie auf Cypern, in kleinen Stùcken und werden aus 
derartigen Gruben die gelegentlich im Alterthume auftreten- 
den Ringsteine aus Malachit herrùhren. In grossen Massen 
steht er aber, abgesehn von Chile, nur in Sibirien 2 an, und 
dass von hier aus das Material in grossen Bloecken nach 
Tyrus gekommen waere, erscheint voellig ausgeschlossen. 
Es heisst doch wohl auch den antiken Berichterstatteren eine 
allzu grosse Oberflaechlichkeit zutrauen, wenn man annimmt, 
sie haetten in Tyrus den Smaragd mit dem Malachit ver- 
wechselt, der zwar die gleiche grùne Faerbung, sonst aber 
durchaus verschiedene Struktur zeigt. Plinius 3 weist aus- 
driicklich auf die Verschiedenheit von Smaragd und Mala- 
chit hin. 

Weiter erklaert es Wells fur verfehlt, «to suppose it 
(die Smaragd -Saeule) to have been a forgery, and this in 
one of the richest temples of the East». Woher die Angabe 
entnommen wurde, dass der Herakles (Melkart)-Tempel zu 
Tyrus einer der r.eichsten des Ostens gewesen sei, 4 ist mir 
unbekannt. Angesichts des Reichthumes der Tempel Aegyp- 
tens ebenso wie Babyloniens bis in die Perserzeit hinein 
wird man aber die Richtigkeit der Behauptung bezweifeln 
dùrfen. Der Tempel galt als altheilig und war noch unter 
Alexander dem Grossen hoch angesehn, 5 doch beweist dies 

1 Minéralogie der alten Griechen S. 20. 

2 Im Iahre 1835 wurde hier ein Malachitblock von 5,5 m Laenge, 2,5 m 
Breite und 1 m Hoehe gefunden. 

3 Hist. nat. XXXVII. 114 

4 Strabo XVI. 757 erwaehnt Nichts davon. 

5 Vgl. Ariuan, Anabasis II, 16 ff.; Curtius IV, 2 ff.; Iustin. XI, 10, 11. 
Sphinx XVIII, s M 



r84 

Nichts fur einen ausserordentlich grossen Reichthum, der auch 
angesichts des Sinkens der Macht von Tyrus seît dem 7 ten 
lahrhundert 1 wenig wahrscheinlich erscheint. Herodot spricht 
denn auch nur von allerhand Weihgeschenken, mit denen der 
Tempel reich ausgestattet sei, wie auch Dius 2 von den gol- 
denen Weihgeschenken des Koenigs Hiram im Tempel des 
Olympischen Zeus (Melkart) zu Tyrus berichtet 

Abgesehn hiervon ist der von Wells gewaehlte Ausdruck 
«Faelschung» in dem modem veraechtlichen Sinne des Wor- 
tes nicht zutreffend. Die Alten haetten einen wie Smaragd 
aussehenden Glasfluss nicht als eine schaendende Faelschung 
angesehn, und dies um so weniger, als ein derartig umfang- 
reicher Glasfluss einen sehr hohen Werth besessen haben 
wùrde. Man darf hier nicht an die jetzt ùbliche Geringschaet- 
zung des Glasflusses, besonders wenn er als Ersatz fur Edel- 
steine auftritt, denken. Ein Blick in das grundlegende Werk 
von Kisa 3 zeigt ùberzeugend, wie hoch bei den antiken Klas- 
sikern Glas und Glasfluss eingeschaetzt wurden. 

Vor allem ist das Veraechtliche einer Faelschung, wel- 
ches von Wells hier vorausgesetzt wird, der antiken Auffas- 
sung nicht entsprechend. Die griechischen Chemiker sind 
wie spaeter die Alchemisten von dem Gedanken ausgegangen, 
es wùrde ihnen môglich sein, auf kùnstlichem Wege aus min- 
derwerthigen Storïen werthvollere Metalle, Edelsteine und 
aehnliches zu erzeugen. 4 Wenn es ihnen gelang, ein dem 
gewûnschten Storïe aehnliches Résultat zu erzielen, welches 

1 Krall, Tyrus und Sidon (Sitz, ber. der Wiener Akad. CXVI. Heft. 
i) S. 61. Fur Tyrus im Allgemeinen vgl. Friedrich Ieremias, Tyrus bis zur 
Zeit Nebukadnezar's, Leipzig, 1891; Movers, Die Phoenizier II 1 S. 118 fï.; 
fur die Heiligkeit der Insel, bcz. Stadt a. a. O. S. 125 f.; fur den Tempel a. a. 
O. I S. 387 f. 

2 Frg. 2 bei Mûller, Frag. Hist. Graec. IV p. 398 aus Iosephus, Ant- 
VIII, 5, 3 und c. Apion. I, 17. 

3 Das Glas im Altertume. 3 Bde. Leipzig 1908. 

4 Vgl. H. Kopp, Die Alchemie I, Heidelberg 1886 S. 1 ff.; Berthelot, 
Les Origines de l'Alchimie, Paris 1885. 



'85 

sie bei ihren wenig ausgebildeten analytischen Methoden von 
diesem nicht ohne Weiteres zu unterscheiden vermochten, 
so glaubten sie thatsaechlich die technische Herstellungs- 
weise des Stoffes entdeckt zu haben. Die technischen Texte 
sprechen daher in solchen Faellen im Sinne ihrer Autoren 
vollkommen richtig vom xoistv des Goldes, u. s. f. Die be- 
treffenden chemischen Rezepte der Papy ri 1 sind keine solche 
von Faelschern; sie rùhren von Technikern her, welche von 
ihrer Sache und deren gùnstigen Erfolgen fest ùberzeugt wa- 
ren. Wenn bei einzelnen Rezepten 2 bemerkt wird, das Er- 
gebniss sei derart wats %al zobç ztyylzaç, Xafteiv, so ist damit 
nicht gemeint, die Handwerker wûrden durch das Produkt 
betrogen, sondern dasselbe sei so gut gelungen, dass sogar 
sachkundige Handwerker keinen Unterschied mehr von dem 
erstrebten Stoffe zu erkennen vermoechten. In Folge dessen 
wird denn auch in den Rezepten 3 ausdrùcklich zwischen der 
rcoivjaiç und dem SôXoç geschieden. 

Unter diesen Umstaenden sehe ich keine Veranlassung 
meine Ansicht, welche, soweit ich sehe, in vollem Umfange 
den mineralogischen Thatsachen, den technischen Verhaelt- 
nissen und dem grieschischen Sprachgebrauche Rechnung 
traegt, aufzugeben zu Gunsten einer Annahme, welche mei- 
ner Ueberzeugung nach in keiner dieser Beziehungen Ein- 
leuchtenderes zu ergeben vermag. 

1 Pap. Leyden X, publ. Leemans, Papyri Graeci Musei Lugduni-Batavi, 
Leiden 1885 S. 199 ff. ; ûbers. Berthelot, Collection des anciens Alchimistes 
Grecs, Introduction p. 28 ff. und der diesen Papyrus ergaenzende Papyrus 
Graecus Holmensis, herausgegeben von O. Lagercrantz, Rezepte fur Silber, 
Steine und Purpur, Leipzig 1913. 

2 Z. B. Pap. Leyden pl. 2 Z. 13 f.; 7 Z. 1 f. 

3 Vgl. z. B. Pap. Leyden pl. 3 2- 10 und 15. 



Remarques sur le livre de M. H. Sottas, 
La préservation de la propriété funéraire 
dans l'ancienne Egypte, Bibliothèque de 
l'Ecole des Hautes Etudes, sciences phi- 
lologiques et historiques, fasc. 205, 
Paris, 1913. 

Par 

Pierre Montet. 



Dans beaucoup de tombeaux égyptiens, surtout sous 
l'Ancien Empire, une inscription bien en vue rappelle aux 
visiteurs qu'ils ont certaines convenances à observer. Ceux 
qui ne tiendraient pas compte de cet avertissement sont 
menacés d'un châtiment. A ceux qui le suivront on promet 
au contraire des récompenses. En général, toute inscription 
où un Egyptien fait connaître ses volontés, qu'il s'agisse du 
respect dû à la tombe ou de quelque autre chose, peut con- 
tenir des menaces à l'adresse des gens qui n'obéiraient pas. 
Ce sont ces formules de menaces que M. Sottas a rassemblées 
et traduites dans son ouvrage. 

Or, chaque égyptologue sait que M. Spiegelberg et M. 
Môller avaient avant lui réuni et traduit beaucoup de ces for- 
mules 1 . M. Sottas qui les a redonnées sans en excepter une 

1 Spiegelberg, Die Tefnachtosstèle des Muséums von Athen, dans le 
Recueil de travaux, XXV, 1903, pp. 190—198; L. Môller, Das Dekret des 
Amenophis, des Sohnes des Hapu, dans les Sitzung. der K. Pr, Akademie der 
Wissenschaften, Berlin, 19 10. 



187 

déclare (p. 119, note 2) qu'il n'a connu le travail de M. Moller 
que lorsque le sien fut entièrement terminé. Personne n'en 
doutera, mais le lecteur qui se demandera seulement ce que 
le livre de M. Sottas apporte de neuf ne s'arrêtera guère à 
ce détail. Ce n'est pas tout. M. Sottas a cité et traduit 
quelques uns des textes trouvés à Coptos par Weil et Rei- 
nach et dont le premier éditeur n'avait entrevu le sens que 
d'assez loin; mais cette fois encore il s'est laissé devancer. 
Avant que son livre fût imprimé paraissaient les études de 
M. Gardiner, de M. Sethe et de M. Moret 1 sur les mêmes docu- 
ments. C'était vraiment jouer de malheur. Mais, puisqu'il 
venait trop tard, M. Sottas n'eut il pas mieux fait de renon- 
cer brâvement à toute la partie du sujet qui était déjà traitée. 
Son livre serait devenu plus court, mais personne n'y eut 
trouvé à redire. 

C'est surtout dans les deux premiers chapitres de son 
livre que M. Sottas a affronté des textes dont personne 
n'avait encore sérieusement tenté la traduction. Ces deux 
chapitres contiennent aussi de longs développements sur les 
croyances des Egyptiens et des rapprochements entre ces cro- 
yances et celles -d'autres peuples. Nous resterons, nous, sur 
le terrain philologique, cherchant seulement à savoir si M. 
Sottas a correctement cité et bien compris les textes sur 
lesquels il s'appuie. Voici les principaux points qui nous 
paraissent mériter une discussion. 

i° P. 17. M. Sottas cite d'après K. Piehl [Proceedings 
5. B, A. XIII, 123), mais sans reconnaître le signe jx*^, la 

phrase (j ^ [<=>] ^ ' t= *^* *-=^- ^ où il voit une grosse 
difficulté: «Que peuvent représenter, écrit-il, ces deux signes 

1 Gardiner, dans Proceedings of the Society of biblical Archaeology, 
t. XXXIV, 1912, pp. 257 — 265; K. Sethe, dans Gottingische geîehrte Atizei- 
gen, 1912, n. 12, pp. 705 — 726; Moret dans le Journal Asiatique, 1912, IT k 
p. 75 sqq. 



i88 



t**^ et Des déterminatifs du verbe hzr* ? Il y a peu, 
d'apparence. Un substantif régime de ^jt^ o? Peut-être sa 
vertèbre, son cou». Il y avait en effet si peu d'apparence 
que ï>« et -? fussent les déterminatifs de hrr* que M. Sottas 
aurait très bien pu négliger cette hypothèse. Ces deux si- 
gnes servent à écrire un mot rare ts qui signifie »cou». Il 
en existe d'autres exemples: 

W ^ ^cTl P AWWV I ^fch Maspero, Miss. fr. 

'94' DM^T^CTP—W 15 -^ 

Deir el Gebrawi, I, 23 — Sethe, Urkunden, I, 142 2 . 

Ce dernier exemple montre bien qu'il faut lire le 
signe que M. Sottas n'avait pas reconnu. Quant au second 
signe du groupe, il se lit ts également; on trouve en effet 

dans des textes du Moyen Empire _^ au lieu de 

(Lacau, Recueil de travaux, XXX, 2C0) 3 . Nous avons donc 
affaire à un mot écrit au moyen de deux signes homophones. 
M. Lacau qui a énuméré toute une série de mots semblables 
{Recueil de travaux, XXXIV, 217) a prouvé de plus que le 
groupe des signes homophones pouvait être précédé des élé- 
ments phonétiques. Notre mot offre précisément les deux ortho- 

graphes, à coté de ^jj . L'analogie avec des mots 

tels que ^ q etc. nous invite à considérer que dans le 



groupe le premier signe est purement phonétique, le 

second au contraire figuratif (ce que M. Erman appelle »Wort- 



1 Je dois cet exemple à l'amabilité de M. Dévaud. 

■ Le groupe avant la lacune est très suffisamment net. M. Sethe 



ne l'a pas reconnu et propose délire ° j\ J , ce qui n'offre aucun sens, comme 

M. Sottas lui-même l'a remarqué, 

3 Communication de M. E. Dévaud. 



189 

zeichen»). Comme ce signe représente le cou d'un oiseau et 
que ^j) sert de déterminatif au mot JJ aaaa^ ^ »cou, gorge, 

poitrine» 1 , nous concluons que le mot ts signifie »cou». Pour- 
quoi les Egyptiens, quand ils eurent à créer un signe pour 
figurer le cou, ont ils représenté un cou d'oiseau et non un 
cou humain? Sans doute parce que le premier était plus 
facile à dessiner que le second. 

Reste à interpréter les deux derniers signes. Ils for- 
ment à eux seuls toute une proposition dont le verbe est 
sous-entendu. M. Sottas l'a compris, mais il n'a pas vu 
qu'il y avait deux manières de rétablir le verbe man- 
quant 

l°. Je saisirai son cou comme un oiseau [le saisirait]. 

2°. Je saisirai son cou comme [je saisirai] un oiseau. 

M. Sottas a adopté la première traduction, mais c'est 
la seconde qui est la bonne. Quand les Egyptiens font une 
ellipse, le verbe doit être rétabli dans la seconde proposition 
à la même personne que dans la première (voir les exemples 
cités par Erman, Aeg. Gram. 498 — 499). D'un autre côté, 
M. Sottas croit que le défunt se compare à un oiseau de 
proie qui saisit ses ennemis par le cou. Il devrait alors dé- 
montrer que le mot Ipd (car c'est ainsi qu'il faut lire dans 

les exemples qui nous occupent et ^\ ) peut désigner 

un faucon ou un vautour. Pour savoir quelles espèces d'oi- 
seaux les Egyptiens désignaient par le mot Ipd, il suffit 
d'énumérer les déterminatifs du mot et d'identifier les espèces 
figurées dans les scènes de chasse et d'élevage accompagnées 
d'une légende contenant le mot Ipd. Partout il s'agit de 
pacifiques oiseaux de basse-cour, grues, canards et pigeons, 
mais jamais d'oiseaux de proie. Dans les scènes de chasse, 

1 On trouvera des exemples de ee mot dans Pyr. Teti 26, Pepi I 389, 
Pepi II 165 et dans Naville, Deir el Bahari V, pl. 139. 



IQO 

nous voyons que c'est par le cou que les chasseurs attrappent 
les oiseaux prisonniers dans le filet ou dans la panthe. Tel 
est le traitement que le défunt fera subir à l'intrus qui ne se 
conformerait pas aux usages. 

2°. P. 41, M. Sottas cite cette phrase: 1 

n o ^rîa^^^* r > 23 > traduit ainsi ^ 

«Tout individu qui a fait pour moi ceci, jamais il n'aura à 
rougir de mon dégoût (àzvt)». Puis il ajoute en note: »On 

pourrait encore voir dans J le déterminatif de spj qui au- 
rait été déplacé dans Urk. I, 23». 

Cette seconde manière de voir est la bonne. Le mot 
bwt (ou peut-être bzv, car il n'est pas sûr que le / appar- 
tienne au radical) n'est jamais écrit par le poisson seul; il se 

présente toujours ainsi, JJ ^ <^x ou Jj ^ <£^> avec un dé- 
terminatif qui reproduit une poisson spécial, le bynni. Le 
poisson qui détermine le mot spt (et non spj, le / étant radi- 
cal) est bien différent du poisson btvt. C'est le fahaka dont 
le nom égyptien était spt et qu'on reconnaît tant bien que 
mal dans la copie de M. Sethe 1 . Il faut donc traduire: 
«Tout homme qui fait ceci pour moi n'en aura jamais de 
mécontentement». 

La stèle 159 du British Muséum contient un exemple 
du verbe spt où l'on voit très nettement que le déterminatif 
du mot est un fahaka. M. Sottas cite cet exemple, mais 
comment a-t-il pu aboutir à l'étrange traduction que voici : 
«Je n'ai pas forniqué avec des mâles, rougissant de dégoût 
envers lui»? On ne se l'explique qu'à moitié en constatant 
que la publication dont s'est servi M. Sottas (Hieroglyphic 
textes from egyptian stelae . . . in the British Muséum) pré- 

1 Sur ces déterminatifs voir P. Montet dans le Bulletin de l'Institut 
français d'archéologie orientale, t. XI. 



i9i 

sente à cet endroit une grossière faute de copie. Grâce à 
l'obligeance de M. Dévaud qui a eu entre les mains la copie 
du Dictionnaire de Berlin et une photographie de cette stèle 



je puis donner ici le texte correct du passage 1 : 



il , , , , ri <c=> «N'ayant pas de sommeil pour les 

A/WWN S= | | | U Cl 

gens dont il est mécontent». Le propriétaire de la stèle veut 
dire sans doute qu'il est un maître vigilant, n'accordant du 
repos aux gens que lorsqu'il est content d'eux. 

3°. P. 49. M. Sottas cite un passage d une inscription 
d'Assiout actuellement détruite qui n'est connue que par la 
Description de V Egypte (Antiquités IV, pl. 48, il). Les relevés 
de la Description effectués par des gens qui ne comprenaient 
pas les hiéroglyphes sont naturellement défectueux. Toute- 
fois il n'est pas permis de les corriger sans nécessité. Le 

passage dont il s'agit se présente ainsi dans la Description: 

AAAMA 

o ®d ^ ! -JL- <=> o ^ mgk 



/WWW ^ mm 

I /www <ZZ^> fâwr/fc 



M. Sottas lit le second membre de phrase >ww\a <rr> | j i 
et traduit «On ne lui fera pas ses cérémonies». J'objecterai 



que «faire des cérémonies» se dit en égyptien ^ et non 

< ^ > | | j! en ^ n Q ue M - Sottas substitue -ro>- au <=> 
de la Description. Il suffisait de combler la lacune par un 
mot tel que [] j ^ | «enfants» et de supprimer le ^ que le 

dessinateur de la Commission a cru voir après ^ pour ob- 
tenir une phrase très claire et composée de deux parties sy- 

1 M. Sottas qui est allé à Berlin aurait pu se le procurer; il aurait du 
au moins ne pas ajouter une faute à celle de la publication. Pourquoi écrit - 

il ~Jl_ au lieu de (L ? 



192 



métriques: «Son souvenir ne sera pas parmi les humains, son 
nom ne sera pas parmi ses enfants». 

4 0 . P. 50. M. Sottas y donne d'après l'édition de M. 
Griffith (I, 212 — 214) le passage d'une inscription d'Hep-Djefi 
(Assiout, XIl ème dynastie) où le défunt s'adresse aux visiteurs 
de la tombe. Il est vrai que l'écriture de M. Griffith est un 
peu défectueuse et qu'au bas de la ligne 213 plusieurs signes 
sont méconnaisables. Ce n'était pourtant pas une raison pour 
bouleverser un texte très clair que l'éditeur avait correcte- 
ment publié, sauf dans un court passage: 

En haut de la ligne 213 on lit dans l'édition de M. 

] 1= | ~ 2, 3 p AAWA C * = ^| 



Grifhth 



□ 



I o I I 



^ û ^ £— j I «[Tous les gens qui . . .] et qui feront 

des éclats de voix dans ce tombeau . . .». Les textes du 
Moyen et du Nouvel Empires contiennent de fréquentes allu- 
sions à l'interdiction d'élever la voix en certains lieux. Hep- 

Djefi lui-même se qualifie f A \^ j ^ <^> ^ 

| ^ «faisant taire celui qui est haut de voix pour 
qu'il cesse de parler». Au lieu de cela M. Sottas lit M 
^ I ^ ^ ùzQ c'est à dire que dans un chapitre intitulé 

«Evolution du formulaire», il substitue à une formule qui fait 
son apparition vers la douzième dynastie une vieille formule 
de l'Ancien Empire. 

Plus loin, à ce passage ^ _ ^ | \ ^ ™w g 

AA/WVA <^ ^ «ils tomberont par la colère de Thot» M. Sottas 

substitue ^^PrTl^l 1 JTl^ ^<kë< ce 

/WW\A 

que lui seul sans doute peut traduire «ils tomberont sous la 
crainte de Thot». Dans la suite, M. Sottas ayant appris dans 



193 

Gardiner, Admonitions, p. 107, à traduire le mot dnd t a 
reconnu que le texte de Griffith ne devait pas être modifié 
{Addenda et Corrigenda, p. 172). C'est bien, mais pourquoi 
ne l'a-t-il pas vu plus tôt? 

D'un autre coté, il y avait avantage à prolonger la cita- 
tion. M. Sottas ne cite à cet endroit que la première partie 
du développement, celle où Hep-Djefi menace d'un châtiment 
ceux qui lui causeront du dommage. Venait ensuite la contre- 
partie où le défunt promet à ceux qui lui feront du bien une 
belle félicité. Les termes des deux parties se correspondent: 

Y Pi f w | AAAAAA r\ AAAAAA "\ '"' I I I û <i . (\ 

I I V ^ (I [K • ^es différents termes ont été traduits 
par M. Sottas d'une façon un peu vague. 

5°. P. 52. Il s'agit cette fois d'un passage de l'inscrip- 
tion des contrats du même Hep-Djefi (280—282). M. Griffith 
utilisant les copies anciennes, aidé par des remarques de M. 
Erman et de M. Maspero, a pu donner de cet important docu- 
ment un texte que tout le monde avec raison a proclamé 
excellent. M. Sottas n'y a pas pris garde. Il n'a pas craint 
d'encourir la malédiction dont le nomarque d'Assiout menaçait 
ceux qui amoindriraient ses écritures. Il a ainsi introduit 
dans un court passage une demi-douzaine de changements: 

Y an lieu de Y ^— 0 



ooo (2 fois) b&ti 

ê à i 

jrr+Q *>A/WV Q AAAAAA Q 

f I A'vAAAA VQi V, >T f I WVW\ V\!^ 

f J MMM Pil [ AAAAM P-l 



aaaaaa 



194 

Or, il n'est pas un de ces changements qui ne soit inu- 
tile ou fâcheux: 

1. ^ — 0 comme auxiliaire est rare, mais s'emploie quel- 
quefois (Erman, Aeg. gr. 353). Il n'y avait donc pas à réta- 
blir la forme habituelle. 

2. Les Egyptiens écrirent souvent la négation au 

lieu de ~-n— ou de (Erman, Aeg. gr. 512). 



A/WvAA 



3. 000 et sont entièrement différents, oco sert à écrire 
le mot ît «orge» et détermine d'autres noms de céréales. 

000 détermine surtout des noms de liquides, t^szi ^^g^ 



^ o » K o • 



4. Dans cette inscription le mot htmt est toujours écrit 
de la même manière, le déterminatif après la marque du 
féminin. 

5. Qu'on écrive ^ ou ^ | la traduction n'est pas mo- 
difiée; mais celui qui par exemple voudrait étudier le rôle 
du trait | après l'époque des pyramides jugerait très impor- 
tant de savoir si dans un texte daté, comme celui-ci, le trait 
existe ou non. 

6. Si M. Sottas restitue la préposition ***** devant 
tvcb nb y c'est sans doute parce qu'il estime que ces mots se 

rattachent au verbe précédent dont dépendent déjà les 

/www 

mots IJ * ïïr !• Mais cette manière de voir n'obli- 

I LU MAAM O \ \ 

geait pas M. Sottas à restituer la préposition. Quand plu- 
sieurs substantifs coordonnés se rattachent à un adjectif ou 
à un verbe par l'intermédiaire d'une préposition, les Egyptiens 
peuvent soit répéter la préposition devant chaque nom, soit 
ne l'exprimer qu'une fois devant le premier, Si rénumération 
est un peu longue et si les termes peuvent se classer en deux 
groupes, ils peuvent encore répéter la préposition devant le 



*95 



premier terme du second groupe: JJ jj v ( 

I ^ | | wvw tjs (Hammâmât, i, 4—5) «muni d'outrés et 
de vêtement, de pains, d'eau et de toutes les plantes fraîches 

du Sud». Mais je crois que les mots f I A " NAAA g£ ^37 de 

( *A A/WW\ 

l'inscription d'Assiout, au lieu de se rattacher à la phrase 
précédente, en commencent une nouvelle et qu'il faut traduire: 
«Cet orge appartiendra donc aux prêtres ordinaires du temple 
individuellement Chaque prêtre qui me donnera ce pain, 
qu'il ne partage pas . . . etc.». On voit combien il était né- 
cessaire de se tenir scrupuleusement au texte de l'inscription. 

6°. P. 53. Au lieu de lire grt. De même, p. 



98, il fallait ® au lieu de . Mais d'autres égyptolo- 

gues que M. Sottas confondent encore ces deux signes. 

7°. P. 67. Dans la transcription que fait M. Sottas d'un 
texte d'Assiout (X eme dynastie) publié dans la Description de 
V Egypte {Antiquité s y IV, pl. 49. 8) se sont glissées quelques 

erreurs. Ainsi au lieu de 3? W | il fallait lire 

1 — 7, 



^ I v — L'expression si si «fils d'un homme» pour désigner 

des personnages de quelque importance est assez fréquente: 
Hat-noub, n. VIII, 1. 2; Prisse, XIII, r; XV, 4; XVI, 13. 

Plus toin^u lieu de J^j ^ Q f | [ J*T' lire ^ 

au lieu de jft | j$ lire ^ I I, 
au lieu de 



8°. P. 68. M. Sottas traduit < _ > ^ pL il, 1. i) 



196 

par «Seigneur de Ré». Il n'existe aucun titre pareil. Il 
s'agit d'une épithète d'Anubis, écrite ici en abrégé, dont 

l'orthographe ordinaire est ^37 ^ <c±> q . Le mot j 
A o . 

ggjg q signifie «1 entrée du trou» et désigne une nécropole 
de la moyenne Egypte (celle d'Assiout ou celle de Meir). 



Dans <=> le signe Q remplace le mot krrt entier. 

9 0 . P. 68. Une partie du texte que M. Sottas cite à 
cet endroit d'après la Description de £ Egypte (Antiquités, IV, 

48, 5), depuis e ^ <535> jusqu'à ^ Ç\ ^ ^ a été 

bien mal relevée. Je ne crois pas que M. Sottas qui s'est 
obstiné à transcrire ce passage soit parvenu à le rendre compré- 
hensible. La suite est plus claire. Cependant il faut corriger 

. t ^ J^j que donne M. Sottas en ^ (d'après 

Siout I, 213; au Nouvel Empire ce mot est déterminé par 

le bras armé £ — /] ). Après ^ rt ^ M. Sottas a omis \ 

Q 0 j. A la fin de l'énumération on peut lire, comme 

M. Sottas, ^ | ® | j (cf. les stèles du Caire 20508, 2 

et 20509, 2); cependant je préférerais ^ 9 1 1 j q m ' rap- 
pelle davantage les tracés informes de la Description. 

Avec le chapitre II se termine la partie la plus origi- 
nale du livre de M. Sottas. Je ne poursuivrai donc pas plus 
loin mon examen. Qu'on me permette pourtant une remar- 
que avant de finir. Dans un travail d'une certaine étendue 
comme celui-ci, il est difficile à l'auteur, même fort instruit 
de la grammaire égyptienne s'il n'a pas encore eu le temps 
de fréquenter beaucoup les textes, de ne pas laisser échapper 
des fautes de lecture ou des erreurs de traduction. Je ne 



i 9 7 

voudrais donc pas laisser croire à ceux qui liront ces pages 
que le travail de M. Sottas soit sans mérite. S'ils ouvrent 
ce livre, ils y puiseront des renseignement très intéressants, 
comme j'ai fait moi-même. 

Blacé (Rhène) le 24 Juillet 1914. 

Pierre Monte t. 



Rettifica. 



In Sphinx vol. XVIII, pag. 67 lin. 18, per unjerrore che non fu po- 
tuto correggere in tempo, fu stampato: "una divinità femminile barbata (Anuke?)" 
invece di: "una divinità barbata". Si pregano gli studiosi^l'prenderne nota. 

G. Farina. 

\ & 



Varia. 



Von 

A. Wiedemaiin. 

XXV. Herodot IL 91 spricht von der Verehrung des 
Perseus in Chemmis (Achmîm) in Oberaegypten ohne dabei 
fur diesen Perseus ein aegyptisches Aequivalent zu nennen. 
Man hat 1 als Gleichung meist der Hauptgott von Chemmis 
Min vorgeschlagen ohne hierfiïr einen Beweis erbringen zu 
koennen. Der Gedanke, 2 die Gleichung entspringe einem 
Titel des Min Pehreru oder Pehresu ist wenig wahrscheinlich, 
da dieser Titel so selten vorkommt, dass er kaum den 
Griechen auffallen konnte. Der folgende Erklaerungsversuch 
vvird sich, glaube ich, mehr empfehlen. 

Als ich mein Buch ùber Herodot schrieb, hatte ich 
eine fur die beriïhrte Frage wichtige Denkmaeler-Angabe ùber- 
sehn. Ich habe dieselbe dann in einer kurzen Notiz 3 nach- 
getragen, auf die ich hier zuruckkommen und sie ergaenzen 
moechte. In einer Reihe von Texten, welche von dem 

1 Wiedemann, Herodots Zweites Buch S. 368 (.; Sourdille, Hérodote 
et la Religion de l'Egypte p. 207 ff. 

2 Vgl. Maspero, Hist. anc. des peuples de l'Orient III S. 802; bei 
Wells in How and Wells, Commentary on Herodotus p. 211 als "perhaps" 
richtig. Wells nennt den Gott Chem oder Min und meint, die Hiéroglyphe 
werde verschieden gelesen. Richtiger waere es zu sagen, die frùhere Lesung 
des Ideogramnes Chem sei falsch, dasselbe sei Min auszusprechen. 

3 \m Philologus L. S. 179 f. 

Sphinx XVI II, 6. 15 



200 



Bringen der griinen Augensalbe sprechen, wird als Herkunfts- 
land Perse-(ti) genannt 1 und vvechselt einmal mit dessen 
Name der Name des I2 ten Nomos von Ober-Aegypten. Das 
Land selbst braucht deshalb nicht mit diesem Nomos iden- 
tisch zu sein, wird aber jedenfalls in dessen Naehe gelegen 
haben. Vermuthlich entspricht es dem weiten gebirgigen 
Gebiete zwischen Nil und Rothem Meere auf der Hoehe des 
mittlern Oberaegypten mit seinen wichtigen Steinbrùcben, Gru- 
ben und Strassen. 2 Worauf der Name Pers zurùck zu fiïhren 
ist, ist unbekannt, ihn auf eine persische Ansiedelung in dieser 
Gegend zu beziehn liegt kein Grund vor. 

Der I2 te oberaegyptische Nomos lag etwas noerdlicher 
als der 9 te Nomos, dessen Hauptstadt Chemmis war. Wenn 
aber Herodot von einem Pers im mittlern Oberaegypten hoerte, 
so musste er oder sein Gewaehrsmann geneigt sein, diesen Ort 
mit Chemmis in Verbindung zu bringen. War doch Chemmis 
die einzige groessere Stadt, welche ausser der »nahe gelegenen 
Neapolis» Herodot am Nilufer zwischen Kairo und Theben 
bekannt war. Der Anklang des Laendernamens an den des 
Perseus wird dann weiter die Lokalisirung eines Theiles sei- 
ner Légende in dieser Gegend veranlasst haben. 



XXVI. Von den wenigen ùber der Erde erhaltenen 
Denkmaelern des klassischen Alexandrien wurden die Nadel 
der Cleopatra und ihr Genosse zwischen 1877 und 1881 nach 
New York und London ùberfùhrt 1 und blieb als aeusserlich 

1 Das gleiche Land ist wohl bei déni im Hammâmât (Leps. Denkm. III. 
283; vgl. Heyes, Bibel und Aegypten S. 121) fur Fûrsten von Koptos auf- 
tretenden Titel seres en Pers, etwa Beaufsichtiger (se-res) des Landes Pers, 
gemeint, in detn man in wenig wahrscheinlicher Weise einen Eunuchen 
ÎT^"iD von Persien zu sehn pflegt. 

2 Vgl. auch Krall, Das Land Punt (Sitz. ber. der Wiener Akad. CXXI) 
S. 64 f. 

a Vg!. besonders H. H. Gorringe, Egyptian Obelisks. London 1885. 



sichtbares Wahrzeichen der alten Groesse nur die Pompejus- 
Saeule ubrig. Es ist nicht uninteressant, dass dièse bereits 
verhaeltnissmaessig fruhzeitig von einem aehnlichen Schicksale 
bedroht wurde, wie es den Obelisken des Caesareums beschie- 
clen war. Gegen Ende des I7 ten Iahrhunderts wurde der Vor- 
schlag gemacht, sie nach Frankreich zu verschiffen, Der 
Gedanke ging von Benoît de Maillet aus, der 1692 im Alter 
von 33 Iahren zum franzoesischen General-Consul in Kairo er- 
nannt wurde und dièse Stellung ùber 16 Iahre lang bekleidete. 
Waehrend dieser Zeit beschaefftigte er sich mit dem Lande 
Aegypten und seinen Alterthumern und legte seine theilweise 
recht guten Beobachtungen in einer Reihe von Mémoires 
nieder, welche spaeter von Le Mascrier bearbeitet und ver- 
oeffentlicht wurden. 1 

In einer dieser Abhandlungen schilderte er (S. 144 ff.) 
eingehend die Grossartigkeit und Schoenheit der Pompejus- 
Saeule, welche auch sonst auf die Besucher Aegyptens gros- 
sen Eindruck zu machen pflegte .und besonders im Mittelalter 
und in den ersten Iahrhunderten der Neuzeit vielfache Er- 
waehnung gefunden hat. 2 Maillet erklaert, wenn es richtig 
sei, dass die Saeule einst eine Statue des Pompejus getragen 
habe, dann koenne sie jetzt keinem bessern Héros geweiht 
werden als dem Koenig von Frankreich uni als Postament 
fur dessen Bildniss zu dienen. Er schlaegt vor, Frankreich 
solle den Sultan veranlassen zu behaupten, er wolle die Saeule 
nach Konstantinopel bringen lassen, ihr Niederlegen und ihren 
Transport sollten die Franzosen iibernehmen. Dann koenne 
man sie, ohne waehrend der Arbeit von den Aegyptern ge- 
stoert zu werden, nach Frankreich ùberfùhren. Die tech- 
nischen Schwierigkeiten schaetzt er offenbar sehr gering ein, 
da er die Kosten auf nicht mehr als 20,000 Écus veranschlagt. 

1 Description de l'Égypte. Paris 1735 (Nachdruck Haag 1740). 

2 Vgl. G. Lumbroso, L'Egitto dei Greci e dei Romani, 2 te Aufl. Rom 
1895 S. 225 ff.; G. Botti, Fouilles à la Colonne Théodosienne. Alexandrie 
1897 und die bei diesen angefuhrte reichhaltige Litteratur. 



Dièse Gedankengaenge hat Maillet auch der franzoesischeti 
Regierung gegenuber entwickelt. 1 Im Iahre 1698 schlug er 
dem Minister vor, die Pompejus Saeule von Alexandrien nach 
Paris bringen zu lassen, um dann auf ihr eine Statue Ludwig' 
XIV aufzusteilen. Ob dem Plane von Paris aus ernstlich 
naeher getreten wurde, îst nicht bekannt. Zur Ausfùhrung 
ist er glùcklicher Weise nicht gekommen. 

Ein weiteres aegyptisches Denkmal, dessen Fortfùhrung 
von seinem Fundorte mehrfach erwogen worden ist, bildet 
die von Sloane und Caviglia 1820 entdeckte bekannte Kolossal- 
statue Ramses' II zu Mît Rahîne, 2 vvelche angeblich Moham- 
med c Ali England schenkte. 3 Hier hat man angeregt, sie 
nach England zu bringen, waehrend andere sie in das Alter- 
thùmer-Museum zu Kairo iïberfiihren wollten. 4 In neuester 
Zeit ist sogar vorgeschlagen worden, den Koloss auf dem 
Bahnhofsplatze zu Kairo aufzurichten. Letzterer Plan fand 
Zeitungsnachrichten 5 zu Folge die Zustimmung von Lord Kit- 
chener, waehrend sonst, auch von Englischer Seite, entschie- 
den auf die Ungeeignetheit des Platzes hingewiesen wurde. 6 
In wie weit der Vorschlag noch in Frage steht, laesst sich 
unter den obwaltenden Verhaeltnissen nicht verfolgen. Vom 
archaeologisch-historischen Standpunkte aus kann man nur 
wiinschen, dass das Monument an der Stelle verbleibt, an 
der es Ramses II vor seinem Tempel aufrichten liess. Hier 
sah es allem Anschein nach 7 Herodot auf seiner aegyptischen 
Reise und hier ruht das urngestùrzte Bildniss seit vielen Iahr- 
hunderten. Derartig bodenstaendige, auch in ihren Trummern 
nur an der Stelle, an welcher sie sich urspriïnglich erhoben, 

1 H. Omont, Bull. Soc. nat. des Antiquaires de France. 1892 S. 92. 

2 Publ. Leps. Denkm. I. 10; III. 1426—11. 

3 Baedeker, Aegypten 1877 S. 387; Budge, Guide to the Egyptian 
Galleries (Sculpture). British Muséum S. 162. 

4 Bagnold, Proc. Soc. Bibl. Arch. X.S. 452 ff. 
r> Berliner Tageblatt, 19 Iuli 1914. 

6 Sommers Clarke, Iourn. of Egypt. Arch. I. S. 79. 

7 Wiedemann, Herodots Zweites Buch S. 426. 



in ihrem Sinne und in ihrer Wirkung verstaendliche Denk- 
maeler, wie es die aegyptischen Kolossalmonumente sind, sollte 
man nicht zu versetzen unternehmen. 



XXVII. Das Verhaeltniss der Geschichte von den bei- 
den Briidern zu der biblischen Iosephepisode und der mytho- 
logische Gehalt der aegyptischen Erzaehlung haben die For- 
scher viel beschaefftigt. Bei ersterer liegt thatsaechlich kein 
Zusammenhang vor. Der Versuch des Ehebruches der Haus- 
frau mit einem Hausgenossen konnte sich zu oft wiederholen 
als dass man zwischen zwei seiner Schilderungen eine Bezie- 
hung annehmen dùrfte, vor allem nicht, wenn Vorgeschichte 
und Verlauf so verschiederi sind wie im Papyrus d'Orbiney 
und im Alten Testamente. 1 Bei den mythologischen Anspie- 
lungen des Papyrus 2 ist es nicht gelungen in ihm eine fort- 
laufende Erzaehlung einer bestimmten Mythengruppe nach- 
zuweisen. Der Zusammensteller des Textes hat aber, wie 
dies in Aegypten, wo die Religion so eng mit dem Volksle- 
ben verwachsen war, natùrlich ist, zahlreiche einzelne Mythen- 
ziige in seine Erzaehlung verwoben. Hierbei hat ihn gele- 
gentlich eine Analogie verfùhrt, die Mythe in weiterem Um- 
fange heranzuziehn, als dies fur die Erzaehlung selbst 
passte. 

Eine derartig ùbertriebene Weiterspinnung findet sich 
an der Stelle, an welcher Batau seinem Bruder seine Un- 
schuld betheuert, sich selbst entmannt und das Glied in den 
Fluss wirft, wo es der Silurus verschluckt. Die Castration wird 
durch den Zusammenhang nicht erfordert, da Batau unschuldig 
ist und sich daher nicht selbst zu bestrafen braucht. Sein 

1 Fur das aegyptische Lokalkolorit der Iosephepisode vgl. Heyes, Bibe] 
und Aegypten S. 52 ff. 

2 Vgl. die bei Maspero, Contes populaires, 4 te Aufl. S. XII ff. aufge- 
fuhrte Litteratur. 



204 

Eunuchenthum ist fur die Fortsetzung denn auch unwesent- 
lich. Er sagt zwar spaeter zu seiner Frau, er vermoege sie 
nicht aus der Hand des Plusses zu erretten, denn er sei ein 
Weib. Kurz darauf toedtet er aber viele Leute, die der 
Pharao ansgeschickt hatte, und verwandelt sich spaeterhin in 
einen Stier, nicht etwa in einen Ochsen. 

Mari hat beî dieser Episode an einen Zusammenhang 
mit der Osiris-Mythe gedacht, in welcher nach einer bei Plu- 
tarch aufbewahrten Fassung 1 Fische das in das Wasser ge- 
worfene Glied des Gottes verschluckten. Es handelt sich da- 
bei jedoch nicht uni das Ergebniss einer Selbstentmannung 
des Osiris. Dieser war nach seinem Tode zerstùckelt und 
dabei das Glied in das Wasser geworfen worden. Freilich 
muss thatsaechlich neben den ùblichen Versionen, in denen 
Osiris nach seinem Tode ohne Weiteres phallisch* erscheint, 
ein abweichender Bericht bestanden haben, in welchem eine 
Castration des Gottes stattfand, mit der dann aber keine 
Zerstoerung des Gliedes verbunden war. Dièse Auffassung 
wird zwar in den Texten nirgends erwaehnt, sie wird jedoch 
in den Zeiten und Faellen vorausgesetzt, in denen es Sitte 
war, den Todten zu castrieren 2 und seinen Phallus gesondert 
beizusetzen. Als Sarg verwendete man fur ihn in der Spaet- 
zeit bisweilen einen kleinen Holzobelisken. Hier liegt allem 
Anschein nach eine Erinnerung an den alten Brauch der Zer- 
stiickelung der Leiche vor. Wie ihr Koepfen erforderlich 
erschien uni dem Todten im Ienseits den Besitz des Kopfes 
zu sichern, 3 so wird ihre Castrirung fur seinen Phallus den 
gleichen Erfolg versprochen haben. Die Abschneidung er- 

1 Wiedemann, Sphinx XIV S. 232 ff. 

2 Derart posthum castriert erscheinen Mitglieder der i8 ten Dynastie, 
Seti I, Ramses II und III. Vgl, Maspero, Momies Royales (Mém. de la 
Mission du Caire I. 4) S. 556, 563, 566; Smith, Royal Mummies (Cat. Cairo), 
s - 27, 31, 32, 34, 61. 

3 Wiedemann bei de Morgan, Origines II S. 205 ff. und die sonstige 
Sphinx XVIII S. 39 f. angefûhrte Litteratur. 



205 



folgte aber auch dann nach dem Ableben durch Andere, nicht 
bei Lebzeiten durch die eigene Hand des Osiris. 

Das von Plutarch 1 ervvaehnte ehebrecherische Verhaelt- 
niss zvvischen Osiris und seiner Schwaegerin und Schwester 
Nephthys kann man gleichfalls nicht als Parallèle zu dem 
Papyrus heranziehn. Bei diesem wohnt Osiris versehentlich 
der Nephthys bei, Isis klagt aber nicht darùber, sondern zieht 
das diesem Umgange entsprossene Kind Anubis auf, und 
Osiris bestraft sich nicht durch eine Selbstentmannung fur 
sein Vergehn. Es koennte demnach in dem Papyrus hoech- 
stens das Verschlingen des Glieds durch den Fisch aus der 
Osiris-Mythe entlehnt sein, die Castration selbst kann nicht 
aus dieser Quelle stammen. 

In der biblischen Erzaehlung spielt eine Entmannung 
keine Rolle, wohl aber wird in dieser Potiphar als Eunuch 
bezeichnet. Da er trotz dieser Angabe ein Weib besass, so 
haben die mittelalterlichen Iosephsagen mehrfach versucht, 
die Benennung nicht auf den anatomischen Thatbestand, son- 
dern auf physiologische Zustaende zuruck zu fùhren. Vin- 
centius von Beau vais (gest. 1264) erklaert, 2 Putifar habe Ioseph 
zu unsittlichen Zwecken gekauft, Gott aber habe ihn impo- 
tent gemacht, so dass er wie ein Eunuch gewesen sei. Die 
muhammedanische Légende dagegen giebt an, Potiphar sei 
von vorn herein impotent gewesen, was seine Frau Suleicha 
cntschuldigt, wenn sie Ioseph nachstellte. Nach dem Tode 
des Potiphar habe Ioseph die Suleicha geheirathet. 3 Ganz 
anders und eigenartig stellt das vor 1500 zum ersten Maie 
gedruckte Mister e du vieil testament* die Sache dar. Nach- 



1 De Iside cap. 14. 

2 Spéculum historiale I. 117. 

3 G. Weil, Biblische Legenden der Muselmaenner S. 105 fl*. 

4 Herausgeg. von Iames de Rothschild III (Paris 1881) S. 112, Vers 
19822 ff. Vgl. die sehr vollstaendige und lehrreiche Arbeit von Alexander 
von Weilen, Der aegyptische Ioseph im Drama des XVI Iahrhunderts. Wien. 
1887 S. 11. 



206 



dem die Schuld der Frau Potiphar's festgestellt worden ist, 
kundigt ihr Potiphar an, er werde sie niemals mehr beriihren 
und um das sicher zu zeigen, werde er sich entmannen lassen 
imd Fiirst der Eunuchen oder der Priester werden. Im Pa- 
pyrus toedtet Anepu seine Frau und wirft die Leiche den 
Hunden vor. Man koennte sich aber sehr wohl denken, dass 
fur die Geschichte von den beiden Brùdern urspriinglich eine 
zweite Version bestand, in vvelcher Anepu sich zur Selbststrafe 
fur den ungerechten Verdacht gegen seinen Bruder ent.mannte 
und das Glied in das Wasser warf. In dieser Fassung wiirde 
die Szene in weit hoeherem Masse berechtigt erscheinen. Sie 
koennte dann, wie dies in dem Papyrus geschieht, spaeter 
auf Batau ùbertragen werden sein. Naturgemaess wùrde dies 
in keiner Weise dafiïr angefùhrt werden koennen, dass dièse 
angenommene zweite Version dem Verfasser des Ioseph-My- 
sterium auf irgend einem Wege bekannt geworden sein koennte. 
Es wiirde in beiden Faellen die gleiche Situation gleiche Aus- 
fuhrung in der Schilderung hervor gerufen haben. 

In derselben Weise wie dièse Episoden-Parallele wird 
auch die folgende zu beurtheilen sein. In dem Papyrus 
d'Orbiney V. 3, sagt die Frau: Wenn Du den Batau leben 
laesst, werde ich mich toedten. Genau ensprechend erklaert 
die Frau in dem Ioseph-Spiel des Macropedius, welches 1544 
herauskam: Wenn er nicht stirbt, so mâche ich meinem Le- 
ben ein Ende. 1 — Solche analoge Erscheinungen, bei denen 
gelegentlich die Uebereinstimmung eine woertliche sein kann, 
mùssen doppelt vorsichtig machen, wenn man Zusammenhaenge 
zwischen Erzaehlungsgruppen annehmen will, welche allge- 
mein menschliche Dinge in gleicher Weise behandeln. Der- 
artige Berichte werden von vorn herein vielfach voellig unab- 
haengig von einander zu gleicher Formulierung ihrer Darstel- 
lung gelangen. 



1 Weilen, a. a. O. S. 81. 



XXVIII. Die Aegypter haben im Alterthume dauernd 
angenommen, dass zwischen dem plastischen oder gezeichneten 
Bilde und der dargestellten Persoenlichkeit ein enger Zusam- 
menhang bestehe. Man konnte durch magische Formeln dièse 
latente Verbindung in die Erscheinung treten lassen und die 
Person zwingen sich in ihrem Bilde zu verkoerpern. 1 Man 
war weiter im Stande, unter Verwendung der richtigen Zau- 
berkiïnste an dem Bilde Handlungen vorzunehmen, welche 
auf den Dargestellten, auch wenn er sich fern von dem Bilde 
befand, einwirkten. Ein grosser Theil der Begraebnisszeremo- 
nien setzt diesen Glauben voraus. Die umstaendlichen, in den 
Formeln vom Oeft'nen des Mundes zusammengefassten Hand- 
lungen batte man ursprùnglich sinngemaess an der Leiche 
vorgenommen. Spaeter vollzog man sie an dem Sarge oder 
an der Statne des Todten in der Ueberzeugung, auf dièse 
Weise aus der Ferne auf den Verstorbenen die gleiche Wir- 
kung auszuiiben, wie wenn man ihn selbst vor sich gehabt 
haette. 

Auf einen entsprechenden Vorstellungskreis geht es zu- 
riick, wenn man unter dem Throne oder unter den Fùssen 
des Pharao die fremden Voelker oder die dièse ersetzenden 
9 Bogen darstellte. Die Voelker selbst empfanden dann den 
Druck der Macht des Koenigs und dass sie »unter seinen 
Fiissen» waeren. Die grossen Tempelreliefs, in welchen man 
den Koenig erblickt, wie er seine Feinde erschlaegt, sind nicht 
ausschliesslich Erinnerungen an einen bestimmten Sieg des 
Herrschers. Wenn man die richtige Formel sprach, dann be- 
lebte sich die Gruppe und vollzog sich die hier dargestellte 
Niederwerfung und Bestrafung des Volkes von Neuem. Dass 
die Szenen dièse Bedeutung besassen, hat nicht erst die mo- 
derne Einsicht in die altaegyptischen Gedankengaenge gelehrt, 
die Thatsache war den mittelalterlichen Arabern im Nilthale 



1 Vgl. fur derartige Vorstellungen Wiedemann, Incarnation (Egyptian) 
in Hastings Encyclopaedia of Religion VII S. 188 ff. 



208 



bekannt. Calcaschandi (gest. 1418 n. Chr.) berichtet, 1 die 
Aegypter haetten in ihren Tempeln die Gestalten der sie 
umgebenden Voelker abgebildet, und, wenn eines dieser Voel- 
ker etwas gegen sie unternehmen wollte, dann verhaengten 
sie iiber dessen abgebildete Figur eine Strafe. Dann traf 
dièses Volk in der Ferne dasselbe, vvas man ùber dièse Fi- 
guren verhaengt hatte. 

Die gleiche Vorstellung, dass in dem Bilde ein Theil 
der dargestellten Persoenlichkeit eingeschlossen sei und dièse 
in Folge dessen ganz oder theilweise unter den zwingenden 
Einfluss des Besitzers des Bildes fallen koenne, ist auf der 
Erde in alter wie in neuer Zeit weit verbreitet. Friedrich 
Gerstaecker (18 16 — 72), der 1837 — 43 die Union durchwan- 
derte, hat seine Erfahrungen in einer Reihe von Schilderungen 
und Romanen niedergelegt. Wenn seine Darstellungsweise 
dabei auch scbriftstellerisch zugestutzt und mit Phantasiege- 
stalten ausgeschmùckt erscheint, so dienen doch als Hinter- 
grund und Motive vielfach thatsaechliche Verhaeltnisse und 
gewinnt man hierdurch nùtzliches volkskundliches und religions- 
wissenschaftliches Material. 

In einer solchen Erzaehlung 2 fùhrt Gerstaecker aus, wie 
es einem Maler gelang, einen alten Osage-Haeuptling am 
westlichen Abhange des Ozak-Gebirges zu malen. Der Indi- 
aner bestand darauf, mit seinem Gewehr in der Hand dar- 
gestellt zu werden, empfand aber dabei lebhafte Sorge, ob 
er nicht mit dem Bilde in die Hand eines Zauberers gefallen 
sei, der ihn in seinem Bûche mit sich nehmen werde. Als 
der Maler sich entfernt hat und der Osage in seiner Erregung 
mehrmals Thiere fehlt, ist er iïberzeugt, dass dièses Unglùck 
eingetreten sei. Der Zauberer habe ihm selbst Nichts an- 

1 Ûbersetzt bei Reîtemeyer, Beschreibung Aegyptens im Mittelalter 
aus den geographischen Werken der Araber S. 119 f. 

2 "Der gemalte Indianer", erschienen in Hausblaetter, herausgegeben 
von Hacklaender und Hofer 1859. IV S. 195 (T.; abgedruckt in Gerstaecker, 
Gesammelte Schriften XX. S. 323 ff. 



209 

haben koennen, da er und seine indianischen Waffen dem 
indianischen Gotte unterstaenden und dieser nicht dulde, dass 
der Gott der Weissen Herrschaft ùber dièse erhalte. Ueber 
die von den Weissen gefertigte Flinte haetten aber fremde 
Maechte Gewalt. Er eilt dem Maler nach und zwingt ihn 
die Flinte aus dem Bilde zu entfernen. Die haltende Hand 
muss aber stehn bleiben, da deren Vernichtung auf dem Bilde 
eine Unbrauehbarmachung der wirklichen Hand im Gefolge 
haben wùrde. Sobald die Flinte weggewaschen ist, beruhigt 
sich der Indianer und es gelingt ihm in der That wieder Wild 
zu erlegen. 

Man hat hier ein klares Beispiel fur den Glauben an 
die innige Wechselwirkung zwischen Bild und dargestellter 
Person vor sich. Dasselbe ist einem ganz fern liegenden 
Kulturkreise entlehnt und dieser Umstand zeigt am besten, 
dass man es beî derartigen Vorstellungen im Nilthale nicht 
mit einer aegyptischen Einzelerscheinung zu thun hat, sondern 
mit einem allgemein menschlichen Gedankengange. 



Hall, H. R., Catalogue of Egyptian Scarabs, Etc., in The Brit- 
ish Muséum. Volume I — Royal Scarabs. Printed by 
Order of The Trustées. British Muséum. London 1913. 

Parmi les petits objets qu'on voit dans les musées égyptiens, 
le scarabée est populaire. Il représente en effet un type carac- 
téristique de l'ancienne Égypte 1 , il sollicite notre attention et il 
mérite d'être étudié, non seulement parce qu'il a joué un rôle 
important comme emblème religieux, mais encore qu'il a été 
employé comme cachet et bijou. 

Outre les notices instructives qu'on lit dans les descriptions 
sommaires des collections conservées à nos musées égyptiens, la 
littérature d'Égyptologie possède quelques ouvrages qu'il est bon 
de consulter, lorsqu'on veut étudier le scarabée. J'en citerai 
les titres suivants: 

W. J. Loftie, «An Essay of Scarabs», London 1884; 

W. M. Flinders Pétrie, «Historical Scarabs», London 1889; 

Percy E. Newberry, «Scarab-shaped Seals», London 1907 
— ouvrage faisant partie du grand Catalogue Général du Musée 
du Caire; 

Percy E. Newberry, «Scarabs», London 1908; 

G. Fraser, «Catalogue of Scarabs», London 1900; 

F. Ll. Griffith and John Ward, «A Collection of Historical 
Scarabs», Proc. Soc. BibL Arch. } XXII (1900), p. 305, 386; 
XXIII, p. 19, 79; 

John Ward, «The Sacred Beetle», London 1902; 

Mrs Alice Grenfell, «Amuletic Scarabs for the Deceased» 

1 Cf. G. Maspero, Guide du Visiteur au Musée du Caire, 1912, p. 319. 



211 



dans le Recueil de Travaux, XXX, p. 105 et «The Rarer Sca- 
rabs of the New Kingdom», Rec. de 7ravaux } XXXII, p. 113. 

II faut aussi consulter les travaux de M. E. A. WallisBudge: 
«Catalogue of the Hilton Price Collection», p. 17; «Catalogue 
of the Lady Meux Collection», p. 185; «Catalogue of the Har- 
row School Muséum», p. 14; «Catalogue of Egyptian Antiquities 
in the Fitzwilliam Muséum», p. 87; «The Mummy», p. 231. 

Pour ma part, je voudrais ajouter à cette liste le catalogue 
de M. Garrett Chatfield Pier: «Egyptian Antiquities in the Pier 
Collection», Chicago 1906. Le lecteur y retrouvera peut-être quel- 
ques spécimens de scarabées qui lui seront utiles à titre de com- 
paraison. 

Bien que M. Hall ait eu, on le voit, des devanciers en ce 
qui concerne l'étude du scarabée égyptien, son travail est de la 
plus grande importance. L'auteur a eu à sa disposition les 
scarabées conservés au British Muséum. L'abondance de maté- 
riaux qu'offre cette magnifique collection assure une valeur tout 
à fait spéciale à cette première série qu'il en a publiée. 

Voici l'impression qui se dégage de l'examen de l'ouvrage 
de M. Hall: c'est un catalogue méthodique et minutieux depuis 
le commencement jusqu'à la fin. 

Les scarabés royaux et les «Seal-Amulets» occupent la plus 
grande partie du catalogue. En général les noms et les légen- 
des, qu'ils portent, ont été gravés d'une manière assez nette. 
Si pour un objet ou un autre il se présente quelque difficulté 
de déchiffrer ce qu'on y a voulu buriné, M. Hall a su la résoud- 
re grâce à sa connaissance approfondie de cette sorte d'anti- 
quités. 

Deux petits scarabées, gravés au nom du roi Neb-ka-Rû, 
ouvrent la série. Les noms de Khufu et de Khàfrà se lisent 
sur quelques types dont la facture est très bonne. Plus loin, le 
nombre des scarabées, gravés au nom d'un seul et même roi, 
se multiplie petit à petit, et la liste des spécimens portant le 
prénom de Thoutmès III est longue. 



: i 2 



Ce premier chapitre du livre de M. Hall est plein de no- 
tices instructives et d'observations utiles. Les objets qu'il y a 
décrits sont au nombre de 2594. 

Le deuxième chapitre est consacré à la description des 
«Cylinder-seals» (2595 — 2651). C'est un travail souvent pénible 
de déchiffrer les inscriptions gravées sur ces monuments. Le 
petit texte que porte le n° 2595 est un peu difficile à comprendre 
au premier coup d'oeil. Toutefois l'auteur y croit voir le nom 
du roi «Techa A[te]th(?), with the words «golden name» (?)», et 
pour le moment je n'objecterai rien à cette explication. Les 
autres types que M. Hall publie sont de nature à nous intéresser. 
On peut constater qu'il a apporté beaucoup de soin à la rédac- 
tion des notices explicatives. 

Trois courts chapitres, intitulés: t) «Signet-rings and stamps»; 
2) «Ancient Impressions, etc»; 3) «Miscellanea», terminent digne- 
ment cet instructif volume qui est précédé d'une introduction 
fort bien écrite et d\m index qui permet au lecteur de s'orien- 
ter vite parmi les objets décrits. 

Upsala, décembre 19 14. 

Ernst Andersson. 



Hieroglyphic Texts from Egyptian Stelae &c, in The British 
Muséum. — Part IV (50 Plates). London 1913. — Part 
V (50 plates). London 19 14. 

Je dirai d'abord un mot sur le quatrième volume de ce 
grand ouvrage. 

La majeure partie des monuments qu'il contient sont des 
stèles datant du Moyen Empire. 

Une stèle d'Useretsen I figure sur la première planche. La 
reproduction photographique se retrouve dans le travail de M. 
Budge, Guide to the Egyptian Galleries (Sculpture), p. 39. Véri- 
fication faite, il ne nous reste qu'à reconnaître que la nouvelle 
copie paraît bonne. 

Autant que j'ai pu voir, il n'y a que peu d'observations 
à présenter quant à la manière dont on a reproduit les textes. 
Je ne veux pas dissimuler que avant de procéder à la critique, 
il aurait été utile d'avoir eu l'occasion de vérifier les textes sur 
les originaux — on trouvera peut-être quelque chose à corriger. 

La reproduction d'une stèle de Sebekhotep et d'Useretsen 
occupe les planches 12—13. Pour la partie supérieure de la 



l'original porte cette leçon que j'ai cru pouvoir déchiffrer sur la 
photographie que donne M. Budge, op. cit., p. 50. 

Le texte de la stèle d'Ankef commence avec la formule 



stèle, on 



lit. 1. 2, Y\ I v /WWSA 



A A L AAAAAA 



Je suis d'avis qu'on doit rendre 




Je serai heureux d'apprendre que 



fréquente: \ f \ ! g \ 



, etc. Dans la copie qu'on 



2I 4 



nous en donne sur la planche 14, je ne vois pas le signe 



Je propose de le suppléer. D'ailleurs les auteurs ont déjà noté 
cette omission, cf. «Hieroglyphic Texts», Part V, p. 13 où ils 
reproduisent la phrase d'après l'original. Cependant une petite 



Enfin je signalerai à l'attention des lecteurs la stèle d'Ànepu- 
hotep (pl. 39). A droite, sur le bord du champ de la stèle, un 
texte est gravé qui se rapporte à Osiris. Vérification faite avec 
la photographie de M. Budge, op. cit., pl. XVI, il faut suppléer 



après les lignes horizontales qui viennent à la suite du 



groupe Q 1. 

Le cinquième volume des «Hieroglyphic Texts» comprend 
une longue série des monuments très importants «dating from 
the Xl th to the middle of the XVIII th dynasty». J'en citerai de 
préférence la stèle d'Àntefaqer qui date de la XI e dynastie (pl. 
1 — 2), les inscriptions des rois Hyksos Àpepi et Khian (pl. 18), 
et les inscriptions qui se lisent sur les statues de Senmut (pl. 
29 — 32). Je laisse au lecteur le soin de vérifier les copies des 
textes. 

Le travail que M. Budge et ses assistants ont accompli en 
publiant ces deux nouveaux volumes de textes est bon et digne 
d'éloges. 

Upsala, décembre 19 14. 



faute d'impression s'y est glissée: lire d 




au lieu de 





Er?nt And ers s on.